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RÉFORME, 1080 ET SUIT

pour apprécier le mérite de chaque géographe de répoqoe, de chacun ta postérieurs de Père nouvelle, que pour la science et le progrès de Fesprii humain. Elle doit suivre pas à pas cette lente évacntion de difforniio contre lesquelles luttaient laborieusement les géographes posterions; courageux ou timides, chacun y prenait sa part. : et Terreur, précédemment trop accréditée par un fâcheux revirement, reparaissait maintes fois dans les conjectures mal conçues chez les plus illustres géograpta.

L'atlas de Mercator engendra une longue série d'atlas publiés et Hollande, par les Hondius et les Bleauw, géographes instruits q« avaient toujours à rectifier leur modèle. Chaque fois il fallait détruire quelque portion, ou de l'édifice de Ptolémée, ou de l'érudition di xvic siècle, ou des inventions imaginaires. Mais le prestige de Ptoléoée était tel, que le retour vers ses proportions et sa configuration se déclarait longtemps encore, et malgré la gloire de Mercator dans kl Pays-Bas, la spéculation savante, qui ne discontinuait pas de répands les atlas par toute l'Europe, n'avait pas de répugnance de les faât accompagner de plus absurdes déformités. On trouvera dans les allai de Guillaume Bleauw, mort en 1666, la méditerranée à 62 degrés* quoique ses propres atlas prouvent qu'on réduisait déjà sa longue» a 50 degrés (soi).

La longitude géographique était, en effet, un véritable tourment de h science. La marine a bien compris son importance, la cartographie se masquait seulement de ses apparences; inquiète, elle convoitait k produit de l'expérience; on imagina de belles théories, d'admirables propositions, et chaque fois le ciel et la nature déroutaient les experts. Le mouvement de la lune présentait de plus belles chances; les distances lunaires, indiquées en 1514, par Werner de Nuremberg, développées en 1524 par le saxon Apianus, recommandées en France par Oronce , furent approuvées par Kepler et tous les astronomes : mais cet astre, le plus visible et aussi mobile échappait longtemps au calcul qui pouvait assurer le succès.

La marine espagnole, couvrant le globe de ses voiles, s'agitait potf conquérir le secret de la verdadera loogitud. Phillippe III promit utt récompense de six mille ducats de la rente perpétuelle de chaque année à celui qui fixerait l'aiguille et les degrés de longitude. Le portugais Louis de Fonseca Coutirio fut le premier qui essaya de mériter cette récompense. Bientôt, en 1612, le docteur castillan Arias de Loyola, ensuite, en 1629, le portugais Juan Caravajal, se présentaient cooum concurrents.

Cette dernière année 1629, le jésuite Christoval de Bruno, milanais» apporta une belle spéculation pour na vigueur par tout l'orient au moyen de la variation de l'aiguille. L'année suivante 1630, Antonio Ricci genovèse venait avec ses observations de la longitude sans regarder te ciel. En même temps l'abbé de Dissemberg, Juan Caramuel Lobcovitt, natif de Madrid, demanda cien mil ducados de contado pour ses propositions.

(397) Le savant israélite Joseph del Medico, crétois, publiant : fons Tiridariomm , Indus pan priff impressa est Amstclodami, pênes Manasse ben Israël 16*9 in-4*, assignait à Antiochie 76* lïél longitude, à Kordou 9* 40, a Seville 9* 0'. Or, il suivit le conseil d'ane carte qui donnait 69 degré! de longnenr à la méditerranée.

Pedro de Herena, bon géomètre, n'avait pas de succès quand il roulait 5 rapporter avec la longitude au mouvement lunaire. Le florentin alileo Galilei en 4654, proposa pour déterminer la longitude les astres lédicéens ou les satellites de Jupiter. En 4657, le portugais Joseppe e Moro crut découvrir le secret de la déclinaison de l'aiguille pour roir la longitude, et on lui promit de grandes récompenses si l'expcicnce pouvait le confirmer.

En France, Jean Baptiste Morin, en 4654, expliqua à la plus grande satisfaction des mathématiciens le mode connu d'observer le mérilien de la lune avec la distance et la hauteur d'une étoile, si l'on ►ouvait surmonter les obstacles de la parallaxe et de la réfraction (59s).

En même temps, dans les étals de Philippe IV roi d'Espagne, Miguel «lorencîo van Lan^ren, mathématicien et cosmographe en Flandre, suivit la même méthode lunaire pour découvrir la dicte longitude îavigante qui a fatiguée tant de bons esprits, et déjà dans Tannée 4624 a misma imaginacion de hallar la longitud por mar y tierra por medio le la luna ténia occupado el ingenio del dicho van Langren (599). Il î'imagina qu'il trancha le problème et que nonobstant la parallaxe et la réfraction il indique le moyen facile pour la pratique des navigateurs mêmes. El consejo de las Indias en 4652, voyant l'utilité de l'invention, bpina de pourvoir van Langren de 4000 ducats de la rente annuelle pour les dépenses qu'il peut avoir en perfectionnant les instruments de ftbn invention. Van Langren communiqua ses observations sous secret à plusieurs savants versés dans l'astronomie et les mathématiques; trouvant leur approbation il se procura des certificats les plus satisfaisants. Mais en 4644 ses inventions restaient encore sous secret, occultes, et un des savants l'encourageait : macte igitur animo Langrene, moluum hmarium tabulas conde (400).

Cette grande agitation n'avança pas beaucoup la question qui se brisait dans la pratique, par les obstacles du ciel qu'on n'a pu aplanir; par l'impossibilité de connaître l'aiguille, par l'insuffisante connaissance

(396) En France trabaxava con mâchas veraa e) doctissimo varan Jnan baptista Mono, prof essor mathematico del dicho rey, el qualtuvo rouchos dares y tomares oon los mathematicos de aqnal reyno en el aôo 4634 y quiso îmitar loque Vernero y Oroncio avian escrito machos anos antes, •bservando la tona en et meridiano con la distancia y altnra de algitna estrella, sin poder salir con la que avia propuesto, por la incommodid grande que encoatrava en el paralaxis de fa luna, mesclada con la réfraction como tambien en la verdadera tbeoria y forma del movimiento de la luna , no querienda k>s dickos mathematicos admitir ninguno de los antiguos , ny delos modernos (dit en 4644 ce mémoire de van Langren, la verdadera longitud).

(399) Su padre assista en las observaciones célestes del famoso astronomo Ticlio Brahe , de quien recibib sus primeras obsenraciones , como consta por las obras del dicho Ticho ; assi mismo servie su

Kdre Î6 anos en calidad de cosmographo en los estados de Flandres (mémoire de 4644, de van ngren , la verdadera longitud). Miguel Florencio succéda à son père dans la charge de cosmographe.

(400) Tout ce que j'ai dit de Langren et de la longitude de son époque est extrait de son mémoire : h verdadera longitud por mar y tierra demonstrada y dedicada a su magestad catholica Philippo IV, M. F. van Langren... con las censuras y parceres de algunos renombradosy famosos mathematicot deste siglot que van puestos en orden de los fechos de sus dichas aprobaciones , 4644, dont un exemplaire imprimé et signé de la main de van Langren lui-même, se trouve dans les archives du royaume à Bruxelles. Il semble que les observations de Langren furent insérées dans lumina auâriaca philippica. — Dans son mémoire il donne la forma assez bizzarrement de sa science occulte , que explicarà quando la mandare su magestad. — Ensuite suivent les approbations des doctes, données : les mars 4631 à Louvain, par Eric Puteanus et Godefr. Vendelinus; le 47 janvier et 47 mars 46*3, par Jean de la Faille, qui dit ; landandi multorum fuere conatus sed neminem vidi qui.... vulgi pêne ImperHiae accommodatis satisfacere problemati tam arduo possint, quam van Langren...; le 9 mars 4633, à Cordone par Barthomée Petit; le 4 février 4644 à Bruxelles, par le profess. Jean de Bognez, le 9 du même mois par l'ingénieur Jean Heymcns Coeck, et le 40 à Anvers, par le profes. Gérard Gutiscovins qui l'engageait à calculer la lune.

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du mouvement des astres et par conséquent du calcul , enfin par le manque d'instruments nécessaires, d'horloges et de pendules. Cette agitation prouve aussi, que depuis qu'on a compris l'usage perniciem de longitudes ptoléméennes on n'avait encore aucune certaine, aucune qui serait déterminée avec certitude.

La cartographie restait donc dans son désarroi , duquel elle De pouvait sortir par les publications des Pays-Bas. L'impulsion donnée i la propagande géographique par Orlelius et Mercator, poursuivie avec succès, n'a pas soutenu les Pays-Bas en première ligne de l'étude. L'élude se concentra successivement en France, et en terminant dos considérations sur la restauration de la cartographie, nous renoncerons volontiers à tous les pays pour porter le dernier coup-d'œil sur les déroutes de Ptolémée, presque exclusivement dans cette nouvelle école.

219. Mais avant d'exposer cette déroute relardée, je dois* rappeler que la cartographie nautique s'opposait inébranlablemenl à toutes ces avanies de la géographie , et longtemps sans théorie avec sa méthode, elle ne fut que pratique. La géographie des savants multipliait chaque jour ses publications, et commençait à les remanier, parce qu'eues étaient trop vicieuses; la géographie de l'expérience pratique des mari» n'était que dessinée toujours de même, à la même méthode, aux mêmes proportions heureusement établies.

La marine française plaça les dessinateurs de cartes nautiques à h hauteur des plus beaux produits qu'on connaisse. Jaeq de Vaulx peur le roi en ta marine, 1533; Guillaume Levassent de Dieppe en 1601 ;/«*» Dupont de Dieppe en 1625; Jean Guerard fait à Dieppe en 1651, ort laissé d'admirables caries. Dieppe excellait dans leur exécution (*ot); on se servit en 1630, à Dieppe en premier lieu, de la projection croissante de Mercator pour les cartes marines. Couserver les proportions établies par la pratique , c'était l'ouvrage des dessinateurs : mais leurs cartes couraient le danger de la dégradation quand un géographe di continent s'empara d'elles pour les publier.

Ortel indique quelques cartes marines publiées avant 1570, celles de Waldseemûller, Uacomilus (1513), de Laurent Frisius (4522), de Nicolas Nicolaï dauphinois (mort 1583); en Italie, outre les isolario.on publia aussi quelques cartes marines; Gérard Mercator, mettant en pratique sa projection croissante, composa une carte continentale qualifiée de marine ad usum navigantium. Je n'en ai vu aucune, qui ait rendu les proportions de leur modèle dessiné. Celle de Mercator, composée par lui-même, n'avait plus les proportions des cartes de la pratique marine.

J'ai vu une carte de Du Val, géographe ordinaire du roi, publiée» Paris vers 1661, où l'on ne remarque que l'appareil des cartes nautiques : tout y est défiguré (40a). Vers le même temps, on publia à Paris, chez Antoine de Fer, un atlas nautique de la France, composé de 33

(401) Voiries fragments de ces cartes dans l'atlas de Santarem, priorité de la découverte « l'Afrique. -Jtt

(402) Le théâtre des belles actions des chevaliers de Tordre de S. Jean de Jérusalem dit •»■*",' par Ou Val, géographe ordinaire du roi. Gravé et mis au jour par Etienne Vouillementi P'vu ordinaire de S. M., pour les cartes géographiques à Paris, en isle du palais, an coin de une Harlct, à la fontaine de Jouuence, 1661.

cartes. Tons les rivages y sont torturés et assimilés à la cartographie continentale. Les savants publicateurs se croyaient autorisés non-seulement à prescrire les règles, mais à dresser une pratique trop contraire à celle qu'on avait (403).

Les publications consciencieuses des cartes de la marine parurent en Hollande, et ne discontinuèrent pas pendant plusieurs siècles. Elles étaient à l'usage des pilotes, ne déviant en rien de leur méthode jusqu'à la possibilité de la perfectionner et de perfectionner les cartes.

Cette suite d'atlas nautiques, publiées en Hollande, commence en 1584, par les efforts du pilote Luc Jean Waghenaer, latinisé par Aurigarius. Il est le fondateur des publications nautiques. Il élabora lui-même les cartes pour son atlas, gravées par Jean à Doetinchem, Douetecum , Douza. La navigation hollandaise , préoccupée des parages extérieurs de l'Europe, se montre d'abord indifférente pour fa mer méditerranée; aussi les atlas de Waghenaer n'offrent que tes eétes occidentales et septentrionales. Les cartes spéciales se suivent, à partir de la Hollande à gauebe jusqu'au fretum de Gibraltar; ensuite à droite elles entrent dans la mer baltique et côtoyent tous les rivages. Les formes des côtes sont imparfaites; les positions abondent inégalement, quelque fais même sont très-insuffisantes.

A la tête de ces cartes spéciales se trouve une générale qui présente toutes ces. côtes et une portion de l'Afrique et de la mer méditerranée, Jusqu'à Tunis et les pointes occidentales de la Sicile. L'Islande y est ronde* les Feroer conformes à leur petitesse (on ne voit ni Estotiland, ni Frisland); les Schetland grossières, le golfe botnique (noort bodein), situé à sa place, se réunit avec la mer glaciale par un fleuve très-large ou par un très long détroit montant vers le nord. Cette carte est décorée de plusieurs écussons, dont un à trois lions placé en Norvège ; deux autres à trois couronnes en Suède; en Afrique sont deux écussons, dont un vide, l'autre à trois croissants; deux plus grands que les autres, l'un à trois lis en France, l'autre richement blasoné (de Philippe II) en Espagne; enfin un petit écusson de Portugal (qui avait été réuni à l'Espagne tout récemment, en 1580). Celte carte conserve l'orientation vicieuse de la boussole (404)»

(403) Je- n'ai que la carte générale de tontes les côtes de France (de 32 cartes) à Paris , chez Antoine de Fer, marchand de taille-douce , enlumineur de cartes géographiques, demeurant au bout do pont-au-chauge, devant l'horloge dn pallais à l'aage de Ter. — Prenons Brest pour le sommet du triangle et pour base la distance entre Baïonne et Calais représentées par le nombre de 200 : nous trouvons les deux autres côtés en proportion suivante :

de Brest à Calais.

Nos cartes modernes 428

Carte catalane 420

André Benincasa 433

La carte grossière publiée par Ubelin 120

Plus correcte publiée par Villauovan 445

G. Bleauw chez Berey 430

Ger. Hercator 440

Nie. Sanson 442

Carte marine, chez A. de Fer 449

Ptolémée • 421

Le triangle de ce dernier est formé par Itium , embouchure d'Aturus et Gobeon. Ces chiffres sont parlants.

(404) Spéculum navigationis permare occidentale , Lugduni batavorum , apnd Christian. Ptantinum 1584, fol. Je n'ai pas vu cette édition latine , mais elle contient pour sûr les .mômes cartes inscrites : Lucas Aurigarius enc^usianus mventor, Joannes 0 Doetîmakum fècit^ qui composent

à Baïonne.

ÎM RfrORWE, «3SO ET SUIT.

Luc Wagheaaer , éditant plusieurs foi» ses atlas, en publia e» 13tt un tout différent, folio oblong de grandeur moyenne. Son titre uuma avec grande emphase, une accroiasance de son cadre, où la met méditerranée devait aussi figurer (405). Les cartes gravées moi encore: auctore L.J. Aurigarius, Ioannes a Doeitcum feeit, toutes difiéreates da publications précédentes. Elles suivent, à partir de la Hollande, la côtes jusqu'à Gibraltar; ensuite les côtes méridionales d'Irlande* d'Angleterre, et orientales d'Angleterre et d'Ecosse; les Ferrer sut bien détaillées; les Schetland très-grossières; ensuite les côtes d'Allemagne, de la Baltique, de Norvège, jusqu'à la mer Blanche. Le tions sont partout suffisamment emplies. La carte générale ne s'y pas, et par conséquent l'Islande non plus. Bien que le titre eût les cartes de la méditerranée, il n'y en a aucune : toute la descriptis de la méditerranée se borne a quelques dates annotées et à quelques images des montagnes littorales.

2£Q. A Wagnenaer succéda, dans les publications des atlas maritimes, Guillaume Bleauto, mathématicien, géographe et imprimeur à Amsterdam, fils de Jean, né en 1571, élevé et ami de ra&tranent Tycho Brahé. Il prit pour modèle son prédécesseur et publia son premier allas en 1625, qui m'est inconnu ; des autres éditions fai n celle de 1651 (toe). Les cartes y sont mieux élaborées que celles desan prédécesseur et perfectionnées. Elles offrent les côtes de l'Afrique jaft* qu'a Boïador, et la plus large nouveauté dans le nombre de cartes spéciales tient pour sa part l'Irlande ; l'Islande n'en a aucune spécialement. La carte générale diffère beaucoup de cette de 1584 de soi prédécesseur. Elle reçut une orientation ratifiée. L'Islande s'y présente dans sa forme réelle avec ses sinuosités; Spitzberg de même , et ce qw est singulier, c'est que le golfe botnique disparut de cette carte générale! n'ayant pas de place à cause que la mer blanche presse trop, à tel poitf que la Finlande même n'a pu se développer entre elle et son golfe.

Comment se fait-il qu'un élève de Tycho Brahé, éditeur instruit des nombreux atlas, de la carte d'André Bure de Boo et compositeur 4e cartes par lui-même, n'a point su régler cette lacune? n'a pas osé h retoucher à l'usage des marins? Comment a-t-ii considéré, lui , éditear à la fois des atlas nautiques et continentales, cette différence entre les

l'édition en langue hollandaise : Spiegliel der zeevaerdi, door Lucas Janx Wagheaaer, pihwtefte stuyrman residerende in de vermaerde zeestandt Enchuysen : gedroct tôt Leyden , by Ghristofel Plantin, 188*, fol. — Il publia ensuite, spéculum nautgatorium oceani occidentalïs, apud Ctessonitm Corueliam, Amstelodami, 4689, et avec le texte hollandais : Spieget der zeevaert -van de navigatie der v# estersche zee. Amst. C. Claesz 1589. Les cartes y sont les mêmes que de f édition précédente. & outre il publia Europam quam marinant nominant, apud ennui. Ctessonium, eodexn anno 1589. Cette dernière publication m'est inconnue.

(■405) Voici le titre entier : Tnresoor der xeevaert , inhoudende de geheele navigatie oude tààp- -vaert van de oosteracbe, westersche ende mtddellantsche zee, met aile de zee carten daer toedienende. Insgbelijck bet oude vermaerde tees caerboeck van Wisbuy vermeerdert ende van «ntalhjcs* t auten en valscbe coersen ghesuyuert. Mitsgaders de streckinghe van Ruslandt, ende in de wKtezee tôt ombay in Laptent. Ende ooch de streckinge van de Middeliandtsche ofl Levantsche zee, door de Gricasche eylanden tôt Trapezonde in Asien. AUes beschreeven door den eruaren piloot ende staerman Lacas Jausz Wagbe&aer. Gedruckt tel Leyden, bij Fra&c van Raphetengien , voorL. 1. W-, Amsterdam, 1592.

(4M) Zee spiegel, mhoudende een korte ooderwywnghe in de konst der zeevaert, en besabryriaghe der zeeèa en, kiisten van de oostersche , noordsche en westersche achirrraert , door Write» Java Bleauw , tôt Amsterdam gkedrucki by W. J. Bl., if M , folio.

eoKsiQUBRCES, s*o; 199

deux productions géographiques qui les préoccupaient tous de même? li a dû s'expliquer quelque part et il serait important peur l'histoire de la cartographie de le savoir. Guillaume Bleauw mourut en 1658.

Huit ans après sa mort, parut à Paris chez Nicolas Berey une contrefaçon de l'Europe maritime par G. Bleaux (Blaeuw) (407), (n° 158 de notre atlas). Publiée en 1646 elle offre les nouveautés de cette époque. La Bresse ne fait plus partie de Savoie, elle est depuis 4601 à la France; la séparation récente du Portugal de l'Espagne en 1640, paraît être indiquée par le petit écusson armoriai. Mais elle a des indices des années antérieures; le Roussillon reste à l'Espagne quoique il eut été détaché en 1642-1659. Le nom de la Torkie y est négligé et passé sous silence : mais on voit indiquées les frontières du territoire byzantin avant la chute de Constantinople , qui arriva en 1454. Le réseau de rivières qui sillonnent la Pologne , est de la conception du xvïe siècle , reproduite en 1569 et 1592 par les Mercator, inconnu au siècle antérieur (voyez Koburger, Ubelin, etc.), et réprouvé dans le xvii* siècle, depuis que la carte de Grodecki avait été répandue. Or, la carte de l'Europe maritime, éditée chez Berey en 1646, est du dessin et delà composition du xvie siècle. Elle offre trois écussons : de France, d'Espagne et de Portugal. Celui d'Espagne est au grand complet, comme les Philippe l'ont blasoné depuis l'occupation du Portugal en 1580. L'écusson d'Espagne est évidemment essentiel pour la carte. Les armoiries de France ne sont que secondaires, dessinées par un espagnol sur un écusson espagnol, lorsque la France se trouvait jusqu'à Henri IV, 1589, sous le giron de l'Espagne. C'est l'époque du dessin de la carte 1580-1589. Les armoiries du Portugal sont ajoutées par l'éditeur sur l'écusson français.

La partie de l'Afrique et de la méditerranée jusqu'à Tunis et Sicile; l'Espagne et la France jusqu'à Amsterdam , ne ressemblent pas à la carte publiée par Bleauw en 1651, mais elles sont juste de la même construction et de la même disposition qu'observe la carte générale publiée par Waghenaer en 1585 : défaut d'orientation, même pose des trois écussons , correspondent et font présumer que la carte de Waghenaer est une portion de l'original dont la contrefaçon bereyenne est une misérable copie.

Les inscriptions sont en latin ou en différent vulgaire. L'éditeur copiste qui connaît d'innombrables erreurs dans la reproduction de la nomenclature littorale, tâcha de rendre dans la France toute cette nomenclature en français ; dans les antres pays, il laisse le mélange de variations, dans lesquelles la composition de 1580-1589 fourmille de noms orthographiés conformément à l'usage de son temps et des cartes postérieures : et quand on remarque sur la mer noire, parmi les additions de l'époque, l'île du Dniestr, possédée par les Tatars Nogaïs, annotée ilha Nogay, on voit que l'éditeur n'a pas oblitéré la composition espagnole jusqu'au dernier.

(4*7) Son intitulation entière dit : Europe maritime et générale 4e tontes les costes des mers, oceaae et medtterranée ensemble tontes les ides et havres : faites Amsterdam , par G. Bleauw, et se vend à Paris chez Nicolas Berey, an bout du pont neuf proche les augustins aux deux globes 4649. — Son original a été fait à Amsterdam , mais la farte «pu se vend chez Berey est de la fabrique de son propre commerce, comme quantité oVnntret qni fesaient prospérer son trafic encore 1 663 et peut-être plus longtemps.

SOO EfoOftME, 1560 ET SUIT.

La publication de 1646 a, dans sa composition nan tique, (juelqnes lignes horizontales irrégulièrement coordonnées et trois boussoles, venant de deux roses de vents à certaine distance jaxta posées : nne près de Tolède, l'autre au nord de Negropont près de Skyros. La boussole près de Sardaigne est orientale de la première ; les deux antres, méridionales, sont quelque peu irrégulièrement placées, représentant sirocco (ostrosirocco) et garbino (ostro çarbino). Sur la ligne de la tranche de la carte sont les degrés de latitude, présumant une projection plane cylindrique. L'échelle de ces degrés donne à la longueur de la méditerranée 40° 3C. Nous avons essayé de graduer cette carte conformément à l'échelle latitudinale, et afin d'obtenir le succès nous avons trouvé qu'il fallait prendre le rayon de 150 à partir de la ligne pour tracer les parallèles (voyez n° 158 de notre atlas).

Je me suis étendu sur cette carte de misérable contrefaçon de Nicolas Berey, parce qu'elle est la seule que j'aie pu me procnrer de h publication nautique de cette époque qui contient la mer méditerranée entière. Elle m'a servi dans le portulan général faute de mieux; et elle ligure dans l'atlas comme pièce de conviction pour ce que j'avance an sujet de la cartographie (<*os).

Les atlas préparés par Bleauw circulaient par différentes éditions après sa mort, et trouvaient un concurrent actif dans les publications de Jansen (409). Amsterdam ne discontinuait pas encore d'être une infatigable fabrique de toutes sortes de cartes géographiques (410).

La projection réduite, tant recommandée par son inventeur Mercator, ne fut introduite dans le dessin des cartes marines qu'un demi-siècle après sa mort. Je ne sais si la fabrique hollandaise en a fait un grand usage , n'ayant pas vu toute la suite de ses publications : mais je vois qu'elle ne négligeait pas ses anciennes constructions.

La famille de van Keulen, Wylem Johan et ses fils Gérard Hulstet Corneli Buys van Keulen , se mit à son tour à la fabrique pendant tout un siècle. Chaque édition de Jean van Keulen était quadruple : te weten in duits, frans, engels en spaens; chacune était composée d'un recueil de cartes connues depuis longues années, augmentée d'une croissance considérable de cartes nouvelles, parmi lesquelles se trouvaient les cartes dressées sur la projection réduite et les cartes encadrées dans l'échelle de leurs latitudes ou latitudes et longitudes à la fois (*«*]•

(408) Voyez notre avant-dernière planche. Les cartes comparatives de Mercator, Sanson, Deliste» sont de la même échelle sur la projection ptoléméenne du rayon de 445 de la ligue. , .

(409) Description du monde maritime ou hydrographie générale de toute la terre, enrichie w particularités de la navigation tant ancienne que moderne, Amsterdam, Jansen, 4057, folio.

(440) Le grand et nouveau miroir ou flambeau de la mer, contenant la description de tontes w» côtes occidentales , traduit du flamand en français , par Yvonnet , Amsterdam , chez Pierre Goo»i demeurant sur l'eau, anno 466Î, fol. .

(444) Parut d'abord : zeeatlas ofte water weerelt; ensuite de groote nieuwe lichtende *eeftto>» toujours le nombre des cartes augmenté , les précédentes corrigées. Jan van Loon , ensuite CWJ Jansz Vooght soignaient les rectifications. — Die groote nieuwe vermeerderde zeeatlas,, Jobaa ff> Keulen, Amsterdam, 4688, contient 59 cartes ; zeeatlas du même 4724, en deux vol. in-folio, «oj^ 448 cartes. Il reparut 4753, et de Corneli et Gérard en 4764. — De nieuwe groote lichteodeieefakel, het eerste deel behelzende Holland... Finland, Finmarken en Rnsland (mer blanche), W»"°» Spitzbergen en Jan Mai j en eiland, (Gronland], de straat Davids en Hudson , de oost kusten van Bsf*j land en Scholland , met de onderboorige eiianden , als ook de Orcades , Hitland en de e''aDde'j^4 Fero, vergadert door wylen Claas Jansz Voogt, geometra en leermeester des wiskonst... venneerwn en verbetert door Gérard Hulst van Keulen, te Amsterdam 4780, folio. Cette première P^JJJr composée de 88 cartes (y comprises les Orcades de Murdoch Mackenzie et les images des montagne littoralles). La carte générale est privée du golfe botnique. — La seconde partie, m'est inconaw.

Les nombreuses reproductions des recueils de Van Keulen, n'empêchaient pas les publications plus régulières, où la science était déjà en état d'offrir avec succès ses puissants secours. Pour éditer le Neptune français , Pierre Mortier à Amsterdam s'est adressé à Charles Pêne , Cassini, H. Jaillot, Romain de Hooge, de Fer, Nolin, Placide et autres. La coopération des géographes renommés élait avantageuse pour l'entreprise. Les 35 cartes du Neptune sont dressées à la projection de la latitude croissante et ne contiennent que les côtes extérieures de l'Europe. Pour la mer méditerranée, elles sont suppléées par 9 cartes de Romain de Hooghe, qui parurent à Amsterdam dans la même année 1695 (412).

En 1715, Louis Renard, libraire, éditait à l'inspiration du géographe Frédéric deWitt et sous les auspices de la Grande Bretagne, un nouvel atlas à l'usage de la marine (41s). Toutes les cartes de la suite des rivages et la carte générale de l'Europe (dépourvue du golfe botnique), sont dressées à l'ancienne méthode, offrant une projection plane, garnie d'une échelle latitudinale sans longitude. Le planisphère du frontispice, représentant l'ensemble des cartes, est le seul gradué. Paris y est à 20° de longitude, le coin oriental de la méditerranée 52°, le Japon 150°, fruit de nouvelles et récentes élaborations géographiques, conformes à toute la suite des cartes nautiques.

La carte du frontispice , et les autres au nombre de 26, sont accompagnées de nova orbis terrarum tabula et polus arclicus, deux cartes de Frédéric Witt (produit de la géographie continentale) où la longitude de Paris est 23° ou 24°, du coin oriental de la méditerranée 69° , par le Japon traverse 180°; la mer méditerranée tient une longueur de 56 degrés. Cette carte accompagne l'atlas nautique en 1715!

Ainsi, Witt, Jaillot, de Fer, Nolin, participant aux éditions des caries nautiques et connaissant les proportions de la cartographie marine, avaient une toute autre connaissance pour leurs propres produits. Mais le temps se rapprochait enfin où les observations astronomiques réussirent à réconcilier les deux genres de cartographie, vinrent à l'appui de la nautique et forcèrent la continentale de rentrer avec son vieux monde dans de justes bornes.

222. L'activité des Pays-Bas dans la cartographie continentale éveilla celle de France et lui donna une certaine impulsion. La fabrique française ne pouvait longtemps égaler les belles exécutions hollandaises : mais elle acquit bientôt un certain mérite dans la science.

Elle fourmilla de compositeurs de caries spéciales de son pays : Jean Surhon, Nicolas Nicolaï, Jean de Beins, Jean Jubrien, Jean Fayan , Sollon , étaient du nombre de ceux qui dressaient partout les plans topographiques.

Les éditeurs de cartes copiaient les productions des Pays-Bas et des autres pays. N. Picart (vers 1610-1650) se servait du burin de Hugue Picart; Jean le Clerc (vers 1594, 1617), avait recours au même

(419) Le Neptune français, mis en ordre par Pêne, Cassini , à Paris 4693, fol. Cartes marines, à l'usage des armées de la Grande Bretagne, gravées par Rom. de Hooghe, Amsterdam 4693, fol.

(•413) Atlas de la navigation et du commerce, à Amsterdam, ches Louis Reuard, marchand libraire, 171 5, fol.

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