‹ Géographie du moyen âgeChapitre 121 sur 135 · REFORME, 1SSO ET SUIV · texte numérisé non relu

REFORME, 1SSO ET SUIV

A TOLEUO

qui se déclara en faveur de la nécessité de la réduction. Un géographe obscur pouvait (Ure aussi audacieux pour se révolter contre Ptolenée et proposer les rectifications, qu'un géographe des plus célèbres. Il serait cependant très-utile pour l'histoire de la géographie de retrouver le premier inventeur de la réduction, au moins le premier qui la mit en circulation. Il a pu le faire avec connaissance de cause, ou s'avisant, avec l'ignorance ce qu'il osa. Quant à Mercaior, il savait apprécier la valeur de la diminution jusqu'à 53 degrés et il rejeta à jamais l'extravagance de Ptolémée.

Par cette réduction à 55 degrés on croyait, je n'en doute pas, se conformer à la dimension des cartes marines. Mercator évaluait le degré seulement à 60 milles italiques (s9i). Or ces 55 degrés, d'après l'évaluation de Fernel, ne donneraient de longueur que 46* degrés et bien moins. La latitude géographique de Tunis était incertaine et inconnue; or, elle est déterminée par les pro* portions que le géographe trouvait dans les cartes marines, suivant son évaluation de degré. Les 55 degrés appliqués à la méditerranée des caries marines, nécessitaient de faire descendre Tunis vers le sud, de plier les rivages de l'Afrique, dont les contours sont conformes à ceux des cartes marines. 11 y a certainement beaucoup de dérangement dans cette assimilation de l'échelle de 53 degrés à la méditerranée des cartes marines: mais il n'y a pas de doute que ces cartes décidèrent les géographes de la cartographie continentale à réduire la longueur démesurée à 53° (sw).

L'étude de la géographie érudite changea de position. Depuis la renaissance des lettres, on s'imaginait qu'on la connaissait à fond en possédant son modèle antique; on s'efforçait à construire la nouvelle à son image, à travestir l'ancienne en moderne, à expliqueur et éclaircir cette dernière par l'ancienne. À la suite du progrès, cette marche prit enfin une direction toute contraire. L'étude de la géographie ancienne continua avec ardeur et n'eut plus d'autre but que de comparer l'ancienne avec la moderne , afin de comprendre les descriptions des anciens, au moyen des connaissances positives. Ce but préoccupait Ortelius : il voyait que la connaissance de la géographie moderne pouvait seule jeter la lumière sur l'étude des anciens.

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