II
Si 8 APPENDICES.
sans gène continuait, sans inquiéter les entreprises. 11 est assez plaisant de remarquer vers 4640 les cartes françaises de Jubrien, éditées à Amsterdam par le républicain Janson, inscrites avec privilège du roi et se vend à Paris. Il ne manque pas des copies misérables que les auteurs et les premiers éditeurs devaient désavouer. Berey copiait à Paris la carte faite à Amsterdam par Blaeuv. Tavernief, Mariette copiaient les cartes de Janson et soutenaient des relations avec Amsterdam. La France éditait beaucoup et s'adressait à cet effet à Amsterdam. Par tous ces temps là la propriété intellectuelle n'était pas encore inventée (voyez chap. 220, 222 et à la fin de Pappeudice précédent).
Le tbeatrum rappelle les relations mutuelles qui honorent les deux géographes. La troisième édition du Ihealrum allait s'épuiser, lorsque, on 1585, Mercator qualifiait Orlelius de ipse candor et humanilas, qui quiduspiam labularum naclus fuit , mihi communicavit liberaliltr tametsi in eodem mecum esset insliluto (in Galliae tab. sludioso lectori, sub une]. Ils avaient le même dessein de former l'ensemble de b géographie. La question de priorité ne les tourmentait guère , chaciui avait sa tâche spéciale, d'un autre genre : Ortelius assemblait , amassait et formait un receuil; Mercator élaborait, organisait. La priorité état à lui, quant en 4569 il édita sa grande carte ad usum navigantium.te laquelle Ortelius dressa son typus orhis terrarum , qui parut en. 15% à la tète de son tbeatrum. Ghymnius fait présumer le magnanime retard de Mercator ; je pense que cette présomption n'est pas l'affaire de conséquence. Ortelius se hâtait comme entrepreneur qui avait da succès et des moyens. Mercator, au sein de sa famille t ne pouvait pas, dans son cabinet, élaborer ses produits aussi vite, Je ne sais pas par quel motif M. Van Hulst suppose les richesses de Mercator. Quand
«jais alins calas coiutqae sit condition!*, eas tabulas, quas Abrahamns Ortelius regiae maiertati» «geographus, studio suo descripserit, vel suis impensis primant in lucem ediderit, siue cas vertn seorsum dederit, sine iis Mieatrura suum nunc auxerit aut posta» adhuc addiderit , intra decenniu*, à die impruhnU abêolutœ compulandum, tjpis maadare, vel simili atque eodem qnoa dicto Orteil* «xprimentur, vel alio cbaraclere seo forma excudere, Tel cudendas dare, seu alibi impressas add*cere, vend ère et distrahere, palam sive occulte ansit. Quisquis vero secus fecerit, ei statu itur atqtt deceroitur dehere non soin m adimi vel auferri tabulas et libres impressos aut venuon exposito*. quos utique p radie tus Ortelius,. vel eiusdem baeredes, aut mandatum ab eo habentes« aoxilw magis'satus eius lo<:i , vel etiam per se ipsi apprebendere et sibi vendicare poterunt , veruneti» irrogari mulctam quae expressa est in ipsis diplomatis dat. annodomini 1500.
Imperator quidera 76 Ratisponae il octobris aubsiga. RGDOLPHCS.
Ad mandatant suae cœsar. m. proprium , Estenbergtr. Philippe vero Hispau. Vt Actwerpi» die menais fetr.
signât. SILLE.
Et cancellaria, Bruxellis die ft martii eiusdem anni. signât. BLVTEUEN.
Je ne sais pas si les douanes étaient chargées d'empêcher l'introduction des réimpressions éttt» gères, mais on qui est évident des privilèges, que par cette mesure Pétat se serait privé des amenda
Ju'il pouvait avoir des contrevenants vendeurs et le privilégié aurait été dépouille des avantages d» roitdeoooftsraliou que le privilège lui accordait durant un certain nombre d'années. Au rené, h firivilége longtemps n'était qu'une exception : tout le monde ne le demandait pas et a ceHQ** e demandaient on ne l'accordait pas toujours. — Ces privilèges continuaient jusqu'aux teaps «* révolutions, pour 10 ans, pour 40, pour 9, pour 5; on accordait à des ouvrages considérables posr 5 ans. L'introduction à la géographie de l'ingénieur Le Ronge, où il y a 91 cartes de demi-feuille».
compter de ce jour, etc.
le célibataire Ortelius avait des moyens à voyager, à faire des collections, d'éditer avec succès et trouvait des éditeurs , certainement rien ne lui manquait. Les émoluments du cosmographe d'un duc pour la famille d'un mécanicien d'instruments mathématiques, demandaient sans doute une rigide économie , quand le cosmographe s'excuse à son duc, que les ressources lui manquaient four éditer et quand daus sa position difficile il faisait tout par lui-même. Le graveur Paseg ou Pascus, qui prépara le frontispice à son allas, n'était pas graveur de lettres, les inscriptions furent gravées par le père et les fils, et le père ne cherchait point l'intervention d'Orielius pour améliorer le matériel de ses ressources; il puisait seulement dans la collection des cartes acquises par son ami , qui pouvaient servir à ses lentes et laborieuses études, et il en lui témoignait une touchante reconnaissance. Ortelius avait son encouragement, ses conseils, et ses produits s'il lui plairait à reproduire, comme il avait reproduite la carte de Flandre.
^ Parergon contenant les caries de la géographie ancienne et les cartes historiques, parut pour la première fois en 1578, attaché au theatrum. En 1592, faisant de même partie du theatrum, il comptait 26 cartes, qui en même temps forment un volume à part. Le nombre des caries monta à 52, qui parurent plusieurs fois, 1600, 1611.... sous le titre de parergon. Les cartes historiques qui s'y trouvent entraient aussi dans la géographie sacrée.
Quant à la synonymie des noms, c'était d'abord Àrnoud Mylius , qui , pour la première édition du theatrum , 1570, rogalus ab Abrahamo Ortelio, e schedis Ortelii in ordrnem redegit anliqua nomina, recentioribus adiecitis. Ensuite Ôrlel lui-même augmenta cet index et le publia en 1573, dans son theatrum, sous le titre de synonymia locorum. Augmentant eneore, il céda ses synonymiasà Planlin, qui en donna une édition spéciale à Anvers, 1578, 4°. En 1587 Ortelius y mit la dernière main et le publia, sous le titre de thésaurus geographicus , in-folio ; le* thésaurus reparut en 1595, 1611 , Hanoniœ in-4°. A la place de synonymia, transformée en thésaurus, qui allait former un ouvrage à part, Ortelius mit à la fin de son theatrum de 1592, nomonclalor ptolemaicus, imprimé à Anvers, chez Plantin, 1591.
M. Van Hulst compare le trésor synonymique à une publication antérieure de breviarium orbis, par Zacharia Lilio, à Florence, 1495; mais ce petit dictionnaire de géographie ancienne est presque toujours dépourvu de noms modernes. Nous pouvons rappeler d'autres publications plus analogues et plus rapprochées à Ortelius., Vers 1550, le lexicographe espagnol Aelius Antonius nebrissensis, publia en langue espagnole un dictionnaire onomasticon, de noms anciens, tant de personnes, de divinités, que de lieux et différents autres objets , avec les interprétations modernes. En 1552 , Jean Bellerus extraya de l'original expagnol un dictionnaire géographique de noms modernes; vulgares locorum appellatione?, interprétée par les noms anciens, ce qu'il qualifia de synonymie. Le dictionnaire onomasticon entier d'André nebrissin reparut augmenté plus correct en latin, vers 1570, à Anvers, chez les héritiers de Jean Steetius. A celte époque beaucoup de savants s'excerçaient dans ce genre. Robertus Stephanus , Conrad us Gesnerus, Hermannus Forretinus, aliique primi in hoc incubuere.
Andréas nebriséiensis prépara le plus ample ooomasticon , qui fui encore augmenté après sa mort et édité pour la troisième fois, et pour la seconde en latin : diclionnarium proprium nominum , à Anvers, in sedibus viduœ et hœredibus Joannis Stelii, 1595, -4°, accompagné de la synonymie Joannis Bcllerii.
A cette époque des études anciennes, il n'y a rien d'extraordinaire, quand Ortelius rencontre par tout une émulation savante et de la haute instruction. Par son savoir, ses capacités et son infatigable assiduité , il a su surpasser ses contemporains et gagner l'autorité respectable.
M. Van Hulst annote l'ouvrage d'Ortelius : auraei sœculi imago , *we Germanorum velerum vita, mores, ritus et religio cum iconibus, édile apudPhilippumGallseum 1598 4°, produit de sa vieillesse ; mais malgré la longue insouciance de sa jeunesse , il a publié quelques opuscules bien antérieurement, et personne ne s'empresse de les rappeiler. La bibliothèque de Louvain , par exemple, possède son itinerarium fefy, publié en 1586 à Anvers, 8°.
M. Van Hulst rappelle encore un fait important pour la bibliographe géographique (que nous avons mentionné, chap. 2, t, 1, p. 7). Mare Velser, ayant trouvé en 1596 1a cartes des itinéraires romains delà collectiou de Peutinger, prépara sa copie et l'envoya au vieil Ortelfa. Celui-ci, malgré son âge trop avancé, ne recula point devant la lâche que lui imposait la conuauce de Velser. La fameuse carte de Peutinger sortit des presses de Plantin , dirigées alors par son gendre Moretos, l'année même de la mort de l'illustre géographe, 1598.
La publication géographique s'animant alors à Amsterdam, produisit un petit atlas publié par Pierre Heyns,sous le titre de miroir du monde. Zacharias Heyns reproduisant ce petit recueil de petites cartes de son père , dans l'année de la mort d'Ortelius , changea le titre en : épitome #du théâtre d'Abraham Ortelius, à Amsterdam, par Zacharie Heyns, à l'enseigne des Trois Ver lus, 1598, petit 4° ohlong de 80 charmantes cartes taillées en bois. Il n'y a presque rien d'Ortel dans ce recueil, l'Europe y est marine, les cartes ont une autre origine; mais Heyns décorant son recueil du nom d'Ortelius, voulut honorer la mémoire du géographe que la mort venait d'enlever.
La pierre tumulaire, érigée par Anne Orlelia à son frère Abraham, cselebs caelibi , est trottée par les pieux qui fréquentent la cathédrale d'Anvers; les savants de l'Europe rendent hommage à l'illustre géographe , et nous ne savons pas nous rendre un compte assez positif sur ce qu'il a élaboré.
Cependant , à part ses grandes et mémorables publications, il y aurait assez à examiner dans la nombreuse livraison des caries qui circulaient isolément. Ortelius changeait et regravait ses planches , et les cartes qui composaient les allas circulaient comme cartes volantes, sans aucun texte descriptif. Mercalor laissait circuler les siennes isolément, comme le prouvent la carte de Orbis terrae 1585, conservée aux archives à Bruxelles, et celles de Italia 1589, deWalachia, Servia, Bulgaria, Romania 1590, de nova totius Graciai descriptio 1590, de Morea 1595, conservées dans le musée britannique à Londres; je possède sa Crète, sa Lorraine, son Alsace, en feuilles volantes. Elles entraient
dans lu composition de l'atlas et circulaient isolément du vivant die leur auteur (a).
Dans l'appendice précédent (p. 215) j'ai mentionné quelques exemples du changement des cartes dans les theatrum d'Ortelius, et de leur remplacement par d'autres auteurs. Ces changements et la regravurc des cartes furent fréquentes. L'Artois de l'édition au texte français est d'une autre gravure que de l'édition latine de 1592 ; l'Amérique était changée, gravée et refaite au moins trois fois , en dernier lieu elle subit les rectifications à Amsterdam, où (après 1615) on y traça le cap Horn et fretum le Maire. Ces variétés reparaissent dans les cartes volantes qù'Ortelius laissait circuler sans aucun texte. Elles paraissent ordinairement usées , ainsi que leur émission volante avait lieu après le tirage que demandaient les volumes du theatrum, et ce tirage volant suivit chaque édition, parce qu'on a des caries volantes de la première édition. Souvent ces cartes volantes sont un peu changées , leur date raclée, les échelles de la graduation ajoutées où elles n'y étaient pas; le nombre d'épigraphes augmenta par des additions de nouvelles dans les places vides ; les cartes doubles sur une feuille , y sont autrement accouplées; enfin, regravées, copiées à neuf (s).
La cartographie à Anvers , du vivant d'Ortelius , ne se bornait point aux seules reproductions de ce géographe. Ortelius lui-même cite les plus remarquables. Gérard de Jode, formant ses enfants en graveurs, continua ses entreprises : en 1577 il publia l'Italie de Castaldo; en 1579 la Frisie orientale de Laurent Michœlis-ab Hagenkerchen (la même, n° 45 du theatrum de 1592); en 1583 l'Autriche supérieure de Aug. Hirsvogel; entre les années 1587 et 1592 parut chez lui une nouvelle carte de Pologne avec l'effigie de Sigismond III, qualifié de hères proximus Sueciœ.
Le recueil de Gérard embrassait d'abord l'Allemagne et les pays au
(2) Les cartes de Mcroalor portent ordinairement son nom. Mais la plupart de celles qui se présentent comme volantes sont postérieures, publiées et republiées par Hond, Janson, Visscher. Elle» portent les dates 4010, 4619, etc., jusqu'à 1870. Le musée britanique en conserve 22, on les trouve dans les atlas édités par Houdius, accompagnées de la description.
Quant aux éditions kondiennes des atlas, leur suite régulière m'est inconnue : Le premier contenant 50 cartes, parut 1606, a Judoco Houdio anctus, eu m noua descriptione P. Hontaui dispeusis Cornelii Nicohï (catal. van Hultbera 14349). Le second, editio «ecunda 1607 (bibl. nation, à Varsov.); or, celui de 1690 serait le troisième. Le quatrième auctus porte la date de 1613, (musée britann.) cette date détermine aussi l'édition allemande qualiGée de quatrième ( j'en ai la V partie). — La dixième édition est de l'année 1628, et contient 175 cartes (cat. van Huit. 14380). Celle de 1630 porte le titre d'atlas perfeclus (musée britann. bibl. nation, à Varsov.). — Après cette dernière édition l'atlas de Hercator parut en 1633, Ger. Merc. et Hcnr. Hond. atlas bisnominis à trois vol. (bibl. nat. à Varsov.). Il est aussi connu à la même date avec un texte français (cat. van Huit. 14362). Cette édition, nu eerstuytnet latyu in onse nederlandsche taie getranslateert, parut en 1634by Jan Jasseu (je l'ai). L'édition anglaise by Hexbam à Amsterdam 1636, en deux vol. (musée brit.). —C'est ce que je sais positivement. Par induction je puis présumer l'existence des éditions de 1619, 1620, 1635, 1637, 1640. — La suite de l'atlas minor in-4a, est non moins nombreuse, mais je ne saurais relater de ce nombre'que l'édition de 1607, qui est probablement la première ; ensuite celle de 1610 à bordrecht (musée brit.); celle de 1630 (bibl. Lovan.); celle de 1632 sumptibus Joh. Cloppenburgii (catal. van Hulth.); celle de 1634 (bibl. Lovan.) et une allemande sans date (bibl. Lovan).
(3) Ce que j'avance sur les cartes volantes d'Ortelius, est fondé sur l'examen de plus de 50 que je possède et qui se trouvaient dans un volume contenante peu près 200 cartes pour 1 Europe. Dans ce nombre de 50 les portions de France et d'Allemagne sont à moitié de ce que contiennent les dernières éditions du theatrum. — Il est quelquefois difficile de distinguer le produit directe d'Ortelius. Dans ses theatrum il y a très-peu de cartes sur lesquelles il plaçait son nom d'éditeur, ainsi qu'on nu peut s'assurer de l'origine qu'en confrontant avec celles des volumes du theatrum. Après la mort d'Ortelius, son nom ne figure que dans les copies des cartes de son parergoû. lanson dans son allas de 1038, attribue à Ortelius une carte du Marok.
delà (a). Il l'augmentait et en même temps préparait lentement les cartes pour une autre partie du recueil. Les cartes de Hainaut, de Lorraine; deux de Palestine; trois de l'Asie, copiées de Jacq Castaldo; celle de Portugal par Alvaro Secco , et celles de Naples el d'Espagne par Pirrho Ligorio, portent son nom d'éditeur; quantité d'autres parurent anonyme.
De son vivant Cornélius de Iudœis (son fils), né à Anvers, élabora une mappemonde, ou plutôt réduisit la carte de Marcator ad usum navigantium sur la projection cylindrique hane orbis universatm detcriplionem Corn, de Judœis antverpien. pridie caiend. wovemb. in dm academia duacensi a. 1589 perfeit. Après la mort de son père, il se ffiil à compléter les cartes pour en faire un allas. China colkctore Comtio de Iudœis; Amerieae pars borealis a C. de luémis in luéem édita; non tôt i us Europae tabula ex magnis Gerardi de Iudaisp. (patrts) éavmfto 4593; cette Europe, Asie, Afrique, Croatia, Germania inferior, fomt hœredum Ger. de Iudœis, sont les cartes complémentaires préparées par Corneille (s).
Enfin parut l'atlas sous le titre de spéculum orbis terrarum , dont la première partie contient 34 cartes; la seconde intitulée Germait geographicis tabulis Ulustrata per Cornelium de Iudœis antoerpiaHvm, au nombre de 49, et deux planches (gravées par Aoton. Wierioi) représentent ordines imperii. A la fin de cette seconde partie on lit: vidua et hœredes Gerardi de Iudœis, suis sumptibus hoc opus geogréphicum cur avère imprimi apud Arnoldum Coninx, Antverpiœ, anno 1595. Un exemplaire de ce spéculum, aussi précieux pour l'histoire deU cartographie que le theatru m d'Or teli us, se trouve dans la bibliothèque de l'état à Bruxelles (calai, de Van Huilhem 44356, p. 34).
Le spéculum de 83 cartes contient les cartes confectionnées depuis 25 ans , et tout nouvellement préparées. Plusieurs anciennes de U seconde partie sont remplacées par de nouvelles (encore par Gérard père : 6 Prusse, 10 Pologne, 12 Moravie, 30 Frankonie, Ai Pays-Bas, 45 Frisie occid., 46 Hollande); la recommandation de l'origine romaine disparut, remplacée par cum privilegio, surtout des cartes des Pays- Bas. Chaque carte est accompagnée d'un texte descriptif, et l'introduction mathématique traite des éléments cosmographiques et cartographiques.
Elle iraite de la projection in piano , des cartes hydrographiques* quibus naulae in quotidianis navigationibus utuntur; examine son imperfection et semble vouloir ignorer la projection mercâtôrienae, connue depuis 25 ans. Quand elle traite de la projection stéréographique de l'hémisphère, elle relaie qu'au rapport de I. Ziegler (in
(4) La série des cartes de ce recueil, que j'ai donnée ci dessus page fli du n* append. doit ttre complétée par 4, Germania; 4, Suecia per Livinum Aigoet; 3, Dania et Holsatia; 4, déplacée totale numéro 37. — 11 paraît que la 88 et 36* sont les dernières du recueil.
(5) La Chine collectore C. de Iudœis, offre l'image de celle qu'on voit n* 134 de notre atlas, salement elle est encore privée de Corea et un peu plus rondement développée. — Les cartes àej'km de Castaldo, décèlent qu'Ortelius avait calqué son Asie sur celle de Gastaldo, telle est son extension" analogie, seulement il opéra les changements de plusieurs positions et exposa les connaissances plu avancées des lies. (Voyez une portion de cette composition dans les n** 4SI et 437 de notre atM- — 11 est bien de remarquer comme Rumold inscrivit sur son Europe : ad magna; Europae Genro Mercatoris p. imitationem édita ; et comme Corneille en fait un écho, inscrivant sur la $iea«e : w magnis Gerardi de ludaeia p. desumpta.
commentariis quos ta sec. nat. bist. C. Plipit scripsit) aulhor huius descriptionis fuit Ariahel arabs, patria tolelanus. Jean Ziegler, historien et mathématicien allemand bavarois de Landaw, mort 1549, a été contemporain de Yerner et de Stabius, auxquels est attribué l'invention de la projection stéréographique. L'introduction de de Iode , donnant son modèle, l'intitule : sequitur figura hemispherii Arzahelis, ensuite elle dit : anle annos aliquot prodiit ex aedibus Gerardi Mercatoris viri in cosmographta longe primi, hoc modo descriptus orbis terrarum. Elle connaissait cependant les projections examinées par Yerner, quand elle dit : loh. Vernerus in libello de quatuor modis describendi terrai superficiem in piano , addidit tertium (ad duos Ptolemaei) sed val de irregularem. C'est aux arabistes de constater combien Arzahel participe à cette invention. — Qui était Fauteur de l'introduction du spéculum? Il n'est pas dit : probablement l'étudiant de l'académie douaisienne, Coreinlle de Iode lui-même (e).
Lorsque le spéculum de Corneille parut, Ortelius était à la cinquième édition de son theatrum,et il en vit encore une sixième. Après sa mort, Plantin, possesseur des planches, en donna, en 1601, une septième. Theatrum orbit Abrahami Ortelii , exlat in offleina planliniana encore en 4612, dit le titre de l'édition , qui contient 197 planches et dont le parergon n'est composé que de 5 planches. L'éditeur est Moretus, et le même volume à la fin porte : Antverpiœ ex officinœ planliniana Balthaiaris Moreti 1624 (7). La double date du volume décèle que les reproductions du theatrum continuaient à Anvers assez long -temps, augmentant le nombre des cartes, ne renonçant guère ni à celles qui portent l'année 1594, ni aux plus anciennes qui remontent à l'année 1570.
On repète que Hondius fit acquisition à la fois des planches de Mercator et d'Ortelius. Mais ces reproductions aussi différées, semblent contredire cette assertion , et je ne rencontre aucune mention d'une édition du theatrum à Amsterdam. Il faut donc admettre que les planches d'Ortelius passèrent dans les mains de Hond bien plus tard , ou que les Plantins se réservèrent l'énorme tirage, qui le mit en état de multiplier les éditions. C'est aux bibliographes d'expliquer cette question ; c'est aux bibliographes de collationner toutes les éditions, d'indiquer les changements dans le texte descriptif. L'histoire de la géographie s'en réjouira et en saura tirer des conséquences.
Des que les planches d'Ortelius furent transportées à Amsterdam , il restait aux anversois de l'imiter, de le copier. Jean-Baptiste Vrints , graveur en bois, né 1552, mort vers 1615, se qualifia d'abord œmulus studii géographie d. Abrahami Ortelii , et édita je ne sais combien de cartes (s). Il publiait 1601, 1602, l'épitome du théâtre d'Ortel. En
(6] Van Hulthem recommande sur Corn, de Iode, un article dcFoppens, bibl. belgica, 1. 1, p. 209.
(7) Je tiens cette notice de l'amitié de M. Van Éven, bibliothécaire, de la bibl. de l'université de Louvain, où «e trouve l'exemplaire du theatrum de cette date. Le parergon de l'année 4624*est accompagné mainte? fois de la table peutingee-velser, éditée par Moretus, comme nous l'avons mentionne dans la note 14 du chap. 8.
(8) Jean Baptiste était fils de Gérard Vrints et de Jeanne van Wynterbeke; il a été reçu dans la corporation de S. Luc 457G, épousa Claire van de Wouwcr en 1597, qui lui mit au monde Jean Baptiste, qui en qualité de graveur, entra en 1624 dans la corporation de S. Luc, dont il fut doyen déjà 4637. —Parmi les cartes éditées par J. B. Vrints, émule d'A. Ort., se trouve celle du lac Lenïan, publiée en 4607, et dédiée à Jacobo Colio Orteliano.
même temps reproduisirent ces épitomee Michel Cognet, mort 1623, et Philippe Galle, qui éditait déjà en 4585 et 1594, theatri orbis terrarom enchiridion, apud Chrisloph. Plantinum.
Philippe, de Catherine Tolland son épouse, procréa en 1574 Theodor Galle, Ga liens, Gallaeus, un des plus habiles et des plus laborieux graveurs de son temps. En 1605, mis en possession de la maison appelée Witle Lelie, située dans la rue des Tanneurs , il reproduisit quantité de cartes du théâtre d'Ortelius et beaucoup d'autres. Les Pays-Bas surtout demandaient ses soigneuses reproductions. 11 mourut 1630 (»).
A cette époque les modèles indiqués par Ortelius allaient céder à d'autres produits. On le voit par les publications de Pierre Verbist, quoiqu'il n'indique les sources que très-rarement. Né en 1607, après la mort de sa mère, dans sa tendre jeunesse, en 1617, il fut mis par son père en possession de la maison America ou Nouveau Monde, située dans la rue des Lombards, où il allait reproduire ses petites et grandes cartes jusqu'à sa mort 1674 (io).
11 faut espérer que bientôt on prendra à cœur d'élucider l'importante époque pour la géographie , où les Pays-Bas avec l'Italie devancèrent tous les pays dans la publication des cartes géographiques.
(9) Inférions Gcrmauiae nova descriptio ; Joli. Bap. Vrintius, 1606, T. Gallaeus recudit : probablement après la mort de son premier éditeur. Il copiait Germanise typus Franeisei Hogenberpi; Galliaro Pétri Plantii. — En 4610 T. Galle fut doyen de la corpor. de S. Luc; il épousa Catheritt Maerentorf, fille de Jean et de Martin Plan lin , petite fille du célèbre Christophe Plantin.
(10) Pierre Verbist le jeune naquit de Pierre, mort en 164S, et de Gertrode Egbert, morte en 1617, il entra dans la corporation de S. Luc en 1641, et la même année épousa Catherine Oliviers , qui ta» mit au monde, en 1647, une fille Marie, mariée ensuite au graveur Martin Bouche. — Je tien se» détails sur les familles de mon ami Verachlnr, archiviste de la Ville d'Anvers, qui amassa dans mi riche cabinet i peu près 400 cartons d'échantillons des produits d'autant de graveurs d'Anvers, et fouillant de nombreux archives et documents, réunit des notes et renseignements très intéressant* sur chacun des graveurs.