‹ Géographie du moyen âgeChapitre 104 sur 135 · NAVIGATION · texte numérisé non relu

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ces fies; à Lisbone, après leur retraite, devait rester une tradition obscure de leurs courses.

On répéta longtemps, qu'en 1370 la tempête surprit un Grec et le porta sur l'île de S. Michel, où il conçut d'abord et abandonna ensuite le projet de se coloniser (i 49). L'infortune de l'Anglais Robert O'Machin qui périt vers le même temps (avant 1577) sur l'île de Legname (Madère) était bien connue (i«o). La tempête poussa le biscaién Martin Ruiz d'Avendano (en 1377 ou 1382) sur Lanceroto, où il fut gracieusement traité par les insulaires; la tempête jeta en 1382, un autre biscaién Ferdinand comte d'Uréna , sur l'île Gomera ; de même l'équipage de François Lopez fut jeté sur la grande Ganarie, où, après sept années de séjour, ils furent massacrés par les indigènes (ifti).

Mais l'hospitalière Lanceloto fut dépeuplée par des Espagnols et autres corsaires, qui y prirent maintes fois et menèrent en esclavage les gens (152). Eu 1593 les vaisseaux équipés à Séville par une association formée (en 1390) sous le patronage du roi de Gastille, et à la tête de laquelle se trouvait Gonzales Peraza, s'abattirent sur Lanceloto, la pillèrent et enlevèrent le chef du pays avec sa femme, et 170 de leurs sujets (155). De semblables descentes s'étendaient jusqu'à l'île de Fer (154).

Au reste, les communications avec les Canaries étaient assez suivies : au mois d'octobre 1402, les nefs espagnoles, commandées par Francisco Galvo et Fernando Ordonez, venaient traiter aux Canaries (1B5) : les navirs d'Espaigne ou d'ailleurs ont accoutumé venir et frecanter en ces marches (de l'Afrique) (ise) : et au delà de Bugeder, jusqu'au fleuve de l'Or (157).

Si les communications dieppoises avec l'Afrique , qui offrent tant de succès et tant d'incertitudes, comme nous l'avons vu, s'étaient ralenties, de nouveaux projets paraissent s'emparer de l'esprit d'autres Normands, à la suite de quoi un de leurs barons, Jean de Bethencourt, partit de la Rochelle le 1er mai de 1402, pour venir es parties de Canare, pour veoar et visiter tout le pais, en espérance de conquérir les illes et mestrès les gens à la foy cretienne. Avec un équipage fortement diminué par sa mauvaise disposition , ayant à bord pour truchemen quelques Canariens qui se trouvèrent en France, il reprit sa route de Cadix par

(449] Cordeyro, historia insulata, Vv p. 127.

(450) Robert O'Machin s'était embarqué à Bristol pour passer en Fr . ., ... „

avait enlevée : une tempête les poussa a Madire ; là, O'Machin perdit sa maîtresse et en mourut de

France avec une jeune lady qu'il

chagrin quelques jours après; ses compagnons ayant repris la mer, abordèrent en Afrique, où, devenus esclaves des Maures, ils eurent pour compagnon de captivité le pilote sevillan Jean de Morales qui , plus tard, devint le guide du portugais Jean Gonçales : comme le relate (epanaphoras de varia historia portugueza, p. 378) Franciso Manuel descendant du même Gonçales suivant la relation de son compagnon Francisco AlcaJbrado. Le nom de Machin s'est perpétué dans Machico, ville de Madère.

(451) Joseph de Viera y Clavijo, noticias de la historia gênerai de las islasde Canaria, UI, 22, 23, 40; Glass,history of the Canary islands, 2, 6.

il 5*) Conqueste des Canaries (ouvrage composé par les aumôniers de Betbencours), chap. 71. 155} Viera, noticias, UI, 25, IV, 11 ; Glass, 1. 454) Conqueste des Canaris, 65.

155) Conqueste des Canaries, 9, 11, 25.

460) Conqueste des Canaries, 34.

157) L'en ne compte du cap de Bugedor jusque* an fleuve de l'Or, que cent et clinquante lieut françaises, et ainsi l'a monstre la carte; ce n'est singlure que pour trois jours pour naves et pour barges (car galées qui vont terre a terre prennent plus loue chemin), et quant pour y aler d'icy (de Canare), nous n'en tenons pas grant compte. Conquestcs des Canaries, 58.

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la haute mer pour venir en droiture aux Canaries et arriva à l'île Graciosa, ensuite descendit à Lancelote au mois de juillet (i5s).

Bethencourt et son compagnon , le chevalier Gadiffer de la Salle , trouvèrent à Lanceloto , ung viel chastel que Lancelot Maloesel avait jadiz fait faire, selon ce que l'en dit (159); ils ont trouvé le testament de 13 massacrés de l'équipage de Lopez dans la grande Canarie (ieo); ils ont remarqué que la carte dont ils se servaient, donnait une proportion trop grande à File de Palma (îei); et toutes isles Canariennes il ont veues et visitées, et aussi ont-il toute la costière des Mores et du destroit de Maroch en venant vers les isles ; et Bethencourt dit ainsi : que se aucun noble prince de royaulme de France ou d'ailleurs vouloient entreprendre aucune grant conqueste par deçà , qui seroit une chose bien fesable et bien resonnable, itz le pouvoient faire a pou de frais, car Portugal et Espaigne et Aragon les fourniroient pour leur argent de toulez vitailles et de navire plus que nul autre pais, et auxi de pi Ilots qui scevent les pors et les contrées (162).

Plus tard, au retour d'un voyage en France, Belheneourt voulut faire une descente à la grande Canarie, et il partit de Fortaventure avec trois navires le 6 octobre 1405 (162). Fortune vint dessur la mer, que les barges furent départies et vindrent toutz Irois près des terres sarasines bien près du port de Bugeder (au sud du cap) , et la descendit monseigneur de Bethencourt et ses gent, et furent bien huR lieus dedans le pais et prindrent hommes et femmes, qu'ilz amenèrent avec eulx, et plus de trois mille chamyaulx; mais ilz ne les purent recueillir au navire, et en tuèrent et jarerent, et puis s'en retournèrent a la grant Canarie. Cetle expédition est rappelée dans le récil de l'audience que le pape Innocent VU donna quelques mois après à Bethencourt, qui venait lui demander un évéque pour les Canaries : ainsi que j'entens , le pais de terre-ferme n'est pas loing d'yla : le pais de Guy née et le pais de Barbarie ne sont pas a plus de douze leues; encore me rescript le roy d'Espaigne que vous aves este dedens le dit pais de Guynée bien dix lieues et que vous aves tué et amené des Sarazins d'icellui pais (ici).

160. Les Portugais étaient dans une guerre presque continuelle avec ces Sarrasins : mais ils ne combattaient qu'avec leurs plus proches voisins. Dans une expédition dirigée contre eux en 1415, Sebthah fut prise. Henri (né 1304) un des fils du roi Jean, s'informant de l'intérieur du pays, résolut la conquête de la Guinée. Chaque année il envoya deux ou trois navires. Ces navires côtoyant le rivage occidental de

(168) Conq. des Canar. 4-43. Les interprètes sont nommés : Alfons et femme Yezabel, îbid.il, 30, 31, 78, 84.

(459) Conqueste des Canaries, 32, 53.

(160) Conqueste des Canar. 40.

(161) Conqueste des Canar. 66.

(162) Conqueste des Canar. 53.

(163) A Fortaventure existe la ville du nom de Betancouria : souvenir de ces expéditions normandes.

(164) Conqueste des Canaries, chap. 82, 89. — Cette relation est composée, comme nous l'avons mentionné, par les aumôniers de Bethencourt. — Tout ce que nous disons de ces investigations et découvertes océaniques, nous l'extrayons de l'excellente notice de D'Avezac (Paris, in-8*, 1845). Cette notice élucidant des questions embrouillées, est en même temps l'ouvrage de la polémique fatigante de la priorité des découvertes.

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l'Afrique parvinrent à dépasser le cap Noun, qu'on croyait le dernier tenue de la navigation espagnole , et arrivèrent jusqu'au cap Bojador : et. tous s'arrêtaient là sans que personne osât se risquer à le doubler (tes).

Jean Gonçalves Zarco et Tristan Vaz Teixeyrà, résolurent de franchir cet obstacle. Mais assaillis par la tempête et les vents contraires, leur petit navire fut emporté au caprice des flots de l'océan. L'esprit troublé par la frayeur, ils ne savaient en quel parage ils se trouvaient , lorsque la bonne fortune les conduisit à une île qu'ils appelèrent Porto Santo (elle portait ce nom au moins depuis 50 ans). C'était en Tannée 1419. L'année suivante 1420, don Henri les renvoya pour coloniser cette île' nouvelle. Parmi leur équipage se trouvait Francisco Alcaforado et un excellent pilote castillan de Sévi Ile, Jean de Morales , comme guide. Dans leur exploration ils aperçurent une tache noire à l'horizon. C'était l'île de Legname (de la haute futaie). Le guide en donna l'information et raconta les malheureuses aventures d' O'Machin. Grande fut la joie qui suivit cette découverte. L'île reçut le nom de Madcira (de haute futaie, de bois de construction), à cause des forêts épaisses dont elle était couverte (les). On se mit de suite à la coloniser, à y planter la canne à sucre, des vignobles (ie?).

La marine portugaise, bien que puissante pour combattre les Sarrazins, se montre encore assez timide pour la navigation. Les Peçana de Gènes avec leur étal-major génois, dirigeaient depuis cent ans l'amirauté portugaise sans pouvoir vaincre les préjugés des mariniers portugais; car les mariniers portugais de ce temps n'étaient point accoutumés à voguer en pleine mer, toute leur science nautique se bornant à un cabotage toujours en vue de terre (igs). Aussi la marine portugaise ne cessait de se servir de pilotes étrangers (i69),

. Diego de Séville, pilote du roi de Portugal, découvrit en Tannée 1427 Les îles Açores (no). La reconnaissance et la colonisa lion de. ces îles se suivirent de près et avec succès. Gonçalye Velho Cabrai rencontra des Formigas en 1431; l'île Sainte Marie fut découverte en 1432; peu à

(165) Mas os navios... nain descobriram mais que até o qabo Bojador, et aly paravam todos sem algarir bu sarde cometer a passagem délie (Joàs de Barros, Asia, doc. I, fiv. I, il).

(166) Os herdeiros deJoam.Gonçalvez tem escriptura me? parliciilar deste desoobrimento, guidait la relation de Barros (decada 1, liv. I, 3). An tes e luelhor que todos, Francisco Alcaforado, escudeiro do infante d. Henrique, fez de todo o successo huma relaçao, que ol'er e ceo ao mesmo infante... Imm

de naçao castelliana , natural de Sevilba, cajo nome era Joao de Morales bornera pratic-o na arte

deaavegar : ajoute Fraucisco Manuel un des descendants de Joain Gonçalves, (dans son epanapuoras de varia historia portugaeza, p. Î78, 311).

(467) Navigazioni di Alvise da Ca da Motto, dans Ramusio, 1. 1, p. 106; PeriUol, itinera round i,

cap. 46, 47.

. (168) E cono os marinbeiros na quelle tempo nam erara costuraados a se engolfar tanto no peguo do mar, et toda sua navegaçam era per singraduras sempre a vista de terre. (Barros, dec. I, lib. 1,11).

(169) Castillans, génois, florentins, s'empressent à rendre ee service au Portugal : ils n'étaient soin t aussi télés, pour seconder les Normands.

(170) Aqnestas Mes foran trobades per Diego de Sivilla pelot del rey de Portogall an l'ara uccooxxvu. Relate la carte catalane de GabrieTde ValUccqua datée de 1439 (D'A vezac, notice des découvertes dans l'océan atlantique, chap. 5. 31, 52), donnant à sos il#s les noms tout différents de ceux qu'avait antérieurement connus l'école catalane. Ces noms antérieurs furent communiqués par l'école italienne ; ceux de Vallsecqua sont certainement donnés d'après la relation portugaise de

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, (Tercère) , , . . .

si j'ai bien établi ce collatiopncment. (D'Avezac, notice, fi, p. 34).

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