PHYSIONOMIE GÉNÉRALE
gneuse, par l'aspect sauvage ou grandiose des vallées et par la monotonie des hauts plateaux. Mais vient-on à considérer avec attention ce curieux département, l'on ne tarde pas alors à s'apercevoir qu'aucune contrée n'offre un plus grand degré de régularité et de simplicité dans sa structure. Et en effet, tous les accidents, tous les grands reliefs du sol, tous les plateaux, toutes les vallées sont ordonnancés, dans le Cantal, d'une manière symétrique et harmonieuse autour d'un point central l.
« Deux grands éléments entrent dans la structure de ce département : 1° un gigantesque cirque de terrain primitif (schistes cristallins, granit) ; Ll° un vieux volcan délabré occupant le milieu du cirque.
« Ce grand volcan, dont la base a vingt-cinq lieues de diamètre, était jadis un immense cône régulier et très-élevé. Aujourd'hui, nous n'apercevons que ses ruines. Le sommet du cône s'est peu à peu éboulé dans le cratère, et les dentelures résultant de ce déchirement forment un groupe de pics ou puys rangés en cercle, et dont les principaux sont : le Puy Gros, le Puy Bruuet, le Cantalou (1,800 mètres d'altitude), le Plomb du Cantal (1,858 mètres), le Pic du Rocher, le Puy de Bataillouze, le Puy Mary (1,787 mètres), le Puy Violent, le Puy Chavaroche et le Pic de l'Elancèze. Au centre de ce cercle, c'est-àdire au centre du cratère, se dresse la cime aiguë et décharnée du Puy Griou (1694 mètres).
« Les eaux diluviennes ont creusé, sur les flancs de ce vieux volcan, seize grandes vallées rectilignes et disposées comme les rayons dune étoile dont le cratère serait le centre. Les flancs de ces vallées offrent des escarpements considérables, qui laissent voir les énormes coulées qui, en se superposant, ont édifié le cône volcanique.
(( Ces vallées sont très-régulières jusqu'au pied du volcan, mais dès qu'elles rencontrent le cirque de terrain primitif, elles s'infléchissent toutes brusquement, se replient les unes sur les autres et réunissent leurs efforts pour rompre cette
1 Voir la carte à la lin du\olumc.
barrière et se frayer trois principales issues, une pour TAlagnon et les deux autres pour gagner le Lot et la Dordogne.
« Le cirque de terrain primitif atteint, dans le N.-E. du département, l'altitude de 1,200 mètres; à TE., il s'élève jusqu'à 1,423 mètres, tandis que vers l'O. et le S.-O. Il n'atteint que 700 à 800 mètres. Le cône volcanique démantelé, occupant le milieu de ce vaste cirque, rappelle à s'y méprendre certains paysages de la lune.
Le département du Cantal est divisé en trois régions agricoles très-naturelles. Les sommets élevés, les croupes des montagnes et les hauts plateaux sont couverts de riches pâturages. Plus bas, depuis l'altitude moyenne de 1,000 mètres jusqu'à celle de 620 mètres, sont les districts les plus fertiles, tels que ceux de la Planèze, des environs de Mauriac, de Pléaux et d'Aurillac. Plus bas encore, Ton rencontre la ceinture de terrain primitif qui tout à coup se relève brusquement pour enceindre de son relief tourmenté tout le terrain volcanique; cette barrière circulaire est pauvre, stérile, couverte de landes et de bruyères entrecoupées de rares et chétives cultures1. »
ni
Cours d'eau*
Le département du Cantal se divise entre deux bassins, celui de la Gironde et celui de la Loire : en d'autres termes, tous ses ruisseaux, toutes ses rivières se déversent dans l'un ou dans
1 MM. Bouygues frères, libraires, éditent actuellement la belle carte géologique du Cantal de M. B. Rames, et ils font un tirage spécial de la carte oro-hydrographique dressée sous la direction de ce savant. Cette dernière carte, éditée à grands frais et avec le plus grand luxe (lm,23 sur 93 centimètres), est éclairée dans le système de la lumière oblique ; elle donne à première vue une idée exacte de l'orographie du département. Enfin, la même maison de librairie édite aussi un plan relief-vrai, au 40J00, qui sera l'image fidèle de la région la plus remarquable, du Cantal.
l'autre de ces deux fleuves, qui tous deux se perdent dans l'Océan Atlantique.
Ces deux bassins sont fort inégaux : celui de la Gironde prend environ les quatre cinquièmes du département, ne laissant qu'un cinquième à celui de la Loire.
La Gironde est formée, bien loin du Cantal, dans le sudouest de la France, par la réunion de la Garonne et de la Dordorgne.
La Garonne, le plus long des deux cours d'eau, celui dont le bassin est le plus vaste, la masse d'eau la plus grande, naît en Espagne, dans les Pyrénées, montagnes sensiblement plus hautes que le Cantal, leur principal pic, la Maladetta, ayant 3,404 mètres d'altitude. Elle passe bientôt en France, baigne Toulouse, Agen, Bordeaux, et rencontre la Dordogne au Bec d'Ambez, à un peu plus de 20 kilomètres au-dessous de Bordeaux. A ce point, elle a parcouru 575 kilomètres, dans un bassin de 5,600,000 hectares, tandis que la Dordogne n'a pas tout à fait parcouru 500 kilomètres, dans un bassin de 2,540,000 hectares seulement. Quant au débit comparatif, c'est-à-dire au volume d'eau écoulé dans un temps donné, la Garonne et la Dordogne roulent à peu près la même quantité — à l'étiage, ce qui veut dire, aux eaux très-basses, — environ 40 mètres cubes ou 40,000 litres d'eau par seconde; peut-être même la Dordogne est-elle alors quelque peu supérieure à sa rivale, mais son débit moyen est moins considérable, et dans les crues extraordinaires, elle n'a jamais dépassé 5,000 à 6,000 mètres cubes d'eau par seconde, tandis que la Garonne a dépassé 10,000.
Réunies sous le nom de Gironde, les deux grandes rivières se transforment en un estuaire, en une espèce de golfe vaseux de 75 kilomètres de longueur, de 10 à 12 d'étendue au point le plus large. Cet estuaire, navigable pour les grands vaisseaux, s'ouvre sur la mer à Royan, ville de bains de mer très-fréquentée, non loin du phare magnifique appelé Tour de Cordouan.
La Dordogne prend sa source dans les Monts-Dore (Puy-
do-Dôme), sur les flancs du Puy de Sancy lui-même, à quelques kilomètres du célèbre établissement de bains du Mont-Dore. Quand elle atteint le département du Cantal, auquel, du reste, elle n'appartient que par sa rive gauche — la rive droite appartenant à la Corrèze — elle a parcouru 65 à 70 kilomètres, baigné une seule ville, Bort, reçu le Chavanon et la Rue, cette dernière doublant certainement son volume d'eau.
C'est à une dizaine de kilomètres au-dessus de Bort, ville du département de la Corrèze, par environ 450 mètres d'altitude, que la Dordogne commence à toucher le territoire du Cantal. Son cours n'y dépasse guère 50 kilomètres, ou, pour parler plus exactement, elle sépare pendant un peu plus de 50 kilomètres le département du Cantal de celui de la Corrèze ; elle n'y baigne aucune ville, aucune bourgade, pas même un simple chef-lieu de commune, parce qu'elle y coule au sein de gorges très-étroites, et d'une extrême profondeur; où il y a une différence de niveau de 200 à 250 mètres entre l'eau de la rivière et le sommet des rochers ou des talus excessivement escarpés dont elle baigne la base. Elle laisse plus ou moins loin sur le plateau: Beaulieu, Champagnac, Veyrières, Arches et Chalvignac, et passe en ligne droite à 7 ou 8 kilomètres de Mauriac.
Quand elle quitte le département, un peu au-dessous du confluent de l'Auze, par 260 mètres environ d'altitude, elle continue à serpenter dans de profonds défdés, jusque vers Argentat. Puis, passant de la Corrèze dans le Lot, du Lot dans la Dordogne, et de celle-ci dans la Gironde, elle coule dans une vallée magnifique, également féconde et pittoresque, qui parfois s'élargit en plaine, parfois se rétrécit encore, mais nulle part comme de Bort à Argentat. Au-dessous des rapides de Lalinde, elle baigne Bergerac; à Castillon, elle commence à devenir sensible à la marée ; à Libourne, où elle reçoit Tlsle, c'est déjà un fleuve très-large et très-vaseux ; à Cubzac, elle a déjà plus d'un demi-kilomètre de largeur, et elle atteint plus d'un kilomètre au Bec d'Ambez, à sa réunion avec la Garonne, par 5 met. environ d'altitude. Ses principaux affluents lui arrivent bien au-dessous du département du Cantal : ce sont la
Torrent et cascade (rive gauche rie la Maronne) prè? de Saint-Paul.
Yézère, au-dessus de Bergerac; et à Libourne, l'Isle, augmentée de la Dronne.
Dans le département du Cantal, la Dordogne reçoit la Tialle, la Rue, la Sumène, l'Auze ; dans le département de laCorrèze, la Maronne et la Gère lui portent les eaux d'une partie du Cantal : ce dernier département étant tout entier sur ia rive gauche de la rivière, tous ces affluents se trouvent être des affluents de gauche.
La Tialle n'est qu'un tout petit torrent de l'Artense, qui gagne la Dordogne à quelques kilomètres en amont de Bort.
La Rue, bien autrement importante que la Tialle, roule autant d'eau que la Dordogne, et peut-être même plus à son confluent avec elle entre Bort et Madic. Elle prend sa source au Puy de Sancy, comme la Dordogne, mais sur un autre versant, coule vers le sud sous le nom de Clamouse, entre dans le Cantal, y baigne Condat, et, tournant à l'ouest, serpente dans des gorges au nord desquelles commencent les montagnes de l'Artense. Avant de s'unir à la Dordogne près de Bort, au-dessous du pont de Saint-Thomas, elle forme la cascade du Saut de la Saule, qui a huit mètres de hauteur. Ses affluents notables sont : le Boujan, qui vient du Cézallieretquia son embouchure à Condat ; — la Santoire, charmant torrent qui a son origine dans le massif du Cantal, au pied du Puy Mary; — la Rue de Cheylade, qui naît également sur le Puy Mary, et dont un affluent, la Véronne, passe à Riom-ès-Montagne, chef-lieu de canton ; — la Tarentaine, rivière de l'Artense, passant à Champs, chef-lieu de canton. — La Rue, qui atteint la Dordogne par un peu moins de 420 mètres d'altitude et qui a 65 kilomètres de longueur; la Santoire, qui en a plus de 40; la Tarentaine, qui en compte 40 ; la Rue de Cheylade, dont le cours est de 35 kilomètres; le Boujan est beaucoup plus court.
La Sumène, rivière sinueuse d'un peu plus de 50 kilomètres de développement, naît sur le Suc de Rond, montagne secondaire du massif du Cantal : elle ne baigne que des chefs-lieux de commune, mais elle passe à une petite distance de Saignes, cbef-lieu de canton. Outre son propre tribut, elle porte à la
Dordogne, au-dessus d'Arches, celui du Violon, celui du Mar- Ihioux (30 kilom.), et celui du Mars (40 kilom.), charmant torrent venu du Puy Mary, de cascade en cascade, au fond d'une vallée étroite, escarpée, qui lui a valu le nom patois de Ribeyro Cobado, en français la Rivière-Creuse.
UAuze (40 kilom.) coule sur le plateau de Salers, forme la cascade de Salins, doublement belle par sa masse d'eau et par sa hauteur de plus de 30 mètres, passe à quelques kilomètres au sud de Mauriac, et se perd dans la Dordogne près de l'endroit où cette belle rivière entre définitivement dans le département de la Corrèze.
La Maronne, longue de près de 90 kilomètres, appartient pour plus des deux tiers de son cours au département du Cantal, mais s'achève dans celui de la Corrèze. C'est une charmante rivière, bien digne d'être visitée pour la beauté de son cours, comme le sont, d'ailleurs, le plus grand nombre des rivières du Cantal. Elle commence sur un versant du Roc des Ombres, arrive de saut en saut, de rapide en rapide, au pied du talus de basalte fort élevé qui porte la ville de Salers, et baigne la ravissante vallée de Saint-Martin-Valmeroux. Plus bas, cette vallée se transforme en une suite de gorges très- sauvages, souvent très-boisées, qui ont, en certains points, jusqu'à 300 mètres de profondeur, non plus sur le territoire du Cantal, mais dans celui de la Corrèze. La Maronne tombe dans la Dordogne à une petite distance au-dessous de la ville d'Argentat. Elle reçoit, dans le Cantal : ÏAspre, qui est le torrent du délicieux vallon de Fontanges ; la Bertrande (35 à 40 kilom.), dont la vallée a de remarquables accidents volcaniques; VIncon, qui passe près de Pléaux, chef-lieu de canton. A son tour, la Rertrande a pour affluents la Doire (30 kilom.), qui baigne le pied de la montagne deSaint-Cernin, chef-lieu de canton, et la Soulane.
La Gère, qui l'emporte en longueur sur la Maronne d'environ 20 kilomètres, n'appartient pas -non plus entièrement au Cantal, car son cours inférieur est partagé entre les départements de la Corrèze et du Lot. Elle prend ses sources dans le centre du massif cantalien, dans ce nœud curieux d'où descendent
aussi nombre de torrents allant soit à la Dordogne, soit au Lot, soit à l'Allier, affluent de la Loire. Sa première fontaine est peu éloignée du col du Lioran, par lequel le chemin de fer et la route de terre passent du bassin de la Gironde dans celui de la Loire. Constamment longée jusqu'aux environs d'Aurillac, tantôt sur la rive droite, tantôt sur la rive gauche, par le chemin de fer de Figeac à Arvant, elle se précipite en cascades dans les gorges fameuses du Pas de Compaing et du Pas de la Cère, la première au-dessus, la seconde au-dessous du beau vallon de Thiézac. Elle baigne ensuite Vie, Polminhac, irrigue les vastes prairies d'Arpajon, qui est une espèce de faubourg d'Aurillac, puis elle entre dans des gorges qui peu à peu deviennent profondes et sévères. C'est en aval de la Roquebrou qu'elle quitte le Cantal pour aller se perdre dans la Dordogne, aux environs de Bretenoux. Elle reçoit, par sa rive droite, la Jordane et la Dautre. — La Jordane (40 kilomètres) part de ce Puy Mary qui envoie tant de torrents vers les quatre points de l'horizon : elle fait une infinité de cascades et de cascatelles dans une vallée qui ne le cède en grâce et en grandeur à aucune autre vallée du Cantal, et traverse le chef-lieu du département, Aurillac. — La Dautre, également longue de 40 kilomètres, est parallèle d'abord à la Jordane, ensuite à la Cère elle-même, qu'elle atteint à la Capelle-Viescamp. Sa vallée, parfois sévère, est le plus souvent extrêmement gracieuse.
La rivière qui apporte à la Garonne le reste des eaux cantaliennes appartenant au bassin de la Gironde se nomme le Lot. Sa part territoriale, dans le département, est moins importante que celle de la Dordogne ; cependant tout le sud du Cantal lui envoie ses torrents et ses ruisseaux.
Sur un cours total de plus de 450, de près de 500 kilomètres, le Lot n'en a guère qu'une dizaine dans le département, et encore par une seule rive, la rive droite. Né dans le département de la Lozère, au sein de montagnes élevées, froides, arides, un peu moins hautes toutefois que celles du Cantal, il baigne Mende, chef-lieu de la Lozère, puis il entre dans l'Aveyron.
Cascade du Pas de la Cère
C'est ce dernier département qu'il sépare de celui du Cantal. Dans cette partie de son cours, son altitude dépasse à peine 200 mètres.
Sorti du Cantal, le Lot continue pendant quelque temps à couler dans l'Aveyron, où il effleure la région d'Aubin et^de Decazeville, l'une des plus importantes de la France par ses mines de houille, ses forges et ses autres établissements industriels. Il traverse ensuite le département qui lui doit son nom, en touche le chef-lieu, Cahors, et, devenant extraordinairement sinueux, passe dans le département de Lot-et-Garonne, où il s'engloutit dans la Garonne, rive droite, près d'Aiguillon, à 20 mètres environ d'altitude. Peut-être aussi fort que la Dordogne en temps de crue, il Test beaucoup moins en temps de sécheresse, car alors son débit peut descendre à 10 mètres cubes, soit à 10,000 litres par seconde.
Sur le territoire du Cantal, où il est constamment encaissé dans des gorges profondes, le Lot ne reçoit que d'insignifiants cours d'eau, tels que YAuze, qui arrose le principal vallon du petit pays appelé Veinazès. Presque toutes les eaux que lui fournit le département lui arrivent : en amont, du Cantal, par la Truyère ; en aval, par le Celé.
La Truyère, rivière assez considérable, qui double le Lot à Entraygues, naît dans les monts de la Margeride, et, dans son cours d'environ 175 kilomètres, traverse trois départements : la Lozère, le Cantal et l'Aveyron. Dans aucun des trois, elle ne baigne de ville importante, sauf peut-être Entraygues, où elle se jette dans le Lot; dans le Cantal, spécialement, elle ne rencontre que de rares et petits villages, quelques hameaux et des moulins, les bourgades d'une certaine importance se trouvant toutes sur le plateau. Entrée dans le département par environ 750 mètres d'altitude, elle en ressort à moins de 600, après y avoir serpenté entre des roches granitiques, dans des gorges tortueuses, profondes, et, nous l'avons dit, presque déserles. Elle y reçoit le ruisseau de Ruines, l'Arcomie, TAnde, la Jurolle, le Bès, le Remontalou, l'Épie, la Lévandes, leRéols, le Vezon, le Brezons; plus bas, sur le territoire de l'Aveyron,
laBromme et le Goul. — Le ruisseau de Ruines, torrent de la Margeride, passe à Ruines, chef-lieu de canton. — UArcomie n'est qu'un ruisseau né dans le département de la Lozère. — UAnde, longue d'environ 35 kilomètres, serpente sur la Planèze, passe à Saint-Flour, puis descend rapidement vers la Truyère. — La Jurolle coule aussi dans la Planèze, à peu près parallèlement à l'Ande. — Le Bès, rivière assez considérable et de beaucoup le plus important affluent de la Truyère, a de 60 à 65 kilomètres de longueur, mais il n'appartient pas en entier au Cantal : il a son origine dans la Lozère, dans la plus haute montagne de la chaîne d'Aubrac, forme longtemps la frontière entre la Lozère et le Cantal, puis entre définitivement dans ce dernier département, mais seulement sur quatre ou cinq kilomètres. — Le Remontalou baigne le vallon de Chaudesaigues. — UÉpie arrose la Planèze. — La Lévandes descend des contreforts des monts d'Aubrac, ainsi que le Réols. — Le Vezon passe à Pierrefort, chef-lieu de canton. — Le Brezons, né au Plomb du Cantal, parcourt une trentaine de kilomètres dans une vallée qui passe pour une des plus belles du pays, et sépare, sur un court trajet, le Cantal de l'Aveyron. — La Bromme, un peu plus longue que le Brezons, lui est parallèle : elle a la plus grande partie de son cours dans l'Aveyron, ainsi que son affluent le Sinicq. — Le Goul a 50 kilomètres : il commence dans le massif du Puy Gros (1,599 mètres), au sud du Plomb du Cantal, coule dans la vallée de Raulhac, et, contenu jusqu'à la Truyère dans des gorges sauvages et profondes, sépare d'abord le Cantal de l'Aveyron, puis pénètre entièrement dans ce dernier département.
Le Celé, moins long et moins abondant que la Truyère, n'a même pas le tiers de son cours dans le Cantal : il y naît sous le nom de Celeyrou, qui veut dire petit Celé, au sein de montagnes de 700 à 800 mètres, peu éloignées de la rive droite du Lot; mais, au lieu de descendre rapidement à cette rivière, il court parallèlement à elle, dans une vallée sinueuse et profonde, qui, en certains endroits, principalement vers Figeac, est très-rapprochée de la vallée du Lot. Après avoir reçu la
Rance, plus longue que lui de dix kilomètres, il entre dans le département du Lot au-dessus de la Capelle-Banhac : là, il baigne Figeac, serpente dans des gorges très-profondes, encaissées entre des roches extrêmement élevées, et se perd dans le Lot à quelques lieues en amont de Cahors. Ses tributaires cantaliens sont la Ressayre ou Ressègue, la Rance (30 kilomètres), qui baigne Maurs et se grossit de la Mouleyre et de Y Anes, et la Veyre (30 kilomètres), qui sépare longtemps le département du Cantal de celui du Lot.
Les eaux que le Cantal envoie à la Loire parviennent à ce fleuve par l'intermédiaire de l'Allier. Ni la Loire, ni l'Allier, ne touchent le département : la Loire en est très-éloignée, l'Allier en est à huit ou dix kilomètres, au plus près.
La Loire (1,000 à 1,100 kilomètres) est le plus long cours d'eau de la France, si l'on considère le Rhin comme étant purement allemand; il y a, en Europe, douze ou treize fleuves plus longs, mais dix seulement ont un bassin plus étendu.
Le bassin de la Loire comprend en tout onze à douze millions d'hectares, plus du cinquième et moins du quart de la France, mais, sur cette vaste surface, le fleuve ne recueille pas en moyenne une masse d'eau proportionnelle à l'étendue des régions qu'il arrose. Si ses crues sont terribles (10,000 à 12,000, peut-être 15,000 mètres cubes par seconde), son débit minimum est extrêmememt faible, puisqu'il peut s'abaisser à 24 mètres cubes par seconde devant Orléans.
La Loire naît dans le département de TArdèche, sur le flanc du Gerbier de Jonc, ancien volcan de 1,562 mètres d'altitude. Coulant d'abord au nord jusqu'au-dessous de Nevers, elle tourne ensuite vers l'ouest jusqu'à la mer, et longe ou traverse, outre l'Ardèche, onze départements : la Haute-Loire, la Loire, Saôneet-Loire, l'Allier, la Nièvre, le Cher, le Loiret, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Maine-et-Loire et la Loire-Inférieure, où elle devient, au-dessous de Nantes, un large estuaire, soumis à la marée ; elle débouche enfin dans l'Océan Atlantique devant le port florissant de Saint-Nazaire.
Elle passe près du Puy-en-Velay, qu'elle laisse à gauche, et de Saint-Etienne-en-Forez, qu'elle laisse à droite, a Nevers, à Orléans, à Blois, à Tours, près d'Angers et à Nantes.
L'Allier, long d'environ 375 kilomètres, est une rivière considérable, qui atteint 200 à 500 mètres de largeur, et qui est égale, sinon supérieure, à la Loire, quand elle la rejoint au lieu dit le Bec d'Allier, à 6 ou 7 kilomètres au-dessous de Nevers, par 172 mètres d'altitude.
Né dans le département de la Lozère, à 1,423 mètres audessus des mers, il traverse ou longe, outre la Lozère, cinq départements : la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, l'Allier, la Nièvre et le Cher. Il laisse à gauche Germon t-Ferrand, dans sa féconde plaine de la Limagne, et il baigne Moulins. Au-dessous du confluent de la Sioule, son dernier affluent important, il débite à l'étiage 25 mètres cubes par seconde; en eaux moyennes, 115 mètres; en très-forte crue, 6,000.
La Cronce, le Géloux et l'Alagnon, sont les cours d'eau que le département du Cantal envoie à l'Allier : tous trois sont des affluents de sa rive gauche.
La Cronce, petit torrent, a sa source dans les forêts de la Margeride. Elle entre presque aussitôt dans le département de la Haute-Loire, et se perd dans l'Allier en amont de la Voûte- Chilhac.
Le Céloux procède également de la Margeride, passe également dans la Haute-Loire, et gagne l'Allier auprès du pont fameux de Vieille-Brioude.
L'Alagnon, bien autrement considérable, roule, suivant la saison, de 2 mètres cubes et demi à 550 mètres cubes par seconde; sa longueur est de 85 kilomètres, dont environ les deux tiers dans le département du Cantal et le reste dans la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme. 11 commence près du col du Lioran, à une petite dislance des sources de la Cère : coulant presque constamment vers le nord-est, toujours suivi par le chemin de fer d'Aurillac à Arvant, il passe au pied de Murât et à Massiac. C'est à la station du Saut-du-Loup, par près de 400 mètres d'altitude, qu'il atteint l'Allier, après avoir fait, de sa
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source à son embouchure, le plus bel ornement d'une vallée remarquablement pittoresque, tantôt fraîche et charmante, tantôt nue, rocheuse et austère. Ses deux principaux tributaires, sur le territoire du Cantal, sont VA Hanche (50 kilomètres), qui descend du Cézallier et baigne Allanche, chef-lieu de canton, et YArcueil (30 kilomètres), issu de la Margeride. Hors du département, il reçoit la Sionne, qui, longue aussi d'une trentaine de kilomètres, coule dans une gorge des monts du Luguet et baigne un certain nombre de villages et de hameaux appartenant au Cantal.
On évalue à 5,000 le nombre des torrents et des ruisseaux qui alimentent, dans le Cantal, les cours d'eau que nous venons d'énumérer.
Les principaux lacs du Cantal sont, par ordre de grandeur : le lac de la Crégut, qui a 4 kilomètres de tour; le lac de Menet, dont le trop-plein se déverse dans la Sumène ; le lac de Madic, tributaire de la Dordogne ; le lac des Sauvages, situé à 1,176 mètres d'altitude; moins importants sont les lacs de Château-Neuf, deVeyrières, des Granges, de la Cousteix, du Fayet, de Mont-de-Mélier, de Coindes, les lacs Noir, de la Pignol, des Bondes et de la Bouboulie.
Climat*
Le Cantal est essentiellement un pays de montagnes ; or, plus un lieu est élevé, plus il est froid. En outre, étant situé dans la France centrale, il est fort é'oigné de la mer ; or, en général, plus un pays est loin de la mer, plus le climat y est inégal en tout temps, plus il est chaud en été, et froid en hiver.
Le département du Cantal appartient à l'un des sept climats entre lesquels on a l'habitude de diviser la France : au climat