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J83 RÉFORME, 15M> ET SUIT

sa propre impulsion, fabricant d'instruments mathématiques et graveur. Guidé par les conseils de Gemma Frisius, et commençant par ses propres études à s'adonner à la géographie , il publia en premier lieu, 1537, une carte de Palestine. Bientôt, inspiré par le désir de quelques marchands, il dressa, 1540, une carte de Flandre. Se préparant a devenir exécuteur de nombreuses cartes, il examina , dans une publication spéciale, en 1541, à Anvers, le caractère italique (de literarum quas italicas corsoriasque vocant , scribendarum ratione). Content de raccueil qu'eut son opuscule, il fabriqua la même année un globe terrestre.

D'après le goût de l'époque, les questions théologiques et de l'église ne lui étaient point indifférents. Voyant les poursuites qu'on soulevait contre ses familiers, il partit avec ses instruments à Bruxelles, puis a Gand, et fut en 1544, au commencement de février, appréhendé par le bailli du pays de Waes, comme fugitif et suspect de (ketterie) hérésie luthérienne; il devait subir l'interrogatoire dans le château de Rupelmonde. Les certificats donnés par le recteur de l'université et par le curé, sur la bonne conduite du bien famé artiste (artifficerende van der goeder famé» van goeden en de eerlycken levene) contribuèrent à son élargissement : après quelques mois il fut rendu aux études (307).

Toujours occupé de la confection d'instruments mathématiques, qu'il fabriqua deux fois pour Charles V, pendant dix ans qu'il restait encore à Louvain, il préparait ses grandes publications. Avant de partir, il acheva en 155Î un globe céleste et publia à cette occasion deux opuscules relatifs à ses globes (de usu globi 1551, de usu annuli astronowici 1552). Ensuite il est allé s'établir à Duysbourg' avec sa famille, dans laquelle il comptait trois fils ses collaborateurs , et avec plusieurs planches qu'il avait préparé pour sa carte de l'Europe.

A Duysbourg, au mois d'octobre 1554, il termina la publication de la grande carte de l'Europe, réunie de plusieurs feuilles. Pour la composer, il mit à contribution quantité de cartes spéciales nouvellement élaborées. A la mer méditerranée il y assigna une longueur moyenne de 53 degrés. Ensuite il s'adonna à la gravure des caries de la Grande Bretagne, d'après la description d'un anglais son ami. Elles parurent en 1564. En même temps invité par le duc de Lorraine, il leva le plan de ce pays, dressa sa carte et envoya son dessin au duc.

Dans tous ses travaux topographiques ou chorographjques il s'évertua à régler les discordances et les incohérences pour composer un ensemble. En dressant sur une grande échelle son Europe, il applanit les plus nombreuses difficultés de ce genre ; pour le reste du monde il avait certainement moins d'embarras, quapd il publia sa carte universelle.

dan»

châtelain

(567) Quelqoes documents concernant cette mésavanturc de notre géographe , se trouvent

les archives de l'état ; ils m'ont été communiqués par M. Pincbard, attache aux archives. — Le chai

de Rnpelmonde reçoit l'ordre de recevoir le prisonnier (sans date); le 10 et le 19 février 1543 (1544», la duchesse Marie demande des renseignements au curé de l'église S. Pierre près de Louvain et à l'abbc de S. Gerlrnde.eonservaleur du privilège de l'université ; le *B févr. réponse du curé; le 8 mars Marie communique au bailli de Waes et au procureur le certificat du recteur; le 51 mai 1514 elle demande encore les lettres de Mercator, que les frères minimes à Malines recevaient autrefois. — Cette affaire provoquera, j'espère, de recherches ultérieures. — Mercator u'a pas renonce à se» Clucubralions religieuses; en 159* il publia harmooiam cvangclicam et laissa des commentaires sur plusieurs parties de l'ancien testament.

MERCATOR, ORTEL, 214. i85

C'est au mois d'août en 1569 que Mercator, à Duysbourg, termina de sa propre main la gravure de l'immense earte intitulée : nova et aucla orbi$ terras descriptif), ad uswn navigatium cmendate accomodala. Elle est dressée d'après une toute nouvelle invention (368). Le portugais Pedro Nunez ou Nonnius (né 1492, mort 1577), avait attiré Fatteuiion des géomètres sur les problèmes nouveaux, que lui suggéra 1 usage de la boussole ; il expliqua les rumba des vaisseaux sur le globe (369). Cette explication était une belle conquête pour la science, mais la loxodremie des rumbs était observée par la pratique marine , déterminée par le quartier de réduction (marteloïo, voyez chap. 162 et n° 86 de noire atlas). Mercator, examinant la pratique, et voyant ces inconvénients qu'éprouvaient les navigateurs par les. longitudes croissantes de la projection cylindrique, conçut l'idée de développer de même les latitudes croissantes, et inventa la projection à l'échelle croissante qui porte son nom, projection mercator ion ne. U ne savait pas donner raison a son invention, il répétait qu'elle manquait d'explication mathématique, mais il savait que c'était l'unique moyen de développer toute la sphère sur le plan et que son invention est très commode pour la navigation.

Les nouvautés ne sont pas recherchées à tout morne ut. Les marins se méfiaient des inventions des géographes de la cartographie continentale, ils regardaient avec indifférence celle de Mercator. De longues années s'écoulaient encore avant qu'elle fut prise en considération. On ne peut pas dire que le manque de calcul des distances croissantes et de leur échelle aient été la cause de ce retard : Mercator en avait indiqué le moyen et donna l'instruction suffisante dans les compartiments de sa carte (distantie locorum mesurande modus; organum directorium; usus organi), mais c'était Taversiondes marins pour les opérations de la cartographie continentale. La carte elle-même , bien que recommandée ad usum navigatium emendaie accommodala, avait encore moins d'attrait pour les marins. Ils y voyaient les rivages controuves qu'ignoraient leurs cartes nautiques ; ils y remarquaient des proportions contraires à leur connaissance, et les points saillants de leurs cartes rendus imperceptibles à leur pratique. Nova hac orbis descriptio n'était de leur goût, parce qu'elle était continentale.

En effet, cette majestueuse carte était continentale comme toutes les autres de ce genre. Par cette carte, et par toutes les autres qui sont connues, on voit qu'à cette époque Mercator avait pris son parti , dont il ne se rétracta plus. Dans l'instabilité du premier méridien, il choisit d'abord celui de l'île Corvomarino; pour sa grande carte il inventa un autre, en le reculant versf ouest sur le point où. la déclinaison de l'aiguille changeait en contraire. Ce méridien passait par les îles de Sal et Bonavista des îles du Cap vert. Son anti-méridien passait par le pôle de l'aimant (polus magnetis), dont on présumait connaître l'existence

(308) 15G9mcnsc auguste : universi orbis description <"m , in amplissima forma iutiicntium ac peregriaantium et vagatium oenlis, conspectuique exhibait, iiiveutioue nova et convenicutissima , spliaeram in piano extendendo, quae sic quadraturac cireuli respondet., ut nihil déesse videatur*' praeterquam, quod démonstration caret ut ex iliius oie aliijuotics audivi , propria manu sculpsit (Gualtcr Ghymnius, vita Gar. .M créât.). — Un exemplaire de cette earte se trouve dans le dépôt de* « artes de la "bibl. nationale* à Paris : peui-ctre l'unique qui existe encore.

136») Dclambrc, hist. de l'astrou. 308-400.

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d'après l'assertion de François de Dieppe. Le premier méridien et la graduation est la seule différence qui distingue cette carte : an reste elle est tout-à-fait conforme aux autres qui sortirent cfu laboratoire mercatorien (sto).

Mercalor proposait de diviser le monde en trois continents : 4*„ le vieux (Europe, Asie et Afrique); 2°, le nouveau (Amérique); et 5*, F Australie ou la Magellanie, continent indiqué à la découverte future (su). Pour composer ce monde il avait de nombreux matériaux. Il ne les désigne pas, personne cependant ne lui reproche de copier ou de s'approprier l'ouvrage d'autrui. Il discute les opinions des géographes. Comme le Nil, le Gange, sont des objets de son argumentation, comme l'amalgame de Ptolémée, de Marco Polo, avec les connaissances nouvelles, exerce son esprit, de même chaque carte qui présentait de matériaux à son édifice passe par son examen. A lui le choix et les rectifications qu'il a pu faire, ayant à cet effet quelques données positifs : mais il a dû nécessairement adhérer à différentes opinions des antres, s'assimiler les travaux des cartographes et accepter maintefois leur ouvrage sans réserve» quand il n'avait pas le moyen d'opérer quelque réforme.

Ainsi, la Flandre et la Lorraine lui appartenaient entières, parce que lui-même leva le plan de ces pays; la Grande Bretagne offre peut-être son propre produit, parce que l'anglais, son ami, livrait à sa disposition de nouveaux matériaux : mais le nouveau monde, la nouvelle Inde, n'était trouvable que dans les cartes marines; septentrional! um regionum typus (de Geno)? l'Inde orientale et la Chine furent empruntées, parce que ces cartes sont en même temps reproduites par Ortel (373). — Il serait important de savoir comment et combien Mercalor avait opéré dans la partie de la perturbation cartographique du vieux monde , par qu'elle impulsion il traçait ses rivages et les proportions de la mer méditerranée. Pour résoudre cette intéressante question, il faudrait connaître toutes les productions de son époque et spécialement celles de l'Italie qui manquent à notre connaissance. II y puisa immanquablement et peut-être il y trouva des modèles à son choix. S'il n'avait qu'à choisir, il faut avouer qu'il était loin de favoriser les proportious et les contours

(STO) Earopa , ad magnae Europac Gerardi Mercatoris pair» imitationem , RnmoWi Mercatoris $lii cura édita, servato tamen initie longitudinis ex ratione magnetîs, quod pater in magna sua vuiversali posait (iutitulatiun de la réduction exécutée par Rumotd). Or, la grande carie d'Europe de 4554, et probablement sa seconde édition de 4573, avait une autre graduation que la grande universelle de 4569; elle avait la graduation de toutes les autres, sorties des études mercatoriennes. — Rumold réduisit la grande carte de l'Europe, et les petits-fils Gérard et Michel , extrairent de la carte générale et réduirent l'Asie, l'Afrique et l'Amérique, conservant la graduation du méridien maguetis : ainsi que , dans l'atlas posthume de Mcrcator, se trouvent à différente échelle et projection vanne , toutes les parties de la grande carte copiées.

(571) Gérard in Mercator, geographorum nostri temporis corvphaens, lo sua, nnnquam saUslaadanda, «ûiversali tabula, hune orbem terra ru m in très continentes dividit (Abr. Ortel. ad orbe» terrar.). — Orbem inter très aoquales continentes dividere decreverat, quarum unam Ajsîam, Africain et Europam constituisset ; alteram Indiam occîdentalem ; terciam vero, etsi ad hue lateatem et incognitam esse non ignorauerit, solidis tamen rationibus demonstrare se posse affirmabat, illam in sua magnitudine et pondère, ex duabus reliquis nulli cedere... posse, aboquin mundi constatalionem in suo ceutro non posse consistere (Gualt. Ghymniis vîta Mercat.).

(572) N° 45, 4a, de l'édition 4570. — Voyez cliap. 36 de notre article cartes de l'Inde et de la Chine daus le III"" vol.; et les u° 453, 156 de noire atlas. — Mcrcator incorporait dans son système les cartes de différents auteurs. Ortel noua en avertit : Elias Camerarius, huius brandeburgensis marebionatus exstat in Gerardi Meiratoris (4S&5) opère. — La carte d'Islande de Vellcins reproduite par Ortel se trouve do même dans l'atlas de Mcrcator, dans la livraison de 4595. Les variantes de ces deuxrepro* ductions sont bonnes à examiner.

MERCATOR, OftTEL, 213. 185

de Ptoiémée, et quand il expliquait le grec, il indiquait ses positions sur le terrain de sa propre contruction (375).

215. La gloire de Mercator était faite et sa renommée allait grandir, parce qu'il ne s'arrêta point à la publication de la grande dimension. Géographoruin coryphaeus, appréciait cette immense activité de la cartographie, qui engendra sur tous les points de l'Europe des matériaux précieux à ses éludes; il voyait l'ardeur des éditeurs et des reproducteurs de cartes volantes, qu'on copiait à foison pour l'usage vulgaire et dont on commençait à faire des recueils, un assemblage dans un volume. Son ami Ortel avançait avec une entreprise de ce genre. Mercator, de sa part, ruminait dans son cabinet d'élaborer les caries spéciales de tous les pays et provinces du monde, pour en former un volume auquel il se proposait de donner le litre iï Allas. Son œuvre avançait laborieusement et lentement. Les autres, dans une entreprise analogue, le devançaient facilement, parce qu'ils rassemblaient les publications éparses et les fesaient copier : lui, Mercator, ne discontinuait à régler le désordre, à rectifier les écarts qui se laissaient remarquer et travaillait à Duysbourg seul au sein de sa famille, aidé par ses fils et ses petits-fils.

Non loin de Duysbourg, à Anvers, la fabrique de caries s'animait de jour en jour. De chez Jérôme Cock, Jean Liefrink, Christophe Planlin, Sylvestre Gile Coppen, Gérard de Iode, les caries volantes se répandaient partout, copiées ou de la toute nouvelle publication. L'activité de Gérard de Iode (Iudaeus) de Nimègue surpassait les autres. Deux graveurs, Luc et Jean, à Deutecum, travaillaient pour lui. En 15G9 il a mis en circulation le recueil d'une quarantaine de cartes pour l'Allemagne seule. Il était simple éditeur (proslat apud, excudebal), spéculateur copiste, peut-être un peu négligent, mais il devançait les autres. Jusqu'où a-t-il avancé son recueil , et combien de temps s'en est-il occupé? Je ne saurais le dire. Il est probable qu'il était arrêté dans son activité, par un recueil publié avec plus de soin et de connaissance, par le thealrum d'Ortel (374).

Abraham Oertel ou Ortelius, né à Anvers en 1527, ayant fini ses études, parcourut les Pays-Bas, une partie de l'Allemagne, les îles Britanniques et l'Italie, en amateur d'antiquités. Par ces voyages, il parvint à enrichir sa collection de médailles et d'antiquités; en même temps il put voir et réunir grand nombre de cartes géographiques. Son goût l'appela à connaître la géographie ancienne, à étudier Ptoiémée et les autres géographes de l'antiquité. Par conséquent, la géographie comparée et la connaissance de la géographie moderne de son temps, s'offrirent d'urgence à ses élucubrations. La connaissance et l'amitié de

(373) SansoD annote qne pour les rivages de l'Afrique il s'est servi des cartes de Livio Sanuto , et avec ces rivages il s'est conformé à Ptoiémée ; Mercator an contraire se conforme beaucoup plus aux caries marines : voyez u° 139 de notre atlas.

(374) Ce que je dis du recueil de de Iode , c'est d'après cette suite de ses cartes (5-37) que la. bonne fortune m'a procurée. La Pologne et la Moscovie figurent dans ce recueil, au reste c'est l'Allemagne. Beaucoup de cartes sont privées de limites de provinces. Voyez la confrontation de ce recueil avec celui d'Ortel, à la fin du n° II de l'appendice. — Il est singulier qu'Ortel ignore l'existence de cet éditeur aussi abondant : ce n'est que très- tard , à l'occasion de la carte de Gile Algoet, qu'iL menlione Iudaeum (de Iode) publiaut à Anvers. Cependant Gérard de Iode pioteste qu'il publie Hassiae typum nec ungue ante visum; il donne les deux cartes du tractus Danubii de Christ. Soprotbon, qui' n'est pas indiqué dans le catalogue d'Ortel. Ortel se fâchait-il de l'activité de de Iode? — 1 Le graveur Jean a Deutecum, grava les cartes pour de Iode, travaillait pour Ortel vers 1573.

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Gérard Mercalor, plus âgé que lui de 10 ans, juissant d'une haute renommée, lui fut très-utile.

Dans le courant de ses études, il composa et dessina les cartes relatives à son objet. Avant 1570 il avait déjà publié l'Egypte ancienne et moderne, en 1567 il composa et édita une grande carte de F Asie; en 1570 une carte de l'empire romain (575).

En même temps il fesait copier et graver par François Hogenberg et par quelques autres graveurs, comme Ferdinand et Àmbroise Arsenius, les cartes modernes de différents auteurs de sa collection. Cette gravure en 1570, était montée à remplir 55 feuilles : il en composa on recueil et tout incomplet qu'il était, il l'édita dans cette année 4570 sous le titre de thealrum orbit terrarum, Antverpiœ, apud Aïgidium Coppenium Dieilh.

A l'exception de l'Asie , il n'y a dans cette importante publication presque rien qui soit directement de sa composition ou de ses propres connaissances géographiques. 11 mil à contribution les géographes de tous les pays, copiant leur production à son module. Quant l'auteur de la carte était nommé ou connu, il ne la touchait point, à l'exception de quelques places maritimes de la Belgique , où la mer avait change ies rivages. Quand la carte était d'un auteur inconnu, anonyme, il était quelque peu plus audacieux, ajoutait on changeait ce qu'il jugeait nécessaire (57e). Dans cette collection de cartes, il endossa celle de Flandre, dressée depuis 50 ans par le coryphée des géographes Gérard Mercator. C'est sur cette carte que les parties maritimes, changées par la mer du côté de Waterfliet, furent rectifiées d'après les renseignements de Marc Laurin , seigneur de Waterfliet.

La carte d'Egypte dans son thealrum est anonyme, extabulis tn Ilalia impressis. Elle ne s'accordait pas sur tous les points avec l'étude et la publication préalable d'Orlelius; or, elle subit des changements. Ces changements sont assez signifiants parce qu'ils consistent dans le changement de la graduation, et peut-être dans l'insertion de plusieurs villes et places (377). L'Asie lui appartient spécialement, elle diffère virtuellement de celle de Mercalor. Quelques labiés italiennes cl les cartes marines coopérèrent sans doute à sa construction. Ortel y donne 18 degrés entre Antiochie et Bassora, où Mercalor compte 10 degrés.

(578) Edidimus nosolim tabulant /Egvpti majori forma ex anliquis et recentioribus aurtnribus, veterero simul et novam ejus deliDeationcm pro noslro modulo eontinentem (dil Ortel lui même en 1570, ad tab. Aeg. sui thealri u° 52). Nos quoque ejus (Asiae) descriptioncm , iu mainri tabula, an te très anuos edidimus (ibid. d" S). Edidimus nos hoc an no tabulant romani imperii quum maxime eftloruit, effigiem eontiucntem (ibid. u* 35).

(376) Voici comment il s'explique : nobis animusfuit represeutare, quicquid iu ullis geograpbicis aut cborograpbicis ebartis hic inde, tam recenter, quam nuperrime, muilis ab bine annis, infucem editis unquara habueris, vel etiamnum habcas, quod ut prcestarcmtts bac ratione sumus opos aggressi... In labulis.quae auctorum noniina habent, nibil est a nobis routatum, exceptis duabus ant tribus bclgicarnm région u m marinis oris, quas mare postquam ab auctoribus descriptioncs caruro editae sunt, mullum mutauit... pro nostro modulo coufecimus.... In allis vero quae nu lin m babebant auctoris nomen , l'uiinus pauto audaciores, in qnibus et mutavimns aliquoties pro judicio noslro quaedam et quaedam detraximus et quaedam etiam nounuuquain, prout res videbatur j ostulare, adiecimus.

(377) Ex tabulis iu ltalia impressis, Ruscclli copia aussi la même Egypte. Elle est à tel point conforme avec la carte de tbeatrum orlelianum , que rien ne la distingue , sauf la gravure, le manque de certains lieux et la graduation. Dans la longitude entre Alexandrie et Tenez la carte *■ ftuscelli compte 00* 30', 6i° 0' la carte d'Ortclius 00° 0', 09° 0'; dans la latitude entre Sik* rt Larissa, la première 30* 20' — 3i° 0', seulement 1° 40, l'autre 29° 0' — 32° 0' moule cette latitudca 3 degré».

MERCATOR, ORTEL, 916. 187

Mercator place Nimpo de la Chine à 460*, et fait passer par le milieu du Japon le 170e degré, ainsi que Mindanao et Japon touchent à la même longitude : Ortel éloigne Japon de Mindanao de 20 degrés, place Nimpo au bout de l'hémisphère au 180e degré et étend Japon au delà du 200 et 210e degré de longitude sur l'autre hémisphère (378). Ortel essaya donc ses forces dans la composition de caries nouvelles, mais sou thealrum n'est qu'une collection, qu'un recueil de cartes de différents auteurs cl mérites. Les noms des auteurs sont pour la plupart connus, parce qu'ils sont déclinés par Ortelius lui-même et ordinairement indiqués dans les intitulations des copies (379).

Cette publication, quoique incomplète, dont le choix n'était pas également recommandable, réunit dans un volume tant de cartes dispersées et offrit l'exécution si supérieure à beaucoup d'originaux qu'elle profita infiniment à Ortelius et lui gagna une haute célébrité. Les cartographes embitionnaient de voir leur nom figurer dans son recueil , s'empressaieut de lui communiquer leurs compositions : Jordan , Ousius, Sambucus. La fortune d'Ortel augmenta, et en 1575, il fut honoré de la charge de cosmographe du roi d'Espagne , lorsque son ami plus âgé , Mercator, n'était que cosmographe d'un duc de Clèves (380).

216. Les éditions du théâtre d'Ortel se suivaient rapidement et Gérard Mercator était loin de mettre à exécution ses projets. 11 y avait des causes à ce retard. La première consistait dans ce qu'il s'occupait de la chronologie (qu'il publia en 1568) et que la géographie ancienne n'était pas indifférente à ses études, comme elle était l'objet de prédilection pour Ortelius. Dans la même année 1578, Ortelius publia ses synonymes géographiques et Mercator édita tabula? géographie» Plolémaei. L'autre cause du retard existait dans ce que Mercator ne voulait pas être un copiste, mais il s'évertuait à élaborer suivant ses facultés les cartes de chaque pays, comme il avait élaboré celles des îles Britanniques, de Flandre de la Lorraine, de l'ensemble du monde. Enfin l'insuffisance des ressources pécunières contribua au relard.

Dans la géographie ancienne tous deux eurent des succès. Les tables ptoléméennes de Mercator étaient longtemps appréciées (ssi). La synonymie a pu obtenir presque immédiate nient un succès bien mérité. Ortelius dès son vivant l'a republiée sous le titre de thésaurus géographicus (38*). Pour sa géographie ancienne il prépara entre 1584 et 1597, les cartes ex conatibus géographicis Âbrahami Orlelii. Bien que leur cohérence est maintes fois en défaut, il faut cependant convenir qu'elles

(378) Voyez n* 133, 433, 136, 137 de notre atlas; portulan général ebap. 33; cartes de l'Inde et de

la Chine 36.

(379) Dans sa première édition déjà, Ortel a donne un catalogue des cartographes de sa connaissance. Il l'augmenta dans les éditions suivantes. Nous en donnons une ample notice , n° 11 de l'appendice de ce volume.

(380) Les éditions de theatrum orbis se succédaient rapidement. la première 1570, la seconde

Après la mort d'Ortelius, à ledit. 1601, on en ajouta 1

italien , espagnol , français. — Ortelius lui-même inventa un petit epiloinen, dont il y a aussi de

nombreuses éditions du vivant et après sa mort : de Coignets, de Vrients, etc.

(381) Après la mort de Mercator, elles servirent en 1605, à l 'édition de llondius, ensuite 1618, à celle de ftertius , et dirigèrent plusieurs éditions de Ploléméc.

(382) En 1587, 1396, réimprimé encore 1611, à Hanau.

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