‹ Géographie du département du GersChapitre 6 sur 19 · COURS D'EAU · texte numérisé non relu

COURS D'EAU

une amélioration insuffisante, par un canal-aqueduc, dit canal de Sarrancolin, qui, les reliant à la vallée d'Aure, apporte aux principales d'entre elles 5,000 à 4,000 litres d'eau par seconde pris sur la Neste. Cet appoint serait bien plus considérable si le canal, traversant lui-même des terrains perméables, ne perdait en chemin une partie de ce qu'il a reçu à son origine.

Les rivières qui vont du plateau de Lannemezan et de ses ramifications vers la Garonne sont, en allant de l'est à l'ouest, dans l'ordre où elles tombent dans le fleuve : la Save, la Gimone, l'A r rats, le Gers et la Baïse.

La Save naît par 640 mètres d'altitude au sud de Lannemezan. Elle a déjà parcouru 8 à 9 kilomètres dans les Hautes-Pyrénées et 70 à 71 dans la Haute-Garonne quand, par 178 mètres d'altitude, elle entre dans le département du Gers. Elle y arrose Lombez, Samatau , l'Isle-Jourdain, et rentre dans la Haute-Garonne pour y achever, au-dessous de Grenade, son cours total de 165 kilomètres, dont 50 seulement appartiennent au Gers. En amont de Lombez, elle reçoit à gauche la Gesse, qui appartient à peine au département; en aval de Samatan, à Labastide, elle se réunit, par sa rive droite, à YAvssoue, dont le cours, de 36 kilomètres, se partage entre la Haute-Garonne (19 kilomètres) et le Gers (17 kilomètres).

La Gimone, à peine formée, dans les Hautes-Pyrénées, par 475 mètres d'altitude, sépare ce département de celui de la Haute-Garonne, puis ce dernier de celui du Gers, où elle entre par 230 met. d'altitude. Elle y arrose Simorre, le territoire oriental de Saramon et la ville de Gimont ; elle sert de limite aux départements du Gers et de Tarn-el-Garonne, entre dans ce dernier pour y arroser Beaumont-de-Lomagne et s'y jeter dans la Garonne par 68 mètres d'altitude, en amont de Gastelsarrazin. Sur les 132 kilomètres de son cours, elle donne entièrement au Gers 74 kilomètres. Son principal affluent est la Marcotte, à droite.

L'Arrats, formé au pied de la colline de Thermes (412 mètres), à l'est de Gastelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées), n'a par-

couru que 5 kilomètres quand il entre dans le Gers; il passe à Aubiet, àMauvezin, où il n'est qu'à 1 kilomètre de la Gimone, s'éloigne de cette rivière aussi rapidement qu'il s'en est rapproché, coule au pied de la colline de Saint-Clar, forme la limite du Gers et de Tarn-et-Garonne, rentre un instant dans le Gers, puis le quitte définitivement, par 62 mètres d'altitude, et n'en a plus que 55 près de Valence-d'Agen, point où il se jette dans le fleuve gascon, après un cours de 132 kilomètres, dont 97 dans l'intérieur du département.

Entre l'Arrats et le Gers coule la seule rivière de quelque importance (64 kilomètres) qui prenne naissance dans l'intérieur du département et ne remonte point jusqu'au fameux plateau : c'est YAuroue. Elle a sa source au pied et au nord de la colline de 263 mètres qui porte l'ancien bourg féodal de Puycasquier ; à 11 kilomètres de son origine, elle reçoit à gauche un affluent plus fort et plus long qu'elle, né également de la colline de Puycasquier, mais au sud-ouest; à droite, sa vallée est dominée par des collines qui portent des ruines de châteaux. Quand elle a reçu à gauche YEsquerre, venue des collines de Castelnau-d'Arbieu, elle se trouve doublée de volume et décrit de forts méandres entre des coteaux couverts de vignes et de bois. Après 51 kilomètres de cours, par7imètres d'altitude, l'Auroue forme la limite (sur 10 kilomètres) des départements du Gers et de Lot-et-Garonne, et va se jeter dans la Garonne, à Saint-Nicolas-de-la-Balerme, à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le Gers, YsEgertius des anciens, doit à son passage au pied de la ville d'Auch et peut-être aussi à ses riches prairies l'honneur d'avoir donné son nom au département. 11 est lui aussi une pauvre rivière sans ports, abondante seulement quand la Neste, par le canal de Sarrancolin, lui fait l'aumône de quelques milliers de mètres cubes d'eau. Elle déborde cependant après les pluies d'hiver et de printemps et envahit les plaines d'Auch et de Lectoure ; mais c'est pour rentrer bientôt dans son lit et y rouler tranquillement ses eaux impures et jaunâtres.

C'est au sud de Lannemezan, à quelques pas seulement des sources de la Save, que le Gers sort de terre, par 675 mètres environ d'altitude. Il entre bientôt, sans quitter les Hautes- Pyrénées, dans une vallée profonde dont les collines de droite, appartenant à la Haute-Garonne, tombent du côté opposé, d'abord sur la Save naissante, puis sur la Gesse. Après avoir parcouru 40 kilomètres, il entre dans le département du Gers, par 240 mètres d'altitude, passe à 500 mètres de Masseube, qu'il laisse à gauche, arrose de nombreux villages, reçoit par la rive gauche, à Pavie, le Cédon, puis le Sousson, bien plus important, long de 45 kilomètres, et enfin arrive au pied de la colline d'Auch, qui le domine à gauche. Le Gers n'est poulie chef-lieu du département ni un embellissement ni une ressource ; il y ressemble à un large fossé. Peu grossi par quelques petits affluents de gauche et surtout de droite, il dépasse Fleurance et laisse à droite, sur son promontoire, l'antique cité de Lcctoure, en face de laquelle, par sa rive gauche, il reçoit la Lanze. Quand il entre dans Lot-et-Garonne, le Gers a parcouru 167 kilomètres et il est descendu à 60 mètres d'altitude. 18 kilomètres lui restent à parcourir pour atteindre le ileuve, qu'il rejoint au-dessous du bourg de Layrac, à une altitude de 42 mètres. Sa longueur totale est de 185 kilomètres.

Entre le Gers et la Baïse, mais plus près de cetfe dernière, coule YAuvignon, qui n'a dans l'intérieur du département que 18 des 59 kilomètres de son parcours total. Il atteint le Ileuve près de Port-Sainte-Marie (Lot-et-Garonne).

La Baïse est certainement la plus importante de toutes les rivières du bassin de la Garonne qui sillonnent le département du Gers. Elle doit celte supériorité à ce que sa source est plus rapprochée des grandes montagnes, moins épuisée par des sources voisines, et à l'importance relative de ses affluents. C'est la seule qui soit en partie navigable. Néanmoins son débit resterait encore insuffisant si elle n'était secourue par le canal de laNeste, qui lui verse 500 litres d'eau par seconde.

La Baïse, Bayse, Grande-Baïse ou Baïse-Derrière, naît à 660 mètres d'altitude, à l'ouest de Labarthcde-iXeste, au

sud-est de Capvern,près de montagnes qui atteignent de 1,000 à 1,500 mètres d'altitude. Après avoir arrosé Trie, dans les Hautes-Pyrénées, et parcouru 39 kilom., elle entre dans le Gers par 212 mètres, reçoit à droite, près de Saint-Michel- Saint-Jaymes, la Baïsole, longue de 45 kilomètres et née dans le plateau de Lannemezan, arrose Mirande, reçoit à l'Islede-Noé, parla droite, la Baise-Devant ou Petite-Baise, longue de 78 kilomètres, passe à Saint-Jean-Poutge, où pourront remonter les bateaux dès que certains projets de canalisation seront réalisés. Au pied de Valence, la Baïse se grossit encore, à droite, de YAuloue, qui lui apporte les eaux du canton de Jegun ; enfin un port assez large et assez profond lui a été creusé à Condom, à 1 kilomètre en amont de la Gèle, ruisseau de 25 kilom., qui lui arrive également par la droite. On ne compte plus que 60 mètres d'altitude au point où elle entre dans le Lot-et-Garonne pour y baigner Nérac et Lavardac, puis s'y jeter dans la Garonne, par 50 mètres d'altitude, après un cours total de 174 kilomètres, dont 92 dans le département du Gers.

C'est près de Lavardac que la Baïse reçoit, par la Gélise, le tribut de la Losse, longue mais pauvre rivière de 125 kilomètres de cours, qui naît sur les contins des Hautes-Pyrénées, passe au bas de la colline de Miélan,à Montesquiou, reçoit à droite le Lizet, puis à gauche la Giiiroue, et baigne ou plutôt laisse à sec Vic-Fezensac.

La Gélise apporte aussi à la Baïse les eaux de la Lanzoue (72 lui.), née près de Bassoues et qui arrose Montréal, et celles de VIzaute (52 kil.), qui sort d'un lac de la commune de Bamouzens, coule dans un étroit vallon et rejoint la Gélise à la limite septentrionale du département.

La Gélise, une des plus jolies rivières de Gascogne, apparpartient elle-même au département du Gers par son cours supérieur. Née parmi les collines qui séparent la Douze de la Lauzoue, au sud-ouest de Vic-Fezensac, elle coule dans un pays accidenté où sa vallée se dessine d'abord vaguement. Quand elle a laissé à gauche l'antique ville d'Kauze, elle sert de li-

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mite, sur une longueur de 16 kilomètres, entre les départements des Landes et du Gers, puis sur une longueur de 7 kilomètres entre le Gers et Lot-et-Garonne. A son entrée définitive dans ce dernier département, la Gélise a parcouru 57 kilomètres depuis sa source, et il lui en reste 35 à parcourir avant d'aller rejoindre la rive gauche de la Baise, enlre Barbaste etLavardac.

Le bassin de l'Adour forme la plus belle, la plus fertile, mais malheureusement aussi la plus petite partie du département du Gers.

L'Adour lui-même n'appartient au Gers que sur 43 kilomètres de son cours total de 335 kilomètres, et il n'y est encore ni flottable ni navigable. Il y arrose Riscle et en sort à la hauteur de Barcelonne, par 78 mètres, après avoir laissé à sa droite la plaine la plus large, la plus riante et la plus fertile du département. C'est de ce côté que descendent vers lui ses principaux affluents dans le Gers.

En amont de Riscle, par 105 mètres d'altitude, l'Adour reçoit YArros, rivière véritablement pyrénéenne, qui prend sa source entre Campan et la vallée d'Aure, au pied de la Pêne de Lhéris (Hautes-Pyrénées). Il entre dans le Gers par 180 mètres d'altitude, séparé de l'Adour par une crête longue et étroite qui s'abaisse un peu en amont de Plaisance. Il fait mouvoir près de cette ville quelques établissements industriels. Sur 122 kilomètres de cours, l'Arros en a 57 dans le département du Gers. Son principal affluent, le long ruisseau du Boues (65 kilomètres), naît à l'ouest de Tournay (Hautes-Pyrénées), sur des coteaux de 510 à 552 mètres, et a déjà parcouru 50 kilomètres lorsqu'il entre dans le Gers après lui avoir servi de limite sur 5 kilomètres. Il est alors encore à 215 mètres d'altitude, se trouve descendu à 154 mètres au pont de Marciac, et à 135 mètres à son embouchure, en amont de Plaisance.

La Mi douze, le principal affluent de la rive droite de l'Adour, coule tout entière dans le département des Landes ; mais les deux branchesquila forment à Mont-de-Marsan nais-

sent et grandissent en très-grande partie dans le Gers. La plus courte (110 kilomètres) et la plus méridionale, le Mdour ou Midou, naît à l'ouest de Bassoues, au pied d'un coteau de 277 mètres d'altitude, arrose Nogaro, sert de limite au Gers et aux Landes sur 6 kilomètres, rentre dans le Gers sur 2 kilomètres, forme une nouvelle section de limite longue de 4 kilomètres, et entre enfin définitivement dans les Landes après avoir parcouru 73 kilomètres. Son cours est extrêmement sinueux : entre ses deux extrémités on compte à peine 66 kilomètres à vol d'oiseau. Les principaux affluents du Midour sont, à sa droite, hRiberette (25 kilomètres), née à 2 kilomètres seulement de sa source; à sa gauche, Y haute (27 kilomètres) ; ces deux ruisseaux ne quittent pas le département.

La Douze coule beaucoup plus au nord. Elle naît à 2 kilomètres seulement au nord des sources du Midour, au pied de hauteurs de 262 à 277 mètres. Elle quitte le département après 60 kilomètres de parcours, lui sert de limite sur 5 kilomètres et entre définitivement dans les Landes. Sa longueur totale est de 125 kilomètres. Sa vallée, un peu marécageuse, renferme plusieurs petits lacs, à peu près les seuls que l'on rencontre sur tout le territoire du Gers.

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