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quantité de salaisons, d'aussi bonne qualité pour le moins que celles du Pont, qu'on tire non-seulement de leur pays, mais de tout le reste de la côte située en dehors des Colonnes d'Hercule. U nous venait aussi anciennement beaucoup de leurs tissus, de leurs étoffes. Aujourd'hui leurs laines elles-mêmes sont plus demandées que les laines coraxiennés * : il est de fait qu'il n'y a rien de plus beau, et Ton s'explique en les voyant qu'un bélier rejHroducteur de Turdétaoie se paye un talent. La même supériorité se remarque dans les tissus légers que fabriquent les Salaciètes'. Ajoutcn» que TabondaDce du bétail de* toute espèce et du gibier est quelque chose de prodigieux en ce pays. Quant aux animaux nuisibles, ils y sont rares, et Ton ne peut guère donner ce nom qu'à une espèce particulière de petits lièvres, dits lé^ bérideSy qui se terrent et gâtent en effet les arbres et las plantes en rongeant leurs racines. Ce fléau, commun du reste à pVesque toute Tlbérie , étend ses ravages jusqu'à Massalia et infeste même les îles. C'est au point qu'on ra« conte que les habitants des îles Gymnesiœ députèrent naguère à Rome pour demander qu'on leur assignât d'autres terres; sous prétexte qu'ils étaient chassés de leurs îles par ces anw maux destructeurs devenus si nombreux, qu'il n'y avait plus à songer à leur résister. Peut-être bien faut-il, quand le fléaa dépasse ainsi ses proportions habituelles ', et qu'il se dé* chaîne avec la violence de la peste ^, semblable à ces invasions de serpents et de rats qui ont affligé certains pays, peut-être bien faut-il recourir à ce moyen extrême; mais en temps eirdinaire on emploie pour le combattre divers genres de chasse^ notamment la chasse au chat sauvage* Cet animal, originaire de la Libye, est dressé tout exprès ; après l'avoir muselé, 00 le lâche dans le terrier du lièvre, s'Û l'attrape, il le traîne
^ 1. Voy. Meîneke, t&td., p. 16, et Mûller, Index uor. lect., p. 952, col. i, lig. 54. — 2. Cf. Pline, VIII, 73.2: et quam (lanam) Salacia scutulato textu commendat in Liuitania. Ce aétail précis nous fait préférer la forme Salacietifi admise par Groskurd à la leçon Saltietae des Mss. et à la correetioii iSai^i^t7a? proposée par Kramer et agréée par Meineke, voire même à Tinaéniease coi^eetnre de Mûller ScUpesUx ou Salpita, quoique les mots m hàsitania ne se rapportent pas tout à fait. — 8. ini«ov««v^v , au lieu de v^^tfMv, correction très-probable de Piceolos. — 4. <^« &i ttvt loi|ux| , au lien de çWpov i. T. X., correction de Kramer.
dehors avec ses griffes, antrement il le force à fuir et à re> paraître à la surface de la terre, où les chasseurs qui guettent sa sortie le prennent aisément. Ce qui peut du reste donner l'idée de Timportance des exportations de la Turdétanie, c'est le fort tonnage et le grand nombre des bâtiments turdétans : de tous les bâtiments de commerce, en effet, que Ton voit, soit k Dicœarchie, soit dans le port d'Ostie, arsenal maritime de Rome, les plus gros viennent de la Turdétanie et leur nombre n*est guère inférieur k icelui des bâtiments qui viennent de Libye ^
7. Mais si riche que soit l'intérieur de la Turdétanie par les productions de son sol, on peut dire que le littoral n'a rien à lui envier par les richesses qu'il tire de la mer. En général, les différentes espèces d'huîtres et de coquillages qu'on recueille sur les côtes de la mer Extérieure dépassent, tant pour la quantité que pour la grosseur , les proportions ordinaires; ici la disproportion est encore plus forte, ce qui tient vraisemblablement à l'élévation exceptionnelle des .marées sur ce point ; car on conçoit que, plus exercés * par la violence des flots, ces animaux pullulent et grossissent davantage. Il en est de même, au reste, pour les différentes espèces de cétacés, pour les orques, les baleines et pour les souffleurs: on sait que le nom de ces derniers vient de ce que, quand ils soufflent ou respirent, ils semblent à qui les voit de loin lancer en l'air une colonue de vapeui*. Les congrrs acquièrent également dans ces parages un développement monstrueux et dépassent infiniment en grosseur ceux de nos côtes, tel est le cas aussi des murènes et en général de tous les poissons de même espè:e. Les buccins et les murex qu'on ramasse près de Garteia ont, à ce qu'on prétend, une contenance de dix cotyles, et, plus près de la mer Extérieure, il n'est pas rare dépêcher des murènes et des congres pesant plus de quatre-vingts
1. voy. Meineke, Vind, Strab., p. 14, sur le mot UroUar^aaioiriç qui suit et que Casaubon avait déjà dénoncé comme une glose évidente : « bellissimum epiph(ynema, dit Meineke, quo rem a Slrabone tn majus auctam esse byzantinus magistellus indicare voluit. » — 2. Meineke a rendu la leçon pjivafflav indubitable par son heureuse citation de Galien (éd. Kuhn, vol. VI, p. 709)
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