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II. ARABES

LA GÉOGRAPHIE ARABE ENGENDRÉE PAR UNE PRODUCTION GRECQUE, GRANDIT DE SES PROPRES INVESTIGATIONS.

12. Oa trouve dans les annales chinoises qu'en 721, Y^-kang, chargé de la triangulation de l'empire céleste, poussa ses opérations géométriques au delà dans le Tibet et dans les Indes. Cent ans après, vers 820, un officier chinois Kialan, dressa une carte de toute la terre dont le saint empire tenait le centre. C'était à la même époque que Charlemagne (mort en 814) fit composer les tables géographiques, et le khalif Aimamoun (mort en 833) avec ses géographes, étudiait Ptoléraée et composait le kitan rasm al rai> il mamoun» Cette singulière coïncidence, prouve que les travaux géographiques s'étaient animés partout: mais on ne les {poursuivit avec plus de zèle et de succès, que chez les mahommédans.

Stimulés par la propagande de l'islamisme, les Arabes se répendirent rapidement dans le monde. Peu d'années depuis le commencement de leurs incursions, ils dominaient sur la Perse sassanienne et sur les deux tiers de l'empire greco-romain. Par la manche du Magrcb ils se mirent en possession de l'Espagne et sur l'autre bout de leur domination s'emparaient du Sind. Cette immense étendue du khalifat, leur ouvrit par les mers et par le continent, toutes les avenues du vieux monde. Ils y pénétraient l'épée à la main et s'avanturaient plus loin par curiosité ou par l'appât du gain. Dans leur unité, ils voyaient à la fois, toutes les variétés de la civilisation sociale, toutes les diversités de production de la nature. Leur race se multiplia» se colonisa, et son esprit s'agrandit. Accessible à toutes les impressions, il commença à fouiller dans les décombres des connaissances humaines ; étudia la nature et la philosophie, et sous ce rapport, la science grecque répandue dans l'orient, leur servit de point de départ.

Les khalifs dirigeant les expéditions, examinaient les voyaseurs, rectonraèadaient les investigations des pays contre lesquels allaient se tourner les entreprises. Chez eux se rencontraient tous les renseignements sur l'univers parcouru et la connaissance géographique devint indispensable pour bien diriger les provinces et leurs gouverneurs.

Samedi ben Mdik kkaoulani, gouverneur d'Espagne, prépara une description de cette province éloignée, et l'envoya en 721 à la connaissance du

khalif Yesid II (ts). Hommes et femmes furent appelés par les khalifs el chargés d'espionner dans de pays étrangers. Àbd-ullah Seid Gliazi séjourna vingt années dans l'empire grec, répondant à toutes les questions du khalif Haroun Raschid (786-809) et lui donnant des relations utiles et des avertissements nécessaires (14).

13. L'entraînement aux études introduisit l'esprit arabe dans les régions célestes. Le voyageur instruit possédait la connaissance de la sphéricité du globe terrestre; non seulement savait se diriger par les quatre points cardinaux, mais comprenait la division en climats et même la méthode de déterminer la longitude et la latitude géographique ; il pouvait observer la hauteur de l'astre polaire, la longueur du jour et de l'ombre, combiner l'éloignement relatif des lieux avec leur ségrégations par climats. Ces connaissances répandaient et familiarisaient de bonne heure les astronomes. Ils se sont emparé de la science grecque, cultivée par les persans et les grecs contemporains. Les anciens ouvrages de Ptolémée , de Menelaos et d'autres, furent étudiés et gagnaient des traducteurs en arabe-pour rendre leur usage plus familier. (25).

A la suite de ces premières études du temps d'Almamoun (815-833), il ne manquait pas d'astronomes et d'amateurs de cette science parmi les arabes; le khalif Almamoun était assez instruit lui-même pour coopérer avec succès à sa culture. Il appel la quantité d'astronomes versés pour les réunir et pour faire les observations en commun. Suivant sa disposition on vérifiait les données des anciens. En 820 il fonda un observatoire à Bagdad , où , en 830, les astronomes lahia ben Ali ibn Aboumansour, Abbas ibn Saîd aliauheri, Send ibn Ali et plusieurs autres déterminèrent l'obliquité de l'écliptique. En 833, à l'observatoire de Damask, sous la direction du même Send ibn Ali, en commun avec Khaled ibn Abdalmalik almerouroudi, Ali ibn Isa astralabi (faiseur d'astrolabes) et autres, reprirent cette détermination, et le produit varié, décelant une défectuosité dans leurs observations, provoqua une vérification et de vives reproches des contemporains d'Aboul hasan Tabetibn Corah et d'autres. Surtout Send ibn Ali n'était pas épargné à cause qu'il était présent aux deux suites d'observations, et Ibn Ishak ibn Kesouf, certainement un de plus actifs dans ces épreuves (Ibn lounis, prélimin. de son astron. voyez notice et extraits des man. t. VII. p. 56-59).

Parmi les observateurs les plus actifs de cette époque étaient les trois fils de Mousa ibn Schaker, Mohammed, Ahmed et Hossein. Le khalif Mamoun voulant vérifier la grandeur de la circonférence de la terre et du degré, chargea les Schaker de mesurer le degré entre Tadmor et

(43) Cardonnes Gescb. von Afrika uud Span. ûbers. von Murr, I, 81 ; Casiri, bibl. arab. hisp. 1, 137; Roder, tôle tan. p. 10; Conde, hist. de la domination de los Arabes en Espana, t. I,p. 70; Fraehn.p. 10.

(24) Imam dimeschki , voyez Fraehn , p. 25.

(25) Du temps de Manionn (845-833) les versions arabes étaient encore peu nombreuses. Le traducteur principal Abouzeid Abdalrakman Honaïn ben Ishaak ben Honaïn l'ébadien naquit 809 et dans sa quarantième année fut attaché à la cour du khalif Motavakkel (847-861) , en qualité de médecin. Il continuait ses traductions, aidé par son fils Ishaak et par son neveu Hobaïz, or, cette continuation avait lieu lorsqu'il avançait en âge. Il a traduit en grande partie Gallien, Hypocrates. On lui attribue beaucoup d'autres traductions , que ses disciples , son école de traducteurs avait exécutée. La traduction de 9Uvtoc£<c /A£y«rrv) d' Al mages te de Ptolémée , vient directement de lui. Il mourut 873. — Sur les traductions arabes on a un tout nouvel ouvrage de Wenrich , de auctorum gr&corum vcrsionibus, syriaeis , arabicis, armeni«is, persicisque commentatio , Lipsiae 1842, 8*.

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