‹ Géographie du moyen âgeChapitre 101 sur 135 · PIERRE D'AILLY · texte numérisé non relu

PIERRE D'AILLY

est tiré d'Isidor de Siville, mais amplifié par l'érudition ou les additions nouvelles et des explications modernes.

A. ce traité de imagine mundi , il rattache VepUogus mappae mundi. D'Ailly déclare qu'à la suite de son exposition écrite , il est convenable de dresser à la vue un tableau, une figure qu'on appelle ordinairement raappa mundi. Qu'en effet il essaya de l'exécuter, guidé par les climats astronomiques, et pour l'éclaircir, il résume dans une espèce d'épilogue ce qu'il a dit tout au long dans son traité de imagine mundi (134).

Or, celte figure, cette mappemonde, c'est celle qui nous préoccupe. Elle répond exactement à ce qu'il est dit dans les traités de imagine. Les iperborei, Àrimaspi, Rutheni, Francîa, Gumania, Georgia , Es pe rides et différentes expressions s'y retrouvent; les séparations de climats se conforment exactement au traité de imagine mundi. H ne reste aucun doute qu'elle a été faite à la suite des traités sus-mentionnés en 1 MO. Les traités n'offrent rien de contraire, mais le traité de imagine mundi redresse par son contenu l'image climatisée du dessin ; il redresse les cartes des cosmographes précédents, les caries nautiques. Toute la description géographique du traité de imagine mundi vient de la même source que la notice de la mappemonde de Sanuto. La même nature, la même suite de notions anciennes et modernes, succinctement extraites par Sanulo, rendue plus amplement par d'Ailly; des passages verbalement les mêmes, ainsi que la source de la descripiion remonte vers le xme siècle (135).

Tractatus de imagine mundi présente une érudition conforme â cette époque plus réculée. La bible, les pères de l'église, surtout Jérôme et l'exaemeron d'Ambroisc , jettent la lumière sur Pline, Sénèque, Solin, Martien, Orose, Isidor; Àristote commenté par Averroes; quantité d'écrivains arabes : Haly, Albatcgni, Alboumazar, Arzachel, Alfragan, sont mis à contribution pour expliquer les points astronomiques ou astrologiques. Tout porte à croire que c'est par l'inspiration d'Alfragàn que d'Ailly soumit la carte des cosmographes à la règle des sept climats.

D'Ailly connaissait les longitudes géographiques dont se servaient les arabes (chap. 11), mais il ne s'explique nulle part sur l'emploi de cette longitude, ni dans le traité de imagine, ni dans son epilogus. Iï accepte la grandeur de 700 stades du degré , conformément à la relation de l'auteur de la sphère approuvé par Ambroise; mais il ne se déclare point contre la grandeur de 56 */s de milles, connue par Alfragan et plusieurs autres écrivains, certainement arabes.

Il est présumable que la configuration et composition de l'image du monde donnée par d'Ailly, n'a rien de nouveau; qu'elle n'est que la reproduction plus claire de ce que nous avons pu remarquer dans la

(184) Po6t traclatum de ymagine mundi, nt rcs ipsa, velut ta spécula clarius apparcret, nec solum oeulis cordis, sed etiara cofporis sensibili visione nota fierct, figurant, quac mappa mundi dici solct, cum astronomica climatum distinctione, temptavi describere. In qua, pro eius declaratione uttlia quedam notavi. Que hic pro illorum delectatione, qui brevilate gaudent compendioso quodam epylogo recolligere dignum duxi. (D'Ailly).

(i35j Cette identité est surtout frappante là où la notice de Sanuto parle de la division et de la nomenclature moderne ; reproduite par d'Ally, cliap. 24, 27, etc., de imagine mundi. — Par exemple : regnum Géorgie liabet ab orientem magnum montem , vocatum Albzor, ubi multc nationes habitant et vocantur, mons et patria illa Alania. Voyez ci-dessus les notes 32, 56 des chap. 120, 123.

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