RÉFORME, 1550 ET SUIT
sont élaborées avec assiduité , on peut dire inspirées de l'intelligence mercalorienne. Pour la géographie sacrée ou historique, il admit les cartes ex conatibus Francisci Haraei. Ces cartes parurent plusieurs fois sous le titre de parcrgon , et de géographia sacra. La confusion d'idées cartographiques y perce trop ostensiblement, malgré la tendence de la régler (sss).
En attendant la famille de Mercator continuait ses opérations géographiques. La grande carte de l'Europe, corrigée , était éditée pour la seconde fois eu 1572. Arnold (ils leva le plan et dessina la carte de l'archevêché de Trêves et de la basse-Hesse; après sa mort, 1530, son fils Jean termina la mesure de toute la liesse (384). Le père Gérard déjà trop avancé en âge , pour arriver à son but et ne pas se faire attendre trop longtemps, se décida à publier consécutivement chaque partie achevée de son atlas projeté. Aidé par son fils Rumold et ses petits-fils Gérard et Michel, iulruils dans les mathématiques, dans la géographie et dans la gravure, il édita en 1585 les cartes de France et d'Allemagne; en 1589, les cartes de l'Italie, et il préparait celles de l'Europe septeutrionale. Mais leur publication était réservée à son fils Rumold. Le vieux père n'a pas achevé l'atlas qu'il avait tant à cœur d'exécuter. Le succès du theatrum de son ami lui fesait plaisir, il approuvait hautement cette entreprise, on disait même qu'il retardait son atlas pour ne pas faire tort aux avantages lucratifs qui consolidaient le nom d'Ortelius (385). Rien ne troubla leur confidence réciproque. Ils échangeaient leurs pensées, leurs idées; ils se communiquaient mutuellement leurs planches. A la fin la mort les a séparés. Gérard Mercator plus âgé, descendit le premier dans la tombe en 1591; Ortel le suivit quatre ans après, en 1598.
U allas du père Gérard n'a pas été terminé. Rumold fils acheva la partie de l'Europe septentrionale déjà avancée par le père et l'édita en 1595, sous le litre ffatlanlis pars altéra, géographia nova lolius mundi, en dédiant cette seconde partie à Elisabeth, reine d'Angleterre. Il prévient les lecteurs que l'Europe septentrionale forme le premier tome ou la première livraison de la seconde partie de l'atlas. Et connue
(185) Parergon à Anvers chez Plan tin en 1392; par le soin deBalthasar Moretus en 162-1, choz te même. — La longitude de Venise 7 varie entre le 34* et le 57* degré ; celle dus Horini ££* 3W à î5* û* de Narbo 24* 0' a 23° 55', de Baïona VJ° à 18". La longueur de la médi terrai) ce monte à 53 degrés. Tous deux Ortel et Ilarœus désavouèrent la déclivité ptoléméenne de la Syrie, recommandée par Stella et autres : cela n'empêche pas cependant que les compositions de Stella (n° 107 de notre alias) s'y trouvent de môme. Pour la Grèce, Orlel se laissa prendre par Ptolémée et Sophiauus; à l'imitation de ce dernier, il copia la configuration de Plolémee.
(384) Arnoldus archieppatus treverensis et Cattimoelibecnnsis comitatus dimension os di verso tempore aggressus absolvit — et le petits fils Jean , Hassiae regiouem exactissime absolvit (Ghyinn. vita Ger. Merc).
(385) Tameisi (Ger. Mercator) longe ante Abrahamum Ortelium, ideas quasdam mente concepisset, de edendis aliis tabulis generaiibus ac particularibus , totiusque mnndi si tu m in miuorem formam
rédigera animum înduxisset ila ut niliil amplius restaret quam ut aeneis tabulis incidereotur :
quandoqnidem tamen praedictus Ortelins singulari amicitia ac iamiliarilate illi iunctus esset, distnlrt igitur de iuduslria eatenus et tantis per inchoatum laborem , douée exemplaria sui orbis, tlieatro (4570 etc.), in copiosissimo numéro, cum magno facultatum ac fortunarum soarum incremenlo, vendidisset, priusquam suas praedictas minores tabulas in lueem emitteret (Gualt. Gbymn. vita Mercat.). C'est ce que dit l'ami biographe de Mercator. Mercator lui-même, dans une lettre du 22 novembre 1570 félicita Ortelius de l'idée qu'il avait conçue en publiant son theatrum, car les mauvaises copies se multipliaient et répandaient d'innombrables erreurs : quam ob rem non exiguam laiidcm meritus es, qui oplimas quasque regionum descriptiones sclegisti, atquc in unum vehiti eiichiridium redegisti; il approuve son projet de copier quelques cartes spéciales de Lazius. Cette lettre se trouve insérée dans le theatrum Ortclianum de 15'J2.
MERCATOR, ORTEL, 216. 189
son père se proposait de publier la partie occidentale, c'est-à-dire la péninsule pyrénéenne dans le même cadre, il en formera un second tome ou livraison composée des caries d'Espagne. Ensuite il entreprendra les cartes de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique, suivant le plan de sen père (ssc). Mais bientôt il se départit de son projet. H supprima le litre de secundo vel altérai partis, et transporta la livraison de l'Europe septentrionale au commencement; ainsi que le telle de mundi creatione, forme la première partie, et secuuda pars gcographiam conlinel, c'està-dire les cartes en quatre livraisons : 1°, septentrional ium Europœ terrarum (1585); 2°, Gallise (4585); 3», Germaniae (1585); 4°, Italise et ' Graeciae (1589), composées de 107 cartes. L'Espagne ne s'y trouve pas (387). — Les planches de Mercator et d'Orlel furent cédées à Josse liond et la fabrique d'atlas s'est établie à Amsterdam (588).
Par ses travaux , Gérard Mercator devint le véritable réformateur de la géographie et donna l'impulsion à des réformes et aux progrès ultérieurs. Abraham Orlelius, par son érudition et son activité, s'associa à celle œuvre et ne peut être considéré, à mon avis, que comme secondaire (389). Ortel se montre comme philologue versé qui compulse la géographie moderne pour comprendre l'antiquité et l'histoire. Mercator agit comme mathématicien et géomètre s'efïbrçant à organiser. Si l'une des choses caractéristiques de la science géographique moderne est l'élude du terrain et des plus petits accidents du sol : on peut dire que
(386) Sic cura Atlantem regem aedere cogitarem , ejus seennriam partent, qnae geographiam continet tuac majestrati dedicare vol ni : dit Rumold à la reine Elisabeth à cause de navigateurs Thoma; Candisshii, Francisci Draci, Martini Forbrssheri aliornmque heroum qui perlustraient les parties septentrionales. — Ensuite, amico lectori ; oHerimus nunc secundara partem utlantis, primum novae geographiac tomum , videlicet, seplcntrionalium Europae terrarum descriptionem à Gérard o M* re putre piae memoriae inclioatum et a me ad fi nom perdu «tu m. — Si deus vitam longiorera couccssissct, decreverat (Gerardus pater) partes occidentales, videlicet Hispaniam eu m Portugalia in minores tabnlarmn formas q.uoque redigere (Gymn. vita Mcrcat.). Or, Rumold déclare : iara tandem bonum et diu a me optatnm initium nactus, post bac,.. . sectindum geograpbiae tomum, id est, Hispanire descriptionem aggredior, inde ad Africain, Américain, et si aperiatur, ut spes est , ad terciam continentem quaj Nagellanica et terra australis dicitur me accingam et quod in bisec omnibus Gcr. M'r pûter piae memorie in eboatum reliquit... ad lincm perducam.
(587) Les exemplaires de l'atlas ntercatorien, avec le titre de pars altéra sont peu nombreux, à
Epine qu'on les rencontre. Les autres déjà ne sont pas trop communs surtout en bon ordre. Biais les ibliopbiles ne s'en soucient pas : ils annotent soigneusement pour les bibliomanes les raretés frivoles J rayées au poids d'or et ignorent la perte des plus précieux produits de l'esprit humain. Trouve-t-on e nom de Mercator dans les ouvrages bibliographiques? Cependant le seul atlas est encore en cours ; les opuscules du géographe ne se rencontrent pas; ses cartes de l'Europe de la grande dimension, deux fois éditées, sont-elles connues par une âme vivante? On l'ignore. De la carte de Flandre, de celle de orbis terra? existent encore peut-être un seul exemplaire gardé dans le dépôt national des cartes à Paris. Les cartes des iles britanniques, 1564, existent-elles encore? car celles de ces îles qui sont dans l'atl s sont réduites in minorent formant et n'étaient préparées qu'entre 1389 et 1595.
(588) On dit que Jodocus Hondius édita l'atlas de Mercator pour la première fois en 1600. Qu'ensuite dans la dixième édition , en 1028 , il augmenta le nombre des cartes à 175. Je n'ai rencontré nul part d'indication suffisante sur ces éditions, mais elles n'offrent pas le produit dans sa pureté primitive. Les Hondius ajoutaient des cartes nouvelles, substituaient les anciennes par d'au très- Ainsi que l'édition de 1633, parut sous le nom de deux auteurs, de Mercator et de Hondius à la fois. — Encore Jean Jausson, dans ses atlas qui montaient jusqu'à huit volumes in-folio, s'était servi de» cartes de Mercator. — Les Hondius inventèrent en 1607, l'atlas minor Mercatoris in-4°, qui fut plus utile que le trop petit epitome d'Ortelius. Avant l'apparition de cet atlas minor, en Italie 1896, Girolamo Porro à Venise reproduisait les cartes de Mercator sur une petite échelle. L'atlas minor a eu une traduction turque, voyez chap. 103, p. 157.
pbiques\ que l'époque moderne de la géographie remonte proprement à Abraham Ortel, c'est-à-dire à l'année 4570, date de la première édition de son livre. C'est à ce profond géographe, trop peu apprécié, que remonte la reforme de la science; les changements qu'il y a apportés, ont fait une véritable révolution. » Cette opinion m'a motivé d'entrer, autant qu'il m'est connu , dans l'historique sur ces deux personnages.
188 RÉFORME, 1550 ET SUIY.
sont élaborées avec assiduité , on peut dire inspirées de l'intelligence mercatorienne. Pour la géographie sacrée ou historique, il admit les cartes ex conatibus Francisci Haraei. Ces cartes parurent plusieurs fois sous le titre de parergon , et de géoeraphia sacra. La confusion d'idées cartographiques y perce trop ostensiblement, malgré la tendence de la régler (sss).
En attendant la famille de Mercator continuait ses opérations géographiques. La grande carte de l'Europe, corrigée , était éditée pour la seconde fois eu 1572. Arnold (ils leva le plan et dessina la carte de l'archevêché de Trêves et de la basse-Hesse ; après sa mort , 1556, son fils Jean termina la mesure de toute la liesse (384). Le père Gérard déjà trop avancé eu âge, pour arriver à son but et ne pas se faire attendre trop longtemps, se décida à publier consécutivement chaque partie achevée de son atlas projeté. Aidé par son fils Rumold et ses petits-fils Gérard et Michel, iutruits dans les mathématiques, dans la géographie et dans la gravure, il édita en 1585 les cartes de France et d'Allemagne; en 1589, les cartes de l'Italie, et il préparait celles de l'Europe septentrionale. Mais leur publication était réservée à son fils Kumold. Le vieux père n'a pas achevé l'atlas qu'il avait tant à cœur d'exéeuter. Le succès du theatrum de son ami lui fesait plaisir, il approuvait hautement cette entreprise, on disait même qu'il retardait son atlas pour ne pas faire tort aux avantages lucratifs qui consolidaient le nom d'Ortelius (385). Rien ne troubla leur confidence réciproque. Ils échangeaient leurs pensées, leurs idées; ils se communiquaient mutuellement leurs planches. A la fin la mort les a séparés. Gérard Mercalor plus âgé, descendit le premier dans la tombe en 1591; Ortel le suivit quatre ans après, en 1598.
V allas du père Gérard n'a pas été terminé. Rumold fils acheva la partie de l'Europe septentrionale déjà avancée par le père et l'édita en 1595, sous le litre à"allanlis pars altéra, geographia nova totint mundi, en dédiant cette seconde partie à Elisabeth, reine d'Angleterre. Il prévient les lecteurs que l'Europe septentrionale forme le premier tome ou la première livraison de la seconde partie de l'atlas. Et comme
(185) Parergon à Anvers chez Plantin en 4592 ; par le soin de Balthasar Moretus en 1624, chre te même. — La longitude de Venise 7 varie entre le 34* et le 57* degré ; celle des Morini 2i* 50* à 25* tf de Narbo 24* 0' à 23° 33', de Baïona 19" à 48*. La longueur de la méditerrauée monte à 53 degrés. Tous deux Ortel et Hancus désavouerez la déclivité ptoléméenne de la Syrie, recommandée par Stella et autres : cela n'empêche pas cependant que les compositions de Stella (n* 107 de notre allas) s'y trouvent de même. Pour la Grèce, Orlel se laissa prendre par Ptolcmce et Sophiauus; à l'imitation de ce dernier, il copia la configuration de Ptolémee.
(384) Arnoldus archieppalus treverensis et Cattimoelibecensis comitatns dimensioncs di verso tempore aggressus absolvit — elle petits fils Jean , llassiae regionem exactissime absolvit (Ghyum. vila Ger. Merc).
(385) Tameisi (Ger. Mercator] longe anle Abrahamum Ortelium, ideas quasdam mente concepisset, de edendis aliis tabulis generalibas ac particularibus , totiusque mnndi situm in miuorcm formam
rédigera animum induxisset ita ut niliil amplius resta ret quam ut aeueis tabulis incidereotur :
quandoqnidem tamen praedictus Ortelius singuiuri amicitia ac familiarilate ilii iunctus esset, distolil igilur de iuduslria eatenus et tanlis per inchoatum laborem , donec exemplaria sui orbis, theatro (4570 etc.), in copiosissimo numéro, cum magno facultatum ac fortunarum suaruru încremeoto, vendidisset, priusquam suas praedictas minores tabulas in lucem emitteret (Gualt. Gbymn. vita Mercat.). C'est ce que dit l'ami biographe de Mercator. Mercator lui-même, dans une lettre du 22 novembre 1570 félicita Ortciius de l'idée qu'il avait conçue en publiant son theatrum, car les mauvaises copies se multipliaient et répandaient d'innombrables erreurs : quam ob rem non exiguam landem meritus es, qui oplimas quasque regionum descriptiones selegisli, atqne in unum vehiti eucliiridiHra redegisli; il approuve son projet de copier quelques cartes spéciales de Lazius. Cette lettre se trouve insérée dans le theatrum Ortclianum de 1592.
MERCATOR, ORTEL, 216. 189
son père se proposait de publier la partie occidentale, c'est-à-dire la péninsule pyrénéenne dans le même cadre, il en formera un second tome on livraison composée des cartes d'Espagne, Ensuite il entreprendra les cartes de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique, suivant le plan de son père (586). Mais bientôt il se départit de son projet. Il supprima le titre de secundo vel altéra partis, et transporta la livraison de l'Europe septentrionale au commencement ; ainsi que le texte de mundi crealione, forme la première partie, et secuuda pars geographiam continct, c'està-dire les cartes en quatre livraisons : i°, septentrionalium Europse lerrarum (1585); 2°, Galliae (4585); 5°, Germanise (1585); 4°, Italiœ et Graeciœ (1589), composées de 107 cartes. L'Espagne ne s'y trouve pas (587). — Les planches de Mercator et d'Orlel furent cédées à Josse Hond et la fabrique d'atlas s'est établie à Amsterdam (388).
Par ses travaux , Gérard Mercator devint le véritable réformateur de la géographie et donna l'impulsion à des réformes et aux progrès ultérieurs. Abraham 0 rie lin s, par son érudition et son activité, s'associa à celle œuvre et ne peut être considéré, à mon avis, que comme secondaire (389). Oriel se montre comme philologue versé qui compulse la géographie moderne pour comprendre l'antiquité et l'histoire. Mercator agit comme mathématicien et géomètre s'efforça nt à organiser. Si l'une des choses caractéristiques de la science géographique moderne est l'étude du terrain et des plus petits accidents du sol : on peut dire que
(386) Sic cura Atlantem regetn aedere cogitarem , ejus secmulam partem , qnae geographiam continct tuac majestrati dedicare volui : dit Rumold à la reine Elisabeth à cause de navigateurs Thom»! Gandisshii, Francisco Draci, Martini Forbhsheri aliommque heroum qui perlustraient les parties septentrionales. -Ensuite, amiro lectori ; offenmns nnne secundam partem atlantis, primum novae geographiae toraum , videlicet, septentrionalium Europae terrarum descriptionem à Gerardo M* re patre piae memofiae inchoatum et a me ad finom perdu* tum. — Si deus vitam longiorera concessisset, decreverat (Gérard us pater) partes occidentales, videlicet Hispaniam eu m Portugalia in minores labularuin formas qjuoque redigure (Gymn. vita Mercat.). Or, Rumold déclare : iara tandem bonum et diu a me optatum initium naclus, post har,.. . secundum geographiae tomum, id est, Hispanice descriptionem aggredior, inde ad Africain, Américain, et si aperiatur, utspesest,ad terciam continentem qnae Nagellanica et terra australis dicitur me accingam et quod in bisce omnibus Ger. M'r pàtcr piae mémorie in choatum reliquit... ad linem perducam.
(387) Les exemplaires de l'atlas mercatorien, avec le titre de pars altéra sont peu nombreux, à peine qu'on les rencontre. Les autres déjà ne sont pas trop communs surtout en bon ordre. Nais les bibliophiles ne s'en soucient pas : ils annotent soigneusement pour les biblïomanes les raretés frivoles
Î rayées au poids d'or et ignorent la perte des plus précieux produits de l'esprit humain. Trouve-ton e nom de Mercator dans les ouvrages bibliographiques? Cependant le seul atlas est encore en cours ; les opuscules du géographe ne se rencontrent pas; ses cartes de l'Europe de la grande dimension, deux fois éditées, sont-elles connues par une âme vivante? On l'ignore. De la carte de Flandre, de celle de orbis terrœ existent encore peut-être un seul exemplaire gardé dans le dépôt national des cartes à Paris. Les cartes des îles britanniques, 1564, existent-elles encore? car celles de ces iles qui sont dans l'atl' s sont réduites in minorem formam et n'étaient préparées qu'entre 1589 et 4S95.
(388) On dit que Jodocus Hondius édita l'atlas de Mercator pour la première fois en 1606. Qu'ensuite dans la dixième édition , on 1628 , il augmenta le nombre des cartes à 175. Je n'ai rencontré nul part d'indication suffisante sur ces éditions, mais elles n'offrent pas le produit dans sa pureté primitive. Les Hondius ajoutaient des cartes nouvelles, substituaient les anciennes par d'autres. Ainsi que l'édition de 1633, parut sous le nom de deux auteurs, de Mercator et de Hondius à la fois. — Encore Jean Jansson, dans sus atlas qui montaient jusqu'à huit volumes in-folio, s'était servi de» cartes de Mercator. — Les Hondius inventèrent en 1607, l'atlas minor Mercatoris in-4°, qui fut plus utile que le trop petit epitome d'Ortelius. Avant l'apparition de cet atlas minor, en Italie 1596, Girolamo Porro à Venise reproduisait les cartes de Mercator sur une petite échelle. L'atlas minor a eu une traduction turque, voyez chap. 103, p. 157.
(389) Il y a 30 ans, en 1814 (liist. de la géogr. chap. 30), j'attribuai la réforme dans la géographie directement à Mercator, ne voyant dans Ortelius qu'un secondaire. Depuis j'ai remarqué que des savants étaient d'un autre avis. « On sait, dit le respectable Jomard (fragment sur les cartes géographiques^, que l'époque moderne de la géographie remonte proprement à Abraham Ortel, c'est-à-dire a Tannée 1570, date de la première édition de son livre. C'est à ce profond géographe , trop peu apprécié, que remonte la reforme de la science; les changements qu'il y a apportés, ont fait une véritable révolution. » Cette opinion m'a motivé d'entrer, autant qu'il m'est connu , dans l'historique snr ces deux personnages.