‹ Geographie De StrabonChapitre 4 sur 181 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Phéniciens Teurent observé et s'en furent servis pour la navigation que cet astf^risme aura pass^: chez les Grecs ^ comme on voit que la Chevelure de Bérénice eiCanope n'ont reçu les noms qu'elles portent que d'hier seulement^ et que, de l'aveu d' A ratus^ tant de constellations attendent encore les leurs. U s'ensuit aussi que Gratès n*a pas eu raison de vouloir ici corriger le texte et de lire : « OÎo; S', seul^ t le cercle arctique est dispensé de plonger au sein de TO- « céan » [an lieu de oiri 5*, seule l Ourse]; car la leçon qu'il rejette n'était nullement à rejeter. Heraclite, lui, est plus dans le vrai, et nous semble, si l'on 'peut dire, plus homérique, lorsque, comme Homère, il emploie le nom de l'Ourse pour désigner le cercle arctique : « L'Ourse, dit-il, limite com- « mune de l'Orient et de l'Occident; l'Ourse, à l'opposile de « laquelle souffle Jupiter- Se rein. > Car c'est bien le cercle arctique, et non pas l'Ourse elle-même, qui marque proprement la limite du couchant et du levant. Mais, si Homère, sous le nom de l'Ourse, constellation qu'il appelle aussi le Chariot y et qu'il nous montre dans le ciel poursuivant en quelque sorte et guettant Orion ^, a entendu désigner le cercle arctique, sous le nom d'Océan il a dû certainement entendre l'horizon, au-dessus et au-dessous duquel nous voyons, dans ses vers, se lever et se coucher les astres; et, comme il dit que l'Ourse achève sa révolution dans le même lieu sans se coucher dans l'Océan, il faut qu'il ait su que le cercle arctique passe par le point le plus septentrional de l'horizon. Ajustons maintenant les paroles du poêle aux explications qui précèdent : comme le nom d'Océan éveille en nous l'idée correspondante d'horizon, d'horizon terrestre, et que le cercle arctique (qu'il désigne par le nom à'Arctos ou d'Ourse) n'est autre que le cercle qui, au jugement de nos sens, passe par le point le plus septentrional de la terre habitée, il demeure établi que, dans la pensée d'Homère, ce côté-lk de la terre devait être aassi baigné par l'Océan. H n*est pas jusqu'aux populations arctiques qu'Homère ne con-

Page 1