‹ Géographie du moyen âgeChapitre 107 sur 135 · II · texte numérisé non relu

II

magni et giganles, pleni omnium malorum morum : quos Judeos, Arlaxat rex collegitjle omnibus parlibus Persarum (si 6).

Le compositeur du planisphère connaît trois monarchies antérieures à Rome : Babylon, prima monarchia mundi. L'autre Karthaginoise, bien que son nom n'y soit pas : secundo, monarchia, quo tempore Annibal Romanos mullum suffbcauit , quœ deinde per Romanos Iota fuit destrucla, pet Scipionem, et sur la campagne d' Annibal , il sait dire : près des Alpes : hic montes dividunt Ilaliam ab Alamania et Gallia: transitus Annibalis eum lxx olifanlis per Rodanum hic in Linduno (Lugduno); Ensuite en Italie : Annibal debeUauit Romanos in regione Papia; ensuite : bellum Cannense, in quo Annibal xliy miUia Romanos interfecit et ex mililibus habuit tria modia annulorum , et près de Rimini , dans la Borna nie : hic Xsdrubal cum lxii millibus Carthaginiensium, interfectus est.

Près de Conslantinopoli , on lit : hic fuit tercia monarchia mundi, per Alcxandrum acquisita, et sur celui-ci on trouve au fond de l'Asie : super islum montera victus est Porus rex Indorum in duello per Alexandrum; ailleurs sont : arbores conserli, quibus castra locavit Alexander; l'insertion de Albania magna, lui rappella : hic canes fortiores leonibus dont fit présent à Alexandre le roi de l'Albania, enfin Indus flumius ....hic Alexander cum ejus milîtia et pedones, Darium debeUauit cum xv miUibus hominum in tribus bellis.

II relate peu d'événements du temps romain. Sinopa, multa dominia submisit et Herculam (Heracleam) debellavit (probablement Mithridate); Pampedotus (Pompeius) insipia (insipientia? in Sinopia ?) Asiam et Europam subjugavit. A l'insertion de Thessalia il ajoute : hic fuit magnum bellum Cesaris et Pompeii, hic Roma perdidit commune commodmm. De temps ultérieurs , il n'y a qu'en France : hic in Alunia (Catalannia) anno 440 (450) Atila rex Hunnorum contra Romanos pugnauerat et tnterfecta sunt 180 mittia ex utraque parla.

Il est bon de remarquer que les souvenirs de Gharlemagne grandissent à ses yeux. Près de mons pireneus, il rappelle la bataille de Ronceveau: hic fuerunt interfecti duodecim pares Franciœ , et au milieu de l'Espagne il dit : infidclis Ispania christianitate submissa per Carolvm magnum.

(216) Voici ce que raconte là-dessus la cartede la Tartarie, reproduite en 1S70 par Ortelius, dont nous donnons une petite figure dans notre atlas n* 437 : elle raconte toute histoire : Danorum sine Danitarum borda, 1 (prima) dejectio siue descensio aut expulsio. — Neptbalitarum horda, Nepthatita? ab una 40 tribunal lsraetis nomine Neptali dicti sunt, et post Dan i tas qui in castigatione aquilonari Daomarch dicti suut ob Racbelis Balhab ius, secundo iu loco Hudorum sine Iehudorum sunt positi et 476 sal. anno contra Perosam victores fuere, Euthalitas maie vocaot ceteri. — Arsareth (4 Esdr. cap. 43), hic 40 tribus secessere et Totarorum, siue Tartarorum loco Scythicae substitueront : unde Gauthae seu Gauthay a summa dei gloria asserenda ibi dicti sunt et hinc Catitay clariss. regnnn. — Tnrcliestan regio, unde cismor.tani 40 tribuum socii ante 900 annos sunt accersiti a Perais coatia ismaelitae Mabumedis arma. — Au xvi* siècle le pape Clément VII, en 1333, reçut par l'entremise en roi de Portugal une missive de David , roi d'Abissinie (l'ambasciaria di David redeU* JSthiopia Bonoaua per Jac. Keymolen 4338 in-4-; Paul. Jovius, p. 443, 236). Les juifs crurent y voir nn envoyé mosaïsant, venant du pays de Chabor, bien heureuse terre de l'exil de dix tribnts. Le contemporain Abraham Peritsol l'appelle David ken Schelomo de Juda; l'autre contemporain Ghedalia, le qualifie de rnbeanite (Bartoloccius, bibl. rabb. p. 42, 43 ; Hyde nota? ad Peritsol, p, 94). D'après la carte de la Tartarie reproduite par Ortelius il paraîtrait qu'un Israélite s'était chargé de continuer le rôle d'an envoyé de Chabor, parce que cette carte dit : Tabor seu Tybur, umbilicariane Totarorum regio, ubi lient olim libros sacros perdidissent, sunt tamen uniti sub uno rege, qui 4340 in Galliam usque ad reg Franciscum id nominis primum venit et postea a Carolo V Mantuae igné suae infidetitatis poei luit : quia secrète solicitabatur christianos principes adjudaismum, de quare Carolum V erat.

TABLE MÉTÀLIQUE, 469. 09

Quand il qualifie Bagdad, Baldackia sèdes ealiphœ, c'est nue ancienne réminiscence, parce que depuis 1258 cette ville cessa d'être la résidence de ce chef. Septem castra christianorum inira silvas paganonum signale la colonisation des Allemands dans la Transilvanie. Bardeaux, et tout près : Ioannes rex Fraîitiœ hic capitur per principe/* Valiœ in bello; et ailleurs en Asie : sedes ïambec imperaloris medie, confinât cum VngarU,' se relatent à des années 1556 et 1357. lambek mourut dans cette dernière, il était de Sarai. La carte Catalane et André Biancho distinguent l'empire de Medeia ou de Media de celui de Sarai : on peut donc présumer que l'auteur du planisphère velletri tombe dans une confusion, en qualifiant lambek d'empereurs de Médie.

Grecia in qua Basac (Bzizzel) debellavUchrislianos mccclxxxxv (1595) ex quibus multi nobiles Franciœ décapitât. Cet affaire eut lieu près de Nicopolis, et le sort du vainqueur est précisé sous Savastra (Sebasta, titre que prenait Ancyre) m qua Tamburlan (Tamerlan), devicit Bazak, ex Qclingentis hominum millibus, interfecit duo. L'affaire avait lieu en 4401 et introduit Fauteur du planisphère dans le xve sièlce.

Vandalia (Vendes), Litefane (Litvaniens), Tarelant (Carelant, Karelie), Riga et à la suite : hic sunl confinia paganorum et christianorum, qui in Prussia adinuicem bellant , bien que répété depuis quelques siècles sur ce point, pourrait faire croire qu'il fait allusion à la fameuse défaite des chevaliers teutoniques en 1410 , et ferait déterminer en dernier lieu l'âge de l'auteur du planisphère : si d'autres passages encore ne l'avanceraient à la moitié du xve siècle.

Italia nitens, pinguis, fortis et super ba: exquibus caret domino uns iustitia uana. Tout en admirant l'Italie il gémit sur son insubordination à l'empire fondé par Charleinagne. Sedes apostolica et imperialis (Rome qui n'est pas nommée) per septingentos annos in orbe triumphavit. Or, à partir delà restauration de l'empire par Ch a rie magne, les sept cents ans avanceraient l'âge de l'auteur et Tannée 1500. Certainement rien ne nous oblige à considérer ces sept siècles de triomphe complètement écoulés : mais il est nécessaire de remarquer dans cette expression, le septième siècle très-avancé et chercher quel a pu être le motif d'une semblable exclamation, qui réunit à la fois le triomphe du siège apostolique et de l'empire.

L'église chrétienne, vivement agitée à cette époque, ouvrît à la cour de Rome des triomphes. Eugène IV proclama l'union du rite grec avecsa suprématie; Nicolas V assoupit l'existence du concile de Bàle et se hâta de régler victorieusement les concordats avec l'empereur. Frédéric III prenant les rênes de l'empire délabré, allait à Rome en 1452 célébrer le double sacre comme roi de Lombardie lé 15 mars, et comme empereur le 18 mars. La plus parfaite et la plus indifférente harmonie régnait entre les deux cours, qui comptaient en commun le septième siècle (752 années) de leurs succès et triomphes. Je pense que ces événements déterminent juste l'âge de l'auteur du planisphère. Il ne dépasse pas de beaucoup cette année, car il ne connaît pas la chute de Constantinople qui arriva le 29 mai 1455 ; car il fait allusion aux événements du jour, il est à présumer qu'il ne l'aurait pas passé sous silence si ella avait eu lieu de son temps. L'auteur est sans aucun doute

Italien, partisan de la cour de Rome, en face des faits qui réjouirent l'Italie , déplorant la dissolution des liens de l'empire (s n).

Quant aux détails géographiques, qui ne sont pas nombreux en proportion de la grandeur de la table, le planisphère ne diffère point des caries contemporaines et quelque peu antérieures. Le nord de l'Europe: hœc regio montana inhabilitabilis propler nimium frigus quod est ab polo arctico, aussi exlrema Norvcgiœ inhabitabilis nimio frigore : hic sunt ursi et falcones albi et conHmUia. L'Europe s'étend jusqu'au Tanais fluvius per maximus qui sort d'un lac : in hoc lacu slundi (les thons) infinili. Bien qu'aux euvirons de mare Prussiœ (haltique) sont Gothia magna, Vandalia, Litefani, Carelant et Riga, cependant Livonia se trouve jetée au delà du Tanais.

A la suite de seplem castra (de la Transylvanie) on lit : Bozimia (probablement Bosna de la carte catalane, Posimia de celle d'André Benincasa, située près de Posega, Bosnia, ainsi déplacée), Rusia, puis : hic bitant Sitœ (Scythrc) seu Tartari pauperes, qui filios et fdias et parentes inopia vendunt, sicut inter christianos boues in foris, et puis : hœc per ampla est déserta propter continua paganorum contra christianos (incursione). C'est tout ce qui est au nord de : palus Meotida, Capha et mare pontium.

En Allemagne on lit : Albia fluvium, Sassonia, Dresden, Gurse (Wurzen sur Mu Ida), Magobres (Magdeburg), Standar (Stendal, noms connus par la carte Catalane) ; ensuite : Ays (Aix-la-Chapelle), Colonia, Trasbourg (Strasbourg), Basla, Baiveria (Bavière), Moravia, où on lit : ert (élan, sa figure y est gravée), quando pressatur a canibus, bibit aquam per os ferventemt super eosemittit (conte allemand, venant d'Allemagne: ert, hirsch, hart, hert, cerf); ensuite : hic transit silva boemica quœ se extendit ad paganos ; puis Austra, Austria de deux côté du Danube, sa capitale Viana (Vienne), Patama (probablement Pasavia).

De Polonia il ne reste que des débris Po...ta, il y a d'autres points lésés. Dans chaque autre pays de l'Europe on voit plusieurs villes nommément signalées. Alena, singulare orbis studium, bonne tradition très-répétée par les arabes. Parissii (Paris), pare bonitali et dominio, sed et immensitale plamto et castellato (fortifiée et castellée; plamlo, à plan, pianta; ou planche, palissadée). — En Italie, où coule Paudus oriens in imchro (val di agrogna)on ne voit ni Naples, ni Venise, ni Florence, ni Sienne, ni Milan; en revanche on trouve : Bononia, Saluria (Saluzzo), Rimini, Ancona, Marchia, toutes dépendances de Rome triomphante pendant sept siècles. En Apulia on lit : hic quiescit corpus beali Nicolai de Baro,

L'Asie, Asiamaior, dans sa partie septentrionale offre quelques détails. Le froid y est intense ': hic corpus ponitur , ut semper frigore conserue-

(417) Le cardinal Borgia pensait que l'auteur était un allemand; Heeren adhéra à cette opinion, ne remarquant que des apparences faibles. Contre cette opinion cependant milittenl le contenait l'orthographe du planisphère. Ils sont les mômes que ceux de toutes les autres productions italiennes. Un Allemand ne devait pas au moins laisser Sassonia, Gurse, Magobres, Standar, Viana, sans les rectifier. Quant au graveur, ciseleur, émaillcur, s'il était allemand , c'est indifférent pour nous. — Nous différons aussi de Heeren, dans quelques autres explications, possédant plus de matériaux qne ne pouvait avoir ce savant historien. Nous passons sous silence la nomenclature trop connue et claire, aussi bien que certaines épigraphes et explications pins que douteuses t que nous n'avons hasardé d'examiner, faute de voir l'image du planisphère.

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