CURIOSITES NATURELLES
auvergnat, climat froid dans l'ensemble, agréable et chaud en été, mais rude en hiver et sujet à de brusques variations.
Comme les altitudes des lieux habités varient extraordinairement selon qu'elles se rapprochent de l'un ou l'autre des deux extrêmes d'élévation (Plomb du Cantal, 1,858 mètres; point où le Lot quitte le déparlement, 210 mètres), les températures de ces lieux varient aussi considérablement, suivant qu'ils sont situés dans la haute montagne, sur les plateaux ou dans les vallées basses. En général, l'arrondissement d'Aurillac jouit du climat le plus doux ; vient ensuite celui de Mauriac, moins froid que celui de Saint-Flour et de Murât.
Si toute la pluie tombée dans l'année restait sur le sol sans filtrer sous terre et sans s'évaporer dans l'air, on aurait, à la fin des douze mois, à Aurillac, une nappe d'eau d'un mètre douze centimètres de profondeur. C'est beaucoup plus que la moyenne de la France (77 centimètres).
Curiosités naturelles*
Sans être aussi grandioses que les Alpes ou les Pyrénées, les diverses montagnes du Cantal abondent en curiosités naturelles: pics, cimes élevées d'où se déroulent de vastes panoramas ; grandes roches, parois volcaniques, orgues ou colonnades de basalte ; gorges profondes, tour à tour sauvages ou gracieuses ; belles sources, rapides et cascades des rivières, cascatelles des ruisseaux ; grottes parcourues par des torrents.
Pour les énumérer, il faudrait un volume ; chacune des gorges disposées en éventail autour du Cantal, renferme plus ou moins toutes ces diverses sortes de « merveilles de la nature. » Dans laMargeride, les monts d'Aubiac, le Cézallier, le Luguet, les grandes curiosités sont plus rares que dans le massif cantalien.
Les principales curiosités du Cantal sont signalées dans le dictionnaire des lieux remarquables qui termine ce volume.
Histoire.
Dans les premiers temps historiques, les Arvernes, une des plus anciennes, des plus riches et des plus puissantes tribus de la Gaule, occupaient le territoire actuel du département du Cantal. Quand les Romains vinrent les attaquer dans leurs montagnes, ils les avaient deux fois déjà chassés de l'Italie, envahie par leurs nombreuses légions. Après la chute de Gergovie et la défaite de Vercingétorix à Alaise (52 ans avant Jésus-Christ), ils leur accordèrent, en échange de leur soumission, une paix honorable, car ils leur laissèrent leurs lois et leurs libertés. Seulement l'ancien territoire des Arvernes, soumis dès lors, comme toute la Gaule vaincue, à la domination romaine, fit partie de la première Aquitaine. Cette domination y fut douce et civilisatrice. Aucune révolte n'y éclata contre les vainqueurs, dont les camps inutiles devinrent plus tard des centres de population importants.
Au troisième siècle de l'ère chrétienne, saint Mamet et saint Mary prêchèrent le christianisme dans la haute Auvergne, et le Cantal adopta peu à peu la religion nouvelle.
Au cinquième siècle, en 475, pendant le règne débile de l'empereur Julius Népos, Euric ou Ewaric, roi des Wisigotlis, établis depuis 412 dans l'Aquitaine, fit la conquête de toute l'Auvergne; mais sonfils, Alaric II, monté sur le trône en 484, ne sut pas conserver le royaume que lui avait légué son père. 11 périt en 507, à Youillé, près de Poitiers, dans une bataille qu'il livra à Clovis, roi des Francs et fondateur de la monarchie française. L'Auvergne haute et basse tomba dès lors dans la ^possession du vainqueur, qui la transmit, après sa mort, à l'un de ses fils, Thierry Ier, roi de Metz.