‹ Géographie du moyen âgeChapitre 36 sur 135 · LATINS, «03» CV · texte numérisé non relu

LATINS, «03» CV

Si degrés entre fa dernière longitude de là Nouvelle Guinée !cMr\ et la v première delà Californie 240*; où magnum mare orientale se confond avec magnum mare occidentale (*i).

Mais ce n'est pas sont : le problème de l'échelle n'est pas encore résolu. Far cette échelle latftadinale, indiquée moyennant la distance entre les tropiques et l'équateur, les cercles polaires se trouveraient à peu-près par 70* de latitude; le cap de bonne espérance, au lien de 34* 4f, trouverait 56* 5V de latitude; le détroit de Magellan, an Heu de 53», serait par 56° de latitude ; le détroit de Gibraltar monterait vers te 99* degré ; dans la mer méridionale , dont la longueur tient 40 degrés, on trouverait entre Gènes et Tunis 9 degrés , au lieu de 7; entre Constantinople et Alexandrie, entre Venise et Gerbi, il à 12

(48) la carte iMrtogaiset quittée de hydrographie (»• lit de nota atlas), ?• as» pis» ancienne, offre un mélange de projection», comme non» l'avons observé (chap. 198) : l'orientstioa frasse et le dérèglement dans les situations latitudinales confirment notre observation mieux qne les 4M degrés ptaléméena da 80* parallèle entra le méridien des Iles et les extrémités de Sirâs magnas. Cette carte, vicieuse dans ton ensemble, règle levions monde et la méditerraaéa «ai dimensions da grand cercle : la mer méditerranée ne compte que 40 degrés de longueur. Et cette carte réduit l'extension de 4M degrés de ftotémée à f M degrés , Calcutta se trouve par 9t* de leagit. Tregana (Ceyn») par ice*; ffasntouolmra du Gange 140*; aJaUeaaa sa prolonge sur le 4M* degré et le status magnas de Ptolémée est terminé à l'est par 480* de longitude. La longueur de cette hydrographie compta MO degrés, c'est à-dire 480* est du méridien de Fer et à partir de MO* jusqu'au MO* du méridien de Fer, -80" ouest. —Dans la carte espagnole de 4573 Caleeut ae trouve par 404* de long.; Ceilam par 407; l'embouchure da Gange 148; llalaea par 4M et la carte ta termine par 470* à partir du méridien de l*ile de Fer, qae nous. avons choisi pour notre compte. Ma copie de la carte n'indique aucun méridien à cet effet. Le compositeur avait peut-être f intention de tirer le premier méridien par l*ile de ' Corvo dernière des Azores , en «e ces l'extrémité de la carte aurait le 4M* degré, comme en à l'extrémité de l'hydrographie portugaise.

A la suite de ces réflexions, afin de voir comme les géographes usaient et abusaient les cartes marines, nous formons une table comparative de longitudes de plusieurs positions asiatiques :

Aydr. aerfaa. cartgêtp.

de 4804 de 4578 Cataldo Orteliw MtrcaUr

Babelmandeb 04* 0' 71* 0' 81* 0* M* 0* 76* QT .

Msarà 67 0 M 40 87 0 79 40 .

Otwus .7» 0 84 M M 40 M 40 • SS 0 •

Dinl Indus 90 O 148 50 441 M • 104 tO

Calicut 98 0 404 0 145 0 , 118. 0 110*0.

Gange 408 O 448 0 480 15 488 0 486 40J>

Camboïa 430 0 448 80 448 M 488 W

Canton 480 0 161 0 404 0 147 W

Silolo 148 0 175 0 4T0 0 467 0

Nimpo 170 -0 180 0 f5S '*»,'. '

Zalton 481 0 187 0 154 , or ,

HaHwaY 188 0 402' 0 , 180 80

v Commence la N» Guinée 488. 0 181 O 4*1 O '

IleCaïmai» 185 0 «03 0 205 . 0 -

Les longitudes de Mercator sont comptés du méridien de l'aimant, or bebelmand&b, serait par ff *30' deéeloî èerfte de Fer; Btalakapar 132* BCK; ta uouvêHe Guinée, se trouverait entre 178* 5a

CVJ PROLÉGOMÈNES.

au lieu de 10°. et 40° 50*. Or, entre les tropique»' et les cercles polaires, l'échelle latitudinale est plus grande, ainsi qu'elle. décèle l'espèce dé L'échelle croissante. On retrouve cette croissance, non-seulement par la mer Méditerranée, mats dans le développement des proportions de l'Amérique entière, deTAfrique et de l'Europe. Cetie extension devait avoir lieu • lorsque les cercles- polaires s'éloignèrent des tropiques à quatre degrés. Certes , cette croissance n'est pas déterminée, elle n'est point proportionnée à la croissance de la longitude; elle est plus sensible à partir des tropiques qu'en se rapprochant aux cercles polaires, elle n'a pas de stabilité., elle ne répond guère aux règles que la projection mercatorienne allait prescrire : mais l'idée de ta croissance de l'échelle y éclore sa pensée. La carte espagnole date la quatrième année après la divulgation de la projection mercatorienne ; son dessinateur a pu connaître l'œuvre de Mercator, et sans l'avoir bien compris s'essayer de l'imiter imparfaitement et irrégulièrement.* Mais une date aussi rapprochée dans un autre pays, et l'irrégularité de l'essai, peuvent faire présumer, que l'idée de la croissance de l'échelle, autant dans la longitude que dans la latitude, préoccupait déjà les cartographes, lorsque Mercator intervint et eut le bonheur de résoudre le problème.

Supplément aux appendices 11 et 11 f.

Qu'on pardonne mes fréquentes irruptions dans le domaine de la réforme géographique, qui s'était opérée dans les Pays-Bas, où je m'imagine de trouver quelques notices bibliographiques , qui peuvent donner la lumière à la marche de la cartographie. Probablement qu'il ne manque pas de personnes, qui gardent de très-parfaites connaissances bibliographiques pour leur propre satisfaction: peut-être qu'on connaît des explications positives, latentes dans quelque opuscule bibliographique : toujours est-il certain, qu'on parle peu et que j'ignore si jamais on a examiné cette question importante.

En 1594, Philippe Galle, éditant l'épitome d'Ortelius, dit aux lecteurs et spectateurs bénins : ayant, passé quelques années (l'approbation est datée 1688), mis en lumière ce présent livret de cartes en divers langages, et entendant qu'il estoit à plusieurs agréable : je m'aduisay de le faire r'imprimer, principalement que notre bon amy et seigneur Abraham Ortelius auoit depuis... augmenté son grand... théâtre.... Pourquoy je déliberay d'aussi amplifier cestuy mien des cartes nouvellement adjoustées au dit théâtre. Mais comme je ne le debuois ni voulois faire sans exprès congé de l'auteur, j'ay prins la hardiesse de l'en requérir ; lui remontrant que cestuy cy ne porteroit aucun domage à

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la distribution do sien , mais plustot le recommenderoit. Pourquoi il m'octroya incontinent ma dicte requeste, non sans aucunement se soubzrire, estimant comme je pense , que son œuvre n'avoit à foire de telles ou semblables recommandations.

Quelques années plus tard 4601, 1609, Vrints, mettant en circulation le même épitome, avertit qu'il acquit des héritiers d'Ortelius tous ses travaux et veilles, pour les divulguer de son impression. Je ne sais pas jusqu'à quel point allait eette acquisition : ce qui est certain , c'est qu'il édita le theatrum en 4603, et qu'en 1601 , 1609 , son épitome, à partir de la signature A (y compris l'approbation datée 1588), jusqu'à l'adieu de l'auteur au lecteur, est le même tirage que celui de Galle de 1594 ; circulant depuis 1588 sous différentes dates d'éditeurs et de titres; modifié chaque fois par quelques feuilles d'avani-poste.

Jean-Baptiste Vrintius mourut en 1615, et je vois sa carte de 1606, inferioris germanise, reproduite par Galle : T. GaUœus recudiL Le même Théodore Galle avait à sa disposition les planches du theatrum d'Ortelius ; car j'ai devant moi : le Namurôis de Jean Surbon, le Hainautet le Luxerabtfrg de Jacq Surhou , toutes trois planches ortéliennes, tirées à l'épigraphe : Theodorus GaUœuê excitait (entre 1615- 1650). C'était à Anvers et je n'ai rencontré aucune planche ortélienne qui serait reproduite par quelque tirage d'Amsterdam (43).

Galle mourut 1650, ne prétendant point à ce qu'il semble, de s'éloigner du terrain délaissé par Ortelius; Pierre Verbist de sa part, assez heureux dans son petit atlas des Pays-Bas 1656; par son exécution sur une plus grande échelle très-inférieure, peu recommandable , accompagnée souvent de la latinité burlesque, Verbist, dis-je, prétendait de sa

(43) Encore des renseignements sur les éditions du thcalruin d'Ortelius (voir 1. 11» p. 167, 217). Brunet,en bibliographe, s'est un peu intéressé de cet ouvrage, plus encore Ebert (allg. bibKogr. Lexicon, p. 230 n* 46280). Ce dernier indique, die bestc Ausgabe eines, rvrar gar nicht mehr gesuebten, aber doch immer bistorisch merkwurdjgenWerks dans le lucatrum, tabulis alïquot no-vis, vitaque auctoris illustratum. Antw. Vrintius 1603 mit kartcu; theatri orbis terrar. parergon, sive -veteris geographiac tabul», ibid. Moretus 1524. — On voit que le paragon de 1024, était relié tautdt avec l'édit. de 4 642 (bibl. de Louv.) tantôt avec celle 1603 (bibi. de Dresde ?,.

Die erste Ànsgabe des tlieatri, dit Ebert, ersclùen Antw. 1570 mit 53 Karlen. C'est bien cojiuu. Quant aux éditions latines, il n'indique que die bestc 1003; mais ils cite quautité considérable d'éditions en langues vulgaires. — 1, mit hollacudiscben Text (suls conuaitre celte du flamand 1572), AntW. 4998. — 2, mit deutseben Text, Antorf van Diest 1572 et 15X4 ; et Piantin.4880. — 3, italieniscb von Fil. Pigafetta, Anversa stamp. Plantin 1612. — 4, spaniscb Iheatro del orbe de la tierra, Amberes 1612 (il y avait au moins une encore très-antérieure, parce qu'en 1602 Vrients dit, que Plantin fit traduire en espagnol et le dédia a Philippes son fils, lors infant et à présent (depuis 1508) heureux roi d'Espagnes)— 5, mit framoeaisçhen Text (outre celle qai parut ver»! 580), Anvers 1 698.

Qui peut espérer aujourd'hui d'avoir le plaisir de réunir un quart de tout ceux-ci. — On peut consulter sur les publications géographiques : Hagcrs geographisches Biicbcrsaal ; Wolterdorfs Repertorium der Land und Seekarten. Je ne puis me procurer ces ouvrages : leurs indications, quoique insuffisantes , auraient pu guider les recherches.

Gviij PBOLÉGOIltaBft.

pari à l'honneur de cartographe. Il était secondé par lsaak Vertus* graveur, se disant auteur : par exemple : nova toti*$ ierrarum orbi$ geographica et kydrographi emendata auet. I. uerbiêt à l'épigraphe : Pétri Verbiêt anlwerpiensis fecil e$ eaxudti 1636 {**). Pierre se dit auteur de la carte de Zeeland 1657, de celles du Boulonais 1640, de noua totius Rheai descriptio 1636, et de plusieurs que fit Peteru* ver Bistus, Yerbiest antwerptanensium, Antverpiano, etc.

Mais dans ces années Amsterdam était déjà en première ligue, presque sans rivale pour les publications des cartes et des atlas. Mercator, successivement édité, donnait du lustre à la fabrique très-variée de plusieurs éditeurs. Peut-être qu'on connaît la suite des éditions heodiannes de l'atlas par les dates que portent les titres (voyez note 2 de la p. 221, du t. II) : mais les bibliographes qui voudraient les déterminer par leur intérieur, auront certainement de la peine k s'en acquitter avec exactitude. Les reliures et les éditions rapidement répandues, opéraient un certain désordre. Le titre de la quatrième édition de 1612 ou 1613 couvre les cartes de 1629, 1630 du texte allemand. Dès les premières années 1606, 1607, Hond et laassen suppléaient ce qui manquait à l'atlas mercatorien. Dans la longue suite de sa Reproduction, augmentant le nombre des cartes, l'atlas très-longtemps ne se trouvait pas plein. À mesure que les planches mercatorienoes s'usaient, on les remplaçait par d'autres «artes qui ne provenaient plus de la composition mercatorfenne, et il arrivait qu'une planche à la hâte supprimée n'était remplacée par aucune. Malgré leur grande activité, les Hond-lansson ne pouvaient suffire par eux-mêmes, pour rendre complet l'assemblage de leur atlas. Dans celui de 1633, 1654, contenant les cartes de Henri Hond de 1631 , ils se servirent encore de 40 planches mercatoriennes, et pour Juliers et Clèves ils prirent une planche gedruckt by Héssel Geritz 1610, et ils empruntèrent six de la fabrique de Claes Jans Visscher, dont une est de la Suède 1630; une autre de Westfalie 1626, et quatre des Bays-Bas : Mechlinia, Antwerpen, Zutphania et Over-Yssel.

Hond-lansson n'étaient pas les seuls qui produiront beaucoup. Il faut rendre justice à d'autres qui contribuèrent immensément au progrès de la cartographie. De ce nombre se présente en premier lieu Pierre Kaerius (v* ci-dev. 262, p. c). Il se dit auteur non-seulement des cartes générales des quatre parties du monde, mais aussi de la carte des Pays-Bas, du Rhin, de Silesie, de Moravie; il s'empressait de publier Jes nouvelles compositions, et , en 1617, il avait de sa Jabrjque pour les

(44) Cette carte de Vefbist offre une imitation assez grossière de la carte hondienne de 4630 intitulée : nova totuis terrarom orbis geographica et hydrographie* tabula auct. Henr. Hondio représentant la terre en deux hémisphères rondes , en globe.

tirais, tes. ax

Pays-Bas des carte» pins nombreuse* pour en former an complet plus régulier que ne l'avaient HomManaBon dans lents allas postérieurs.

Kaerius s'enrôla comme graveur pour servir les entreprises hondiennes; Claes fans Visscher marchant en avant par ses propres efforts, pouvait éclipser le lustre encore factice de Hond. En 1653, les dix-sept provinces des Pays-Bas avaient chez lui les cartes élaborées au complet; les cartes de tous les pays de la nouvelle production, recherchées et copiées avec soin (par les graveurs Abraham Goos, G. Gouwens, A. Hogenboom)* assuraient à la maison Visscher une renommée solide.

Parut en même temps la concurrence biaeuwiane, embrassant l'exécurtfon des cartes à la lois marines et continentales. Elle reprenait la reproduction des cartes que les autres entreprises abandonnaient. En 1647, on compte une dizaine de cartes de Mercator, congédiées par Hond-lansson et quantité d'autres du xvi* siècle ; mais celles de toute récente production augmentaient sans cesse les nombreux volumes de l'atlas* Iansson ne restait point en arrière et multipliait les volumes. CTest en même temps, vers 1650, que fui élaboré chez l'un et l'autre le volume contenant 60 cartes de l'Italie seule.

Ces éditeurs de oartes pouvaient se qualifier d'auteurs quand» compulsant dans leur cabinet plusieurs cartes différentes, ils élaboraient sur des renseignements qu'ils acquirent) leur nouvelle publication ; mais ordinairement ils étaient simples reproducteurs de cartes composées parées géomètres qui levaient les plans et dressaient les cartes de tears propres pays. Les reproducteurs d'Amsterdam avaient à leur dtepetftRm Titalie élaborée «dans tontes ses parties plus qu'aucun pays» lé nte sa4s fe'ils ont indiqué quelque pari les géographes italiens : mais pour cette partie il ne manquait rien.

Leur propre contrée» les 17 provinces des Pays-Bas, demandaient plus d'attention. En 1610 , Bavid Fâbrioius leur prépara la carte des deux frises'; en 1616, jEgiéku Mattwi, celle 4e Ltmburg. Les cartes de Weslfalie *686\ du Brabaot 1684-1652» de OTandte 163$ publiées par €Iae$ fans Vfsscbca% prouvaient «qu'où avançait dans ta question locale. — Vers 163&, tâtritosar Fbvmti* Berkenrode élabora les cartes de la ffbllande , dtltrecht, de Gueldre; fiurtfcoirf Wicheringcn de<Gr<Miu%ue; Atirteh WHitto et Gérard Fr&tog «de la Ftisie occidentale et Ubbo Ehnfoèus de la V tiste i&rôeitftalo*

fàckd Fùmntio « Ltfft^rai Pressa ensuite une cafte du Brabaut; son grand original > sans date et lieu de publfcàlion , trouva de plus belles -copies chez fenssoto «t ttlaen* 1658-1647. La Flandre avait pour les ■èftvfrons de ftankerfee Pierre €odêo d'Enchuse ; pour ceux de Touraay, Martin Doué gallo-flandra. Purmer, Bergenopzoom, Rois-le^cUwx, Drente

CX PROLÉGOMÈNES

onu en Lmeas Iansen Sinck, François van Schoten, WiUêbord vander Burght, Corneil Pynacker. La partie wallonne semblait être plus négligée , ainsi que les noms des Surhon avaient le plaisir de reparaître plus longtemps dans les reproductions géographiques, quoique les reproducteurs avaient soin de retoucher les parties méridionales des Pays-Bas.

Un des plus beaux fruits delà cartographie de cette époque était sans .contredit la carte d'Andrée Burœus , suédois, de toute la Skandinavie, reproduite en 1650 par Visscher, ensuite en 1647, par Blaeuw, par Dankertz et autres. Longtemps les changements qu'on a voulu y introduire dans le but de la perfectionner, dégradaient plutôt la composition ■de Burœus.

Plusieurs parties d'Allemagne étaient à cette époque de nouveau examinées et mieux figurées. Liège et Trier par Jean Schilde; Nassau par hàn Jaeq Sieiier; Suabe par Christophor Hurler; Cologne, Westfa lie,' Mun6ter, Osnabrùk, Paderborne, Hildesheim par Jean Gigas ludensis ;' Brunswick par Caspar Dauthendey ; Thuringe par Adelar Erichius anderslebian ; Meklenburg par Jean Laurenberg; la Poméranie par Eilhard Lubinus; Bohême par JSgidius Sadeler; Moravie par L A. Comenius; Silesie par limas Sculletus sprotta-silesien. Bientôt dans ces vastes régions les suédois pouvaient plus facilement lever les plans que les allemands.

' Les cartes de Moscovie, de Hessel Gérard 1615; d'fraafc Massa vers 1650, n'avançaient pas beaucoup la connaissance de ces espaces; celles •de la Litvaaie dressées par Nicolas Christophor Radzivilly de Thomas Mahovski et de Pologne entière de Levasseur de Bcauplan 1650, fournirent plus de lumière.

Poifr la part de l'Espagne on ne remarque que l'Aragon de Jean Saplistê Làbanna et la Galicie du frère prédicateur Ferdinand Ojéa.

En ^ France : le Béarn de SoUon la Fitte béarnais; la Provence de Pierre Jean Bomparius; l'Orange de Jacq de Chieie orangeois 1627; le Dauphifiai de Jean de Beins; le Gharolois de Jean van Danme seigneur d'Am&ndale ; Févéché de Sarlat , du chanoine Jean Tardo; le Limousin d'Antoine Jean Fayan; la Bretagne de Hardy; la Touraine *d'J*aac François ; te Blesois de Jean Temporius; l'île de France de Français Guillioterius et de Damien de Templeuœ; le Remois-et-Rhetelois de Jean Jubrien chalonais; Gapelle en Thierache de P. petit Bourbon; Gallo-flandria (Douai et Lille) de Martin le Bourgeois d'Arras; et la cafrte générale de France de Pierre Plantius et de quelques autres, devançaient les opérations suivantes, qui allaient illustrer la fin du xvne siècle (v. chap. 222). . '

LATIHS, 264. CXJ

€?est assez pour mes prolégomènes, J'ai ditdu commencement qu'ils seront; intelligibles et j'espère qu'ils: sont assez! explicites. Je pense qu'en résumant mes aperçus sur la marche de la cartographie, qui est leprineipal objet de mon ouvrage, je composais une espèce d'iritroduo lion -capable de soutenir et de diriger l'attention dans les observations que les deux volumes contiennent dispersées. Recherches, énuméralion des écrivains -et des monuments géographiques, analyse descriptive des cartes, examen de toute sorte de spécalilé, progrès de la navigation, enfin; la nature des investigations éloignaient coh lin Bellement mes études de l'objet essentiel; déchiraient et mettaient, en désordre la suke et If ensemble. Le résumé des prolégomènes contient quelques nouvelles remarqués, dont une partie (qui traite des annotations arabes et de la carie sicilienne) fit en effet: une interruption., mais les autres n'interviennent que pour lier et soutenir l'ensemble de l'exposition.! Or,, les prolégomènes, distinés à suppléer mes* investigations, retraçant succinctement la marche de la cartographie seront, je pense, intelligibles, rendront plus claires les fatigantes et prolixes investigations, sont à mémo de rectifier plusieurs inéprises et irrégularités de «l'ouvrage.

264. Lorsqu'en 1818 j'eus terminé l'impression des mes études de la cartographie ancienne des Grecs et des Romains, Ernst Gottfried Groddeck, professeur à l'université de Vilna, philologue, estimé chez nous et en Allemagne, mon maître et ami, dit à ses collègues : le jeune homme; a fait quelque chose, il peut se reposer et s'il ne fait rien de plus, c'est assez : et moi à m'^cr-ier :. exegi ijnunimentum are perennius ! et je me reposais trente ans sur ma paillasse. 11 ne fallait pas: attendre autant, mon exclamation se réalisait complètement. Depuis nombre d'années mes planches gravées sont détruites, leur cuivré fondu, le monument, la paperasse de l'édition reste, bnochée ou reliée dans les mains de- mes compatriotes. Terminant l'impression de mes- études su* la géographie du: moyen âge r je puis récapituler mes .exclamations e&egi! Une génération ne s'écoulera que le cuivre de mes planches sera fondu , la gravure détruite , mais la paperasse multipliée restera dispersée et je puis me reposer avant de descendre dans la tombe.

A la suite démon exclamation : non omnis moriar, il restera après moi des chiffons contenant des remarques et figurines géographiques» Ces chiffons exhumés fortuitement par une curiosité indiscrète, contribueront peut-être à éveiller l'attention et l'intérêt plus général pour les monuments géographiques. Chaque genre d'investigations his-

CXij PttOLÉGOMàKES.

Uniques tourne dans le désert pour chercher au milieu des décombres quelques sources accidentellement préservées d'encombrement, d'ensablement, sources qui restent encore intarissables. Partout, ruines 'et désolation, et pour les études de la cartographie ravage épouvantable, destruction ineffable, des millions de cartes périrent et disparaissent sans que personne s'en aperçoit.

Au moyen âge on dessinait. On dessinait des miliers de cartes lorsque chaque bâtiment de mer en avait besoin d'une ou de plusieurs; les bâtiments des états et des commerçants les avaient tous; les dépôts publics, les particuliers. En 1560 Ruscelli assembla une foule de grandes cartes dessinées dans tous les pays, et ces cartes se trouvaient chez des particuliers à Venise. On en dessinait encore à celte époque des milliers pour la navigation, surtout en Espagne et en Portugal. Et combien en reste-t-il? J'admets une couple de flamandes, une dizaine dans la Grande-Bretagne; on a de petits échantillons en Islande, peut-être six ou sept dieppoises en France. Les plus nombreuses sont de l'Italie et de l'Espagne. Celles de Portugal , où l'on avait un dépôt, où la marine monta aussi haut, où sont~elles?On relate les incendies, mais les cartes en Portugal existaient encore plus tard et les incendies n'ont pas embrasé et consumé le Portugal entier; on rapporte le brigandage des Espagnols, alors il faudrait retrouver quelque reste du produit portugais en Espagne , qui possède «ncoro ses propres dessins. Cependant je ne pnis remarquer aucune mention d'aucune carte portugaise dessinée qui existerait encore : M. Santarem aura peut-être le bonheur d'en retrouver.

Au xvr5 siècle la gravure multipliait immensément la circulation des cartes géographiques, typographiques, de la navigation, volantes et réunies en atlas par centaines : ainsi que chaque planche a pu fournir S à 6 milles exemplaires , jusqu'à qu'elle était complètement usée et remplacée par une autre (45). Quel est le sort de ces cartes du xvf siècle, parmi lesquelles on en a de très-importantes pour l'histoire sons tous les rapports. On les trouve maintefois lacérées, pourries; dégradées au dernier point, et où pourrait-on trouver et contempler les grandes

(45) Depuis 1870 jusqu'à 4505, dans le courant de 15 ans, parurent au moins 11 édit. du théâtre ■d'Ortelius (chap, lis, note 980, sppend.TC, t. Il, p. 417, 147 ; ci-dessus note 45, p. cvij), la seconde vd«jà et les suivantes en plusieurs langues. Or, eu comptant 500 exemplaires de chaque édition , on aura 5000 volumes du tneatrum à l'usage de 15 ans et plu i Jde 100 mille» cartes en circulation prove- 'liant d'un seni theatrum. Le compte n'est pas exagéré je pense. — En dernier lieu le theetrum comptait f 45 cartes dont quelqaes-unes remplaçaient les autres , et presque* toutes s'usèrent à la ■Au ; or, prenant pour moyenne '5000 exemplaires de chaque carte , on aura le nombre de 548 milles : aam compter la circulation de toutes ces cartes isolément, comme volutes. Si nous voulons réduire Je produit du théâtre à moitié , à un tiers , H en restera toujours une somme respectable triplée ou «fuadrnplée par d'au 1res publications des mêmes années. Gombienen reste-t-il aujourd'hui?

LATU1S, S64. CXÎij

cartes de FÂsie d'Orteïius, celles des fies britanniques de Mercator, ou l'Europe du même de deux éditions, et tant d'autres! La grande carte mercatorienne, ad usum nauigantium, objet d'art, se trouve gardée an dépôt de Paris : exemplaire peut -être déjà unique (chap. 271, note 368, t. H, p. 183; chap. 216, note 387, t. II, p. 189).

Il y a 50 à 36 ans, M. Jomard commençait à battre la campagne pour éveiller l'attention des savants , et rassembler les monuments géographiques dans un 6eul dépôt 'accessible à la publicité. Au commencement de 1813, il trouva à Londres une telle insoucianee parmi les savants qu'ils semblaient à peine connaître l'existence de la Gough'a topography (recherchée par les bibliophiles à titre de rareté), et une des premières célébrités lui écrivait, qu'il croit avoir entendu dire, qu'il y a une vieille carte à Heresford (dont une portion se trouve dans la GoHgh's topography). Par les soins de M. Jomard le dépôt de Paris prospéra et grandit. Acquisition d'originaux; les copies les plus soignées et les plus exactes' arrivaient de toute part et ne cessaient d'augmenter le nombre. Doubler l'original, le tripler, quadrupler (comme il est de la carte de Mauro), c'est toujours quelque chose, c'est préserver le monument de la perte subite. Deux exemplaires séparés périssent rarement à la fois. Mais ce n'est pas encore un moyen assez efficace contre les vicissitudes destructives. Ce n'est qu'en multipliant le ftombre des exemplaires qu'on met à l'abri de la disparition les objets réduits à une quantité trop minime. Typographie, gravure, lithographie sorit là pour ériger des monuments indestructibles ; cuivre, pierre, acier seront brisés ou changés en marmites et le papier fragile conservera l'objet à la nouvelle reproduction.

Maïs depuis la création du dépôt, une génération s'est écoulée ei combien de monuments n'a-t-on pas mis à l'abri de la disparition ? M. Sattlârera , en 1842 , en introduisit quelques-uns dans son recueil. Tastu,en 1843, trente-six ans révolus depuis que l'existence de la carte catalane fut révélée, la multiplia à la hâte, et quand l'original se détériore, la copie, quoique imparfaite, préserve sa disparition. Un savant Hollandais, passant par Bruxelles, me disait: nous avons la version française d'Edrisi, où il n'y a que les cartes de o sections , c'est dommage qu'elle ne soit pas accompagnée de toutes les autres, nous sommes si curieux de voir la configuration qu'Edrisi donnait à l'Inde et aux îles que nous possédons, A quoi je répartis : vous ave* raison de vous étonner, de vous plaindre, que l'atlas entier n'y est pas copié; un dessinateur de calques et un copiste sur pierre, tous deux assidus, ont pu, dans le courant d'un ou de deux mois, exécuter toutes les sections de la manière comme sont les trois lithographiées , et cette exécution prol. *

CX1V PROLÉGOMÈNES

suffisante pour nous , aurait préservé de tout accident l'atlas d'Edrisi , dopt on ne connaît que ce seul exemplaire. Au reste, patience, le savant Jomard , conformément à la promesse que vous connaissez par l'ouvrage de Jaubcrt, prépare depuis longtemps une réduction et l'explication de toutes les épigraphes. Attendons. Attendons, en attendant, tenez, cette brochure peut vous servir (voyez note 552 du chap. 103, t. I , p/i59; notes 77, 78, du chap. 131, t. 11* p. 39).

L'illustre créateur du dépôt ruminait de suite les plans d'utiliser les richesses qu> allaient s'accumuler dans une seule collection. L'ayant toute entière à sa disposition, il entreprit la publication des monuments géographiques : grande et majestueuse proposition qui se préparait avec luxe, et splendeur, c'est-à-dire avec exactitude, où les originaux allaient reparaître comme dans un miroir. 11 y a deux ans, 29 planches, dont deux forment une feuille de papier grand aigle, furent prêtes à paraître (46). D'énormes dépenses, dessin, gravure, impression, ruineux coloriage, absorbaient les capitaux. Depuis nombre d'années, des promesses et annonces prévenaient de l'apparition intéressante de la première livraison, et rien n'a paru : tout paraît être arrêté.

Mon respectable ami me pardonnera si je porte mes réflexions sur Je retard de sa publication. Elle louche mes études. L'expérience me dit, qu'ajourner, c'est livrer ses travaux à l'activité des autres , prompts à surprendre, à s'arroger ce qui nous préoccupe, et ils ne sont pas blâmés, on dit qu'ils exhument le dépôt caché, s'emparent du trésor latent pour le rendre à l'usage du monde. Par ma propre expérience je connais de funestes conséquences du retard, des pertes incalculables qui forcent maintefois à renoncer à l'entreprise. Après d'énormes dépenses ajourner à un temps propice, c'est arriver à des temps défavorables. Souvent , par ces temps peu favorables, je pèse dans mes balances à l'échelle des cartes de nos entreprises de genre analogue, ma position précaire , mes moyens , mes ressources , mes épuisements , avec ceux de mon respectable ami , et je ne puis m'expliquer comment

(46) Ces planches contiennent : 1-13, «arte de Htddingaam d'Heresford ; 13, sphère céleste arabe et les projections du xi* siècle ; 14, développement par fuseau ; 15, 1C, globe terrestre du xti* siècle* la projection et les développements par fuseau ; 17-33 * carte de Juan de la Cosa de 1500; 33-34, carte du temps de Henri II ; 38; carte italienne de 14M, du Bosphore aux Balkans; 36, fragment d'après le manuscrit de Dati ; 37, 38, carte de Petro Vesconte de 1318 ; 59-41, itinéraire de Londre à Jérusalem du xin* siècle; 43, 43*, carte «TEdrisi, avec deux mappemondes; 44-49 carte de Pizzigaai 1367; 50, 51 carte Pisane do xiv siècle; 53, 53* globe de Martin Bebaïm; 54, 55, l'ancien Padouan 1446; 56 astrolabe koufique ; 57 cadran arabe koufique ; 58, 59, renfermant dix mappemondes : *Marino Sanudo, carte de la bibliothèque cottoniane ; * de Leipzig * de Turin, * de Ranulf de Hygden , tirée de Playfair, petite skandinave, * du manuscrit de Rheims, * de la chronique de S. Denis, petite carte de la bibliothèque Pinelli. — Fortuitement j'ai vu nn moment la carte de Pizzigani et de Jte la Cosa , la vue dp quelques secondes m'avait causée une joie inexprimable.

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