‹ Géographie du moyen âgeChapitre 108 sur 135 · II. Il · texte numérisé non relu

II. Il

114 CatûGlU LATINE» Ut0-U70.

Suelqnes observations préalables II était acheté en I5Î4 : « lo ueacoao i Raooseia scriv* a Leone satHmo pontifiée haner vednto (fol. lxxiu)l Le pape Léon X, privilégiant te 5 juiti 1521 réditeur; mourût le 1« décembre de la mètae année. Bordone en 1526, ^adressait an sériât dd Venise pour préserver son ouvrage de la contrefaçon. Bordonè timbrât en 1551, l'éditiob de 1534 est donc posthume. Or, toutes ees cartes sbftt de Tannée 1521 ou antérieures. Cet ouvrage était certainement utile et assez recherché, puisqu'il fut réimprimé : mais Bordone tniniator de profession, par conséquent boà peintre, parait être beaucoup plus versé dans la philologie et dans l'érudition que dahs les connaissance* géogra* phiques. Nous profitons de ses nombreuses copies que son graveur exécuta assez grossièrement (asi).

Tomaso Porcacchi da Castiglione, arrétino, se montre plus instruit dans sa publication de l'isole plu famose de! mondo 1572 in Venetia* appresso Simon Galignani et le graveur Grrolarao Porro padovano, int*> glia les figures avec beaucoup d'art.

Dé ma connaissance est un magnifique atlas espagnol de Tabhée 1575 («*). J'y regarde la marche des découvertes : les rivages qui, à partir de la terre neuve ne peuvent s'accrocher à la Floride; ceux de la Californie bien formés en péninsule, VU-à-vis de laquelle s'étend là nouvelle Guinée ; les rivages de China provincia, où au delà de Nanquii les deux golfes de mare de Mangi couvrent terra Rasicola (Korée), tf est le fruit des investigations assez récentes : mais ce que j'admire c'est la mer méditerranéè et les rivages de l'occident du vieux monde, produit intact du moyen âge, dressé sur une échelle considérable, il offre datis son ensemble et ses détails cette perfection delà cartographie nautique, de laquelle étaient loin et très-loin les publications contemporaines d'Ortelius et de Mercator. Cet atlas formait mes premières idées sur la marche de la cartographie antérieure et l'examen précédent de plusieurs cartes confirma tout ce que je pus m'imaginer autrefois.

Bientôt après, en 1584, on a commencé à publier les cartes nautiques (voyez l'exemple dans notre atlas n° 158) comme on publiait les cartes continentales par la gravure sur cuivre.

Cartes continemtalss* 1320*1470.

174. La cartographie continentale dans le moyen Age, ne marchait

{VU) Oa y compte 405 figures insulaires y compris les plans de Venise et de Temistetan » et ta carte de la Grèce toutes nautiques des marins. Six figures tirées de Ptolémée, à savoir : Tabrobaae, Sicile, les lies Fortunées* Norvège, Bretagne et la partit occidentale de ta mer méditerranéè et de l'Europe : sur cette dernière la configuration ptoléméenne de l'Italie et de l'Adriatique est remaniée. Enfin Vunive rsale , ou la mappemonde de Ptolémée, avec tous les compléments de l'année ISttt (voyez n* 4M de notre atlas), compléments qu'on voit dans ta carte portugaise de 4001, dans eeSe de Sylvano 4511, sur le globe de Schoner 45*0. — Voyez les notes suivantes des cbap* 900 et SSaV

(191) Cet atlas était la propriété de Joseph Sierakowski oui l'a apporté de l'Espagne et le destinait pour ta bibliothèque de ta société des amis de lettres à Varsovie. Il est dessiné sur le parchemin vélin volume grand folio composé de 48 cartons; 44 cartes spéciales de rivages visités par la navigation; 45"* carte générale sans épigraphe, presque muette; les trois derniers cartons traitent du système du monde de Ptolémée, du soleil et de ta lune, le dernier du calendrier. Ce eatesutrier indique en dernier lieu le premier janvier à A (jeudi), la lettre dominicale D; la paque à M mars et toutes les fêtes mobiles de l'année, à l'année 4573, or c'est l'année de l'exécution de l'atlas. — Qu'est devenu l'atlas après la mort des son propriétaire (décédéen 4SS1) t Je l'ignore. J'ai pris dans le temps leealque de la mer méditerranéè ; la copie de ta carte générale confrontée avec les cartes spéciales et de plusieurs particularités qu'offrent ces dernières. Ce n'est -que depuis peu que je suis rentré en possession de mes copies et que je les ai à ma disposition.

CARTES COHTIHEirr ALES t 174. 119

point à pas égal avec la cartbographie nautique; elle n'est pas sans mérite : mais il en reste moins de monuments. Certainement il n'en manquait pas, mais ils se sont perdus comme inutiles. Quelques peintures de la topographie fictive, ont peu de valeur pour nos investigations, et eelles qui furent basées sur des données métriques des distances, composées le compas à la main, nous manquent presque complètement.

La table ronde de Roger II, 1154, qui contenait les positions nombreuses énumérées par la description d'Edrisi , s'est perdue. L'unique exemple de la carte topographique offre la Bretagne, dont la membrane remonte au xu" siècle (n° 65 de notre atlas), et la terre sainte dans l'atlas de Sanuto 1321 (n# 77 de l'atlas). Les fidèles ont élaboré cette dernière par prédilection : elle servait plusieurs siècles aux pèlerins et elle jouissait d'un tel crédit, d'une telle autorité et suffisance , qu'elle n'a subi aucune amélioration jusqu'à l'époque de la renaissance des lettres. On la publiait alors sans aucun changement en 1482, 1486, 1513, 1520, 1535, dans des éditions de Ptolémée (253).

Le continent de l'Asie et de l'Afrique dans les mappemondes, décèle une grande indolence dans les compositions topographiques et continentales. C'étaient des pays inabordables ou peu accessibles. Mais les propres pays des cosmographes demandaient le même soin que la terre sainte, e%se trouvaient à la portée des connaissances nécessaires.

Cependant ce n'est que dans le xv* siècle que nous rencontrons les monuments de leur labeur sur ce terrain. Le camaldule ilfauro, avant 1457, élabora quantité de cartes topographiqnes de l'Asie mineure et de la Syrie; Leonardi 1479, 1485, élabora une carte topographique de l'Italie ; la république de Venise possédait une carte d'Italie , modèle à copier. ie pense que ces compositions perfectionnaient les compositions antérieures.

On ne peut pas attribuer à ce perfectionnement topographique le développement progressif que la forme de l'Espagne et de la France recevaient dans les mappemondes ; ce développement de leur forme opérait directement la méthode de marine : parce que la composition des cartes topographiques, subordonnée à la méthode nautique, s'encadrait dans les portulans; ne pouvant franchir «es limites du littoral, elle marchait de concert avec la cartographie nautique.

Pour concevoir une juste idée de ce que nous observons, nous n'avons d'autre exemple à reproduire que les cartes topographiqnes qui se trouvent dans la publication de Ptolémée, par Uebelin et Essler, à Strasbourg 1513. Elles y sont comme un supplément, taillées en bois. En son lieu, nous examinerons le contenu de ce supplément : pour le moment nous nous occuperons des seules cartes continentales des cosmographes qui offrent les topographies du vieux monde ; elles sont au nombre de huit, à savoir : Espagne , îles britanniques, France, Allemagne, Sarmatie moderne, Italie, Grèce, Asie mineure (as-*) (voyez n* 101, 102, 123, 124 de notre atlas).

(*K3) En 1890 elle servit encore de modèle et de type à terra promissionis de Chrétien Adrichomins de Delft, publiée d'abord à Cologne par Arnold Mylius, ensuite à Amsterdam par Henri Hond, - dans son atlas, Plusieurs fois copiée en France elle a sa place dans l'atlas de Witt.

(234) M. Vivien de Saint Martin, dans son histoire des découvertes, chap. H, t. Il, p. 487, fait

116 CÉOGR. LATINE, 4440-4470.

475. Ces cartes pourraient faire un ensemble: mais quelques-unes ne se laissent pas réunir à cause qu'elles ne sont pas de 1 origine corn* mune. L'Espagne et les Iles britanniques ne cadrent point avec Les autres. 11 est juste de considérer cette Espagne (n° 124), comme carie spéciale, produit de l'école espagnole, tandis que les autres forment un ensemble , et appartiennent à une autre école. Dans cette même catégorie espagnole se range la carte des tles britanniques {n* 123), parce que les formes qu'elle offre sont les mêmes qu'avait tracées en 4575, la carte catalane. Les six autres sont du même système, de la même école, de la même mappemonde , ou d'un ensemble que nous avons restitué (n« 101, 102).

Ces cartes spéciales topographiques des cosmographes étaient tournées nord en bas; les éditeurs ont conservé cette pose par récriture de la carie de France, ils l'ont changée sur toutes les autres. Cette pose dit que les cartes sont d'origine antérieure. En effet, la Palestine est de 1521, les îles britanniques de 1375. L'Italie, l'Asie mineure prétendent à la même époque. Quoique ces cartes sont modernisées par les additions des épigraphes : les tles Azores, Pico, Fayal , étant de Tannée 1466; Turchia magna, Bossina, ducatus Àthenarum , Albania, convenables à la même époque et même à l'année 1500; cependant dans toutes ces cartes l'élément de leur construction bien antérieur, enclavé dans le littoral nautique, est indélébile. Les seules cartes de la Germanie et de la Sarmatie moderne sont un produit plus récent.

Les six forment un seul ensemble (n° 101, 102). Quatre de ces cartes sont justes de la même échelle (255). L'Asie mineure et la Sarmatie ont une autre échelle toutes deux la même (sss). La réunion de cinq caries, dont nous reproduisons l'ensemble, n'offrit aucun empêchement, aucm obstacle assez grave. Aucun ne s'est présenté pour réunir l'Italie avec la Grèce et la Dalmalie; quelques irrégularités se rencontrent entre les autres, ressortant, ou de la grossièreté de l'ouvrage, lorsque le tranchant du graveur s'abusait, ou de l'insuffisance de l'exactitude du dessin (m»).

La carte de la Sarmatie seule (n° 102) souleva des obstacles moins cou ci lia blés. Toutes les cinq caries sont développées sur la même parallèle de la méditerranée; cette dernière diffère en ce que les géographes jugèrent à propos de la réduire au plan de la parallèle plus septentrionale. Les positions longitudinales de Venise, de Belgrade, de Constantinople et toutes les autres , le manifestent ostensiblement et

observer à juste raison l'inégalité prodigieuse de la marche dans leurs progrès respectifs : de la géographie uautique et des représentations graphiques 4e la géographie intérieure; il explique» fait remarquable. Ses observations sont fondées sur les monuments du xiv* siècle. Mais s il relaie quantité de cartes nautiques postérieures comme copiées des précédentes et descend jusque h carte de Freduce 4497, il est a regretter qu'il n'ait pas pris en considération les cartes contineaUles, éditées en 1513 à Strasbourg par Ubelin et Essler et ne les ait pas regardées comme copie depl>* anciennes. Il aurait vu dans le progrès, une inégalité quelque peu moins prodigieuse, et la carte continentale de l'Asie mineure publiée en 1513, avec son littoral, u 'aurait pu manquer de devenir l'objet de ses savantes explications, comme elle le mérite. Elle a lutté plus que les autres coatre l'installation des cartes postérieures, tombées fort au-dessous de ce degré auquel armèrent le* cartes du xv* siècle.

(285) Dans notre copie nous les avons réduit en proportion de 400 à 24.

(256) Elle est en proportion de 29 à 7, avec la nôtre.

(257) L'asie mineure n'avait pas a*ses de place pour développer ses rivages occidentaux, tonnai* carte de la Grèce les ébauche plus amplement; contrairement trois autres cartes s'empiètent reo* proquement dans les Alpes. Ces irrégularités et quelques autres de moindre importance n'étaient pas difficiles à régler.

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