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II. — Physionomie générale

La Marne comprend trois espèces de terrains : au centre, le pays est formé par la craie supérieure; à Test, domine la craie inférieure avec les grès verts; à l'ouest, régnent les terrains tertiaires du bassin de Paris. De ces trois natures de terrains, celle qui couvre le plus d'espace est la craie supérieure, à laquelle appartient presque la moitié du département.

Bien qu'il offre quelque variété, le département de la Marne, dans l'ensemble, est plat ; et, s'il a de hautes collines, il ne possède point de vraies montagnes.

La plus élevée de ces collines se dresse dans la Montagne de Reims, massif boisé compris, au nord-ouest du département, entre la Marne et la Vesle, et s'abaissant sur l'une et l'autre rivière, par des coteaux qui donnent des vins renommés, tels que celui d'Ay^ Par la nature de ses terrains (argiles, calcaires, silex, meulières, argiles à lignites, sables, etc), la Montagne de Reims relève de la région géologique appelée bassin de Paris.

Le point culminant du département se nomme la Monta^ gne de Verzy : il se dresse au-dessus de Verzy, au sud-est de Reims, à 280 mètres de hauteur, à l'origine de ravins qui se dirigent vers la Yesle, au-dessus de la vaste plaine de la Champagne Pouilleuse. Le point le plus bas du département, dans la vallée de l'Aisne, au nord de Cormicy, étant à 50 mètres, la pente totale du territoire est donc de 230 mètres.

Dans cette même Montagne de Reims, à 8 kilomètres à l'ouest-nord-ouest de la colline de Verzy, au sud de Reims, le Mont-Joly a 274 mètres : le chemin de fer de Reims à Épernay le traverse par un tunnel long de 3500 mètres.

A l'ouest, au nord-ouest, vers le département de l'Aisne, la Montagne de Reims se prolonge par des collines d'oii coulent

des affluents de droite de la Marne, et l'Ardre, affluent de gauche de la Vesle : ces collines forment un pays assez varié, qui s'appelait autrefois le Tardenois, nom qui survit dans Ville-en-Tardenois, chef-lieu de canton de cette partie de la Marne. — La Vesle sépare, au nord, la Montagne de Reims de la Montagne de Saint-Thierry , dont les pentes inférieures donnent aussi de bons vins : ce massif, compris entre la Vesle, au sud, et l'Aisne, au nord, a pour point culminant un mamelon de 218 mètres.

La rivière de Vesle sépare aussi la Montagne de Reims de deux massifs auxquels leur isolement sur la plaine de la Champagne Pouilleuse donne un grand caractère, les majssifs de Berru et du Mont-Haut : le Mont de Berru, à 10 ou H kilomètres à l'est de Reims, au-dessus de Berru ou Béru, qui lui a valu son nom, de Nogent-l'Abbesse, et non loin de Reine, a 267 mètres. Le Mont-Haut, appelé aussi Mont- Ham (?) ou Point de Vue, à une vingtaine de kilomètres à Test-sud-est de Reims, sur le faîle entre la Vesle et la Suippe comme le Mont deRerru, a 257 mètres.

La Montagne de Reims plonge sur la rive droite de la Marne; de l'autre côté de la rivière, sur la rive gnuche, s'élèvent aussitôt des collines de même nature, appartenant également au bassin de Paris. Ces collines se déroulent au sud jusqu'à la Seine; à l'ouest, elles prennent le nom de Brie en s'approchant des frontières de l'Aisne et de Seineet-Marne, département où elles s'abaissent pour devenir un plateau célèbre par sa ricliesse en grains : plateau qui va de la rivière de la Marne au fleuve de la Seine.

Ce massif n'est pas seulement semblable à la Montagne de Reims par sa contexture géologique : il domine aussi, comme elle, par des pentes abruptes, la plaine monotone delà Champagne Pouilleuse, et ses versants inférieurs produisent également des vins estimés. Au nord il s'appelle Montagne de Vertus, au sud Montagne de Sézanne.

La Montagne de Vertus est boisée; elle porte les forêts d'Épernay, d'Enghien, de Vassy, de la Chaimoye, de

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Montmort, de Vertus ; quelques-unes de ses croupes dépassent 250 mètres, beaucoup 240 : le Bois de la Houppe et le Moulin de la Madeleine, au-dessus de Vertus même, ont tous les deux 240 mètres. Le Mont-Aimé, haut également de 240 mètres, à 4 ou 5 kilomètres au raidi de Vertus , est isolé du reste du massif par un col profond où passe la route de Paris à Châlons.

Les marais plus ou moins desséchés de Saint-Gond et le val du Petit-Morin séparent la Montagne de Vertus de la Montagne de Sézanne : celle-ci, dominant aussi d*une certaine hauteur la Champagne Pouilleuse, porte la forêt de la Loge, la vaste forêt de la Tracoune et d'autres bois ; ses sommets les plus élevés ont de 200 à 255 mètres (slu Moulin dWllemant); son coteau le plus curieux, qui, pareil au Mont-Aimé, est isolé par un col de l'ensemble du massif, s'appelle le Mont- Août (221 mètres) : il se dresse au sud de Broussy-le-Grand ; le sommet de cette élévation boisée est un plateau d'environ 40 hectares.

Ainsi, tout l'ouest de la Marne est occupé par des massifs de coteaux relevant géologiquement du bassin de Paris et dominant à une certaine hauteur la grande plaine champenoise; de même, tout l'est du département, de l'autre côté de ladite plaine, se compose de collines appartenant uniformément à la craie inférieure et au grès vert : collines qui, du nord au sud, font partie de l'Argonne, du Perthois, du Bocage.

L'Argonne , qui s'étend également sur le département des Ardennes, et surtout sur celui de la Meuse, est une cliahie boisée reliant les calcaires du plateau de Langres aux schistes du plateau des Ardennes. C'est une contrée pauvre en grandes sources et cependant essentiellement humide, dont les petits ruisseaux sinueux renforcent la rivière de l'Aisne. Sur le territoire de la Marne, entre l'Aisne et son affluent la Biesme, elle porte une vaste forêt, la forêt d'Argoniie; et plus au sud, sur la rive gauche de l'Aisne, la forêt de Belval, qui borde l'étang du même nom, vaste de 250 hectares (c'est le plus grand du département). Sa cime la plus haute est la Côte

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des Cerfs (263 mètres), au sud-est de Sainte-Ménehould, au nord de Passavant. — Au nord-ouest de Ste-Ménehould, sur les deux rives de la Dormoise, tributaire de gauche de l'Aisne, aux limites du département des Ardennes, TArgonne touche au petit pays qu'on appelait autrefois le Dormois.

Au sud du bassin de l'Aisne, le pays, limitrophe de la Meuse, oii coulent la Saulx, l'Ornain et leurs affluents, contrée féconde, se nomme le Perthois, de Perthes, petite ville de la Haute-Marne. Le cours de la Marne le sépare d'une région, féconde aussi, qui s'étend jusqu'aux frontières de l'Aube et de la Haute-Marne. Cette région, le Bocage, boisée et parsemée d'étangs, est la portion nord du Vallage, pays qui s'étend surtout dans la Haute-Marne (autour de Joinville) et l'Aube (autour de Bar-sur-Aube) . Ni le Perthois, ni le Bocage n'ont de hautes collines : dans la vaste foret de Trois- Fontames, tout près de la Meuse et de la Haute-Marne, audessus de la source de la Bruxenelle, le Coteau de Lembroie a 219 mètres; le Mont de Fourche (194 mètres) domine le conflueflt de la Saulx et de la Chée, à Vitry-le-Brûlé.

C'est entre ces massifs de l'est et ceux de l'ouest, entre ce qui fut la Lorraine et ce qui touchait à l'Ile-de-France, que s'étend la Champagne Pouilleuse, plaine qui couvre presque la moite du département de la Marne, 406,000 hectares, sur 818,000, sans compter ce qui lui appartient dans l'Aube et dans les Ardennes. Autrefois peu fertile, elle est devenue productive grâce aux soins éclairés des agriculteurs; on utilise la partie la plus ingrate de son sol sec et poreux, en y plantant diverses espèces de résineux qui, çà et là, forment déjà des bois d'une certaine étendue et contribuent à enricliir le pays ; d'autre part, les engrais ont amélioré ce sol de craie blanche (cette roche, ici, a jusqu'à 400 mètres de puissance). Quelque dépréciée que soit cette région, elle offre cependant quelques sites agréables le long de ses rivières et de SCS ruisseaux, qui sont fort peu nombreux, — comme aussi les sources y sont très-rares, — mais dont l'abondance est grande.

Le département de la Marne appartient tout entier au bassin de la Seine.

La Seine, fleuve de 776 kilomètres de longueur, dans un bassin de 7,750,000 hectares, naît à 471 mètres d'altitude, dans le département de la Côte-d'Or, à une trentaine de kilomètres, à vol d'oiseau, au nord-ouest de Dijon ; elle baigne Châtillon (Côte-d'Or), Bar, Troyes, Nogent (Aube), Melun (Seineet-Marne) , Corbeil (Seine-et-Oise) , Paris (Seine) , Mantes (Seine-et-Oise), les Andelys (Eure), Elbeuf, Rouen (Seine- Inférieure) et se jette dans la Manche par un estuaire de 10 kilomètres de largeur, ouvert entre le Havre et Honileur. Elle n'appartient au département de la Marne que pendant 10 ou 12 kilomètres; elle y baigne Conflans, Marcilly, où elle reçoit l'Aube et devient navigable pour les embarcations qui n'exigent pas plus de 50 centimètres d'eau.

L'Aube, rivière qui donne son nom à un département, n'a guère non plus qu'une douzaine de kilomètres sur le territoire de la Marne. Son cours total est d'environ 225 kilomètres ; à son confluent avec la Seine, à Marcilly, par 71 mètres d'altitude, elle est plus longue et plus large que sa rivale, et peut-être un peu plus abondante : à Tétiage, c'est-à-dire aux eaux trèsbasses, après les longues sécheresses, les deux cours d'eau roulent à peu près 3 mètres cubes et demi, ou 3,500 litres d'eau par seconde.

L'Aube, dont le nom veut dire la Blanche (i/ta, en latin), et dont les eaux sont, en effet, très claires, n'arrose qu'une ville de la Marne, Anglure. Droye, Meldançon, Puis, Superbe, Saudoy, ainsi se nomment les ruisseaux de son bassin qui ont tout ou partie de leur cours dans le département.

La Broyé, venue de la Haute-Marne, de la forêt du Der, arrose Champaubert, puis Giffaumont, et passe dans le département de la Haute-Marne, pour aller s'unir à la Voire, affluent de l'Aube, sorti de la grande source de Somme-Voire. Elle recueille les eaux d'un grand nombre d'étangs ; un de

ses affluents, la Varanne, sort de l'étang du Grand-Bioué, près de Ghâtillon. — Le Meldançon ou Meldanson, également sorti d'étangs, reçoit le Lignon, grossi du Sois, et, au-dessous de ce confluent, entre dans le département de l'Aube. — Le Puis commence à Sommepuis et sort de la Marne pour entrer dans l'Aube en aval de Brébant. La carte de l'État-major écrit Puits, — La Superbe, qui porte aussi le nom de rivière des Auges, est une dérivation du Grand-Morin (F. cidessous), rivière appartenant au bassin de la Marne. Cette dérivation part du vallon de Mœurs, va baigner Sézanne, et quitte aussitôt les collines pour la plaine de Champagne. A Pleurs, elle s'unit à un gros ruisseau, la Pieuvre, que forme, un peu en amont, la réunion de la Vaure et de la Maurienne : la Vaure, née à Yaurefroy, passe à Fère- Cliampenoise ; la Maurienne s'appelle aussi Semaine, du village du département de l'Aube dans lequel elle prend sa source. Elle porte à l'Aube, sans tunnel, sans grande tranchée, des eaux que leur pente dirige vers la Marne ; elle a 35 kilomètres de cours (40 à partir de la source de la Vaure). — Le Saudoy^ né près de Saudoy, est un faible ruisseau qui reçoit les eaux du bourg de Barbonne.

A quelque distance en aval de sa sortie du département, sur le territoire de l'Aube, près de Nogent, la Seine recueille un ruisseau qui vient de couler dans des prairies humides : c'est la ViUenauxe, appelée aussi Nauxe, Noxe, et aussi Vaunoise, du nom de sa source, la Font-Vaunoise, qui est abondante. La Font-Vaunoise, près de Nesle-la-Reposte, jaillit dans le département de la Marne, mais presque tout le cours de la ViUenauxe est dans l'Aube.

Les deux grandes rivières qui apportent à la Seine le tribut de presque tout le territoire de la Marne sont la Marne et l'Aisne.

La Marne, rivière longue de près de 500 kilomètres dans un bassin de 1,289,500 lieclares, descend du plateau de Langres, d'une source qui jaillit à 581 mètres d'altitude, dans la propriété de la Marnottc ; décrivant un grand demi-cercle,

par Langres, Chaumont-en-Bassigny, Saint-Dizier, Vitry-le- Fraiiçois, Ghâlons, Épernay, Château-Thierry, la Ferté-sous- Jouarre, Meaux , elle tombe dans la Semé à Charenton, aux portes de Paris. Comme TAube, c'est un affluent de droite ; son étiage est de 11 mètres cubes par seconde, son moriw/e ou débit moyen de 75 mètres; ses crues varient de 600 à 1,000 mètres. Elle est navigable sur tout son cours dans le département, grâce surtout à un canal latéral qui, longeant la rive droite, porte des bateaux d'un tirant de 1"^60 : ce canal s'embranche sur le canal de la Marne au Rhin, à 3,000 mètres au-dessous de Vitry, et finit en aval d'Epernay, près de Cumières.

Le cours de la Marne, dans le département qui porte son nom, est de 127 kilomètres : elle y pénètre, venant de la Haute-Marne, par 125 mètres environ d'altitude, près d'Ambrières, et en ressort pour entrer dans l'Aisne, par à peu près 65 mètres, en aval de Dormans. Elle y baigne Vitry-le François, Châlons, Condé, oii des machines peuvent puiser dans son lit 100,000 mètres cubes par jour pour le service des éclusées du canal de la Marne à l'Aisne; Mareuil, Ay, Épernay, Cumières, Damery, Port-à-Binson, Mareuil-le-Port et Dormans.

Les ruisseaux ou rivières qui se déversent dans la Marne sur le territoire du département sont la Biaise, l'Isson, l'Orconte, la Saulx, la Guenelle, le Fion, la Moivre, la Coole, la Gironde ou Pisseleu, la Livre, la Somme-Soude, le Cubry, le Flagot, la Semoigne. Ceux qui n'ont qu'une portion de leur cours (portion supérieure) dans le département sont le Surmelin, le Petit-Morin et le Grand-Morin.

La Biaise, rivière de 80 kilomètres qu'utilisent un certain nombre de forges, a presque tout son cours dans la Haute- Marne, où elle arrose Vassy : elle se jette dans la Marne (rive gauche) tout près d'Arrigny.

Ulsson, affluent de gauche, ruisseau sans aucune espèce d'importance, naît à la fontaine d'Isson, et passe presque aussitôt à Saint-Remy-en-Bouzemont.

VOrconte, affluent de droite, vient de la forêt des Trois- Fontaines. Il a 30 kilomètres ou un peu plus de longueur ;

appelé fii^ ^/' Or clans une partie de son cours, il passe, à 1,800 mètres au sud de Thiéblemont, devant un village nommé comme lui Orconte ; il y reçoit la Censière,

La Saulx, tributaire de droite, a son embouchure à 1,200 ou 1,500 mètres en aval de Vitry-le-François ; c'est une rivière importante qui égale presque la Marne, du moins en tem[)s d'étiage, car alors elle roule 2,500 litres par seconde, la Marne en débitant à peine 3,000. La Saulx, qui est limpide, a 115 ou 120 kilomètres, sur le territoire de trois départements, Haute-Marne, Meuse et Marne ; sur ces 120 kilomètres, 52 appartiennent à la Marne, oii elle baigne Sermaize, Vitryle-Brûlé, et recueille l'Ornain, la Chée, la Bruxenelle. — L'Ornain, plus long que la Saulx d'environ 25 kilomètres quand il la rencontre près d'Étrepy, a 120 kilomètres de cours : pur comme la Saulx, coulant comme elle dans la Hte-Marne, la Meuse et la Marne, il passe à Bar-le-Duc, et prête sa vallée au canal de la Marne au lUiin qu'il alimente en partie ; il n'a que 10 ou 12 kilomètres sur le territoire de la Marne. — La Chée, de.-cendue de TArgoime, partage assez exactement son cours de j)lus de 60 kilomètres entre la Meuse et la Maine, oii elle arrose Heillz-le-Maurupt et Heiltz-l'Évêque et se grossit, à Outrepont, de la Vière : celle-ci, longue d'une quarantaine de kilomètres, a pour alfluent le Yanichon, — La Bruxenelle, longue de 40 kilomètres et tout entière dans 1.1 Marne (ainsi que la Vière), se forme dans la forêt de Trois-Fontaines ; elle passe à Cheminon, à Blesme, où elle reçoit le Scrupt, et tombe dans la Saulx à Vitry-le-Brûlé.

La Guenelle, aflluent de gauche, naît, sous le nom de C/ieronne, au-dessus de Saint-Chéron, coule dans un vallon peuplé, puis entre dans la vallée de la Marne ; mais, au lieu de se réunir à cette rivière, elle coule paresseusement dans des prairies humides, au pied des collines de la rive gauche, et, prenant le nom d'isson, traverse de nombreux villages avant de gagner enfin la Marne, entre Tliogny et Mairy, après un cours de 40 kilomètres.

Le Fio??, tributaire de droite, long d'une vingtaine.de kilo-

mètres, naît à Bassu, reçoit la Lisse au-dessus de Saint- Amand et gagne la Marne à la Chaussée.

La Moivre, affluent de droite, commence au-dessus du village de Moivre, et passe à 2,500 mètres au sud de Marson. Elle longe le canal latéral à la Marne, reçoit la Biaise, née à Moncets, baigne Châlons et ne trouve son embouchure qu'à Saint-Martin-sur-Pré, c'est-à-dire à 18 kilomètres en aval de Pogny : aussi son cours a-t-il plus de 40 kilomètres.

La Coole, tributaire de gauche, est une rivière de 50 kilomètres, formée par des sources de la craie champenoise : née à Coole, elle a son confluent à Coolus, après avoir mis en mouvement un grand nombre de moulins et d'usines et traversé une dizaine de villages, notamment Écury-sur-Coole.

La Gironde ou Pisseleu (8 kilomètres), tributaire de gauche, naît à Thibie et finit au-dessous de Saint-Gibrien.

La Livre, affluent de droite, descend de la Montagne de Reims, passe à Louvois, emprunte le nom de ruisseau de Mutry à un village qu'elle traverse, et baigne Avenay. Son cours n'est que de 15 à 16 kilomètres.

La Somme-Soude est un affluent de gauche. Son nom réunit celui de ses deux branches mères, la Somme et la Soude. La Somme a pour origine une source considérable alimentée par la craie champenoise, et située au village de Sommesous ; celle de la Soude ^ également fort abondante, est à Soudé. Quand les deux petites rivières se rencontrent, la Somme a parcouru 30 kilomètres, traversé 8 villages et reçu la rivière du Mont, tandis que la Soude n'a guère que 20 kilomètres de cours et n'a baigné que 6 villages. De la réunion de ses deux branches à Jalons, trajet d'environ 25 kilomètres, la Somme-Soude arrose 8 villages, reçoit le Ladut, la Berle^ augmentée du ruisseau de Vertus, A Jalons, elle se divise : le bras de droite va se perdre dans la Marne; celui de gauche, prenant le nom de rivière des, TarnaudSy coule encore pendant 20 kilomètres, à une distance de la rive gauche de la Marne qui varie entre 1,000 et 3,000 mètres, et, baignant 5 bourgs ou villages, ne se perd que dans

la baillicue d'Épernay : de la source de la Somme à Temboucliure de la rivière des Tarnauds, le cours de la Somme- Soude est donc d'environ 75 kilomètres.

Le Cuhry, tributaire de gauche, n'a que 10 à 12 kilomètres : il naît, sous le nom de Sounlon, à Saint4Iarlin-d'Abloi?, dans la roche à meulières, en amont d'un beau château, d'une source qui donne 115 litres d'eau par seconde. Il reçoit le Mancy ou rivière de Moslins et traverse Épernay.

Le Flagot, affluent de gauche long d'un peu plus de 12 kilomètres, a son embouchure à Mareuil-le-Port.

La Semoigne, affluent de droite, a 15 à 18 kil. : elle se forme dans les collines du Tardenois et traverse Verneuil.

Le Surmelin, tributaire de gauche, a 25 kilomètres dans la Marne, 15 dans l'Aisne. Il sort d'étangs situés dans la forêt de la Gharmoye et passe à Montmort et à Orbais. II quitte le département au-dessous du Breuil ; en ce point de son cours, il roule en été 248 à 640 litres par seconde. Dans l'Aisne, il reçoit, à Condé-en-Brie, la Dhuis, ruisseau dont l'étiage est de 164 à 248 litres par seconde: les sources de la Dhuis et quelques-unes de celles du Surmelinontété détournées sur Paris.

Le Petit-Morin, tributaire de gauche, est un cours d'eau de 85 kilomètres, dont 45 dans le département de la Marne, où il naît près de Morains-le-Petit. Aussitôt il s'engage dans les vastes marais de Saint-Gond, imparfaitement desséchés, et il les traverse dans toute leur longueur, sous forme d'un canal à longues lignes droites ; puis son vallon, se resserrant, devient profond, sinueux, pittoresque. Après avoir contourné la colline de Montmirail, il quitte la Marne où il a reçu le Caberseau et la Vogue, pour l'Aisne, puis pour Seine-et-Marne, où il se jette dans la Marne à la Ferté-sous-Jouarre.

Le Grand-Morin, affluent de gauche, a 120 kilomètres dont 45 dans la Marne et 75 en Seine-et-Marne. Il sort de la source de Lachy, à 5 kilomètres au nord de Sézanne, et coule d*abord au sud comme pour aller se perdre dans la Seine. Après avoir envoyé, sur la gauche, la dérivation qui, sous le nom de rivière des Auges (F. ci-dessus, page H), devient

un tributaire de l'Aube, il tourne vers le nord-ouest ; de plus en plus tortueux dans un vallon de plus en plus profond qui parfois est une véritable gorge, il passe entre la forêt de la Traconne (à gauche) et celle de la Loge-à-Gault (à droite) et va baigner Esternay où il reçoit le Ru de la Noue ; puis, grossi du Ru de Ronneval, venu de Tréfols, il entre en Seine-et-Marne pour y recueillir la plus forte source de tout le bassin de la Seine (celle de Chailly), y traverser Coulommiers et y tomber dans la Marne à Esbly. Son principal tributaire, VAubetin^ a ses sources dans la Marne, près de Bouchy-le-Repos.

C'est par l'Aisne, affluent de l'Oise, que le reste des eaux du déparlement de la Marne gagne le lit de la Seine.

L'Aisne est une rivière de 280 kilomètres de longueur, de 350 même en la prenant à la source d'un de ses affluents, l'Aire, et son bassin a près de 900,000 hectares : cependant elle cède son nom à nu cours d'eau de 200 kilomètres seulement dans un bassin de 500,000 hectares ou un peu plus, à l'Oise, qui se perd dans la Seine à 25 kilomètres en aval de Paris. L'étiage de l'Aisne est de 9 mètres cubes par seconde.

Elle naît dans le département de la Meuse, à Sommaisne, par 250 mètres d'altitude, dans les collines boisées de l'Argonne ; elle n'a guère parcouru qu'une vingtaine de kilomètres quand elle entre dans la Marne, où son cours est de 55 à 60 kilomètres. Très-sinueuse, elle y côtoie la forêt de Belval et la forêt d'Argonne, elle y baigne Sainte-Ménehould, la Neuville-au-Pont, Servon, et passe dans le département des Ardennes. Avant de rencontrer l'Oise à 2 kilomètres au-dessus de Compiègne, elle arrose encore trois villes, Vouziers, Relhel et Soissons. Les ruisseaux ou rivières de son bassin qui ont tout ou partie de leur cours sur le territoire de la Marne sont l'Hardillon, l'Anle, l'Auve, la Bionne, la Biesme, la Tourbe, la Dormoise, la Suippe et la Vesle.

VHardillon, affluent de droite, est un petit ruisseau de l'Argonne venu de Triaucourt (Meuse).

VAnte (25 kilomètres), affluent de gauche, recueille des eaux d'étangs; elle passe à Givry-en-Argonne.

UAuve, rivière d'une vingtaine de kilomètres, affluent de gauche, doit ses eaux à des sources de la craie champenoise ; elle a son embouchure à Sainte-Ménehould ; son tributaire, VYèvre, plus long qu'elle, au confluent, de 4 kilomètres, naît à Somme- Yèvre et baigne Dommartin.

La Bionne, affluent de gauche, a 15 kilomètres : elle commence à Somme-Bionne et finit à Vienne-la-Ville.

La Biesme, longue de près de 35 kilomètres, est un affluent de droite ; elle coule dans la forêt d'Argonne et sépare longtemps le département de la Meuse de celui de la Marne (comme elle séparait autrefois la Lorraine de la Champagne). Dans la Meuse elle baigne les Mettes, dans la Marne Vienne-le-Ghàteau.

La TourbCy rivière de Champagne, naît à Somme-Tourbe et passe à Ville-sur-ToUrbe. Son embouchure est en face de Servon, rive gauche. Elle communique avec la Dormoise par une branche appelée le Sugnon. Cours, 24 kilomètres.

La Dormoise naît à Tahure et passe à Cernay. Son embouchure (rive gauche) est dans le département des Ardennes. Cours, 48 à 20 kilomètres.

La Suippe, tributaire de gauche, née à Somme-Suippe, se dirige constamment vers le nord-ouest, dans un étroit vallon de prairies où elle fait mouvoir un très-grand nombre d'usines diverses, et où elle ne rencontre pas moins de 25 bourgs ou villages, entre autres Suippes, Pontfa verger, Warméri ville, Boult. Au-dessous d'Auménancourt, au Pont-Givard, elle quitte la Marne, après un cours d'environ 60 kilomètres, pour entrer dans les Ardennes, y couler pendant une dizaine de kilomètres et se jeter dans l'Aisne à Condé-sur-Suippe. Elle reçoit : VAin à Saint-Hilaire-le-Grand; — le Py h Dontrien; — VArne (à Bétheniville), oij ont été faits des essais de pisciculture inteiTompus par la guerre de 1 870; — le ruisseau d'Époye.

La Vesle ou Fè/e, longue de 125 kilomètres environ, est un tributaire de gauche ayant son cours supérieur et son cours moyen (jusqu'en aval de Reims) dans la craie blanche, et son cours inférieur dans les terrains tertiaires du bassin de Paris. Comme la Yesle, elle coule vers le nord-ouest. Sa source est à

Somme-Yesle. Elle baigne Courtisols, Notre-Damb de TÉpine, Bouy, Sillery, Cormontreuil où ont été faits aussi des essais de pisciculture ; Reims, Jonchery, Fisnies. En aval et près de cette ville, après 100 kilomètres de cours, elle entre dans le département de l'Aisne. Sur le territoire de la Marne, ses tributaires sont : hNoblette (20 kilomètres), qui longe le camp deChâlons; — le ruisseau de Mourmelon ou Cheneu, qui traverse aussi le camp de Châlons ; — la Prosnes; — V Ardre ^ ruisseau d'une quarantaine de kilomètres qui descend de la forêt de la Montagne de Reims, coule au nord-ouest dans un profond vallon du Tardenois et se termine à Fismes.

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