‹ Géographie du département de la VienneChapitre 7 sur 16 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

goths, fut tué dans la mêlée par la main de Clovis, et ses soldats, n'ayant plus leur roi à leur tète, furent complètement battus. Clovis les poursuivit jusqu'à Bordeaux, et de là jusqu'à Toulouse, leur capitale, où il s'empara du riche trésor des rois wisigoths. Le Poitou suivit à partir de ce moment les destinées de l'Aquitaine. A la mort de Clovis, Childebert, son lils, roi de Paris, eut Poitiers sous sa dépendance ; mais cette ville tomba, en 558, sous la domination de Clotaire qui recueillit l'héritage de ses frères. Une des femmes du roi Clotaire, la

pieuse RadegOllde, effrayée Tombeau de sainte Radegonde, à Poitiers.

des crimes de son mari, se

consacra à Dieu et fonda un monastère de femmes à Poitiers

dont elle est devenue la patronne (550).

Au deuxième partage de la monarchie franque, en 561, Poitiers appartint à Caribert. Mais ce prince étant mort eu 567, Chiipéric s'en empara, bien que la ville fût échue en partage à Sigebert.

Nous ne suivrons pas les divers changements de maîtres que subit le Poitou durant la rivalité de deux femmes célèbres, Frédégonde et Brunehaut.

Dagobert, qui monta sur le trône en 638, établit le duché d'Aquitaine en faveur de son frère Caribert. C'était créer une puissance héréditaire dangereuse pour le pouvoir royal, et cette époque est remplie par les luttes de ces dues d'Aquitaine contre les maires du palais.

En 732, le Poitou fut le théâtre d'un événement remar-

quable. Les Arabes, maîtres de l'Espagne, avaient franchi les Pyrénées et pénétré en Gaule par la Septimanie. Narbonne, Carcassonne, Nîmes, Toulouse, Bordeaux et plusieurs autres villes avaient été saccagées par eux. Charles Martel, le rude soldat, alors maire du palais, s'avança contre ce flot destructeur. Il trouva les Mahométans campés entre la Vienne et le Clain, près de Poitiers. Les deux armées s'observèrent mutuel-

Nôtre-Dame la Grande, à Poitiers, avant la restauration.

lement pendant une semaine ; euiin, le huitième jour, le chef des Musulmans, Abd-el-Rbaman, commença l'attaque à la tôle de sa cavalerie, mais il ne put parvenir à rompre les rangs épais des Francs qui lui présentèrent une muraille solide hérissée de fer, Il fut tué avec un grand nombre de ses soldats ; les autres prirent la fuite, abandonnant leurs richesses aux vainqueurs. Cette mémorable journée, dont toute la gloire rejaillit sur Charles Martel, affermit considérablement son autorité et facilita l'accès du trône à sa famille.

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Façade de Notre-Dame la Grande, à Poitiers

En778,Charlemagne reconstitua le royaume d'Aquitaine en faveur de son fils Louis qui venait de naître; ce royaume fut, jusqu'à l'établissement de la féodalité, administré par des comtes amovibles. En 877, Charles le Chauve signa à ladiètedeQuierzysur-Oise un capitulaire qui reconnaissait en droit l'hérédité des fiefs et des offices. Cet acte portait un coup mortel au pouvoir royal. Aussi, sous les derniers Carlovingiens, les prétentions de la plupart des seigneurs furent-elles exorbitantes. Un des comtes héréditaires du Poitou, Cuillaume, surnommé Fier-àbras, méconnut l'autorité d'Hugues Capet. Le roi de France vint metlre le siège devant Poitiers et obligea Guillaume à se soumettre.

Le successeur de Guillaume Fier-à-Bras, Guillaume le Grand, augmenta ses Etats et fonda des écoles. Le petit-fils de ce dernier, appelé aussi Guillaume, se rendit célèbre par ses mœurs dissolues et sa vie aventureuse; il prit part à la première croisade et mourut en H 26.

Son fils Guillaume fut le dernier duc d'Aquitaine. Sa vie est si pleine de légendes et de prodiges qu'il est impossible de distinguer la vérité historique. Ce que l'on sait d'une iaçon plus certaine, c'est qu'il abdiqua en faveur de sa fille aînée, Éléonore, qui devint la femme de Louis VII le Jeune. Cette union, contractée déjà avant la mort de Louis VI le Gros, apporta le Poitou et l'Aquitaine au royaume de France.

Mais Louis VII, au retour de la seconde croisade, répudia Éléonore, et celle-ci se maria la même année avec Henri Plantagenet, comte d'Anjou, duc de Normandie et héritier de la couronne d'Angleterre (1152). Presque toute la France occidentale appartint donc, par cette alliance, à l'Angleterre.

Piichard Cœur de Lion, fils d'Éléonore et d'Henri II, fut créé comte de Poitou ; ce prince mourut au siège du château de Clialus, en Limousin, au mois de mars 1199. En 1204, Philippe Auguste, pour venger la mort d'Arthur de Bretagne assassiné pur Jean sans Terre, successeur de Richard, s'empara de la Normandie, de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou, qui furent réunis au domaine royal.

« Père, gardez-vous à droite ; père, gardez-vous à gauche ! »

En 1241, Louis IX constitua le Poitou en apanage en faveur de sou frère Alphonse, qui fit régner dans cette province une excellente administration établie sur le modèle de saint Louis. Ce prince étant mort sans héritier, le comté fit retour à la Couronne.

En 1304, Philippe le Bel donna le Poitou à son second fils, Philippe le Long, qui monta sur le trône en 1316 et réunit de nouveau la province au domaine royal.

Durant la fatale guerre de Cent-Ans, qui jeta si souvent les Anglais sur les côtes occidentales de la France, le Poitou souffrit plus que tous les autres pays de l'invasion étrangère.

En 1356, le prince de Galles ayant saccagé le Rouergue, l'Auvergne, le Limousin et le Berry, Jean le Bon, roi de France, à la tête d'une brillante armée, l'atteignit à Poitiers et lui coupa la retraite sur Bordeaux. Le prince de Galles établit sa petite armée au sommet d'un coteau planté de vignes, appelé le champ de Maupertuis, situé à deux lieues environ de Poitiers. Le roi Jean aurait pu les entourer et les affamer, mais il aima mieux céder à la fougue de son courage et attaquer le coteau avec de la cavalerie. En quelques minutes cavaliers et chevaux furent criblés de traits et la déroute commença dans l'armée du roi de France. Abandonné de presque tous les siens, l'imprudent monarque fut fait prisonnier après d'inutiles prodiges de valeur. Sur ses quatre fils qui étaient avec lui, les trois aînés s'enfuirent lâchement; seul le plus jeune, Philippe le Hardi, resta à ses côtés et lui criait lorsqu'un coup le menaçait : « Père, gardez-vous à droite ; père, gardez-vous à gauche ! »

La captivité du roi Jean se termina par le désastreux traité de Brétigny (1360), qui donna l'Aquitaine à Edouard NI, et ainsi le Poitou fut une nouvelle fois séparé de la France

En 1372, Du Guesclin avec 300 lances entra dans Poitiers et fut tellement bien secondé dans son entreprise par les principaux habitants, que Charles V accorda des titres de noblesse à tous ceux qui, à l'avenir, exerceraient les fonctions de maire ou dréchevin dans la ville de Poitiers. Le Poitou fut alors donné

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