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SOS REFORME, 1560 ET SUIT

ou au burin supérieur de François de la Hoeye. — Jean tMsseaa,

enlumineur du roi pour les cartes géographiques (vers 4659, 4647), employait à l'exécution de ses cartes H. le Roi. En mène temps Nicolas Berey fesait copier toute sorte de cartes. Michel van Lochom , graveur et imprimeur du roi pour les tailles-douces (vers 1645) suivait le mène exemple. De nombreuses cartes volantes circulaient avec seecès pow les éditeurs de mérite , cartes anonymes ou des auteurs renommés. On composait des recueils, des atlas de France (4t*). Dans cette concurrence empressée, deux éditeurs parurent supérieurs aux antres : Melchior Taveraier, graveur et imprimeur du roi pour les cartes géographiques et autres tailles-douces (vers 4640, 4647), et Pierre Mariette (vers 4654, 4665). Pour le premier gravait ordinairement A. B. de la Plaets; pour l'autre Jean Sommer, prussien ; L'hu illier et A. Peyrounin pour l'un et l'autre.

Mais dans cette foule de publicateurs, les abbevillois étaient les seuls qui ouvrirent une école de la cartographie française Nicolas Sans** (né 4600, mort 4667) avec ses fils et fils de 6a sœur, Pierre Do Val (né 4648, mort 4685) qui suivit ses traces. Sansou mettait à exécution ses cartes chez lui-même par le graveur abbevillois R. Gordier (4648, 4660) et laissait éditer à Tavernier (4644, 4645) et à Mariette (1651, 4665). Ses cartes furent élaborées dans un ensemble établi par Mercator, (par Castaldo?). 11 compulsait les produits de nombreux géographes, puisait dans les nouveaux mémoires et renseignements et composait par lui-même; quand il se conformait plus strictement à quelque auteur il indiquait son nom. L'Ecosse est chez lui composée «Tapies Thimothée Pont et Robert Gordon; Madagascar sur les mémoires de J. de Flacourt et François Gauche: la Chine d'après Neroni; les côtes septentrionales de l'Afrique sont tirées de Livio Sanuto ; les autres parties sont prises de Mercator, Marmol, Blommart : il le dît lui-même dans les intiiulations des cartes..

Le nombre croissant des cartes de l'école Sanson, toutes les parties du monde élaborées sur de nouveaux documents, établirent la renommée du géographe français, jetant un discrédit sur les cartes précédentes. Un Jacq l'Agniet, un G. Jollain (vers 4666) s'emparaient de planches abandonnées, y substituaient leurs noms et marchandaient encore avec elles simulant les nouveautés. Mais Sanson seul était un coryphée dans la géographie et eut pendant tout un siècle une situation solide. On le copiait en Hollande; à Paris Hubert Jaillot (vers 4684, 4705) (Gordier graveur) éditait ses cartes avec soin et très-bien exécutées.

En attendant, Pierre du Val ne cessait d'agir pour sa part (chez luimême ou chez Mariette), Philippe de la Rue préparait aussi ses compositions (vers 4654, 4655) pour Mariette. J. B. Nolin publiait (vers 4692, 4694, 4705) celle de Tillemont et ses propres. Nicolas de Fer (vers 4695, 4747), graveurs G. Inselin, P. Starckmann, H. vanLoon, se présente comme émule de l'école sansonienne. La fabrique hellan-

{iU) Par exemple la géographie sacrée de Haraeus et Ortel fut plusieurs fois copiée, privée des Bons des anteuns. N. Pioart copiait Hondius en le nommant ; le Clerc passait sous stleaee le nos de Castaldo en reproduisant ses cartes; son atlas de France (dirigé en partie an. moins par JoJxien), contenait prH»Wàm«Dt une quasentame do cartes ; wt autre atias de Fraocey anonyme, ayatt

trentaine de cartes.

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daise d'Amsterdam copiant ces productions, rendait hommage aux géographes français (4i«).

Vinrent enfin les Delisle et messieurs de l'académie royale des sciences, pour consommer la réforme de la cartographie continentale de toute la surface du globe et spécialement celle de l'ancien monde. L'ordonnance royale qui, en 1645, désignait pour la cartographie française le premier méridien de l'île de Fer, n'aurait pas avancé beaucoup les réformes si Ton n'avait pas déterminé les 30° 50' de la longitude de Paris. L'académie ne perdait son temps et les observations astronomiques , chaque jour plus précises, préparaient les matériaux pour fixer les longitudes. Les parties accessibles à la navigation française, visitées par de nouvelles perlustrations de voyageurs et les plans topographiques levés par des géomètres et ingénieurs instruits, apportaient aux géographes français des matériaux qu'on pouvait enfin coordonner et enclaver dans les longitudes géographiques, déterminées pas les observations astronomiques.

223. Mais la marche était lente, et depuis que la réforme était déclarée , elle rencontrait les habitudes , les préventions et cette crédulité invétérée, qui, opposant une méfiance obstinée, avait peur d'adhérer franchement à la réforme et qui ne cessait de'débiter de vieilles compositions comme si elles étaient une toute nouvelle invention.

Nicolas Sanson, suivant les traces de Mercator, semble s'effrayer d'accepter tes 53 degrés de la longueur de la méditerranée , il lui assigne 56 degrés. Examinant les formes et les proportions qu'il donne à la Syrie, à l'Asie, aux environs de Rhode, au littoral africain et à Tunis, à la France elle-même, on peut dire qu'il penchait vers Ptolémée, (voyez n° 139 de notre atlas). Il dégradait la construction de la méditerranée de son modèle préparée par les réformateurs , pour ne s'éloigner autant de ce vieux maître.

Claude Delisle (né 1644, mort 1720) et son fils Guillaume (né 1675, mort 1726) trouvèrent, à côté de quelques autres systèmes de la réformation géographique, les proportions de l'école sansonienne, jouissant de tout le crédit de l'autorité acquise : ils les acceptèrent et débutèrent par 55° 30' de la longueur de la méditerranée. La mer noire seulement et la Syrie reçurent chez eux des contours tout différents (voyez n° 140 de notre atlas). Les Delisle méditaient longtemps à réhabiliter le crédit de Ptolémée.

Mais leur école était destinée à passer par ce revirement varié qui substituait continuellement des formes nouvelles aux anciennes, déplaçait les positions et ébranlait les longitudes géographiques de tout le vieux monde (voyez n° 135, 140, 141 de notre atlas). A partir de Paris jusqu'à Pékin, toutes les positions de l'hémisphère se rapprochaient à l'appel irrésistible des astronomes, soulevaient aux géographes des peiv

(ils) Pierre Mortier, B. et I. Ottens et les autres éditaient les cartes de Sanson, de de Fer, de Nolin ; comme plus tard Jean Covens et Corneille Mortier les atlas de Delisle. — Il ne manquait pas à Amsterdam d'éditeurs de cartes et aUas : Theodor Danckerts, Nicolas Vtascher, ensuite Pierre Scbenk et Gérard Valck etc.; à Leyde , le libraire Pierre van der Aa donnait son propre cadre aux cartes qu'il publiait. — En Allemagne la plus fameuse fabrique de cartes fut établie avec un succès bien mérité à Nuremberg, par Jean Baptiste Hemmaa , dont tes «tceesseuM illustrèrent l'entreprise par les noms de Jean Matthieu Hase» Tobias Meyer, ensuite Gussefeld.

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turbations extrêmes et les forçaient à récler leur cartographie sur cet proportions qu'ils reniaient depuis plus de deux siècles (1470-1700).

Ii est nécessaire pour l'histoire de la géographie et de sa cartographie de connaître les dates précises de toutes ses évolutions qui décidaient les opérations géographiques de cette époque ; de déterminer l'année de la grande réduction de la méditerranée, d'indiquer le géographe qai dressa et exhiba la première carte refondue, et de savoir si l'on examinait en même temps la cartographie nautique (*id). Ce que je sais, par une carte de de Fer, c'est qu'en 4698 la position de Paris à 20*30 de la longitude de File de Fer était une nouveauté; qu'en 4715 l'atlas marin édité par Renard , donnant sur l'hémisphère nautique les 41 degrés de longueur à la méditerranée, fichait dans le nombre de ses cartes une mappemonde de Frederik de Witt , où cette longueur est évaluée à 53° 30'; que les atlas de Delisle offrent souvent à la foisooe carte de 44 degrés de longueur, une autre de 55° 30' de la même méditerranée. Je vois enfin qu'un demi-siècle s'est écoulé avant que la juste grandeur de 44 degrés prévalut décidément. Les cartes publiées pu Nolin composées par Cornelli, cosmographe de la république <k Venise, par le Rouge, ingénieur géographe du roi de France, ne s'empressaient guère à renoncer aux 56 degrés de la longueur ; et les vieilles cartes retouchées avaient leur débit imperturbable comme un nouveau produit le mieux confectionné.

234. Effleurons encore quelques points disloqués pour la plupart par la renaissance.

L'obliquité ptoléraéenne de la Syrie , prônée par quelques compositeurs des cartes de la Palestine, approuvée par la reproduction d'Ortelius, continua pendant un certain temps de souiller les atlas.

L'inclination ptoléméenne de Sicile affectait continuellement l'école des abbevillois. Ce n'est que Delisle et d'Anvillc qui firent décidément disparaître cette difformité (voyez n9 439, 440, de l'atlas).

On est étonné de tant d'indécision dans la configuration de la Morée et de la Grèce entière , lorsqu'on examine les cartes de d'Anville (mort 4782), et de son appologisle Barbie du Bocage (mort 4825), et autres (voyez n° 443, 444, 445 de notre atlas). Remontant par la confrontation de leurs compositions avec les cartes antérieures, on découvre les sources d'une quantité de discordances dans les configurations ptoléméennes. Dans ces examens , on ne peut se défendre de revenir sur Plolémée. La Grèce, l'Asie mineure, la mer noire, la Crimée, variant dans les études des plus habiles géographes, fournissent surtout de nombreuses circonstances qui avaient leur origine dans la domination de Plolémée , établie par la renaissance des lettres.

Suivons le cours du Danube sur les cartes des abbevillois, de Du val, de Delisle, de Bonne, de Goronelli 4788, nous serons toujours accompagné de Ptolémée. Le consentement des indigènes , Madyars, Komans, Boulgars, semblait appuyer et perpétuer ses déclivités; les distances levées de siècle en siècle, ne protestaient guère, conspiraient

(446) Les mémoires de l'académie des sciences pourraient peut-être fournir des renseigne»*** positifs à cet égard.

plutôt avec les préventions enracinées; ni Delisle, ni d'Ànville, né purent sortir assez victorieux quand ils tentèrent de le redresser et rectifier.

225. De l'édifice de Ptolémée, ruiné et déchiré, une portion, aussi crasse, aussi lourde, aussi considérable dans son ensemble, n'appesentit nulle part la géographie, que dans la Perse. Les géographes peu disposés au néoterisme, n'osaient troubler les eaux de la caspienne, ni heurter le méridien de Bagdad. Enfin des doutes sérieux sur la solidité de cette construction résistant à tant de siècles , commencèrent à gagner et à inspirer les esprits. Nulle part les cartes de Delisle ne variaient autant de face qu'en Perse aux environs du fleuve Tigris (voyez u° 141 de notre atlas). D'abord il voulut sauver la construction en y introduisant quelques rectifications, restaurations, ou en lui donnant un poli et une plus spécieuse ornementure : mais en dernier lieu, vers 1726,1727, lui arriva la connaissance de la caspienne, déterminée depuis peu par l'ordre de Pierre-le-grand et tout ce qui y restait de Ptolémée dut être évacué. D'Anville déblaya les décombres; cependant Bonne, s'égarant dans la construction nouvelle , ficelée sur les observations astronomiques discordantes, revient avec le Tigre et l'Eu fraie sur les traces de Ptolémée (voyez n° 142 de notre atlas). Hérisson copiait un certain temps les illusions de son maître d'étude (417).

Grâce aux montagnes de la lune et aux sources du Nil , venant de la Kafrèrie; grâce au Gir, dont les eaux s'évaporaient ou allaient être absorbées par le sable; au majestueux Niger, arrosant les régions des nègres inaccessibles. Présomptions ineptes, compromises par toute sorte d'expériences, vieillies et usées, encore grosses de conséquences.

Jusqu'à Job Ludolf (né 1624, mort 1704), les découvertes portugaises, ni les missions de la propagande chrétienne , n'étaient assez puissantes pour convaincre que Ptolémée avait tort, qu'il n'avait tissu que des rêves qu'on peut s'imaginer à tout moment, d'après les ouï-dires qui viennent de sources fangeuses et se répètent de siècle en siècle. La branche bleue reprit enfin les formes tracées sur la carte de Mauro,

(-117) L'ingénieur Robert Bonne, hydrographe de la marine (né 1727, mort 1794), avait une pleine confiance dans les observations astronomiques. Elles apportaient déjà pour la géographie des bases solides. L'ingénieur concevait bien que les longitudes géographiques de Ptolémée n'étaient d'aucune valeur; il puisait les positions astronomiques des auteurs arabes (des tables de Nassir eddin, d'Aboulféda, d'Ulugbeig), et de voyageuis qui les levaient dans des pays éloignés, d'astronomes qni

iple dans l'âbbe Grenet qui écrivit que la fin de réclips observée à Casbin en plein jour peut y être arrivée 20' plus tard, « et c'est à moi , dit l'ingénieur, que la Lande répond, qu'il faut que j'aye mis un zéro de trop; puis il s'écrie poliment, quelle ineptie! il y en a là une assez grande.... » Et l'ingénieur discutant ces inepties s'attrappe quand il accepte en pleine confiance les observations du père de Beze , du père Gaubil et de quelques autres qui ne les contrariaient pas, parce que la réputation , le savoir profond de l'astronome géographe ôanbil, ne laisse pas même la liberté de soupçonner une erreur de sa part. Il en a conclu , que le «ud de la mer caspienne doit être déplacé et porté plus à l'est d'environ 6" */* que selon les géographes modernes (Boune, analyse des cartes, II partie, art. III, 3, p. 2-4-26), et il compose cette configuration étrange qui lui est propre, de la mer Caspienne et de la Crimée déclives, de la mer noire et de l'Asie mineure allongées, du Diarbekr et de Djezira éparpillés etc., etc. Bonne, confiant toujours dans l'exactitude des observations dont il s'est servi, persista à soutenir cette composition jusqu'au bout de sa glorieuse carrière. Son élève Hérisson débitait après sa mort encore, en 1795, cette singulière création. — Les géographes du moyen âge avaient raison de se méfier du produit qui de leur temps était impraticable, qui poussa dans l'extravagance, Hipparche et Bonne; qui engendra les aberrations de Marin (Ptolémée); qui tout récemment (par l'observation astronomique de Niebuhr), faillit disperser l'archipel compacte entraînant Rhode presque d'un degré vers l'est.

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