GÉOGRAPHES, M
régions connues et des curiosités de chaque pays est inégale : tantôt succinle, tantôt abondante en détails. Elle réunit à la portée de tout le monde, l'histoire, la chronologie et les merveilles de la nature; prodoit du travail humain, commerce et relations réciproques; position relative des provinces du khalifat et des peuples contigus : tout entre dans sa description.
H examine la grandeur du globe, retendue des pays et des mers (de ees dernières, la même qu'Ai bateni inséra dans ses prolégomènes). Il examina différentes caries géographiques , de Marin , de Plolémée et celle d'Àlmamoun lui parut supérieure à toutes (so). L'opinion de la mer environnante commençait décidément à prévaloir parmi les Arabes, et comme Arin se trouvait sous l'équateur au milieu , le monde baigné par l'environnante, représentait tout l'hémisphère sur lequel rasm dressait son quart habité.
Massoudi relate différentes appellations de la mer environnante, de l'océan , delà mer verte et ténébreuse à l'occident (90). Il sait par ses investigations que la mer Djordjan est à elle seule, tous les témoignages des marins sur cette mer étaient unanimes et elle ne se communique qu'avec la mer Nitasch par un bras d'Ilil qui se détache vers Meotide (94). Massoudi explique que les débris d'un navire en bois de Sadj remarqués aux environs de la Crète, purent venir des mers orientales par un canal qui réunit l'environnante avec Nitasch (9«). Renseigné par Soleiman et Abou Zeid, il fait une revue des sept mers de la grande mer Habeschi, dont il indique les limites (indiquées dans Albateny), ne voulant pas admettre son étendue qui couvrirait les trois quarts de la surface du globe (95). Il a-vu une carte dans laquelle le Nil , prenant sa source à 9° 50' sud de la montagne de la lune, formait deux lacs et coulant à travers des sables détachait de sa partie supérieure un bras qui formait un canal séparant Habesch de Zendj et versait ses eaux dans la mer de l'île Kambalou, visitée par Massoudi lui-même. Les Zendj s'étendent jusqu'à Sofala et aux îles Ouakouak, sur un espace d'environ 700 parasanges en long et en large (9*).
C'est dans cette vaste mer Habeschi que se trouvait, dit-on, la coupole de la terre, où l'équateur est coupé à égale distance des tles Fortutunées et de l'extrémité orientale de Sin (95).
Massoudi compare la terre habitable à un oiseau , dont la Mekke et Medine forment la tête; l'Irak et l'Inde l'aile droite; le pays de Gog l'aîle gauche, l'Afrique la queue (oe). Au reste, on peut dire que la carte générale qu'aurait dessinée Massoudi serait telle que celle d'Abou Ishak istakhri et d'Ibn Haoukal, qui suivaient les traces de Massoudi dans leurs lointaines courses.
89) Ketab altanbib, dans le recueil de notices, t. VIU, p. 447.
90) Moroudj aldzeheb, 1. 1, p. 53.
91) Moroudj aldzeheb, p. 79, 80 ; Ketab altanbib , p. 45. 93] Moroudj aldzeheb, p. 71.
93) Ketab altanbih, p. 36. C'est ainsi qu'il réprouve Marin de Tvr.
(94) Moroudj, 1. 1, p. 40, 44, 467. —Ailleurs l'étendue du pays de Zinges au couchant et de Manaa, Massoudi fait remonter à 1600 parasanges et sa largeur à 150 (recueil de notices, p. 54). — M. Reinaud en fiait une mer verte , détache par conséquent Sofala , Ouak onak et tout le Zendj, et les relègue dans la terre inconnue dont il a tracé l'ébauche dans une carte (pi. i, n* 4), composée pour Massoudi.
(98} Morondj alzeheb , p 35.
(96) Recueil de notices, p. 6. — Voyez atlas; n° 2.
40 GÉOGJt. AR1BB, 8*0-1050.
23. A*ou Isbae al Farsi al Istasbki, persan d'Istakhar, composa aussi un ouvrage géographique sous le titre du livre des pays ou livre des climats (kitab al aklim). Il visita plusieurs provinces du khatifat et ce qu'il dit de Khousistan, de Irak» de Dilein, de Mavarannahar, eu partie de l'Arabie, c'est d'après ce qu'il a vu. Sa description ample et neuve partout, est maigre dans le Magreb occidental (Espagne) et oriental (Afrique). Elle suit les provinces, donnant de chacune les généralités, les limites, les divisions, les villes et places avec ce qu'il y a à observer de curieux; les fleuves, les lacs, les montagnes, enfin les distances des lieux. Abou Ishak l'istakhrien fit accompagner cette description de cartes géographiques, générales et spéciales, qu'il dessinait ou composait lui-même (97).
Vers 945 ou 950 l'ouvrage d'Abou Ishak Istakhri avait été terminé. Examinant les cartes dessinées par Ibn Haoukal et lui communiquant les siennes, il remarqua qu'Ibn Haoukal était très-instruit, il lui confia en toute sécurité son ouvrage , rengageant à le rectifier où il y a Heu. Ibn Haoukal s'en acqulita et le corrigea, laissant tout ce qui était à l'auteur (os).
AbouKassem Mohammed ibn Haoukal se livra dès sa jeunesse aux études géographiques, ou plutôt à la connaissance des pays qu'il devait un jour parcourir. H était déjà assez versé, lorsqu'il échangea les tableaux géographiques avec Abou Ishak et corrigea l'ouvrage de celui-ci. Ensuite il se mit en voyage, afin d'explorer le monde. Il prit les ouvrages de Kodama et de Khordadbeh et partit de Bagdad en 942; suivit les traces de Massoudi dans le Sind et pénétra plus en avant dans le Hind ; en 950 il se trouva en Espagne ; en 968 on le voit en Mésopotamie; mais en 970 il visite encore l'Afrique. Après ces pèlerinages réitérés et prolongés, il se mit à l'œuvre et composa une description géographique, à laquelle il donna le titre de livre des itinéraires et des provinces (kitab al mesalek ve al mameiek), qu'il acheva vers 977. Il avoue qu'il lui était nécessaire de puiser quelquefois dans l'ouvrage
(97) La géographie de Abou Ishak istakhri a été traduite en anglais et publiée sous le titre êè*: tlie oriental geography of Ebn Haukal, translated of sir William Ouseley, London, 4800. Le traducteur ne savait pas que le nom de l'auteur serait bientôt à découvert et commit une erreur dans ses conjectures. Le texte dont s'est servi Ouseley pour sa traduction , est persan. — De cet important ouvrage, parce qu'il semble sortir de la première main , un manuscrit du texte arabe se trouve à Paris , accompagné d'une carte générale. Un antre code du texte arabe fut depuis peu apporté par Seetzen , pour la bibliothèque de Saxe-Gotha. Ce dernier avait été multiplié au moyen du procédé lithographique, sous le titre : liber climatum , auctore acbeiho Abu khako el faresi , vulgo el istakhri ad similitudinem codicis gothani accuratisaime delineandum et lapidibus exprimendum , curavit , J. H. Moeller, Gothae, in libraria bekkeriana, 4830. Mais ce facsimilé n'était point mis en vente. — A. D. Mordtmann a fait un bon usage d'un de ces facsimilés, en le traduisant en allemand, sous le titre : das Buch der Laender von S. Ebn Ishak el Farsi el Ischtakhri, Hamburg, 4848, in-4*. — A quoi se rattache pour les premiers acquéreurs du précédant , la version italienne de la description de Segestan : il Segestan , ovvero il corso del fiume Hindmend , secondo Abu Isbak el Faresio el Isstachri geografo arabo (par Antonio Madini), Milano, 4843, in-4°.
(98) Occurri autem aliquando Abou fshako al faresio, qui tabulant geographicam regionis Sind , at corruptam , egregiam vero Persidis confecerat. Hic tabulant Adzerbedjanae, aliamque Mésopotamie pariter à me confectam, summis laudibus extulit. At tabulant Aegypti, quippe viciosam, aliamque Africae, majoribus etiam vitiis inquinatam rejecit, dixitque : equidem nativitatis tuai tempus et bons indolis vestigia inde considérons, te rogo ut hune meum librum entendes, ubicumque beitum fecero. Tum ego istum, variis modis correxi, Abou Ishako tanquam auctori relinquens (Ibn Haukal, ad finem descr. Sind, cod- p. 470). — Cette communication a du avoir lieu vers 944 avant le départ du jeune Ibn Haoukal , au plus tard après l'excursion de celui-ci dans le Sind. C'est à la suite de cette communication que Istakhri a mis la dernière main à son ouvrage. Ibn Haoukal était alors adolescent , bonac indolis.
CÀBTflS GiOGft APIHQUES , *4. 41
d'Atoa Isbak, mais il déclare mi même temps, qu'il serait honteux de mettre à contribution ee que tes autres élaborèrent. Malgré cette protestation, la consotnoanœ de son ouvrage avec plusieurs de ceux de ses prédécesseurs, spécialement avec l'ouvrage d'Abou lshak l'isiakharien, prouve qu'il sfest aidé de ieurs paroles, qu'il les exploita , ajoutant et intercaltaiit ce qui lui semblait bon pour former son propre livre des itinéraires et des provinces (sa).
24. Les ««leurs de descriptions, dont il y avait un nombre assez considérable, avaient besoin d'avoir sous leurs yeux les cartes géographiques. U serait probable , que les cartes de kitab rasm al mamouri , rendaient à plusieurs ce service : mais elles devenaient insuffisantes à mesure que les explorations postérieures procuraient de nouvelles couuaiesauces. Chacun y voyait la nécessité d'y rectifier, d'y changer, d'y ajouter bien de choses. Presque chaque voyageur ou descripteur notait les distances, observai les positions relatives : chacun avait donc te moyen décomposer les cartes, oifrant des situations assez déterminées. Mais pour les voyageurs ordinaires, il n'en fallait pas autant. Ils notaient les •distances et un tableau figuratif, crayonné à vue, une peinture géographique > chargée d'épigraphes, suffisait à rappeler à. la fois toutes les localités d'une province. Les mers, les fies, les lacs, les marais eu forme de cercle; les villes rangées sur une ligne ou nebiquetées; les montagnes saillantes par leur énormité; les fleuves -larges, eounbés en arçon ou «tirés en ligne droite, le tout enluminé de couleurs éclatantes et vives, composait ces tableaux géographiques. Ajbeu lshak et ibn Haoukal élaboraient ces sortes d'images.
Cependant,, au nombre de ces tableaux , il n'en manquait pas de vicieux , fie parfaits et moins satisfaisants. Le tableau istakharien de la JPenside était excédent, celui du Sind erroné. Les tableaux haoukaliens -d'AdWbé«tyan et de Djezira méritaient tout l'éloge ; ceux de l'Egypte et de l'Afrique vieietni, réprouvés ( i oo).
{99) Libres Ibn Khordadbeki etKodamac, nunquam de manibus deponebam... istum (Abou fshaki librum) variis modis correxi... Doin ad hoc opus unicc me applicare , ejusque correctionem formamqne omaem et ejxpositioxtemjsequi, ueque ad oonuncntotioaem Aboul Faradji amplitis me cenferre constitui , quamvis ista in universum vera sit et ab oowi pacte idem mereatur. Quamvts eitim uecesse fuit ut ex ea (Abon Ishakî) intercum alîquid in hune (meutn] librum referrem , turpe tamen .uadiee ttlis fréquenter uii, in gaibus attique praeter me élaboreront et occnpati fuerunt (Ibn llaukal, ad fin. descr Sind , cod. p. toi). — Voyez ce qu'en dit Pierre Jean UylenWoek dans son spécimen 'géegrapbtco historicam exhibens disseitationem de Ibn Haukalo geographo, nec non descriptionem -trace persice, iiUgriwtt batavorum, 1824 in-4°. — ;La description de l'Irak persan ou de Djebal, est k> seol fragment d'îhn Haonkal qui est édité. Le manuscrit entier se trouve dans 1a bibliothèque de Leyde, dansla bibtiot. bodleiemie, et dans celle de Paris. — La publication anglaise d'Ouseley n'est
3ue la géographie d'istakharien , comme nous l'avons dit dans la note 97, eu plutôt une qui n'est ni e l'-un ni de l'autre. Plusieurs écrivains s'avisèrent de fondre ensemble lès deux traités aussi concordants. Il existe à la bttrt. de Vuniv. de Sologne un volume accompagné de cartes, qui offre à la fois .le-véeit de ces 'deux auteurs, eusetey 6'était servi d'un semblable, et lui-même comprit l'erreur quand il Acquit une veraion persane, dont le texte n'est pas mélangé (Reinaud, introd. p. 87).
(406) Voyez la note 98. — Le code gothan de Istakhar est. accompagné de 49 tableaux géographiques, d'autant plus précieux que le manuscrit est une copiefrès-aaeieaoe, exécutée par un-chrétien, vers la fin de l'année 1173. Tous les dix-neuf sont multipliés lithographiquement par Moeller. Hordtmann n'en a donné que cinq; Madini, une seule. Nous reproduisons dans notre atlas les six èl**eh«Me diminuée : la mediteryaaée et la Perâde, sont réduites à moitié ; l'Irak , le Sedieetan et le Havaralnabar À un tiers de l'échelle, et la ner kaspienneà un quart. — La<Perside offre le tableau , sfpudifié j>ar Um fi*o*kal , d'excellent. — Quant à la carte générale do l'habitable elle se trouve (aveu twfees Jes autres), dans une tiatdudieo libre du traité dïstakhrien persan , dans la iribl. nationale à Parts» «UjtpL peVs.-n"38. #e«e puis avoir son calque, qu'il n'ait paru dans l'introduction pleine de^Btofondosrecheiietie» de M. Reinaud. C'est donc cette carte que je reproduis comme elle y est 4è , réduite àjpeu jurés à-irois huitièmes «de l'échelle (voyez les n* 4015 et 17 de notre atlas).
42 GÉOGfi. AHABB, 830-1Q30.
De semblables images géographiques pouvaient être du gont d'autres auteurs de géographie descriptive, auxquels de plus savants, de plus versés dans la théorie de dessiner les cartes, ou portés à faire valoir la méthode mathématique, reprochaient l'ignorance ou la négligeance des latitudes et longitudes géographiques. Peut-être ces images contentaient plusieurs auteurs énumérés de la géographie descriptive; peut-être elles contentaient et les autres qui parurent successivement avec leurs ouvrages : Abou Abdalla Mohammed Ibn Aïas, qui composa l'odeur des fleurs et les merveilles des régions; Al Hassan ben Ahmed le mollabite, dont le livre des itinéraires et des provinces est qualifié (vers 900) d'azizien , en l'honneur d'Àziz kbalif fatimjde, ce qui communiqua à l'auteur lui-même le nom d'Àziz, d'azizien (ioi); Hossaïn Ahmed al Khale, mort 990, qui laissa un traité des rivières, des vallées et des montagnes; Schems cddin Abou Abdallah Mohammed ibn Abou Thaleb le djebalien ansérite , mort 994, qui composa le choix des cas de la fortune, contenant les merveilles de la terre et des mers; Schems eddin al Kodsi, né à Jérusalem, qui composa en 4023 une géographie qui porte son nom ; et quantité d'autres écrivains de l'époque et postérieurs.
Mais ces images géographiques ne pouvaient aucunement satisfaire les géographes astronomes, ne pouvant leur donner des longitudes ni latitudes combinées par des distances. Le résultat de leurs travaux ou de leur conception, donné dans leurs ouvrages, en longitudes et latitudes géographiques, démontre l'existence d'autres cartes, de cartes d'une toute différente composition, basées sur les données géographiques, sur les règles mathématiques, élaborées scientifiquement» conformément à la théorie qu'ils prêchaient dans leurs ouvrages. La carte de rasm el mamouri était de cette nature. À son perfectionnement concoururent peut-être les premiers astronomes : mais nous avons peu de motifs à leur attribuer un progrès rapide. Depuis l'apparition de la carte de rasm dans le monde littéraire des arabes, un temps considérable s'était écoulé, avant que la composition des cartes de cette nature, prit une activité plus remarquable. Massoudi n'a vu de meilleur carte que celle d'Almamoun , élaborée cent ans antérieurement.
Nous avons laissé les astronomes d'Almamoun, leur collège et leur concours à Bagdad. Ils y observaient le ciel et d'habiles mécaniciens préparaient à cet effet les instruments astronomiques. Un d'entre eux , Ali ben Isa, obtint le surnom d'al astralabi, faiseur d'astrolabes, à cause que les astrolabes de sa fameuse et excellente fabrique se répandaient dans tout l'empire. Après lui , le grand fournisseur d'astrolabes était Hamed ibn Ali le vaselien.
Syed (ou Send) ben Ali, et Kbaled ben Abdulmalek, qui assistaient dans leur jeunesse à la mesure du degré dans les plaines de Yaset , s'établirent à Damask, où ils observaient dans l'observatoire jusqu'à leur vieillesse (encore vers 860) (loa).
(101) L'azizien mollabite connaissait les observations astronomiques de l'Egypte sous les fatimides, mais on ne voit pas dans Aboulféda, qu'il en ait fait un usage géographique dans son livre.
(10%) Ayeen Akbery, apud Delambre, liist. de l'astron. p. 235. — Def époques qu'assigue Ayeen Akbery à la naissance et à l'existence des observatoires renommés , on obtient deux années pour la composition de son ouvrage. Des époques des observatoires de Dagdad, de Damas et de Maragha, Tannée 1650; de celles de Hipparche et d'Ouloug beig, l'année 1600. Les chiffres de l'époque de l'observatoire de Raka 6B4, et de celui de Ptolémée 1410, sont lezés. Le premier doit être 784; le
IBIf IOUNIS, 83. 45
Successivement se formaient les observatoires en Egypte, à Kordou , à Samarkande et dans d'autres lieux de l'empire. Partout , à chaque occasion, on observait le mouvement des corps célestes.
Iwt louais, 1008»
25. ABOUL HASSAN Axi BEN ABDERRAHMAN BEN ÀHUED IBN IOUNIS (l03),
né en 979, se livra à l'astronomie , cédant à la persuasion du khalif Aziz, qui lui en facilita le moyen; il composa à la suite de ses observations, les tables astronomiques, qu'il dédia à Aziz. Après sa mort il prépara une autre rédaction de ses tables en la dédiant à son fils et successeur le khalif llakem (996-1020); désormais les tables sont connues sous le nom de hakemites. Il y mentionna sa dernière observation du 7 novembre 1007, et mourut le 31 mai 1008.
Dans son ouvrage astronomique il traita de la géographie. Il dit, que les longitudes se déterminent par les éclipses de lune, qu'il faut avoir des instruments éprouvés et s'être préalablement exercé aux observations; qu'il faut savoir d'avance, en quel point du disque doit commencer l'éclipsé. Il donne les positions géographiques des lieux , par leurs longitudes et latitudes géographiques. Les longitudes sont pour le méridien de Raïr, à 55° 0' du point le plus occidental, ou 125° 0' du point le plus oriental. Or, Ibnlounis donnait à l'habitable une longueur de 180° (104).
La carte géographique , dressée d'après les longitudes et latitudes de la table des positions , pourrait déceler le point d'avancement que les arabes ont fait depuis que la carte de rasm commença à les diriger. Malheureusement cette table n'est pas publiée. Nous n'en connaissons qu'un petit fragment, dont nous allons nous servir (105). Ce fragment nous indique les positions de huit villes du Djebal (ioe), et leurs longi-
êecond U40. Le premier confirme dans l'ordre Tannée 4630, l'autre l'année 1600. Delambre accepte cette dernière pour Tannée de la composition de l'ouvrage d'Ayeen Akbery. Sans scruter l'origine de cette double donnée , je pense que l'année 1030, peut être acceptée pour la dernière rédaction d'Ayeen Akbery.
(103) Ben Abdulala , ben Mousa, ben Maïsara , ben Afes , ben Hiyan.
(404) C'est ce que dit Delambre, kist. de l'astr. p. 97, 98. Mentionnant les tables des positions géographiques, il ajoute : nous ne dirons rien de ces longitudes : les arabes pouvaient les avoir rendues moins défectueuses, mais ils n'avaient encore aucun moyen pour les rendre un peu passables (p. 98); ontre les incertitudes inhérentes à ce genre de détermination, on remarque des négligeances et des erreurs, qu'on ne peut attribuer qu'aux copistes (p. 133). Nous verrons quelle peine donnent dans ce genre les erreurs des- copistes
(405) L'ouvrage d'Ibn Iounis existe en manuscrit à la bibl. de Leyde. Delambre en a donné un résumé dans son hist. de l'ast. p. 97, 98. — Dclisle publia un extrait en arabe avec une version française dans le Vil* vol. des notices et extraits des manuscrits de la bibl. p. 16 et suiv. : mais il a négligé d'y insérer la table des positions parce qu'elle n'est pas de l'astronomie. A cet effet, le manuscrit de Leyde séjourna à Paris vingt ans. — Ecce! s'écrie dans Tannée 1821, Pierre Jean Uylenbroek (de Ibn Haukalo, praefat. p. 17), peropportune ad nos pervenit codex Ibn Younesi astronomtcus, post viginti annorum absentiam, Hamakeri cura Parisiis Leydam renocatus : et il extrait de la table des positions , les longitudes et les latitudes des villes du Djebal.
(406) Nehavend Vf IV V [^ 30° 0'
Hamdan Vf 73 0 f*"J 56 0
Kom ôô Vô 75 83 ô fô 58 8
Raï. [*» Vô 78 tO fO pÔ 38 4»
Schalirazour f ♦ \* 70 40 fô f""j 36 43
Xazvin Vô 78 o ["*] so 0
Dobavend f"» V^ 76 30 ôô f*"1, 5G C~»
Isfahan f ♦ Vf 74 40 f\ ff- 34 5J
(P. J. Uylenbroek , de Ibn Haukalo, p. ).
ta GÉOGR. ARABB, 8304030.
tude&et latitudes, ne sont suspectes d'erreur» que dans la position de Kasvin. Sept de ces villes se trouvent dans te carte de rasm , et leurs positions , sauf les erreurs, sont justes kg mènes. Par conséquent la latitude de Kazvin 36* (K, peut être rectifiée par la latitude de rasm en 37# &. De même quelques erreurs insignifiantes pourraient se rectifier réciproquement. L'identité des positions de sept lieux du Djebal de la carte de rasm et de la table <TIbn lounis est patente» Ainsi u est évident qu'Ibù lounis suivit sur ce point [Indication de rasm , et en la» répétant, Ta laissé intacte («nj.
Rasm du khovarezmien donnait au Kaïr pour longitude 54° W. Ibn lounis, comme nous l'avons dit, rondement 55° C. Cette différence peut dériver des observations astronomiques de la position du Kaïr relativement à la Mekke, dont Âboulféda envisage les conséquences; ces observations abstraites, isolaient de la carte la position deKaïre; mais je crois qu'elles n'empêchent point de présumer, par la conformité des positions du Djebal, qu'Ibn lounis suivait encore, de même qufe ses prédécesseurs, la carte de rasm du khovarezmien, amplifiée seulement par de nouvelles additions , sans qu'elle ait été refondue.
Î6. Mes argumentations et mes conclusions, formées et exposées par écrit il y a deux ans dans cet ouvrage, pouvaient passer pour des conjectures insuffisantes et fragiles. Afin d'obvier à une semblable objection le plus sûr moyen me restait dans la reconstruction de la carte entière de l'astronome, pour laquelle les matériaux, on sait, se trouvent dans le manuscrit de Leyde. L'intervention amicale du savant Schayes m'a heureusement procuré ce moyen : je suis en possession des tables des positions copiées du manuscrit de Leyde , et je vais à la reconstruction: de la carte d'Ibn lounis (tos).
Ces tables occupent quatre pages, dont trois à deux colonnes r fla quatrième à quatre colonnes ; six colonnes sont pleines , chacune de trentes positions, les quatre autres moins remplies à cause des omissions et de quelques interruptions. Ces dix colonnes contiennent ainsi 290 positions nommées, dont douze ou treize sont nommées deux fois (109) ; par conséquent, le nombre se réduit à 277, dont il y a 51 défectueuses, privées de longitude. Restent 226 pour la construction de la carte, dans laquelle nous avons pu fixer une quinzaine de positions défectueuses, et se servir de plusieurs autres. Nous avons pu aussi rectifier ou expliquer les erreurs d'une quinzaine. Dans la carte spéciale de l'Egypte, un nombre plus considérable céda à nos combinaisons, plusieurs en ont échappées.
(107) En effet, la conformité des latitudes et longitudes de ces sept villes, puisée dans les deux sources, est plus décisive et ne diffère que dans la longitude de Keum , 74° 0' de rasm , 75* 0' du manuscrit d'îbu lounis. Toutes les autres, même celle de Kazvin, dérivent de la copie, et de la publication de Uylenbroek. La copie des tables des positions , que je reçus du manuscrit de Leyde, contredit ces différences. Elle va nous occuper de suite.
(108) Je suis affligé que mon ami Schayes ne m'ait mis en état de nommer les personnes auxquelles j'ai l'obligation de la copie. Tout ce que je sais, c'est qu'un jeune homme instruit la prépara et quelle était revue avec soin par un savant orientaliste. — Nous avons publié ces tables dans notre atlas n° III , en caractère latin, observant les pages et les colonnes du manuscrit. A la fin de ce volume nous donnons l'original arabe.
(109) A savoir : Toleitala, Kordouba, Bagdad, Roufa, Ankar, Tennis, Akhmim , Kotaown, Dautal, Karama ou Farama, Soan ou Assouan , Uisr ou Foalat, Rat ou Mari.
IBK UMHIIS, 37. 4&
dans le manuscrit ces tables sent écrites en ronge. L'écrivain du manuscrit semble avoir étudié sa copie, parce que maintefois il inséra le nombre double- de degrés on de minutes, probablement dans Pincent* tade de la leçon, on suivant ses meilleures connaissances. Il corrigea aussi plusieurs noms en encre noire et lesflt accompagner de ses observations (ioo).
La suite de 29G noms, offre trois divisions, dont nne est interrompue par les deux antres. Cette interruption commence avec la sixième colonne. La première division se compose de 119 noms qui remplissent lès cinq premières colonnes ; interrompue sur ce point etleest complétée à> la fin dans la dernière et avant dernière colonne , par 52 position» in* titulées : ^ vJI y? ^ en outre la table. Elle est destinée à composer
une carte £ générale, une nrappe monde.
Dans l'intervalle de l'interruption, la sixième colonne contient 50 positions de l'itinéraire de Bagdad à la Meike; ensuite, dans la septième colonne 16 positions au nord de ta Mekke sur la direction vers Médine. Vient alors la troisième suite, qui offre dans les septième, huitième et neuvième colonnes 63 positions le long du Nil, ou de l'Egypte. Ainsi, les trois suites: 181, 46 et 63 forment la somme de 290.
C'est la division de tout cet assemblage de positions. Quant à l'ordre , il n'est observé que dans les positions de Hlinéraire et de son complément, où il garde la succession montante ou décroissante des latitudes. Nous tâcherons de retrouver une subdivision dans la suite égyptienne : mais dans la grande portion générale, l'ordre est négligé; ni la latitude, ni la longitude, ni les climats ou provinces, ne guident l'assemblage: tout y est pêle-mêle, ramas de 181 positions. Cependant, comme cet assemblage est extrait ou d'une carte géographique, ou de tables mieux coordonnées, on remarque quelque fois par intervalle des suites d'emplacement suivant la marche tantôt de la latitude, tantôt de la longitude, ou réunissant plusieurs lieux de la même province : Khousistan, Djezira, Irak, Djebal sont épuisées sor lai première page, de même Tabaristan, Mavaralnahar , Kerman, Arabie sur la seconde : mais il n'en est pas de même avec les lieux des autres : ils sont dispersés partout.
27. Comme tous les autres manuscrits arabes, celui de Leyde aussi offre de graves difficultés dans la lecture des noms et dans le discernement des chiffres. Le désordre de l'assemblage augmente infiniment ces difficultés , parce que les noms ne sont accompagnés d'aucun renseignement, à l'exception de quelques positions, annotées qu'elles sont de l'Iemen, aucune ne s'explique, on ne sait à quel pays elles appartiennent; l'itinéraire et l'Egypte contiennent de noms obscurs, souvent privés de points diacritiques.
(446) C'est ainsi qu'à cote* du nom écrit en ronge et tapasse du noir LJlX) , il annote» la marge- en noir .« U**.> Donnant la position de Mfenfalout , il ajoute Texplication que tes places
MUtaoaadeC à-Vwt do NU, pare* que nadUaiatattidBlasftieégnftManie (MsigMit les emplacements occidentales. Sur la marge il fait une remarque que Tunis , n'est point de la latitude 89* (T
W. (Test satatttsa a^fcasteovaaiiMance. Mais il este
(cmm la tablé rtadiaaw) aamia tJuiftl 89» W. Cerf uaiaftt. ta atttttMweMaaSMance. Mais il est en erreur quand il explique dans sa *(to>mu^to**memàia\4êW&9mm)ri** Raida tytbaft.
46 CÉOGR. ARABE, 830HO50.
Sous le rapport des chiffres , le manuscrit, on peut dire , est très satisfaisant. Sur 181 emplacements, dans la carte générale, nous avons une trentaine d'erreurs. Dans ce nombre aucune ne se présente qui résulterait directement de la confusion dn premier méridien. Nous possédons cet assemblage directement de Fauteur astronome ; la cartographie arabe, quoique au berceau, n'était pas encore embrouillée de cette confusion qui accable dans les temps postérieurs les ouvrages des répétiteurs et compilateurs. Toutes les erreurs du manuscrit de Leyde, résultent des méprises de la lecture, ou dos erreurs grossières de distraction , qui sont très-fâcheuses; engendrées par une véritable hallucination de l'esprit du copiste, elles ne peuvept être livrées qu'à la merci de corrections toutes arbitraires. Dans les erreurs de méprise
on remarque quelquefois l'échange de ) un, et de i> neuf; l'échange
de o/ 20 et de J 30 (m).
Composant la carie générale de l'astronome Ibn Iounis, nous avons à combattre les erreurs qui s'accumulent sur Djezira, affectent un peu dans le voisinage Scham et Irak. D'abord les places dispersées: Sindjar, Harran, Mausel, demandent, je pense, leur rétablissement de la manière suivante :
Sindjar de long. U 71° 0' latit. li L» 41° 25rf
— jL G7 0
Harran de
Mosul de