NICOLAS DONIS
dérable avant qu'elle fût imprimée en 1475* Elle parut sans atlas, sans aucune carte moderne pu modernisée. En même temps, Nicolas Donis, prépara, en 4470, une version nouvelle et se mit à dessiner des cartes en guise de celles d'Agathodaïmon. Il ne dit point s'il avait quelques cartes ptoléméennes latines antérieures au* siennes; il observe seulement que les cartes (grecques d'Agathodaïmon) souvent ne répondaient point au texte, n'étaient guère suffisantes, à cause qu'on n'observait dans leur dessin ni les distances, ni la grandeur des lies; il a donc entrepris de les exécuter plus scrupuleusement, ne s'écartànt en aucune manière de l'intention de Ptolémée, mais en rectifiant le dessin , car il est inadmissible que Ptolémée n'eût dessiné lui-même des tables plus exactement et plus consciencieusement. Err même temps il s'explique que des deux modes de projection proposés par Ptolémée , il a préféré et choisi le mode rectiligne aux méridiens inclinés. Et tous ces soins qu'il se donne avaient évidemment le but de rendre les cartes anciennes propres à l'usage moderne (966). La géographie de Ptolémée, latinisée depuis 60 ans, fut par ces soins dotée d'un atlas en latin, composé de 27 cartes. Nicolas Donis laissait copier et copiait lui-même ces cartes. Elles furent bientôt attachées à maintes codes manuscrits , même de la version d'Angelo (267).
En attendant parurent en Italie, en 1478 et probablement en 1482 , deux éditions de Ptolémée, l'une à Rome, l'autre avec la date erronée de 1462 , à Bologne, toutes deux accompagnées d'atlas, gravés en cuivre. Je n'ai jamais eu le bonheur de rencontrer et voir ces éditions; aussi je ne saurai dire si elles avaient leurs cartes conformes au dessin de Donis, mais je les vois postérieures à l'émission de celles de l'Ai le-
(206) Cum que summo ingenio, exquisitaque doctrina Ptolomeus cosmographus pinxisset, in hit atiquid nouari attemptereuius fore : ut hic noster labor in multorum reprekensiones incurret. Omnes enim qui hauc nostram picturam , ab ea quam Plolomeus edidit, paululura abhorrentem, certe nos , Tel imperitie Tel temeritatis arguent : nam plané nos aut ignorasse quid egerimns , aut temere ausos esse, tantnni opus contaminare aflirmabunt , cumaliquis ex parte illudimmutatum cernent, non enim sibi persuadere poterunt, nec fas esse existimabunt ut tantum virum quantus çerte is fuit, si quis alius pingendi orbis terrarum melior modus extitisset, is eum fugisset, cum is tolns raerit qui lam iuter multos excellentes cosraograpbos qui ante se floruerunt, modum videret, quo situm terrarum omnium in tabulis primus pingeret. Quasi vero aut princeps ille poetarunt Borneras a Pisistrato in ordinem redigi ; aut Lucretii divinum opus a Cicérone emendari ; aut tolletane tabule ah Alfonso corrigi nequiuerint. Quare hi sane erunt, qui nibil laudabunt, nisi quod se intelligere posse conftdant, quenque sperabunt animo et cogîtatione complecti valere , eundem bene pingendi orbis modum, esse censebuut. Et cum obruentur crebritate linerum longitudinalium non eque distantium , raram illam et vastam Ptolomei picturam , îectis lineis distinctam se malle ,
aiiam hanc nostram multiplicem et commodam pendentibus inclinatisque lineis discretam dicent. eque Tero nos hec ideo nunc dicimus, ut quidquid In Ptolomei pictura reperiatur, quod comgi Tel emendari, aut in ordinem redigi oportuent, cum omnia ita scienter ac prudenter Tir ille pinxerit, ot nihil quod ad rationem situs terrarum in eius tabulis deese Tideatur : sed ut illos sue argueremus ignorantie, qui et cum nulla talium rerum scientiam aut cognitionem teneant, tameninvidia et livore quodam moti , si quid viderint ab altero editnm , quod ingeniis eorum impar sit , statim ad eius vituperationem sese convertunt. At si qui crunt, qui omnino géométrie sive cosmographie expertes sint , quique ipsum Ptolomeum sepius legerint , ac picturam deiude nostram , placata mente contemplaverint, ni certe nos laude dignos, non reprehensione , ut illi , putabunt. Prospicient enim nos opus ita difficile atque arduum suscepisse et ita egregie ad exitum produxisse , ut illud mirari cogantur pressertim, cum nulla in re nos a Ptolomei intentione, licet a pictura paululum, déviasse comperient.... Ptolomeus, duplicem pingendi orbis terrarum rationem esse tradit (per reetas et curras).... In pictura, neque distantias secerni, neque magnitudinem insularum distinguere... etc. (Nicolai Donis, eptla dedicatoria).
(«67) Le code de Bruxelles de la traduction d'Angelo écrit en 4481 , achevé 4485, est accompagné des cartes nouvelles copiées sur celles de Donis. — Gli archietipi vetusti (di Tolomeo), con miglioramenti a Nicolo Donis tedesco, il quale nel 4468, ne fece un présente in egual numéro di 27, al duca tiorso d'Éste, di che sivegga il pandini bibl. laur. ove l'autografo si conserva (Znris, suite antiche mappe idro-geografiche, nota ad. cap. 42). — Ses cartes publiées sont attachées aussi à un manuscrit à Norimberg (Raidel).
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roand. Elles propagèrent la connaissance de l'ouvrage de Ptolémée, surtout en Italie , et familiarisèrent avec les formes et les proportions que les cartes de ce géographe donnaient à l'habitable et aux pays.
185. Nicolas Donis parvint enfin à éditer sa version et son atlas, coupé en bois et imprimé en 1482 à Ulm. Il avait le but de donner le type parfait de la figure des pays et de la terre connue aux cosmographes et aux dessinateurs de cartes. Mais dans cette édition , il nous apprend qu'il s'occupait lui-même de dresser ou copier et de corriger les cartes modernes de son temps. Il ne fait aucune observation sur la diversité des bases de la composition et de la structure des cartes contemporaines, toutes différentes de celles de Ptolémée; il nous avertit seulement que le monde étant susceptible de fréquentes mutations, quantité de lieux nommés par Ptolémée disparurent, pour la plupart par vétusté : or, par l'amour de la science et des lecteurs, sa sollicitude lui suggéra l'idée de donner les cartes nouvelles de l'Espagne et de l'Italie , c'est-à-dire portant les dénominations nouvelles , contemporaines (268)
Outre ces deux cartes nouvelles (voyez n° 404, 124 de notre atlas), nous voyons, dans son édition de Ptolémée, les deux autres : savoir de la France et de la Palestine. Il ne dit rien dans sa préface sur leur compte. La Palestine est certainement une copie des cartes antérieures, car elle est toute conforme à celle du xive siècle de Marino Sanuto. Quant à la France, elle est d'une composition affectée de la disproportion ptoléraéenne, le plus sensiblement et trop évidemment dans sa partie méridionale (voyez n° 105 de notre atlas). Donis ne dit point s'il était l'auteur de cette défiguration, comme il s'en vante au sujet de sa carte de l'Italie : cependant nous n'avons pas de motif d'eu accuser un autre que lui.
De ces deux cartes , dont il fait mention dans son épitre dédicaloire , celle d'Espagne (n° 124 de l'atlas), sans aucun doute, n'est pas de lui, elle est une simple copie de la carte continentale, chorographique, de la fabrique espagnole. Nous l'attribuons directement à l'école espagnole parce qu'elle offre une composition qui ne se rattache pas aux autres cartes chorographiques que les géographes allemands surent réunir par la juxta- position; parce que la configuration de l'Espagne qu'elle présente, est toute mauresque, si nous pouvons nous servir de cette expression, c'est-à-dire qu'elle offre une grande analogie, une conformité avec la configuration de l'Espagne des cartes arabes. Il n'y a rien de Ptolémée. On peut dire que l'intérieur chorographique arabe est encadré dans le portulan peint des marins, amplifie et rectifié sur plusieurs points de la péninsule (209).
(iA8) Reliquum vero HHus tanti viri (Ptolemaei), ut prius erant intacte relinquimus, nisi quantum studii amor et legentiura sollicitudo suggessit, ut ob mutationes temporum qui fréquenter în orbe contingunt, dnas nobilissimas région es : Hiapaniam videlicet et Ytaliam quorum loca ab auctoris vetustate pro maxima eorum parte, a notitia nostra décideront.... certa ratione iungendo nostrati» poneremus. (Nie. Donis, eptia dedic).
(«69) Nous reviendrons encore sur cette composition. Cette analogie et conformité avec la configuration m'a frappée d'autant plus , que j'avais terminé mes investigations dans la géograph» .arabe et achevé le dessin dé leur cartes avant de commencer l'examen de la géographie de la restauration des lettres, examen qui a mis sous mes yeux cette carte espagnole de la péninsule.