CHAPITRE m
1 . Polybe, lui, compte six zones : deux qui s'étendent jusque sous les cercles arctiques, deux autres qui forment l'intervalle des cercles arctiques aux tropiques, deux enfin qui sont placées entre les tropiques et l'équateur . Mais la division en cinq zones a l'avantage, suivant moi, d'être à la fois physique et géographique. Ce qui en fait une division physique, c'est qu'elle correspond et aux apparences du ciel et h la
température atmosphérique : elle correspond aux apparences du ciel, car, en même temps qu'elle détermine si exactement sur la terre les régions périscienne^ [hétéroscîenm *] etamphiscienne, elle indique, au moins d'une façon générale, les changements d'aspect les plus tranchés que présente le ciel à Tobservation astronomique. Elle correspond tout aussi bien à la température atmosphérique, car, déterminée ^ar rapport au soleil, la température de l'atmosphère offre trois états différents, trois états génériques et capables de modifier sensiblement la constitution des animaux, des plantes et de tout ce qui vit à Tair et dans l'air, à savoir l'excès, le manque et la moyenne de chaleur. Or, chacun de ces états de la température reçoit de la division en cinq zones la détermination qui lui est propre : les deux zones froides, qui se trouvent avoir l'une et l'autre la même température, impliquent le manque absolu de chaleur; aux deux zones tempérées, qui admettent également une seule et même température, correspond l'état de chaleur moyenne ; et quanf à l'état restant, il correspond naturellement à la dernière £onQ ou zone torride. Il est évident maintenant que cette division en cinq zones est également bonne, géographiquement parlant. Que se propose, en effet, le géographe? De déterminer dans Tune des deux zones tempérées rétendue exacte de la portion que nous habitons. Or, si au couchant et au levant, c'est la mer qui limite la demeure ou habitation des hommes, ce qui la limite au midi et au nord c'est proprement l'étal de Tatmosphère, qui, tempérée dans la
., région moyenne et partout également favorable aux animaux ainsi qu'aux plantes, n'offre plus qu'intempérie aux deux extrémités, par un effet de Texcèsou dumanque de chaleur. Eh bien 1 La division de la terre en cinq zones était indispensable
^ pour répondre à ces trois états différents de l'atmosphère, que suppose d'ailleurs et qu'implique déjà la séparation de la sphère terrestre par Téqualeur en deux hémisphères, l'un boréal^ qui est celui dans lequel nous sommes^ et
1 Restitution très-probable de Groskurd.