INVESTIGATIONS
Raka sûr une plaine du désert de Sandjar. On savait par l'almageste de Plolémée que les anciens donnaient à la circonférence de la terre 480,000 stades, qui font 24,000 milles ou 8000 parasanges, par conséquent un degré avait 500 stades, 66*/s railles, et 22*/a parasanges (*7).
Les frères Schaker ayant levé les hauteurs du pôle à Raka et à Tadmor, mesurèrent la distance entre ces deux lieux et le produit de cette opération détermina le degré du grand cercle à 562/s milles ou 19*/o parasanges; par conséquent le grand cercle contient 20,18i milles ou 0761 parasanges. Aûn de vériiier leur détermination, qui différait sensiblement de celle de Ptolémée, ils se sont rendus plus lard sur la plaine voisine de Koufa et y répétèrent la même opération dont le produit n'était pas tout à fait le même. Cette différence décelant une défectuosité dans leurs opérations, ils conclurent ,que les résultats variables de leur double épreuve furent très rapprochés de la réalité, c'est-à-dire à la grandeur relatée par Plolémée, et qu'il n'y a plus rien à faire (Massoudi, uotices et extraits, t. I, p. 49; Muhammedis ibn Ketiri alfragani elementa, Frankof, 4590, Amstelod, 1609, cap. 8; Abulfeda, annales moslemici t. II, p. 241, eéogr. p. 136). Us se sont servi de nouvelles mesures déterminées par AI nia mou n (38 ).
Il est probable, et on peut admettre comme certain, que l'opération des frères Schaker avait été partagée par d'autres astronomes et mathématiciens. Sont nommés pour la plaine de Tadmor, Ali ibn Albabtaz et AH ben Isa, le feseur d'astrolabes, et pour la plaine de Vasit(ou Koufa), Send ben Ali et Khaled ben Abdolmalek al merouroiidi. Une tradition s'était bientôt formée que leurs rapports arrivèrent à Bagdad simultanément et ils donnaient juste la même grandeur au degré, qu'ils trouvèrent de 57 milles (Send ben Ali ap. Aboul hassau Ibn lounis, voyez Delambre, hist. de l'ast. p. 97). Les 57 milles sont peut-être la discordance de la seconde opération, parce qu'ils sont relatés par Send ben Ali, un des exécuteurs de l'épreuve, et c'est lui qui voulut sauver l'honneur de la défectuosité, débitant la simultanéité et la concordance des épreuves. (*o).
(27) Les Arabes évaluaient ces anciennes mesnres par dos sous-divisions , de cette façon : la para- «ange contenait 3 milles ; ce mille est composé de 3,000 dheraa melikéennes ou coudées royales; chaque coudée de 3 aschbar ou palmes ; chaque palme de 12 doigts; chaque doigt de S schaira ou grains d'orge, et eliaque grain de six poils de mulet. Le stade contenait 400 coudées et la parasauge 9,000 (Massoudi, notices et extraits de mscr. t. II, p. 55). Parce compte on voit que la coudée avait 30 doigts ou 180 grains. Les antres variaient quelque peu dans cette supputation , divisant la coudée royale en 32 doigts, chaque doigt de 6 grains d'orge, ainsi que la coudée comptait 192 grains. (Abulfeda, versio Reiskii , p. 136 , 157). — Ces milles dont il est question ici , sont drasiens composés de 7 *j* stades (voyez mes pisma pomniéjsze, kleine hist. Scriften, liistoiische kunde ftber die Langermesse der Alten, p. 101-134; Badauia, la géographie ancienne étudiée III, 83-91).
(28) Almaraonn , à la place de l'ancieune coudée royale, établit une coudée noire , pour mesurer les étoffes , les bâtiments et les routes. Cette coudée est composée de i4 doigts , chaque doigt de 5 grains, par conséquent la coudée tient 1 20 grains (et non pas doigts comme on voit dans Massoudi). 4,000 de ces coudées composent un mille, et la parasange en a 12,000. Par cette comparaison les Arabes pensaient que leurs milles, leurs parasanges, Turent justes les anciens , qu'il n'y aurait de différence que dans la coudée en proportion de 4à 3 (Abulf. géogr. p. 1 36, Massoudi, notices, p. 50, 55). •fais à la fin Massoudi fait évaluer chaque doigt 7 s/s grains et compte 42 doigts dans une coudée.
(29) La question de cette mesure almamounienne oif**chakenenne est infiniment obscure et embrouillée par les Arabes mêmes et par les erreurs des chiffres : le résultat de la seconde opération est tout à fait inconnu. — Massoudi , de la première, donne la relation suivante : on trouva , dit-il , que la hauteur du pôle dans la ville de Raka était de 88 parties et «/s , et dans celle de Tadmor , de 84 parties '. ce qui fait entre les deux 1 i/s. Ils mesurèrent l'intervalle de Raka à Tadmor et ils trouvèrent 57 milles (p. 52). J'ignore de quelle nature sont ces parties dont il y a 1 */s eutre Raka et Tadmor, qui sont éloignées presque de deux degrés : mais Raka étant 36" de latitude nord, je trouve qu'en commençant le compte de 88 «/s parties du pôle antarctique, il en reste jusqu'au pôle arctique
48 GÉOCR. ARABE, 850-1030.
La concordante simultanée de deux opérations, n'était point admise par les écrivains quelque peu versés dans fa géographie; ifs ne se souciaient pas de la discordance de la seconde épreuve ; ils ne se rappelaient que de la première, laquelle donna au degré plus que 56, moins que 57 milles. La fraction variait et 56 où 57 était une différence tout à fait insignifiante. Mais lorsque les uns suivaient cette nouvelle détermination, les autres géographes tenaient au chiffre de Ptolémée, 66*/s milles à un degré. Or, leur opinion oscillait entre une discordance de dix milles sur un degré. C'était à leur avis peu de chose. Cependant cette différence devait occasionner des perturbations bien sensibles dans les opérations géographiques.
RA8M CltEC do Khovarbzhien, 830,
14« Du temps d'Àlmamoun la version arabe d'almageste wrafc fityivrn était entreprise et peut-être achevée» Son existence est avérée et connue. La renommée Solide de Ptolémée astronome , lui prépara une certaine autorité dans la géographie. Sa géographie y««7pa?«*»J vprrwvtç, avec les cartes géographiques dressées par Agathodaïmon , n'a pas échappée à la curiosité des arabes* Le khalif Almamoun, voulut la connaître et ordonna de la traduire pour son usage (Àbulf. géogr. pag. 442, 484). On ne peut douter que ces ordres n'aient été exécutés. La géographie de Ptolémée était traduite; mais qu'esl-elte devenue? existe-t-elle encore, y a-t-il quelqu'un qui l'aurait vu ? de quelle façon sa version avait été confectionnée? sont des questions
36 parties moins i/ss ainsi que le méridien total du pôle au pôle contient 122 1/3 parties moins «/es et chaque partie est composée de 1° etei/m; par conséquent 4 t/s parties sont évaluées jnste par i* moins 4/177. Toutefois 57 milles entre Raka et Tadmor étant insuffisants pour représenter tes deux degrés, offrent une erreur palpable. — Vers la fin (p. 53) Massoudi donne une singulière évaluation du degré par 25 parasanges, ce qui ferait 75 milles. C'est une confusion. Il est probable qu'il a pris i i/s de parties entre Raka et Tadmor pour 1 «/» de degrés. Comme il compte 86 milles dans un degré, les 1 i/s Tout 74 t/s ou 78 milles ou 25 parasanges qui offrent la dislance entre Raka et Tadmor , qualifiée de degré de 28 parasanges. Massoudi dit qu'on a observé le soleil dans le désert de Sandjar et on a trouvé que le degré était 86 milles. On multiplia eette mesure du degré par 300 (Use* 560) , il résulta que le tour entier de la terre était de 20,060 (lisez 20,166} milles; ensuite on multiplia ee tour de la terre par 7 et on trouva 481,120 milles que l'on divisa par 22 et H en résulta une division qui donne la mesure du diamètre de la terre 6,444 milles et environ moitié de dix (c'est à-dire 6,414 e/ii) (notices et extraits, 1. 1, p. 49), Dans cette suite de chiffres, à l'exception de deux erreurs trop évidentes, le reste est exact. — Suivant la traduction latine de Mahomet ben Geber al bateau, descientia stellar, Bononise , 1648, le degré de la mesure almameunienne est de 88 milles.ee qui eet à peu près le chemin de deux jours. Delambri (bist. de l'astron. p. 18) considère justement ce chiffre pour la faute d'impression. En effet cette faute est levée par la connaissance du texte arabe. AUjateoi n'évaluait le degré de deux Journées qu'à 68 milles (introd. de Reinaud, p. 280): mais il tient à une autre évaluation du degré de 78 milles, qui donnait 27,000 milles à la circonférence de la terre (introd. de Rein. p. 283 , 284). Ces deux évaluations sont signalées par d'autres écrivain*, bah lambre avait raison de signaler l'erreur, mais il multiplia tant de fautes lorsque à la suite (p. 97), il a relaté qu'Ahmed Abdallah aurait dit que le degré de la plaine de Sindjar* fut de 861/4 de uriUea, chaque mille étant de 4,000 coudées noires : car lui-même (à la p< 66) , il a rapporté, que le même Ahmed ou Mohammed iba Ketir le calculateur, disait que suivant l'avis d'Almamoun et de plusieurs sages» le degré est de 86 milles s/s , le mille est de 4 (4y000) coudées moyennes (noires). Au reste -, ot» ne sait souvent à quoi s'en tenir avec les relations des Arabes» — Delambre se demaude souvent, quels ont été ces milles, ces mesures? 'Ce» milles étaient pour sûr, par leur origine , les initiée qualifiés enex les Romains de drusiens, dont 67 «t/vs composent un degré , connus en Egypte et daua toute l'Asie de la domination romaine. Les Arabes comptaient trois de ces milles dans une parasange. Nais la longueur de la parasange n'était pas suffisamment déterminée > comme il en arrive ordinairement avec demandes mesures 9 et le mille romain a certainement subi quelques perturbations* — Au reste , le second résultat de Fessai infructueux des savants arabes a du donner pour le degré un chiffre plus fort qui le rapprochait au chiffre ptolémécn , parce qu'ils centrent que leur discordance est insignifiante, tandis que celle entre 80 s/s et 06 t/'s est assez grande.
RASM, 44, J9
insolubles. Il a été dit que l'ouvrage arabe intitulé rasm est une sijnple version de la géographie de Ptolémée; mais on nç sait point si cet ouvrage existe encore (90).
Ptolémée est nommé par son nom ou par ses ouvrages ou par les apocryphes qui lui furent attribués, dans les nombreux écrits arabes,
spécialement sou almageste, et la ^^JLfcJ Li^à* djagrafia é'Ab~
dolmios ou Betalmios, n'est pas inconnue. Alhat'eny l'a va il pour ses études; Massoudi (940) Ta vu aussi bien que le traité de géographie de Marin avec toutes leurs cartes peintes (ketab aJtanbyb, notice de SiJvestre de Sacy dans les notices, t. VIII, p. 147); lç khovarezmien. Mohammed bon Mousa , (vers 830) et Mubammed lien Djebei* (en 879) auteurs de traités géographiques, sont reconnus imitateurs de l'ouvrage crée. Ptolémée, en qualité de géographe, est relaté (eu 1 030) dans la description de Flnde d'Abou Rihan; Edrisi (1151) dit positivement, qu'en Sicile il avait à sa disposition /jn exemplaire de la géographie de Ptolémée (I, 5, p. 38; VI, 10, p. 421). Les écrivains postérieurs, Ibn Ouardi, Ibn Saïd, Aboulféda, et certainement les autres, ne parlent de cette géographie que sur la foi de leurs prédécesseurs {31). Edrisi se servait pour sûr, du texte grec; si c'était une version arabe que les autres ont vu ou étudié, aucun ne s'en explique : mais un examen aussi fréquent de la géographie de Ptolémée parmi les écrivains arabes, fait présumer une assez long existence d'unç version exécutée par Tordre d'Âlmamoun,
Un traité de géographie sous le titre de rasm (rasm al arsi) fut rédigé par Apou Djafar Mohammed ben Monta le khorazmien , auteur des tables
(30) Indem ich diess niederschrieb , dit le savant orientaliste Fraehn, dan* une de »e« importantes publications (Ibn Foszlan, p. 49), habe jch m ich oft des Gedankens nicht erwebren koennen, dass unmogelicb eia so wichtiger Gegenstand, wie die Frage liber die arabisetie Ufoersetzuag der Géographie des JPtojemaeus ist , nocb .so venig behandelt and nateisucht seyu kaeepe , als es mir vorkpnunt. — Le bibliographe Hadschi kbalfa assure que la version arabe s'est perdue : majs il sait que cette «ersinn de la géographie de Ptolémée n'était pas une -sèche nomenclature maie a ne ample description das pays. Ifannert (Geogr. de Griech, und Jlom. 1 , 137, »ota y, et p, 493) en conclut, qne c'était la traduction (Tan ouvrage géographique de Ptolémée qui s'est perdu et nous ne le connaissons plus. Dans la bibtiotb. roy.de Parie se trouve n* le manuscrit contenant des abrégés de tous lc6 auteurs grecs traduits «n arabe ; Averroes en est auteur. La géographie de Pjtolémée n v *** P** (n*c prévient rérudît Carmoly) : comme si sa traduction n'existait point , serait perdue ou ignorée d'Averroes. Cependant Wahl (Erdbeschr. von Ostind , t. I , p. 626) , avance qn'au nombre des manuscrits arabes, les codes de la traduction et de commentaires sont assez «ombreux pour fournir Jqs matériaux .à la rectification du texte grec : il en parle comme s'il les avait vu. — Hadaschi kbalfa (p. 15G,j nomme l'astrologue Abou Ionssoin Iakoub ben' Ishak Kind «emne expKoateur de la géographie de Ptolémée; fosirj (Wbl. arab. bjsp. 1 , $30) lui attribue la traduction faite pour Ata>ap>.oun. Dberbeîot doooi comme traducteur Honaïn ben Ishak ibadi , à quoi Fraehn ajoute : aber ich finde dièse Ausgabesonst Bîrgends, pensant qa'U peut y avoir une confusion de la géographie avec l'alreageste. «Gasiri connaît l'existence de la traduction syriaque de la géographie. Graeves , Dhevhelot , Hartmann , RommeJ , ayanceutque la géographie avait été d'abord traduite en hébreux, ensuite en arabe. Le profond énidit Cpnaoly m'assure <j«e la littérature hébraïque n'on «ait rien du tout, quoique sur les traductions arabjes, plusieurs, entre autres , Abraham ben Samuel Zakouth de Salamauq, vers 4-495, dans son ônwragc de seferiucbasn (livre des linages) (p. 143, de l'édit, de Krakovie) , enumérantles ouvrages dite de Ptolémée, traduits en arabe, n'a pas négligé de mentionner la version arabe de sa cosmogra-
Kbie (géographie), à laquelle il donne le titre de tzoralh hartz, figure de la terre, ce qui répond à orismos , rasm des Arabes, . I H
iZi) Iaboat* dans les articles de Bokhara et Kostantinia , de Armania et Balkh , eite A^flsrVôJ I
, wwUaJ J\ W****^)' almolliama abaonsouab de Ptolémée. Ce titre , entspripkt dem
morte <ryvTa£t$ dit Fraehn ,(p, 47 de son Ibn f oszlan) : mais si ces citations fournissent les longitudes et les latitudes de-ce? lieux (Fraehn, p. 4Î), elles ne sont pas tirés de syntaxis ou alraagesle. Certainement que ces citations, ah Ftngerzeig zur Auffindung dièses werkes dienenmoegte : si l'ouvrage est fa géographie de Ptolémée , rasm, on quelque autre apocryphe.
20 GÊOGB. ARABB, 83OM030.
astronomiques cl gardien de la bibliothèque de Bagdad , du temps d'Âlmamoun. Ce traité était composé sur le modèle de la géographie de Ptolémée (Reinaud, introd. p. 45). Albaicoi fait une mention (de rasm
ou) du livre de la figure de la terre /^t^t %)T° w^' <-3 fi)
De même Massoudi dit que <J*}^1 jj** hy°' \A^\ fj rasm
donnant la description de la terre habitable, indiquait les positions par les latitudes et longitudes (kitab altanbyh, p. 21). Mais ni l'un ni l'autre n'a donné le nom de fauteur, ne se préoccupait pas de cet ouvrage. De tous les écrivains arabes, le seul Aboulféda, en 1323, puise dans rasm , alléguant à la fois la géographie de Ptolémée et rasm , semble confondre les ouvrages. Lui-même, n'a pas connu la géographie grecque, il la cite par emprunts, d'après les citations des autres auteurs (sa). Quant à rasm , il ne le quitte pas des mains.
Il est cependant bien d'observer que la confusion de rasm avec Ptolémée est au fond l'hypothèse de quelques obscurs écrivains arabes et l'inconséquente crédulité de quelques nouveaux érudits (ss). Je sais que la méprise prend sa source de l'Ouvrage d'Àbouiféda , mais nous serions injustes en lui imputant le blâme de la confusion; j'aime à disculper ce géographe d'une semblable aberration.
II dit à la vérité, très-positivement, que rasm est un livre traduit du grec en arabe, qu'il était arabisé à l'usage d'Almamoun (versio Reiskii, p. 184; Reinaud, texte arabe, p. 85). Dans cette allégation le nom de Ptolémée ne figure pas. Ailleurs il relate qu'on prétend que l'auteur de rasm est Ptolémée (versio. lat. p. 160, texte arabe, p. 45). C'est à l'occasion des sources et des lacs du Nil qu'il a mis cette hypothèse en avant, et voici de quelle manière.
L'opinon de Ptolémée sur les sources du Nil fut alléguée par Edrisi , 5"" section du premier climat {p. 58). lbn Saïd l'extraya d' Edrisi. Aboulféda dit ensuite (p. 154) : Edrisi, après avoir relaté la même chose ce que nous avons répété en terme d'Ibn Saïd, ajoute que Ptolémée est contraire à la sortie de la branche Nil-Ganah du lac Koura. Puis, continue Aboulféda, l'auteur du livre rasmilmamouri, qui passe pour Ptolémée, donne une forme ronde à ce lae (Koura) p. 160). Lac Koura est inconnu à Ptolémée, l'auteur qui en parle n'est évidemment pas Ptolémée, sa qualification de Ptolémée n'est qu'hypothétique, honorifique: Aboulféda le sait et distingue les allégations de Ptolémée et de l'auteur du rasm qui passe pour Ptolémée. 11 distingue encore l'ouvrage de rasm de la géographie de Ptolémée quand il dit : de ces fies Fortunées, Ptolémée commence les longitudes des villes (p. 230). Ce n'est pas rasm, mais Ptolémée lui-même. Si l'auteur de rasm comp-
(52) Le passage allégué se trouve dans la S* section du premier climat d'Edrisi (p. 58). — Edrisius , dit Aboulféda (p. 154, interpr. Reiskii) pnstquam retulisset eadem,quœ verbis lbn Saïdi modo exihuimus, de Nili Ganah exitu ex lacu Cura subjungit : Ptolomaeum id negare... Auctorlibri rasm il mamuri (qui Ptolomîcus habetur), refert hune lacu m rotundium esse (idem , p. ICO). — Lac Koura est inconnu à Ptolémée ; évidemment l'autour de rasm n'est pas Ptolémée.
(33) Voyei Dherbelot, art. resm. et Bathalmious; Reiske prodidagm. p. 230 ; J. M. Hartmannn in Edrisii Afr. p. 107, et quantité d'autres, 'piop. dit Demetr. Alcxandrid. vo/aIÇctsu xccrà toùç Tziiiirovç ovyypx<pel$ *i ytvypecfla tov 7CT0îr*,uafov etc. , et lui-même remplace rasm par le nom de Ptolémée.
H ASM, 15. SI
tait les longitudes du méridien des Fortunées, le produit était tout différent (p. 170) (54).
Si le livre de rasin serait réellement l'ouvrage de Ptolémée, réellement sa géographie connue par l'original grec, par la traduction laline et par les cartes d'Agathodaïmon , tout ce qu'on a de citations de rasm , se retrouverait dans telle ou telle diversité de la géographie ploléinéenne. Cette concordance ne se décèle par aucun exemple direct. De toutes les positions géographiques déterminées en longitudes et latitudes géographiques par l'auteur de rasm, aucune ne corresponde directement aux données variées avec celles de la géographie de Ptolémée. J'essaiais de les confronter et chaque fois j'ai vu qu'il y existe une différence irréconciliable, et cette différence m'apparut telle qu'à peine indirectement je réussis à découvrir l'origine ptoléméenne de quelques unes. Pour mieux comprendre le fond et la nature de cette discordance, je rccontruisis la carte de rasm suivant les positions géographiques conservées par Aboulféda. (35).
45. L'ouvrage intitulé ,pj^' +~>\ rasm al arsi, description de la terre, j^ju^J! «j Jt **-. rasm al raba al mamouri, description
d'un quart de l'habitable, rasm al mamouri, description de l'habitable, ou simplement rasm, 'opurpoç description, suivant Aboulféda, avait pour auteur un khovarezmien (vesionis lat. p. 252, confrontez Roma dans les tables du texte arabe, p. 210). Ayant indiqué une seule fois, l'auteur de cette manière, il ne le nomme pas et ensevelit son nom dans un imperturbable silence partout où il mit à contribution son ouvrage. Ce khovarezmien est certainement, Abou Djafar Mohammed, ben Mousa (56). Jusqu'à quel point ce khovarezmien est différent de Ptolémée, démontre la restauration de sa carte géographique.
Heureusement pour la reconstruction de la carte de rasm, les chiffres indiquant les positions, sont assez préservés de lésure. Cependant
Suelques erreurs sont à relever. Plusieurs de ces erreurs ne sont pas ilïiciles à rectifier et nous admettons les rectifications suivantes :
(34) Voyez les notes 44 , 48.
(35) Micbaelis , considérant cette continue discordance de positions tant longitudinales que latitudinales, souleva des doutes et se déclara contre l'identité des ouvrages en question (ad Âbulf. iEgypt. nota 422) H. A. Schultens, (bibl. erit; II, 93), Fraehn (ibn Foszl. p. 17 , 18), approuvent l'observation de Micbaelis.
(36) In oceano septentrionali, est insula Tuli , in ultimo qui habitabilis est orbe septentrional! ad longitudinem 10. gradumet S rainutorum, et latitud. 53, seenndum al chawarezmicum , auctorem libri rasm elardbi (p. 832}. Ce passage important d'Aboulféda est supprimé dans les rédactions postérieures à l'autographe de Leyde et dans l'édition du texte arabe. — Nous observerons, qu'Aboulféda supprimait plusieurs citations de rasm qui ne convenaient à la rédaction successivement réitérée de son ouvrage. Ne voulant parler de Thule, il supprima celle-ci. Si on la négligeait, on perdrait l'unique indication de l'auteur du rasm, indication lancée en passant par Aboulféda et on ne comprendrait pas , que la longitude et la latitude de Rome, données sous le nom de Khovarezmien, dans les tables d'Aboulféda (p. 210 du texte arabe), est tirée de kitab rasm elarsi. — Ce que je dis de rasm , n'est pas nouveau. Silvestre de Sacy (dans sa version d'Abd-ul-latif, p. 353) comprenait l'identité de rasm al arsi et de rasm al mamouri. Le passage d'Aboulféda, indiquant un khovarezmien pour auteur de nsra fut connu de tout le monde. Fraehn (Ibn Foszlan, p. 18J en se rapportant à ce passage suppose que ce khovarezmien pouvait être Mohammed ben mousa khorezmi, l'auteur des tables astronomiques du temps de Mamoun (Abulfar. hist. dyn. p. 248 arab.). En efTet, Aboudjafar Mohammed, fils de Moussa , bibliothécaire à Bagdad , composa , dit Reinaud (introd. p. 45) , sur le modèle du traité géographique de Ptolémée , un ouvrage intitulé , rasm alardh , ou syBtcme de la terre , qui est probablement , ajoute- t-il, le même que le traité cité sous le titre de rasm almamour. Ainsi Reinaud adhère à l'opinion de Fraehn.
99 GÊOGB. ABÀB8, 830-1030.
La longitude géographique de Mareb, 64* 0\ n'est que 149 0', et celle de Sardaigne, 42° 8\ est 32° 8'. Nous expliquerons daog son lieu celte déviation par dtxaines , très-fréquente dans les longitudes,
La longitude géographique de Tadraor^-, 67° 0', résulte de la B)au~
vaise leçon du copiste de «X«* 04° 0'; à l'inverse la longitude de Khelat j-w 64° Os se rectifie par j~> 67° 0'. L'incertitude dans la leçon de ^ . 4 et 7, est très fréquente.
L'erreur de la longitude de Heikeluzhere ou du temple d'Aphrodite
de Vénus, ii 59° 0', est trop évidente pour ne pas rétablir Je Ja; 19° 0'.
De même la latitude de Rouïan aj £ 36° 15', lisez ù £ 56° i&.
Rokhadj, extrayée des tables d'AbouIféda, souffre à la fols dans sa
longitude Ji U° 0' et sa latitude Ji 37° 0'. Le texte (à la page 172)
rectifie la longitude en *w 94° 0' et la latitude eu wJ 32° 0' (37).
Arzan al roura serait déplacé dans sa latitude, pour laquelle nous ne proposerions aucune rectification s'il s'agissait de Erzeroum : mais il est évident qu'il n'y a que l'epitbète de al roum qui ne convient à cet Arzan. C'est la méprise d'AbouIféda, qui prit Arzan pour Erzeroum.
En Egypte, à peine trois ou quatre localités ont échappé la déconfiture générale. Elles peuvent servir à combiner quelques rectifications. Vouloir rétablir tout dans la suite et Tordre, serait trop hypothétique, parce qu'il faudrait ehanger arbitrairement les chiffres erronés : comme on le voit dans la longitude de Aïnscbems ou Heliopolis • L~ 61° 50'. Pour ce chiffre cependant, le texte dont
s'est servi Michaelis dans sa publication de la description aboulfédine de l'Egypte, peut fournir dans la longitude de 51* 4? une rectification désirée.
La latitude de Menf 29° 0\ n'est point exacte. Menf est entre Fostat Bebnese. La latitude du premier est 29° 55', et de Behnese 29° 0', or, il manque à Menf quelques minutes pour le placer raisonnablement dans l'ordre (33).
En général, Aboulféda trouva les chiffres de rasm assez corrects, moins dépravés que les chiffres de plusieurs autres géographes. Cette dépravation n'a affectée gravement que les latitudes des lieux de l'Egypte et ce qui est singulier c'est que dans cette altération Aboulféda extraya de rasm plusieurs données doubles, c'est-à-dire quelques variante* de longitudes et latitudes de plusieurs lieux de l'Egypte, et ces variantes ne donnent rien de meilleur. (39)»
(37) ftaxhadj portait encore îo nom d'Alexandrie. EHe est placée, sous ce nom, dans le troisième climat par Ibn Ketir le farganîen, en 850, elementa astron., enap. 9, p. $7, «dit. GolK). Il pe faut pas la confondre avec Alexandrie Vaïhend : voyez nota; Golii, p. 410 , Reislteîi Abulf. etc.
(38) Cette réflexion est confirmée par les tables de Ibn lounis , dans lesquelles la latitude de Menf est portée à 39* 88*.
(39) Ces doubles données de longitude et de latitude sont pour Bebnese, Armant et ATosehems en
Egypte et Adcn en Arabie, U y est dit Asp*"* .£• *— » • ou bien +**, J \ A-sr**4* ces citations ainsi exprimées suivent immédiatement les posftions,*indîquée8 du rasm simplement parle mot j^t . ; ces citations sont donc évidemment extraites du même rasm. — Metaelis , com ses notes
r*$«, te. 23
16. Confrontons maintenant ce fragment géographique, avec îa carte de Plolémée, et nous remarquerons que ni la longueur de la Méditerranée, ni la direction de la mer rouge, ni les rivières de I Asie mineure, ni les cours du Tigre et de l'Eufrate, ne répondent à la difformité de Plolémée. La mer Caspienne et le golfe persique, ne sont point de forme ptoléméenne. Les positions de Bardaa, d'Amol, de Djordian, de Baza, le disent suffisamment, prouvent une connaissance supérieure du terrain. La forme de la mer rouge et les cours étranges de Sihan et Djihan, qui s'écoule dans la Méditerranée (Abulf. p. 467, 460), fournissent une différence bizarre. A l'exception de l indus, qui est modelé sur la conception ptoléméenne (Abulf. p. 170) et de la mer indosinique, qui, contenant 1700 Iles restait tout à fait cernée et enfermée par le continent (Abulf. p. 142), il n'y a rien qui ferait pressentir l'origine ptoléméenne inaltérée , ou une répétition de Ptolémée : tout y est différent (40). C'est un précieux fragment pour apprécier le progrès que les Arabes décélèrent dans la géographie.
La mesure du degré effectuée à deux reprises, l'inspection des pays et des fleuves cernants les résidences du khalif, s'opposèrent avant tout à l'exacte ou verbale version de la géographie. Toute la conformation de la Mésopotamie et de la Babylonie qu'elle donnait, était inacceptable. Des renseignements qu'on recevait en quantité croissante de provinces éloignées, indiquaient les erreurs nombreuses dans l'ouvrage grec. Cette oeuvre monstrueuse, à la face de la connaissance que les Arabes gagnèrent par leur courte expérience, devait perdre ce prestige que lui donnait le nom de l'astronome son auteur, les géographes ne le pouvaient s'assimiler. Sa méthode était respectée, adoptée, mais sa géographie fut transformée en rasm. Les arpenteurs, les géomètres, les géographes réunis et chargés par l'ordre d'Almamoun de traduire une géographie grecque (Abulf. p. 142,181), s'en acquittèrent sans doute assez scrupuleusement en rendant en arabe la méthode et les règles géographiques contenues dans cette géographie : quant au reste, ils étaient infidèles et composèrent leur propre ouvrage (41). La version
manuscrites (dont j'ai devant moi l'autographe) qu'il préparait au texte de la description de l'Egypte, édité en 1770 (et certainement dans la ptrbfication de ces notes que Je ne connais pas] répète au nùkhat, abrogata leetio Ptolemaei (ni est rasmi) : leçon , variante reprouvée. — Demetnos Alexaadridos tout le «on Ira ire explique le niskhat par èv àxnoypafta ce qui ferait entendre qu'Aboulféda possédait l'autographe du khovarezmien f ou au moins un autre exemplaire , plusieurs copies de son ouvrage. Le dernier cas est inadmissible , à cause de Terreur qutin autographe ne pouvait contenir; Vautre cas est peu probable. — Xitkkat est expliqué dans le lexicon arab. de George W'ilh. Freytag : txetnplumexquodeêcribitur, exemplum aliunde deteriptum : or niskhat al rasm signifié : alhid rasmi exemplair», aliunde in rasmo, alro loco ; l'autre donnée de rasa , tout simplement, sans approbation »» desapprobation quelconque.
(40) Reiske dans sa traduction d'Aboulfcda, avait inséré un singulier passage a la suite de la description dé ftjHioun. Extat in rasm ir rab il raamurt : emissitm ex Gifcuno Ouvrant ad long. 91 gr. procédera rtrsus méridiens et prœterita Cbogeoda te effundere in mare viride. n ajoute dans la note son observation : nng» hae sunt (Abulf. p. 169). Ce passage, en effet, ne se trouve pas dans le texte arabe édité sur trois codes et l'autographe (p. 61). Abouïféda l'a supprimé depuis. Il devait y avoir cependant quelque chose dans rasm qui donna origine à une citation visiblement mal entendue. Eeiske a trouvé ta latitude de l'embouchure «8* quand on la lira 3S J> elle réglera l'embouchure
de ce fleuve qui répond à l'Arbios de Ptolémée. Aboulfëda avait C raison de faire disparaître les citations moins convenables au plan de son ouvrage, mais lorsque ces citations sont des ouvrages perdus, nous devons les soigner parce qu'elles font connaître les monuments perdus.
(Il) Ibn Abd-allah Mohammed, fils <TÀbou bekr aliafra dit dans la prérace de son ouvrage intitulé : kitab a) djagrafia (raan. arabe de la bibl. nationale, ancien fonds, n* 590), qu'il avait pris pour guide
21 GÉOGft. ARABE, 830-1050.
et la rédaction arabe avait été exécutée par an khovarezmien (Abu lf. p. 232, et voce Roroa in lab.) : Mais si an concours commun des arabes et chrétiens instruits coopérait à la co m position de l'ouvrage, ce sont les chrétiens grecs de l'Asie, qui lui donnèrent le titre de ôpiopoç mpaSoi mi oixovfivnjç et les traducteurs arabes en l'expliquant, conservèrent le mot rasm, bpt^fioç, d'ailleurs difficile à rendre par un mot d'une autre langue, ne trouvant d'équivalent dans aucune. 11 serait aussi difficile, impossible d'extra yer le mot d'âf«7£<>c de toute la géographie de Ptolémée pour lui inventer un nouveau titre. Cest le titre d'un ouvrage grée dont l'auteur anonyme est étranger à Ptolémée. Quoique il y avait parmi les arabes de présomptions que Ptolémée était son auteur il n'y a aucun motif de le confondre avec la géographie connue. Le khovarezmien traduisit du grec en arabe l'ouvrage géographique d'un anonyme intitulé opivfioç, préférable à la géographie de Ptolémée et lui conserva le litre de rasm.
C'était un ouvrage basé sur la géographie de Ptolémée, mais d'une toute nouvelle el différente création; rarement d'accord, sous le rapport des positions géographiques des lieux, contenait la méthode et tout ce qui concerne cette méthode est conforme aux dits de Ptolémée , el se retrouve dans la géographie de ce dernier. D'ailleurs, toutes ces questions, relrouvablcs, sont ordinairement reproduites directement au nom de Ptolémée par les écrivains arabes; quant aux positions géographiques c'est rasm, c'est le khovarezmien , honoré mainte fois du nom de Ptolémée.
17. Cet ouvrage, produit de la première expérience géographique des Arabes, investi de l'autorité du khalif Almamoun et du modèle de l'astronome grec, conservait longtemps un crédit bien mérité. C'était un magnifique ouvrage, accompagné d'un planisphère représentant le monde; cette représentation, dit Massoudi, vaut beaucoup mieux que les précédentes, qui se trouvent dans la géographie de Ptolémée, dans celle de Marin et autres (kitab altanbyh, notices t. VIII, p. 147). Il renversait à tous jamais le monument monstrueux de Ptolémée, personne ne pensait plus à y revenir; il implantait dans la géographie et dans, la construction des caries d'immenses améliorations et engageait les postérieurs à suivre son exemple, c'est-à-dire de reprendre les opérations géographiques, de les corriger, perfectionner.
Le fragment de la carte de rasm que nous avons devant nous le dit assez. En le comparant avec la carte de Ptolémée, on remarque que le perfectionnement avait lieu dans l'Arabie et dans les pays traversés par les fleuves Eufrales et Tigris; que les améliorations considérables furent introduites sur toute la ligne, depuis Cadix, jusqu'à l'Indus. L'Arabie prend des proportions plus convenables; la position de plusieurs localités de Djezira et de l'Irak, indique que le cours de deux fleuves recul une direction désirée. L'exorbitante longueur de la mer Méditerranée est
le traité d'Alkamari , et que celui-ci avait été fait d'après le traité rédigé sous le khalifat d'Almaraoun à l'aide du concours de soixante et dix savants de l'irac (note de Reinaud, introd. p. 46). Dans le nombre de septante (chiffre de prédilection), la sagesse des chrétiens avait sa place. — Massoudi parle aussi du concours des lumières de plusieurs savants de ce temps pour confectionner la figure du monde (notices, t. VIII , p. U7). •
RASM, 17. 25
diminuée de plus de 10 degrés, avec discernement, puisque cette diminution est opérée pour la plupart entre la Sardaigne et la Syrie. Les renseignements qu'on avait de l'Asie mineure n'étaient pas trop satisfaisants^*). L'origine du Borschan, situé à l'ouest de Koustantiuople, est une énigme à résoudre , son existence se consolide dans la géographie orientale. L'apparition de Ternaouin est encore plus obscure (43).
Le Djcbal ou l'ancienne Medie et la Perse, reçurent d'importantes rectifications. 11 semble même, par la position de Baza, que le golfe persique perdit sa figure carrée et en reçut une plus conforme, oblongue et oblique. Les côtes méridionales de la mer Caspienne, s'ébauchent de la façon qu'il est impossible de ne pas admettre une conception plus juste que ne l'avait le grec sur la direction de sa circonférence. Les géographes progressèrent sur tous les points, et, remarquant les excessives déviations de Ptolémée dans les latitudes, quand ils voulaient les corriger, tombaient maintes fois dans l'extrême contraire, faute d'investigations précises. 11 est évident qu'ils en étaient encore privés, touchant l'Indus, le Sind, le Hind et l'orient ultérieur.
Toutes ces diversités qui constituent l'existence de la carte de rasm radicalement différente, ne sont cependant que des changements introduits dans la carte grecque, des améliorations, des perfectionnements qui renversaient le fond de cette carte. Mais la carte grecque servait de base à l'opéra tiou des géographes d'Almamoun. On le voit, non-seulement aux deux bouts de l'habitable , par le méridien des Fortunées ou par l'île de Touli et par l'Indus depuis sa source jusqu'à son embouchure (**), mais le fond de la base perce sur toute l'étendue de la carte de rasm : ce que nous allons indiquer par quelques exemples.
Le lac Koura et les sources du Nil, bien qu'imaginés autrement, sont rattachés à la position indiquée par Ptolémée, sont calqués sur ses idées.
L'essai de réduire la longueur de la mer méditerranée est décidé par la possession du Magreb et par la counaissance des îles plus rapprochées: mais sa partie septentrionale, chrétienne, inaccessible aux relations régulières, conserve la longitude relative entre Constanlinople et Rome 19° 20' juste comme Ptolémée la donnait. Ce n'est que Meikcluzchre, le temple ptoléméen d'Aphrodite, de Vénus * qui cède de sa position dans
(-14) AbooMeda renonça a la reproduction de ce que rasm rapportait de l*Hc de Thnle et du fleuve
3 ni se perdait dans la nier verte : mais il s'obstine à prôner l'opinion de rasm- sur l'immensité de iban et Djihan de l'Asie mineure. Je suis tenté de supposer que dans toutes ces allégations de rasm, il 7 a an malentendu , qu'Aboulféda s'est égaré et que rasm fut sur ces points plus conforme avec Ptolémée.
(43) Aboniréda ne savait donner aucune explication sur Ternaoun : sa supposition qu'il pouvait cire Taraova de Boulgarie, est inadmissible. Tournova deTbessalie, existait elle assez renommée du temps d'Almamoun? — A cette énigme de Ternaoun , j'espère donner une solution satisfaisante dans l'anal vse de la carte d'Ibn Iounis.
(44) Abonlféda dit, que suivant Ibn Haouknl l'embonclrare de l'Indus est à la longitude de 92* 30 et suivant rasm à 404*; il ajoute à sa remarque : patet ex his, qujutum discrepaut lii duo laudali viri fllins Haukali et auctor rasini, si longitndinesordiamur a litlnrc alluntieo minor erit discrepahlia (p. 1T0). Il veut dire que si l'on compte l'emboucbnre du méridien littoral , on n'aurait que 9*° de longitude. U faut donc croire que i04* sont réellement du méridicu des Fortunés; que rasm comptait ses longitudes du méridien des Fortunées; que toutes les longitudes rasmiennes données par
longitudes du méridien des Fortunées; que
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Hankal . laniielle n'est tuf une saillie d'esnril
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Aboulféda , sont réduites au méridien littoral , à l'exception de celle de l'embouchure de l'Inde qui occasionna cette confrontation avec l'opinion d'Ibn Hankal , laquelle n'est qu'une saillie d'esprit peu
géographique. Suivant Ptolémée la longitude de l'embouchure de l'Inde, était 110° 20' du méridien des Fortunées. Le méridien littoral ne convient pas au système de Ptolémée. Nous reviendrons à ces méridiens plus tard.
26 GÊOCR. AftABS, 830-1030.
celte partie pour s'accomoder à la réduction de la longueur de la mer niéditcrranée.
L'essai de changer et de corriger Ptolémée à l'ouest de l'Eufrale, jusqu'à l'embouchure du Nil , avait peu de succès à cause de la base défectueuse. La direction inclinée, donnée par Ptolémée aux côtes de la Syrie, prédominant l'esprit des géographes d'Ahnamoun, n'a subi aucune modification , resta intacte , incohérente avec la réforme opérée sur le cours de l'Eufrale et sur la péninsule arabique ; elle entraîna dans un# fausse direction la mer rouge. Le vice ptoléméen dans la configuration de la Syrie s'enracina et se perpétua dans la géographie arabe. Ce point géographique avait été réservé aux cxplorcurs latins.
Les bases de la carte grecque restèrent donc indélébiles, mais tous les points ébranlés de fond en comble , n'entravèrent plus les arabes dans leurs progrès.
18. Dans les ouvrages de Ptolémée, les arabes trouvaient de discussions sur les conceptions contraires de l'étendue et de la forme de l'habitable. Us voyaient de très-variées dans les autres écrivains de l'ancienne Grèce, dont les ouvrages tombaient dans leurs mains; on les apprenait par 1 instruction orale de savants chrétiens, spécialement des Nestoriens , associés aux travaux scientifiques cl littéraires. Les géographes avaient donc à choisir dans ces différentes opinions et dans leur choix ils ne purent s'accorder. L'expression de ©«ou/uiv*, de V habitable, admise généralement chez eux, appellait à chercher les limites des possessions humaines et de l'étendue de l'habitable , tant habité qu'inhabité.
L'opinion plus poétique, d'un monde rond, entouré par l'océan environnant, souriait plus à l'imagination des arabes, que celle de Marin et de Ptolémée, qui menaçait de couvrir le globe par un lourd continent. Aussi celle dernière trouva peu d'amateurs. Cependant je ne connais pas laquelle prévalut à la cour d'ÀImamoun chez les auteurs de rasm. L'acceptation de la mer Indo-sinique enclavée dans le continent, ne contrarie point l'admission de l'océan environnant.
Les chrétiens regardaient Jérusalem comme centre de l'habitable. De même les arabes aimaient à considérer leur Mekke pour le centre, pour le nombril, b/tfaUç de l'habitable (45). Cette translation du nombril vers le sud , était non-seulement d'accord avec leur croyance religieuse, mais convenable à leur situation. Les habitants d'au delà de là ligne équinoxiale visitaient les plages de l'Arabie, cl les arabes pouvaient, sans hésiter, étendre au delà de l'équateur l'habitable environné de l'océan. Sous le rapport de latitude, chacun avait raison de sa part. Le chrétien comptait de l'équateur jusqu'à 65 ou 64 degrés de la largeur de l'habitable, avait Jérusalem au 32e degré de latitude du nord. Le mahommédan , descendant des sources du Nil et remontant vers le même septentrion glacial à 60 degrés , avait la Mekke située vers le
(■48) Les musulmans ont une géographie fabuleuse tirée de l'alcoran , laquelle est suirie par leurs docteurs qui se sont attaché plus scrupuleusement à la doctrine grossière de leur prophète. (Dherbelot. art. giagraftah, p. SOI). — M. Reinaud, dans son introd. 6 la géogr. d'Aboulf. (p. 174-484), a donné une admirable explication de ces doctrines kouraniques , qui pouvaient gêner dans la géographie la conscience des mabommédans.
lUftM, 18. 27
42e degré, éloignée à 58 degrés des deux extrémités de b largeur. Mais sous le rapport de la longueur de l'habitable , la thèse du nombril devenait difficile et embarrassante.
Le rétrécissement considérable de la longitude ptoléméenne effectuée 6ur «ne partie mieux connue, n'empêcha point le vulgaire de tenir fermée ses idées : mais contraria l'avis de ces géographes qui auraient désiré de confirmer cette situation centrale. L'habitable, occupant le quart du globe, devait étendre sa longueur sur toute la moitié de la circonférence du globe, et la Mekke n'était pas proportionnellement éloignée des deux bouts de l'océan oriental et de la mer atlantique (46). Au reste les géographes ne tenaient pas sérieusement à cette hypothèse de nombril mekkan , de nombril de l'habitable : à sa place ils désignaient une coupole ou sommité de l'hémisphère. Rasm s'était-il emparé de cette idée? ou ne sait pas; on peut cependant douter : il était trop grec. Son traducteur était plus accessible à l'idée de la coupole.
La longueur de l'habitable, suivant rasm, comptait sans doute 180 degrés, car le titre même de rasm y prévient, qu'il traite de l'image d'un quart habité du globe. La dimension de la mer I ndo-Sin fut cependant bientôt reprouvée : elle était trop ptoléméenne (47).
Pour le compte de longitude, les géographes arabes, ne sachant déterminer aucun point oriental pour le premier méridien, acceptèrent le
personne le rivage occidental (48).
Habitués à lire et à écrire de droite à gaucho, ils tournèrent, pour leur commodité, la carte grecque le haut en bas, ainsi que le sud se trouvant en haut, le nord en bas; l'occident tourné vers la main droite ouvrit aux arabes le moyen de compter la longitude ptoléméenne du méridien occidental de droite à gauche (40).
(46) Pour les fidèles on traçait les plans où la kaaba, la Mokke, go trouvait au contre , et en corda , dan» des aires do rayons , étaient inscrit» les noms dos villes ot des pays du monde, d'après leur position tout à l'en tour de la Mokke. On voit une semblable rose dans Kasvini à 12 rayons (p. 76 do redit, de Wustenfcld ; dans le portulan arabe de 1551 , d'Ali ben Ahmed alscharfy alsifâkcs à 32 ou 40 rayons (Reinaud, introd.p. 498, pi. I, n* 8). Le dessin des cartes , d'après cette méthode , était en usage chez les grecs de l'école d'Alexandrie. I.e navigateur Timostcnes, drossait sa carte sur la rose des vents, placée à Rbode ; Ruodo forma il le centre (vovez nos études de la géogr. an. ienno , bm 12 et 34).
(47) (nveuimus equidem hujus maris (indo-sinici) longiludines et latitudiues in libro qui rasm.... appêliatnr.... sed eu m coiitcmplatus vklcrcm non congruerc veritati, maiui praterire : dit AbonN. fprol. p. 142), et nous laisse privé de renseignements qui pouvaient nous indiquer l'opinion de rasm sur la longueur de l'habitable de ce côté. Aboulféda a passé sous silence et les dimensions des autres
Scographes qui, désignant le canal de communication de la mer Indo Sin avec la mer environnante, insinuaient la longueur de la première.
(48) Ptolémée comptait entre les iles Fortunées et le promontoire sacré de l'Espagne 2* 30', en Ira les îles Fortunées et le promontoire Kotes du littoral atlantique 6* 0', entre les mémos îles et le promontoire du grand allas 8° 0', enfin il reculait le littoral ultérieur à 10 et 15 degrés des îles Fortunées. Chez les arabes , tout cela était dérouté. Le promontoire Kotes se trouva environ 9° 0' du méridien littoral , environ 19° dos iles Fortunées.
S (40} Cette pose de la carte a certainement contrariée l'essai de l'astronome persan M.iscliar, de rendre Djamkout pour le premier méridien. — Toutes les cartes arabes sont loin nées l'occident à roite, le nord on bas, comme on le voit par nos copies des cartes d'Edrisi, d'istakhar, d'Ibn Haoukal , d'Ibn al Onardi. Nous ne nous sommes pas conformé à cette méthode dans les cartes reconstruites, afin de les adapter a la confrontation plus facile avec nos cartes modernes. — Los latius du moyen Age plaçaient le paradis et l'orient en haut, le sud à droite. Cette distinction dos modes de tourner l'habitable de différentes manières, n'est pas indifférente pour nos remarques ultérieures.
38 GÊOGR. AftAJU, 850-1030.
Cependant l'orient rejeté à gauche, était appelé dans le langagtf%iblique et koraniquc Jj^-i le devant; aussi le vent de l'occident était du
derrière; la gauche est le nord; la droite est par excellence le sud; quatre points cardinaux du monde. Pour désigner les directions, on se servait des vents ou des astres. Deux vents, quatre; les vents intermédiaires; une rose jusqu'à douze vents était bientôt en usage (Masaoudi kitab altenbyh, p. 15), parce qu'on les trouvait chez les grecs, et plusieurs vents Turent désignés par les noms empruntés du grec (so). Nous ignorons comment rasm traçait les parallèles et les climats. 11 a dû cependant s'en occuper d'après les prescriptions de Ptolémée. La
science arabe emprunta des grecs le mot climat «J^t aklim avec sa
valeur. Nombre de provinces de l'empire byzantin portaient le nom de kl i mata ; aussi akKm chez les arabes désignait maintes fois province, canton, pays, région. Mais scientifiquement aklim était une bande de l'habitable de l'ouest à l'est, pour laquelle était déterminée certaine longueur du jour. Ptolémée, Marin et leurs prédécesseurs, remontant jusqu'à Hipparche, comptaient ces climats au nombre de sept, et la science arabe les observa d'autant plus que la connaissance de la longueur du jour réglait le temps des prières prescrites par le koran.
19. La géographie de Ptolémée et ses cartes dressées par Âgathodaîmon, n'avaient aucun crédit trop exclusif, pour que d'autres ouvrages antérieurs ou postérieurs n'aient gagné quelque considération méritée. Après un laps de plusieurs siècles, la nécessité de la refonte de ce monstrueux produit a dû se faire sentir et les grecs du bas-empire purent essayer plus d'une fois cette refonte. Horismos , est évidemment un de ' ces essais. Je cherchais en vain dans le système de la carte de horismos quelques éléments des géographes précédents à Ptolémée ; aucun , ni de l'école d'Âthène, ni de celle de Rome ou d'Alexandrie, n'a rien de commun avec la carte de horismos; les éléments du seul Ptolémée s'y retrouvent comme nous l'avons vu lout-à-l'heure par notre analyse : or, l'auteur anonyme grec, dans son horismos, nous offre la refonte de la géographie de Ptolémée et c'est la raison peut-être pourquoi parmi les arabes, horismos était maintes fois attribué à Ptolémée lui-même.
Par qui, dans quel pays, et quand horismos avait été composé? on peut se former des conjectures par sa seule apparition. L'ouvrage ne semble pas être répandu dans l'empire, paraît être même inconnu à l'empire grec, parce qu'il est inconnu aux écrivains byzantins, et les
(80) Les vents cardinaux sont : J *.»3 kaboul, qui souffle devant; \*>5 dabour, qui souffle derrière ; A*J Lj yemanne, vont droit ; A Lyw ëchemal, qui souffle à gauche. Les quatre vents , intermédiaire* : c^j \ ! azyab, SE.; JLlLw» ou L-£j nokayba ou tabye, NE.; v^L» hayf, SO.; Lw-J jA. djerbia, NO.J »iJ libetch, llps SO.; ti>JL ichirsch, cirriut, NO.; £ I y*
borany, boreas, NE., sont les noms grecs; \jS+*~* *c^^>cK SE. est sirocco du moyen âge. —
Los roses réglées sur lo lever et lo coucher des étoiles , dont se servaient les marins , devaient varier d'après les localités , d'après le lever et le coucher du lieu. — Voyez ce que dit des roses arabe* , avec une érudition profonde , le savant Reinaud dans son introd. à là géogr. d'Aboulf. p. 405-209.