‹ Geographie De StrabonChapitre 50 sur 181 · LIVRE ir · texte numérisé non relu

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de Rhodes et de Carie, pris à l'aide da gnomon, aient pu présenter entre eux des différences semibles, malgré la faible distance qui les sépare. Mais quand un géographe, dans un espace pouvant avoir une largeur de 30 000 stades et nne longueur de 70 000 représentée par une chaîne de montagnes de 40000 stades et une mer de 30000, tire une ligne du couchant au levant équinoxial et détermine des deux côtés de cette ligne une région méridionale et une région septentrionale, qu'il partage à leur tour en carreaux et en sphragideSy rendons-nous bien compte du sens qu'il prête à chacun des termes qu'il emploie et de ce qu'il entend au juste par côtés nord et sud, côtés est et ouest de sa figure : que si maintenant il laisse passer, sans y faire attention, quelque erreur un peu trop forte, qu'il en porte la peine (rien de plus juste); mais reconnaissons, en même temps, qu'il serait tout aussi répréhensible de n'avoir pas négligé les erreurs minimes. Eh bienl Dans le cas présent, Ératosthène n'a encouru ni l'un ni l'autre de ces reproches ; car la grande latitude qu'il s'est donnée en opérant empêche qu'il ne tombe sous le coup d'une argumentation géométrique, et Hipparque, qui prétend l'y soumettre, ne le fait qu'en substituant à ses données celles qu*il lui a plu de ioTger à sa convenance.

36. Touchant la quatrième section ou sphragîde, les critiques d'Hippa«que sont beaucoup mieux fondées, quoiqu'il s'y mêle encore trop de cet amour de la chicane et de cette persistance à s'appuyer toujours sur les mêmes hypothèses on sur des hypothèses presque identiques. Il a raison, par exemple, de reprocher à Ératosthène d'avoir pris pour représenter la longueur de cette section la ligne comprise entre Thapsaque et l'Egypte, ce qui équivaut à prendre pour longueur d'un parallélogramme son diamètre, car Thapsaque et la côte d'Egypte ne se trouvent point sur le même parallèle, mais sur des parallèles fort éloignés l'un de l'autre, et, entre ces deux parallèles, la ligne, qui va depuis Thapsaque jusqu'à l'Egypte , se prolonge obliquement en façon de diagonale. Mais quand il s'étonne qu'Ératosthène ait osé

réduire à 6000 stades la distance de Pélnse à Thapsaque, alors qu'elle est de .plus de 8000, il a tort à son tour. Il pose en lait d'abord, après démonstration, que le parallèle de Péluse est de 2500 stades plus méridional que celui de Babylone, puis, croyant citer exactement Êratoslhène, il lui fait dire que le parallèle de Thapsaque est de 4800 stades plus septentrional que celui de Babylone, et c'est ainsi qu'il pariait cette somme de plus de 8000 stades. Mais où a-t-il vu dans Ératosthène que la distance était aussi considérable entre le parallèle de Babylone^ et celui de T'hapsaque, ceci reste un problème pour moi. Ératosthène a bien dit que de Thapsaque à Babylone la distance était de 4800 stades, mais il n'a pas dit que cette distance fût prise d'un parallèle à l'autre, et cela par une bonne raison, c'est que nulle part il ne place ces deux villes sous le même méridien. Gela est si vrai qu'Hipparque lui-même a établi ailleurs que du système d'Eratosthène il résultait que Babylone se trouvait plus avancée que Thapsaque vers l'est de 2000 stades et plus*. Nous aussi nous avons cité telle allégation d'Ératosthène, de laquelle le même fait semblait résulter, celle-ci notamment, que le Tigre et TEuphrale décrivent un cercle autour de la Mésopotamie et de la Babylonie et que c'est le cours de TEuphrate qui forme la plus grande partie de la courbe, puisqu'après avoir coulé du N. au S. il tourne au levant, pour se diriger de nouveau au midi. Or, si cette première direction du N. au S. peut à la rigueur coïncider avec celle du méridien, ce coude vers TE. pour atteindre Babylone implique une déviation par rapport à la direction du méridien, en même temps que la courbe décrite exclut toute idée de ligne droite. De plus, en nous disant que la distance de Thapsaque à Babylone était de 4800 stades, Ératosthène a ajouté comme à dessein a prise le long de rEuphratôy » pour éviter précisément qu'on n'entendît ce qu'il avait dit d'un chemin en ligne directe et d'une mesure

1. Comme M. Ch. Mûller, nous ne voyons pas qu'il y ait lien d'admettre ici la correction de Groskurd [oO] it^tioviv ^ x^^s fta lieu de «Xiieny i SwxCkloi^

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