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rie, extrémité cTe l'Europe, et avec la Maurusie, première terre de la Libye, la côte dlbérie au promontoire Sacré se trouve dépasser la côte opposée de 1500 stades environ. De là le nom de Cuneus, sous lequel on désigne toute la contrée attenante audit promontoire et qui, en latin, signifie un coin. Quant au promontoire même ou à la partie de la côte qui avance dans la mer , Ârtémidore, qui nous dit avoir été sur les lieux, en compare la forme à celle d un navire; quelque chose même, suivant lui, ajoute à la ressemblance, c'est la proximité de trois îlots placés de telle sorte, que l'un figure l'éperon, tandis que les deux autres, avec le double port passablement grand qu'ils renferment, figurent les épotides du navire. Le même auteur nie formellement l'existence sur le promontoire Sacré d'un temple ou d'un autel quelconque dédié soit à Hercule, soit à telle autre divinité, et il traite Éphore de menteur pour avoir avancé le fait. Les seuls monuments qu'il y vit étaient des groupes épars de trois ou quatre pierres, que les visiteurs, pour obéir à une coutume locale, tournent dans un sens, puis dans l'autre*, après avoir fait au-dessus certaines libations* ; quant à des sacrifices en règle, il n'est pas permis d'en faire en ce lieu, non plus qu'il n'est permis de le visiter la nuit, les dieux, à ce qu'on croit, s'y donnant alors rendezvous. En conséquence, les visiteurs sont tenus de passer la nuit dans un bourg voisin et d'attendre le jour pour se rendre au cap Sacré, en ayant soin d'emporter de l'eau avec eux, vu que Teau y manque absolument.
5. Gomme il est, à la rigueur, possible que les choses se passent de la sorte, il nous faut bien admettre cette partie du récit d' Artémidore, mais ce qui suit n'est évidemment qu'un tissu de fables et de superstitions populaires, et alors il de-
1. Noos avons la ici ^fza<n^i<ftafiai avec M. MÛUer; la symétrie de la phrase rend cette leçon en effet plus probable que celle des Mss. (texafiptaOai. Reste à expliquer maintenant le sens d'un pareil usage. — 2. 2icovSoicowi<rancvwv au lieu de 4»tu^oit'.iij<ro|iiévttv, correction de Coray, ratifiée par MM. Meineke et Millier et rendue probable par cette circonstance qui termine le passage, qu'il fallait se munir d'eau quand on visitait le promontoire Sacré. Voy. Meineke, Vtnd, Strabon. Hier, p. i4. \
vient impossible d'ajouter foi à son témoignage, c Les gens du peuple, nous dit Posidonius, sont généralement persuadés, que, dans les contrées qui bordent TOcéan, le soleil paraît à son coucher plus grand qu'il ne paraît ailleurs, et qu'il s*7 couche avec un bruit strident, comme si la mer sifflait en éteignant les feux de l'astre qui se plonge dans son sein ', or c'est là une grossière erreur et c'en est une autre de prétendre que, dans ces mêmes contrées , la nuit succède brusquement au coucher du soleil. Non, ajoule-t-il, la nuit n*y arrive pas brusquement, seulement elle suit de très-près le coucher du soleil, et ceci s'observe également sur le bord des autres grandes mers. Dans les pays où le soleil se couche derrière de hautes montagnes, ce qu'on appelle la lumière diffuse prolonge la durée du jour davantage après le coucher de l'astre ; ici naturellement cette prolongation n'a pas lieu, cependant l'obscurité ne s'y fait point tout d*un coup, non plus que dans les grandes plaines. Pour ce qui est maintenant de l'augmentation apparente du volume du soleil , laquelle s'observe en pleine mer, aussi bien au moment du lever qu'au moment du coucher, elle tient à ce qu'il se dégage plus de vapeurs de l'élément liquide : or, ces vapeurs sont comme des [verres]* que les rayons visuels ne traversent qu'en se brisant, et qui ne transmettent à l'œil que des images grossies, par une illusion analogue à celle qui nous fait paraître de couleur rougeâtre soit le soleil, soit la lune, quand nous les voyons se lever ou se coucher à travers un nuage sec et léger. » Posidonius nous apprend comment il put constater par lui-même le peu de fondement de l'opinion populaire : pendant trente jours, il résida à Gadira et observa avec soin chaque coucher du so-
1. M. Meineke voit une glose dans les mots *ià Ta ijMciicceiv dç tôv puSov. Mais si, toutes les fois que le texte de Strabon contient une explication redondante ou superflue, onl'ecarte de cette façon, ne risque-t-onpas d'altérergravement la manière de Tauteur, en le faisant plus concis et plus rigoureux qu'il n'était. — 2. Al ùdXwv au lieu de 4l aùXûv, excellente conjecture de Vossius. Voy. ses notes sur Pomp. RIcIa (I, 18), rapprochées du passage des Questions naiurclw^ <ic Sénr^que, \. c.