VI. Tarraco
Byzant.,
Dyrrhachion ,
GRECS ET ROMAINS, 119. Xllj
Rome, 41 38 41 SI 41 55
Massalia ,
Calatis ,
Ancone,
Panticapaeon,
Pola,
Lugdunum ,
Tergeste,
Embouch. du Borysthène
Embouch. de Tanaïs,
Rivages des Morins,
Longitudes des cartes
romaine
grecque
moderne
Les îles de Sebosus ,
Promontoire sacré,
Gades,
Mont Galpe ,
Embouch. de Mal va ,
Tarraco (Jol Çaesarea),
Monts Pyrénées,
Emb. de Garonne (Loire),
Emb. d'Ampsaga ,
Massilia ,
Riv. Vara et les Alpes,
Garallis,
Sabra ta ,
FI. Rbin ,
Riv. Macra ,
Lilybaeum ,
Leptis ,
Pachynum ,
Détroit de Sicile,
FI. Vistule,
Sources de Borysthène ,
Arsinoe Tauchira,
Prom. Acritus,
Tenar, (Griumetop. Fycus),
Malea prom.,
Chersonnesus cyrenaïca,
Prom. Samonium ,
Catabathmos ,
Rhodus,
Byzantium ,
Paretonium,
Alexandrie,
Heraclea pontica ,
Chersonnesus taurica ,
Pelusium ,
XIIIJ
PROLÉGOMÈNES
Si n ope ,
Theodosia ,
Panticapaeon ,
Issus (Tanaïs),
Amisus,
Palmyra ,
Zeugma ,
T râperas ,
Dioscurias,
Embouch. de Pbasis,
Caucasie pylae ,
Seleucia baby Ionise,
Occid. delà Caspienne,
Charax pasinu ,
Ecbatana ,
Caspiae pylae,
Orient de la Caspienne ,
FI. Indus,
FI. Ganges,
Fin de l'Inde et de l'hab.
C'était le produit de l'école d'Athènes. Sur ces bases se formaient les romains Agrippa , Nigidius Figulus et certainement Metius Pomposianus , victime infortunée de son goût pour la cartographie. L'habitable se trouva déroulée par 9 heures en 435 degrés de longitude tout au plus.
Les romains cependant inventèrent à leur usage un autre genre de cartes géographiques, qu'ils qualifiaient à juste titre de cartes itinéraires. Us avaient ilinerarva descripta, non tanlum adnotata scd etiam picla , dessinées sur une bande très-oblongue , où les positions et le distances furent annotées. Elles étaient à l'usage des militaires et représentaient une carte générale du monde : car l'empire était orbis et les pays limitrophes s'y trouvaient annotés en raccourci jusqu'à ces rivages de l'océan qu'on u'avait point visités. Ces cartes étaient très-nombreuses et elles finirent par rendre la composition des cartes régulières moins nécessaire.
230. Arrivés à ce point de maturité géographique, nous devons maintenant, avec la chute de la république romaine, rétrograder et examiner la malheureuse reculade de la cartographie, qui commence à se déclarer d'abord en orient.
L'astronome Posidonius d'Apamée , 50 ans avant l'ère chrétienne « composa une carte universelle. L'habitable y figurait en forme d'une eftvdovY) fronde, ou d'un sac, ou d'un tablier quelque peu plus large à
GRECS BT ROMAINS, 930. XT
l'orient. Cet astronome n'était pas content de la grandeur du globe, dont on a diminué Je degré : Eratosthènes , en 700, Pythéas, en 600; il voulaient l'avoir plus petit. Par un examen très-grossier des apparences de rétoile canobus à Rhode , il crut remarquer que Rhode monte 58* 38' de latitude et qu'il y a 7° 30' de latitude relative entre Alexandrie et Rhode. Divisant par cette latitude relative la distance de 3750 stades, désignée entre ces deux positions par Eratosthènes, il conclut qu'un degré n'avait que 500 stades, le circuit du globe 188,000, par conséquent la longueur convenue de l'habitable de 72,000 stades sur la parallèle de Rhode et 90,000 du grand cercle, occupa 12 heures, 180 degrés ou rondement la moitié de l'hémisphère.
Cette étrange déduction jeta une incroyable perturbation qui couvait une difformité grosse de conséquences incalculables. Pour justifier l'astronome, on a d'abord pensé qu'il se servit d'un genre spécial de stades, qu'il les a inventés , bien que son compte de longueur s'opposait à cette explication.
Les géographes des temps anciens distinguaient deux espèces de stades : olympiques et italiques. Lorsque le mille, miliare, mille passus romain, parut en Grèce, on a su qu'un mille contient 8 */s de stades olympiques et 8 stades italiques.
Du temps d'Auguste, on distingua trois variétés de passus, mais aucune variété dans le miliare : on remarqua les stades très-petits, de 10, de 12 */* dans un miliare : mais c'étaient des apparitions obscures qui n'entraient que fortuitement dans le calcul géographique.
Aux environs du Rhin parut alors un mille d' */• plus fort que l'ordinaire. Qualifié de drusien ou militaire, il se répandit dans tout l'empire, surtout dans ses parties orientales. Introduit en Egypte , il y trouva un stade plus fort que les autres, dont l'usage devenait général. Ce stade était appelé royal , alexandrin , égyptien, philétérien , et il a fallu 7 ft/t de ces stades pour un mille militaire ou drusien.
Le stade philétérien, introduit en Asie, prit de plus grandes proportions et changea en stades dont 7 entraient dans un miliare militaire. Le stade de 5 à un mille est fortuit et n'entre pas dans le calcul géographique.
En orient on avait tout autres mesures, conformément aux grands espaces à parcourir. On y comptait par journées, par stathmes ou stations, dont la valeur variait; elles contenaient au moins 122 stades. L'Egypte avait ses schènes et l'empire persan ses fa r sa n gués , parsotes , parasangues. Une schène valut 60 stades , une parasange 30 , mais depuis qu'elles se sont communiquées réciproquement à l'orient et à l'Egypte, leur grandeur varia à l'infini. La parasange fut évaluée a 00,
XVJ PROLÉGOMÈNES
40, 52, 51, 50 et même 21 stades; la scbèneà 52, 60, 120 et même 180 stades. La route dans l'Inde était parschènée par les parasanges.
De la proportion entre les milles et les stades bien établie et bien connue, aucune ne répondait à la proportion de 700 à 500 pour confirmer l'assertion de deux grandeurs de la même dimension par deux genres de stades. A force de discuter on introduisit dans le calcul géographique les stades posidoniens de 500 au degré, que l'usage de tous les pays ignorait complètement. Les géographes seuls opéraient leur réduction, à la suite de quoi l'opinion commença à s'embrouiller ; à la fin les géographes organisateurs de l'invention posidonienne , pour consommer leur œuvre , ne se souciaient trop de distinguer les différences des stades.
L'usage de climats et parallèles rendit les stades latitudinaux inutiles et les fit oublier. Les 500 au degré ne rencontraient donc plus d'obstacles de ce côté et les distances pouvaient librement ramper et s'étendre par une inclination plus forte, par toute la longueur de l'habitable connue, et lui donner l'extension de 180 degrés.
Vinrent à l'appui de cette énorme extension, les prétendues observations de l'éclipsé. L'éclipsé de la lune, observée par Servius à Arbelle, vue par d'autres en Sicile , indiqua 5 heures ou 45 degrés entre ces deux positions. De même, l'éclipsé du soleil dans l'année 50, observée par Corbulo en Arménie, et vue par d'autres en Campagne , signala la même différence entre ces deux autres positions.
251. L'ouvrage commencée par Posidonius, n'était définitivement élaboré que plus tard , lorsque l'esprit humain devenait prédisposé à toute sorte de dégradation ; il ne fut consommé que 150 ans plus tard dans la composition de la carte de Marin de Tyr. Marin , s'emparant de quelques relations des commerçants et de quelques expéditions militaires , renchérit sur l'énormité de l'habitable qu'il développa par sa carte. Il acceptait sa longueur deux fois plus grande que large et le nombre conveuu de stades , mais il transporte les 90,000 stades du grand cercle , sur la parallèle de Rhode au degré posidonien , d'où il s'en suivit que l'habitable avait en longueur 225 degrés; en largeur elle dépassait la ligne équinoxiale jusqu'à 24° 0r de la latitude sud. Sur ce point les rivages de Libye tournaient vers l'orient pour se réunir aux dernières extrémités du continent asiatique et enfermaient la mer de l'Inde comme un grand bassin sans issue.
Analysant cette composition monstrueuse , on voit que le stade de la création posidonienne y est considéré pour le stade philétérien, égyptien, et le mille pour le mille militaire drusien. La partie occidentale , c'est-à-dire de la mer méditerranée , est dégénérée de la
GRECS ET ROMAINS, 130. XTlj
composition de l'école d'Athènes ou plutôt de la carte romaine , ainsi que les milles des espaces longitudinaux sont considérés comme les milles drusiens et réduits en stades pbilétériens. Dans la partie orientale, c'est-à-dire de la grande Asie , les stades olympiques de la composition d'Ëratosthènes , sont considérés comme philétériens et le schème. d'Eratosthènes conservé. Le reste est de l'invention nouvelle.
Et voici la longitude qui en resuite, réduite au méridien de Rhode :
Méridien de Rbode
Longitudes de la carte de Marii
modernes différence
Méridien des Fortunées,
Promont. Sacré ,
Calpe ,
Carallis ,
Lilybaeum ,
Leptis (Pachynum),
Tenar,
Rhodes,
(Ganob) Chelidoniae,
Issus,
Hiera polis,
Embouch. de Phasis,
Dere, emb. du golfe arab,
Thapsac ,
Kinive ,
Babylon ,
Susa,
Caspiae pylae ,
Emb. occid. de l'Inde,
Cory,
Sources de l'Inde,
Lithinos pyrgos ,
Sera (Thine) Cattigara ,
Partout la prise des milles de distances pour les milles drusiens, et des stades, de quel genre qu'ils étaient, pour les stades philétériens, favorisait l'énormité d'extension. Marin , pour remplir quelques intervalles vides de sa carte, a eu recours à de doublures et triplures d'espaces , de distances , de positions et de nomenclature , dans laquelle aussi on rencontre des du pli ca tes et de triplicates.
La composition de Marin , exploitant les cartes des prédécesseurs , a dû se montrer exacte dans les latitudes géographiques. En effet, elle y pèche moins, mais il n'y manque pas ou de mauvais choix ou de dépravation :
XTIIJ
PROLÉGOMÈNES
Latitudes des cartf •
de Marin.
moderne.
différence.
Alexandrie,
Cyrène ,
Carthage,
Babylone,
Seleucie,
Suse,
Criametopon ,
Tenarium ,
Bactra,
Corinth ,
Athènes,
Patras,
Byzant ,
Heraclea pontica ,
A mi sus ,
Sinope,
Emb. du Borysth.,
Promont. Cantion.,
Embou. de Tanaïs
Toute cette construction géographique est décorée de l'appareil scientifique. Les sept climats de la longueur du jour sont régulièrement organisés: les sous-di visions par de nombreuses parallèles, soigneusement énumérées. Les traces de stades sont tout-à-fait effacées par l'apparence des observations astronomiques , par les degrés et minutes des latitudes et longitudes de chaque position ; Cinq minutes forment l'unité de compte, ainsi que le long d'un degré peut entrer 29 positions et sa surface peut contenir 771 positions déterminées par les minutes. Dans la longitude le point central et le diaphragme disparurent. Pour désigner la longitude d'un bout à l'autre, le premier méridien fut tracé à l'occident par les îles Fortunées, position tout-à-fait incertaine, indéterminée , ignorée et faussée , car si elle était connue ou gardée conformément aux renseignements de Sebosus et de Juba , elle aurait contribuée à étendre l'énormité de l'habitable quelques degrés de plus.
Ce monument géographique plut à l'astronome Ptolémée de Peluse (160). Il ramena l'habitable à sa précédente étendue de 180 degrés ou de 12 heures; jugeant à propos de faire un couple de changements insignifiants dans quelques positions : accepta ce monument tout entier. La fortune a été faite ainsi pour l'avenir du monument.
Dans la composition des cartes on avait égard au rétrécissement du degré de longitude vers le nord. Moindre de '/* sur la parallèle de Rhodc, il était tracé à cette grandeur à travers les cartes générales dont le plan était à son échelle. Mais depuis que les connaissances prirent