LIVRE II
tagne, Tlle de Taprobane. Après Tlnde, en se dirigeant à l'ouest, avec les montagnes à sa droite, on rencontre un vaste pays à peine habitable, tant le sol en est pauvre et stérile, et dont la population, composée d'ailleurs d'éléments hété-
""rogènes, est entièrement barbare : ce pays est TArie. Il s'étend depuis le pied des montagnes jusqu'à la Gédrosie et à la Carmanie. Suivent, dans la partie maritime, la Perse, la SusianeetlaBabylonie,qui s'étendent toutes trois jusqu'à la mer Persique, avec d'autres territoires plus petits groupé» autour de leurs frontières ; puis [ dans la partie montagneuse], soit au pied, soit au cœur même des montagnes, la Parthyène, la Médie, l'Arménie, avec les pays qui y touchent, et la Mésopotamie. A la Mésopotamie inaintenant
. succèdent les pays en deçà de TEuphrate, à savoir : l'Arabie heureuse tout entière, qui se trouve complètement isolée entre le golfe Arabique et le golfe Persique , puis la contrée occupée par les Scénites et les Phylarques, lesquels s'étendent jusqu'à l'Euphrate et à la Syrie. Enfin, au delà du golfe Arabique, le pays jusqu'au NU est habité par les populations éthiopiennes et arabes; puis à celles-ci succèdent les Égyptiens, suivis eux-mêmes des Syriens, des GiUciens, de ceux notamment qui occupent la Cilicie-Trachée , et en dernier lieu des Pamphyliens.
33. La Libye, qui fait suite à l'Asie, tient à l'Egypte et à l'Ethiopie. L'une de ses côtes, celle qui nous fatit face, décrit depuis Alexandrie, où elle commence, presque jusqu'aux Colonnes d'Hercule, une ligne droite, interrompue seulement soit par les Syrtes et quelques autres enfoncements moins considérables, soit par les saillies des caps qui forment ces différents golfes. Mais la côte qui borde l'Océan, après avoir suivi jusqu'à une certaine distance de l'Ethiopie une direction parallèle à celle de la première, se rapproche sensiblement du nord, réduisant ainsi la largeur du continent jusqu'à ne plus former qu'un promontoire, dont l'extrémité, terminée en pointe, tombe un peu au delà des Colonnes d'Hercule, ce qui donne à la Libye fe forme d'un trapèze. On s'accorde à dire, et M. Pison, ancien préfet de cette
province, nous a confirmé le fait, que l'aspect de la Libye •est proprement celui d'tme peau de panthère. Ce qui la fait parattre ainsi toute tachetée, c'est le grand nombre d'oasis qui s'y trouvent (les Égyptiens appellent ainsi les divers centres de population que les sables arides du désert entourent de tous côtés). Mais ce n'est pas tout, et la Libye offre encore cette particularité d'être divisée en trois zones distinctes, à savoir : le long de notre mer une première 2one d'une extrême fertilité dans la plus grande partie de son étendue, mais surtout dans la Cyrénaïque et dans tout le territoire dépendant de Carthage jusqu'à la Maurusie et aux Colonnes d'Hercule ; puis, le long de l'Océan, une autre région passablement fertile ; enfin une zone intermédiaire tout à fait stérile, qui ne produit rien que le silphium et qui n'est guère composée que de déserts âpres et sablonneux. On trouve, du reste, la même nature de terrain dans toute la partie de l'Asie située sous ce même parallèle, c'est-à-dire dans rÉthiopie, la Troglodytique, l'Arabie et la côte de Gé- -drosie occupée par les Ichthyophages. Des peuples, maintenant, qui habitent la Libye, la plupart nous sont encore inconnus, car il est rare que des armées ou même des voyageurs étrangers parcourent cette contrée, et, d'autre part, on voit très-peu d'indigènes venir de si loin visiter nos pays, sans compter que ceux qui y viennent mentent généralement ou ne disent pas tout ce qu'ils savent. Voici pourtant ce qui paraît résulter de leurs informations. Ils nomment Ëthiopiens les peuples les plus méridionaux de la Libye , <jaramantes, Pharusiens * et Nigrites ceux qui habitent au- -dessous de l'Ethiopie, et Gœtules, les peuples placés audessous des précédents. Puis viennent, dans le voisinage ou •sur le bord même de la mer : 1®, du côté de l'Egypte, les Marmarides, qui s'étendent jusqu'à la Cyrénaïque ; 2°, audessus de la Cyrénaïque et des Syrtes, les PsylIes,lesNasamons, quelques tribus aussi de Gœtules, les Sintes*, et
1. Arusiens, dans quelques Msi. — a. Voy. Index var. îect., p. 950, col. 2j la longue note, dans laquelle M. MûUer défend contre l'opinion de Kramer^ qui avait cru devoir remplacer ce ncm par celui des Athystes, la leçon des Mss.