V-J~w Siniz
(**6) Von Soriana nacb Sindam, «ngefahr 8 stationen ; von S'mdam naoh S&aïmur 8 stabiottefl J von Szaïmur nach Serindib 43 stationen (Abou Ishak istakhri, ver si o Mordtmanni, p. 85).
0, lalit.
fît Djenaba
tMAMi Siscli, c'est évidemment
50 GÉOGR. ARABB, 830-1080.
Enfin , fignore comment expliquer ^yj longit. 75° (r* latit, 55° 45' position à ce qu'il semble de Djebal. — De même je ne sais comment expliquer et fixer celles du nord :
iJUbJ Kartania long. 27° C, latit. 52° 10*.
J^Jl Mari .. — 59 40, — 59 56.
j:J)l Raï. . . — 69 40, -- 59 45.
On peut présumer que Mari et Rai, ne sont que la même position deux fois répétée, offrant Terreur dans Raï. Les Arabes, à l'époque de Ibn Iounis, savaient que tous les Slaves descendaient de ^jL» Mari, fils de Japheth. Peut-être sont -ils désignés par ce nom sur la carte de Ibn Iounis. Kartania peut être est une portion de Slavonie *J Lki J Karantania , Karintia. "
50. Avant de réfléchir sur la carte que nous avons reconstruite, je veux examiner un peu l'itinéraire de Bagdad à Mekka. Cet itinéraire se présente sous une forme assez drôle. A partir de Bagdad , long. 53° 0' latit. 33° 0' , il s'arrête à Djatareh et Bekras long. 21° 0y, latit. 21° 0' (i»a) et forme une diagonale d'un carré de 12 degrés de hauteur et de Ion-
§ueur. Les positions serpentent autour de celte diagonale, où se placent e soi-même : Bagdad, long. 33° latit. 33°; Koufa, 32 et 32; Sofouf, 29 et 29; Faîd, 27 et 27; Maaden, 26 et 26; Arah, 23 et 23; Hamiar, 22 et 22; Bekrar, 21 et 21. Ainsi , toute cette suite de 46 positions, donne à chacune le même nombre de degrés de latitude et de longitude ; les minutes seulement varient beaucoup, ne sont les mêmes pour la longitude et la latitude à la fois, que trois fois, et huit fois là où les degrés sont sans minutes. Il est donc probable que les minutes de la longitude sont préservées de la dépravation : mais les chiffres des degrés dans les longitudes disparurent , parce que les copistes substituèrent à leur place les chiffres de la latitude (voyez n08 8 et 9 de notre atlas).
Les traces de cet itinéraire disparurent des cartes modernes , elles se retrouvent dans les cartes anciennes jusqu'à Delisle. Dans son Arabie et dans l'Arabie de ses prédécesseurs des xvne et xvie siècles, on retrouve souvent : Schofouf, Taglabia ou Taalabia, Faïd, Maaden (Noukra) où le chemin se fourchait vers Medine et vers Mekka , où les chemins se croisaient*, celui de Koufa à Mekka avec le chemin de Basra à Medine; Maaden béni Selim , Amirah (Amrah) , Dhatarek et sur la direction de Mekke à Medine vers la mer Osfan , Kodeid et quantité d'autres; dans l'intérieur de la terre, Batnel Nakhl et autres sont mentionnées plus souvent. Dans les géographies d' Abou Ishak istakhrien et d'Edrisi , oq retrouve plusieurs autres noms encore; le reste est à rechercher dans les descriptions détaillées qui ne manquent pas aux arabes (m). Les
(427) La lecture de Bekras , est tout-à-fait incertaine. Peut-être Bekraton.
(428) Zabala, Taglabia sont nommées par Edrisi, une station ruinée; l'autre, réunion des arabes et marché (III, 6, p 365). — Jcnsaits Schofnf kommt man in den District Taï bis Maaden el Nukra, der Lange nacb... Jenseits Maaden auf demWege nacb Médina, wohnen die Selim (Abu Ishak istakbri, p. 42). Dcr Weg von Kufa nach Mekka wird ungcfahr um 3 stationen abgekurzt wenn man ber Maaden Nukra den weg nach Médina verlasst , und fiber Maaden béni Selim und Dhat Erk , nach
Mekka reist (Abu Ishak, p. 45). — 8 JuJ I ,i «Xx* Maaden el Bakri (Nukra) est un bourg grand
et populeux où se réunissent les pèlerins de Bassora et de Koufa (Edrisi, II, 6, p. 457, ISS; in, c, p. 571). — Faïd est connue de tous les géographes; Dhatarek est nommée par Edrisi (U, 6, p. 455), et par tous les géographes.
IBM IOUNIS, 30. 51
arabes ne comptaient que 5 à 5 degrés de la longitude relative entre Mekka et Bagdad. On sait aujourd'hui qu'elle ne tient que 4 degrés. Les géographes des xvr3 et xvn« siècles, encouragés peut-être par cette routière diagonale de 22 degrés, guidés par d'autres motifs dans leurs compositions géographiques, assignaient entre Mekka et Bagdad plus de 8 degrés, et éloignaient les positions routières de leur direction; ainsi leurs caries ne donnent point de renseignements qui pourraient déterminer les positions privées de longitudes (429).
Mais puisque les géographes arabes admettaient qu'entre Mekka et Bagdad il n'y avaient que 5 ou 4 degrés, et qu'Ibn ïounisn'en comptait que 5, les douze de l'itinéraire ne sont qu'une grossière et monstrueuse erreur, résultat de la disparulion des chiffres auxquels la copie substitua le» nombres latitudinaux. Ne se dirigeant donc que par les latitudes et les minutes de la longitude, on pourrait, avec beaucoup de probabilité, redresser la longitude de la cane routière de 5 degrés, comme les arabes la dessinaient à l'époque d'Ibtt Iounis. Les premières positions s'arrangent de la manière suivante :
Bagdad .... longit. 70* Of, lalit. 55° 10
lalit.
Kasr (ibn hobeira). — (60) 47, — 52 50
Rinater .... — (69) 22, — 52 10
Koufa — 69 50, — 51 50
Kadesia (iso) . . — (68) 44, — 51 50
Par cette opération, nous trouvons que Kasr répond à la position de Kasr ibn hobeira: Sur la route ultérieure, la même opération place sur notre carte d'ibn Iounis :
Zabala. . . . longit. (69e)
Sofouf. ... — (69)
Taglabia ... — (68]
Maadcn (Noukra), — (68
Maaden béni Selim, — J67j
Amirat (Amrah). — (68)
Dhatarek • . . — (67)
Nous possédons beaucoup plus de renseignement sur le chemin le plus commode de 6 journées de Mekka à Medine. Edrisi nous les fournit et engage d'utiliser les latitudes et les minutes longitudinales des tables 4'Ibn Iounis pour fixer la position de la plupart de l'itinéraire. Elles se rangent comme suit :
Asfan ou Osfan. . long. (66V» 58f latit.
Kodeid .... — 65 57 —
Hadjafa (Djohfa) . — (65) 6 —
Aboua(Abra) . . — (65) 57 —
(429) Que les géographes des xvr* et tvir* siècles profitaient des descriptions ou des cartes arabes , je n'en doute pas , parce qu'on remarque dans leurs compositions reproduites quelquefois les positions déplacées par descopistes arabes. Fium au sud de Behnesa, Kous, Àsna, Erment otc.Siraf etc., se montrent déplacées par cette impulsion. Je présume que ce sont les géographes italiens qui puisèrent à la source impure : les autres les copiaient. .
(430) Le manuscrit de teyde donne à Koufa la longitude de » \ ,Xw 61° 30' ou 80'. Aboul-
féda trouva dans rasm une longit. de 69° 30'. *■'
Sakafa (Sakia). . long. (65) 50 latit. 22 45. Sebala .... — (65) 30 — 30 40.
on mieux (24) 40.
La position de cette dernière ne se détermine pas satisfaisamment par la latitude de 23° 40'; il y a 70 milles entre Sakia et Sebala et 35 de Sabala à Medine (131).
Mais les tables du manuscrit de Leyde nous font un plus grand défaut pour le chemin qui conduit de Medine à Maaden en Noukra. Ce chemin se dirigeant à Test, monte vers le nord, et les latitudes des tables lui assignent la direction sud. Les minutes mêmes ne répondent pas aux distances connues : elles s'accommodent mieux aux distances quand on prend les minutes de la latitude pour la longitude , et viceversa celles de la longitude pour la latitude: toute fois les nombres pour les degrés sont à inventer. Par cette opération trop arbitraire nous avons (i3«) :
Taref .... long. (65)° 30, latit. (25)° 23. BatnetNakhl. . — (66) 0, — 25 40.
Asila ( Kasaïla ) . — (66) 30, — (26) 6.
31. Les itinéraires de Bagdad à Mékka et de Mekka à Médina, déroutes qu'ils sont par la destruction des longitudes, décèlent l'existence des cartes spéciales, élaborées sur une échelle le compas à la main, garnies de méridiens et de parallèles. De ces cartes spéciales, bien coordonnées,
(134) Voici ce que dit Edrisi, dout la description peut aussi rectifier les noms du manuscrit de tcyde. De la Mekke à Batn-meri 46 milles. — De Matn-meri à A'sfan, à 10 milles de distance de la
mer, 32 milles. — De A'sfan à Kodeid , à S milles de la mer, 24 milles*. — De Kodeid à AAf^f
Djohfa /aq^O] Hadjafa du manuscrit de Leyde), située à 4 milles de la mer, 26 milles. — De
Djohb à j kj jî I Abra (' «J iv I Aboua du manuscr.) 27 milles. — De Liu*J ! Essakia (UtJUtJ I ïssakfa du manuscrit] 27 milles. —De là à A£>* J 1 Rouitba, 86 milles (à sa place, les tables
d'Ibn Jounis nomment trois stations ~yX) 1 A'rab , A.^9 • J) Roumact Lo» « J ! Rôuba). — De
ftouillia à Sebala 34 milles ; de là à Melel 17 milles; de là à Schedjer 12 milles; de là à Medine 6: total 258 milles (Edrisi II, 5, p. 139). Il semble qu'à la place de ces trois dernières stations les tables
d'Ibn Iounis ne nomment que LwJs Tibet ou Taïba. Mais à partir de Sabala jusqu'à la fin, les
chiffres des cinq dernières positions font défaut à notre marche, comme nous le signalons dans notre texte. Voyez la note suivante. — Tous ces lieux de l'itinéraire furent ordinairement nommés dans les cartes modernes , mais commencent à disparaître des toutes récentes. (132) Celui qui veut se rendre, (de Maaden el Noukra) à Medine prend d'abord (dit Edrisi, II, (>,
p. 158) par Dbat'el Iemin , puis par AJu L*<5 Kasaïle AJL«*ou l Osila du manuscrit de Leyde)
47 milles; puis par Batn Nakhl, 36 milles; ensuite par Taref, 22 milles; de là à Medine, 15 milles. — Tous ces lieux sont nommés dans la carte de Brue et Balbi. — Il est bon d'observer que le manuscrit de Leyde annote deux latitudes pour Médina , une 23° 0' l'autre 24* 0'. Cette dernière est conforme à celle qui se trouve dans Aboulféda extraite de rasm, et sans aucune contestation elle est juste, désigne mieux la position réelle de Médina. Mais si l'on s'attache pour la composition des itinéraires a la seconde , c est à dire celle qui assigne à Médina la latitude de 24° 0', en ce cas l'emplacement indiqué à Sabala répondrait aux distances connues, et les chiffres des tables du manuscrit de Leyde s'accommoderont sans réserve atout l'itinéraire de Médina à Maaden bon Noukra ; en ce cas pous aurons.
Mcdina, long. CS° 20', latit, 24° 0' Bath Nakhl, long. (63) 40, latit. 25 0
Taref, — (65) 25, — 24 30 Kasaïla, — (66) 6, — 25 30
sans toucher les latitudes données. Il serait donc probable, que la carte itinéraire dont nous avons une aussi abondante notice, plaçait Médina sous la latitude de 24 degrés.
IBN IOUNIS, 51. S3
se formait une carte générale, telle qu'avait donné le khovarezraieu dans son rasm, qu'avait ensuite reproduit Ibn Iounis, sans toucher à sa composition. Reproduite, elle constate ce que nous avons supposé, que longtemps on ne faisait qu'ajouter les nouvelles connaissances à sa première composition. L invasion du Siud le demandait avant tout, ensuite les renseignements qui arrivaient de l'intérieur de l'Afrique et des environs des possessions islamiques. Ce qu'on changeait et ajoutait à l'est dans le Mavaralnahar et dans l'étendue de Sind, Hind et Sin, est évidemment très-gêné, parce que les bases de la carte de rasm offraient un point d'appui mal coordonné. Ces additions seules distinguent la carte d'Ibn Iounis de celle de rasm.
L'identité de sa carte avec celle de rasm est patente, dans l'ensemble et dans les moindres détails. Il suffit d'examiner les climats, la position de Mavaralnahar et différentes difformités qu'il est impossible de no pas admettre également dans la construction de chacune.
Composant la carte de rasm des données que nous a relaté Aboulféda, nous avons observé qu'il y a peu d'erreurs dans les positions, que les chiffres sont en général corrects. Cette observation est confirmée par les tables d'Ibn Iounis, où, par bonheur pour nos études , les chiffres des positions, préservés de corruption, s'accommodent admirablement avec rasm, sont partout les mêmes. Pour la composition de la carte de rasm, nous avons réuni beaucoup de positions, indiquant les monta-
§nes, les rivières et 94 pour les emplacements des villes. Pour la carte 'Ibn Iounis nous n'avons que l'emplacement des villes. Dans leur nombre, il y en a 16 delà carte de rasm qui ne se présentent pas dans l'assemblage d'Ibn Iounis. Il en reste 77, qui se reproduisent aussi bien sur la carte de celui-ci que sur celle de rasm, toutes, à l'exception de quelques-unes; toutes, désignées par les mêmes indications, par les mêmes latitudes et les mêmes longitudes; degrés et minutes y sont les mêmes. Or, cette double construction nous rassure que nous avons des données exactes, authentiques, que la carte de rasm de khovarezmien servit de modèle pour Ibn Iounis, qu'il ne l'a aucunement remaniée, qu'il l'a copiée en la complétant plutôt, que ne touchant à sa composition.
Quelques différences donc qu'on rencontre dans le nombre des 77 positions, peuvent avoir une autre origine que l'erreur. En effet, on peut dire que quelques-unes sont le fruit du remaniement de quelques points de la carte modèle, tandis que quelques autres sont extraites directement de l'ouvrage du khovarezmien, qui assignait d'abord une telle position, ailleurs une autre de plusieurs villes. Aboulféda nous a
conservé quatre exemples de ces doubles données , où rasm , ast**** ailleurs, variait dans sa description. Les tables d'Ibn Iounis uous fournissent un plus grand nombre d'exemples d'une semblable variation.
Quand je trouve la longitude d'Amol 76° 20', désignée dans Aboulféda , et 77° 20', dans les tables d'Ibn Iounis, je pense que la première est une erreur. Vice-versâ, la longitude de Kom 74° 15', dans Aboulféda, est plus certaine, plus correcte que celle des tables d'Ibn Iounis, qui donnent 75° 45'.
54 GÉOGR. ARABB, 830-1050.
La position donnée à Salvas :
dans Aboulféda, longit. 75e 40', latil. 37* 40',
dans les tables d'Ibn lounis — 75° 45', — 57» 50', offre une variante trop insignifiante.
La latitude de Djordjan 58° 50', dans Aboulféda, demande d'être corrigée par celle de 37° 45', que nous trouvons dans le manuscrit de Leydc. — Ibn lounis semble avoir trouvé dans le khovarezmien une double indication de la latitude de Nisabour 56° 0', ou 37° 0'. Aboulféda se servit de la seconde.
Les tables d'Ibn lounis du manuscrit de Leydc assignent une double latitude à Bokhara : une (jJ lisez) 37» 50'
l'autre ... 38 50.
La première est reproduite par Aboulféda. Or, la latitude de Samarkaude 36° 30', que nous trouvons dans le manuscrit de Leyde, doit céder à celle qu'a trouvé Aboulféda, à 37* 30'.
Sur la position variée et confuse des deux Merou, nous avons déjà fait nos observations.
Je ne sais que faire de la position de Djour :
dans Abouliéda. . . . longit. 78° V, latit. 31° W. dans les tables d'Ibn lounis, — 79 30 — 31 30. L'erreur de cette situation s'est perpétuée jusqu'à IbnSaid (voyez sa carte). La latitude de Faïd, dans Aboulféda, 07° 20*, dans les tables de Ibn lounis, 67° 0'. La première est préférable pour l'itinéraire.
Djodda, dans Aboulféda, long. 65* 30', latit. 21° 45', dans les tables d'Ibn lounis — 66 30 — 21 15. Les tables d'Ibn lounis du manuscrit de Leyde proposent pour Jérusalem une double position :
l'une, longit. 57<> 5&, latit. 33o 0f,
l'autre 56 50, 32 0.
Cette dernière est confirmée par sa reproduction dans Aboulféda ; à
la suite de quoi vient la position de Tiberias, dans Aboulf. longit. 57° 45',
latit. 32° 0r. Il semble qu'Ibn lounis trouva dans le khovarezmien une
autre position de Tiberias, long. 59° 20', lat. 32° 0', et qu'il l'avait adopté.
32. Reste à observer l'occident, où une grave discordance se manifeste entre les cartes du khovarezmien et d'Ibn lounis.
D'après l'emplacement qu'à pris Trebizond dans notre reconstruction de la carte de l'astronome, les longitudes respectives entre Trebizond, Heraklée et Konstantinoplo , sont évidemment celles qu'on avait trouvé dans la géographie de Ptolémée. Nous avons remarqué dans la carte de rasm du khovarezmien, l'exemple d'un semblable emprunt de Ptolémée de la longitude respective entre Konslantinople et Rome. Par la carte d'Ibn lounis nous sommes à même d'indiquer plusieurs autres emprunts de cette nature.
Aboulféda donne la position rasmienne de Sardaigne (Kaliaris) ; les tables de notre astronome produisent celle de Sicile (détroit) : la longitude entre ces deux situations est extraite de Ptolémée. La longitude entre Konslantinople et Amouria est aussi ptoléméenne, seulement les astronomes Ibn Ketir et Ibn lounis , on ne sait pourquoi , ont placé Amouria dans le ivlne climat, probablement par quelque inad ver-
ibn lourus, si. 53
tance. Les longitudes entre Knostantinople et Teruaoun, entre Ternaoun et Rome, sont celles que donne Ptolémée entre Rome, Tenarion et Konstantinople: ainsi qu'on doit considérer l'incompréhensible Ter-
naoun maritime, comme représentant le méridien de Tenare ^yy*
Tatvapia &xp<x, Tawi&ptov, Seulement Àmourion est porté trop au sud , Taenarion trop au nord. Voyant cette suite de longitudes ptoléméennes, on est étonné pourquoi l'embouchure d'Ankira et Arnasia , ne se conforment point à la même règle dans la composition du khovarezmien.
Sur les côtes de l'Afrique, Tarablous seul tient la même longililude 40° 40' également dans Aboulféda et dans les tables du manuscrit de Leyde. Les positions de Barka et de Tounis offrent de grandes différences. On est par conséquent autorisé de conclure que l'Egyptien Ibn lounis avait opéré sur ce point un remaniement assez considérable de la carte de rasm du khovarezmien. Ce changement est peu harmonieux avec ce qui s'est déroulé de l'autre côté de la mer Méditerranée par les positions de l'Europe, conservées de la carte grecque de Ptolémée. Cette désharmonie grave, occasionnée par des remaniements partiels, affecte également les deux extrémités de la carte d'ibn lounis, tant orientale, qu'occidentale.
53. Après avoir examiné tant de difficultés de la carte d'ibn lounis, nous allons nous engager dans l'examen beaucoup plus pénible d'un point spécial, que nous avons jusqu'à ce moment écarté de notre attention : c'est celui de l'Egypte. Une cruelle épreuve pour nous, dont le résultat est douteux. Les tables des positions du manuscrit de Leyde donnent 66 positions pour la construction d'une carte spéciale de Misr et de Saïd. Le géographe astronome est Egyptien , séjournant toute sa vie dans son pays , livré aux observations astronomiques : il fallait donc espérer qu'il a élaboré mieux que tout autre la carte de son pays, que les 66 positions porteraient remède aux erreurs des géographes postérieurs, dont les descriptions sont fâcheusement lézées. Nos espérances sont toutefois cruellement frustrées. Les tables du manuscrit de Leyde, aussi correctes pour la carte générale, font défaut à la suite spéciale de l'Egypte. Les erreurs les plus grossières se sont emparées on ne sait pas de combien de positions , et ont bouleversé de fond en comble toute la composition (voyez n° 6 de l'atlas).
On a pu remarquer et on remarquera encore, que dans notre examen des erreurs , nous accordons plus de confiance aux chiffres des minutes, qu'aux chiffres des degrés. Ayant à examiner les erreurs de la carte spéciale de l'Egypte, nous devons dire que notre confiance dans les chiffres des minutes, n'est pas cause que les erreurs y produisent de moindres défauts : mais que réellement les chiffres des minutes sont beaucoup moins sujets à l'erreur que les chiffres des degrés. Dans les chiffres des minutes, on n'a que 5, 10, 20, 30, 40, 50 et leurs combinaisons avec le 5, en tout, onze chiffres : parce que les autres unités y sont excessivement rares et quand elles se trouvent elles sont ou suspectes ou très-significatives. Dans les chiffres des degrés, on a les neuf unités, les neuf dizaines , le cent, et toutes sortes de combinaisons de ces chiffres jusqu'à 480. Or, les méprises sont nombreuses
dans les nombres des degrés et à peine possibles dans les nombres des minutes. Les onze chi tires de ces dernières sont très-distincts, à l'exception de jj 15 et 55 qui ne sont pas ordinairement distingués par le point diacritique. La méprise possible se réduit à des cas trèsrares quand le lecteur ne sait distinguer le sjfW de J 30; les sj^ 20 de yj, 10; ou, comme nous l'avons dit, quand les aj 15 ne sont pas distingués de jj 55 ; ou enfin quand récriture de ces deux chiffres fait semblant de ^ 45, dont nous avons déjà rencontré quelques exemples, en confroutant les positions de la carte de rasm, indiquées dans l'ouvrage d'Aboulféda, avec celles qu'indiquent les tables d'ibn Iounis dans le manuscrit de Leyde. Au reste, les omissions des minutes et les erreurs grossières sont quelquefois présumantes.
Les tables d'ibn Iounis du manuscrit de Leyde, séparent les 62 positions de l'Egypte dans les lw et 8me colonnes par une intitulation. Il y a en outre quatre positions dispersées dans d'autres colonnes, et plusieurs répétions (133). Dans la suite des 62 positions, il y a quantité de noms qui me sont inconnus, très-clairement écrits, mais inabordables pour la lecture à cause de la privation de points diacritiques. Je pense cependant que toute la liste des 62 ne contient que les positions de l'Egypte, qu'aucune étrangère n'y est introduite, parce que cette liste est distinctement séparée et accompagnée de la double intitulation, dont une est marginale, l'autre placée au commencement , à la tête de toute la série de ces 62 positions.
En l'examinant nous y distinguons un certain ordre. L' intitulation dit que cette liste va énumérer les positions occidentales le long du Nil. En effet, les 12 premières positions jusqu'à Menf, offrent une suite dans l'ordre désiré. L'autre suite de 18 positions montant vers le nord jusqu'à Faïoum est moins déterminée : elle désigne les villes des deux côtés du Nil. L'intitulation marginale dit, que la troisième suite à partir d'Assouan nomme les villes situées à l'orient du Nil, et dans toute cette suite de douze positions jusqu'à Bilheis, il n'y a pas des motifs pour soulever quelques doutes sur leur situation orientale. Enfin la dernière suite de 20 positions, renferme les villes de la basse Egypte. Ainsi toute la liste de 62 positions se divise en quatre sections.
54. Dans cette série on remarque 16 positions, dont la longitude dépasse le 60e degré. On pourrait donc supposer qu'une double composition s'est confondue; nouvelle arabe, avec l'ancienne de la géographie de Ptolémée. En effet, il est incontestable que la géographie de Ptolémée n'ait laissée des traces ineffaçables dans les compositions arabes, et qu'il ne manque pas de positions de l'Egypte, extraites de celte géographie, afin de les accommoder à leurs cartes. Les tables d'ibn iounis, accablées de tant d'erreurs, en donnent quelques exemples :
Menf(i34). . , longit. 61° 45', latit. 29° 55 Memphis, de Ptolémée. . 61 50, — 29 50
(1S3) A ta marge on a Hanfalout , et dans différentes autres colones : Mabalat el garnia, M»r,«t deux fois Tanis. Dans ces colonnes aussi on a de répétitions de Farama, Damiat, Kolzoum, Akhmim , Itoqp, Soan.
{{&} IKws l'ouvrage d'Aboulféda, se retrouve la longitude réelle 54* 40', que rasm assignait à Menf,
IBN IOUNIS, 34. 57
Faioum (iss) 61 15, — 28 0
Arsinoe , de Ptolémée. . Gl 40, — 29 30
Àïn schems 61 6 (i36) — 30 4
Heliopolis, de Ptolémée. 62 30, — 30 0
Atrib 62 30, — 30 15
Atribis, de Ptolémée . . 62 0, — 30 30
Behnese(i3i) .... 60 35, — 29 0
Oxyrinchus, de Ptolémée. 60 40, — 28 50
Kenne 60 0, — 27 30
Kynopolis, de Ptolémée . 62 10, — 28 30
Aksor 60 0, — ' 23 35
Diospolis magna de Ptol. 62 0, — 25 30
Toud(i38) 60 40, — 22 55
Touphium,dePtol. . . 62 0, — 25 20
Il n'y a pas de doute que les positions de la géographie de Ptolémée contribuèrent beaucoup à la confusion. Les extracteurs de longitudes et latitudes géographiques mentionnés dans rasm , tant Aboulféda que le compositeur des tables ibniounisiennes du manuscrit de Leyde n'ont ont pas distingué dans cet ouvrage les positions ptoléméennes des positions réduites et déterminées pour la construction de la nouvelle carte. Ils ont embrouillé les unes dans les autres , confondant les nouvelles cinquantaines avec les anciennes soixantaines. Cependant, dans cette confusion, les soixantaines ne pourraient-elles pas nous expliquer quelques noms obscurs, par la confrontation avec les chiffres de Ptolémée?
*y>jjt Markoun, longit. 61° 30, latît. 30<> 30 Sais, de Ptolémée, — 61 30, — 30 30 ^jM Nikious, — 61 30, — 30 20
Nikiou, de Ptolémée, — 61 30, — 50 20 ^yU! Balnous, — 61 0, — 31 0 Metelis, de Ptolémée, — 61 0, — 31 0 Le rapprochement de Markoun , avec Sais (Koun Farrayn), est certainement douteux, mais Balnous (/r^rV Balbous) avec Metelis (Deyrout), située sur la branche bolbitine, offre plus de probalité. Le
(438) Aboulféda pour Faloum extrait de rasm la longitude de 64* 86*.
(130) La copie me donne 3 80 minutes; je pense que c'est tout simplement * 6, et non % 00 comme on pourrait présumer suivant ce qu'on voit dans Aboulféda. **
(137) Ma copie du manuscrit de Leyde porte 39* 0* de latit : mais dans Aboulféda on retrouve celle de 29* 0'. — Aboulféda pour la longitude de Behnese, trouva dans rasm deux données différentes , une 60* 88' c'est celle de Ptolémée, l'autre 63* 20% c'est celle de la nouvelle construction. Les édition» de Ptolémée donnent pour longit. 61* 40% mais il ne manquent pas de manuscrits et d'éditions qui la réd visent à 60* 40*.
(13S) Il est probable que le manuscrit de Leyde, quelques lignes après, repète la position de
Tophimn Totff (ov, sous le nom de / ->y AJo Tavious, les chiffres qui l'accompagnent, W* o'
de longit., -et 28* O' de latit. (la suite des latitudes exige 28* ou 26* 0*), est analogue aux chiffres de Touphion,
rapprochement de Nikious à Nikiou, prend des proportions extraordinai rement probables de leur identité (130).
Par cette implication des chiffres ptoléméens, les longitudes sont pour la plupart détruites. Mais un désordre non moins affligeant, dérange les latitudes. Il semble que l'éuumération de 62 positions égyptiennes observe par section la croissance des latitudes. Ainsi les premières 12 , et les suivantes 48, suivent leur croissance; les 18 suivantes observent aussi leur croissance, et les dernières 14, quoique moins scrupuleusement. Mais dans les minutes cette marche n'est pas gardée assez strictement. Elle décèle en outre de graves négligences et erreurs dans les nombres des degrés, qui montent jusqu'à 55, casant les positions au fond de la mer, tandis que les autres, sortant de leur suite, descendent jusqu'au 20° degré.
L'astronome égyptien connaissait parfaitement la latitude géographique d'Assouan. En attendant, les tables du manuscrit de Leyde donnent :
.t^w Souan, longit. 56° 0, lattt.
tLw! Assouan, —
dans Aboulféda, —
Sycne de Ptolémée, —
Il n'y a donc rien à choisir de ces variantes, il faut absolument fixer la position d'Assouan, conformément à la connaissance indubitable de l'astronome. Kolzoum , Askalon , Alexandrie et Fostat ou Misr, sont les positions fixées qui déterminent l'examen des erreurs et la configuration du pays entier»
35. Retranché dans ces positions , j'ai restauré la carte d'Ibn Iounis (voyez n° 7 de notre atlas), fixant avec certitude ou hasardant de placer une cinquantaine de positions, et je donne leur liste suivant la marche des quatre sections qui se distinguent dans la série du manuscrit de Leyde, mettant en parenthèses les chiffres qu'il me fallait substituer.
/ section : descendant l'ouest du Nil.
jJLJb Beliana (uo) . . longit. 56° 30' latit. 21° 41'
lyïl Edfoua (i4i) . . — 53 (55) 50 — 22 45 (24 15)
(439) Do ce bras (oriental du Nil) dérivent trois canaux. L'un d'eux part d'Antousuhi sur la .rive occidentale, passe à uj JbJ Tabkouis (la version latine porte Nikaous) et revient à la branche
principale près de Daraasis (Edrisi , ni, 4, p. 54$). La leçon de la version latine, semblerait donc être
Krcférable et il paraîtrait que Nicii n'est pas Menouf , mais placé quelque peu vers l'est sur le canal [elyg, Sebenny tique.
(440) # . a JLJ 1 -.J.-JLJ J Belln ou Belinoun , cantonnement des cavaliers noirs de ce nom, qui fesaient quelque fois des incursions sur le territoire d'Assouan. (Edrisi, I, 4, 8, p. 88, 42). — Il
semble qu'au lieu de J y 50° 80' de longitude, il faut lire J Jj 84* 80', afin de placer
Bclianà|à l'occident du Nu.
(444) Le changement de latitude paraîtra trop fort, mais il est nécessaire si l'on veut placer ▲ssouan'à sa hauteur.
IBN IOUNIS, 55. 59
Lwt Esna .... long. 56 (55) 30 latit. ai (24) 45
<JL^.*j\ Erment ... — 53 (55) 20 — 24 (25) 25
j>a Hou — 64 (57) 0—21 (25) 55
LJJ! Beliena ... — 63 (56) 35 — 22 (26) 0
i^l Esiout, Sioot. . — 56 (54) 49 — 27 (26) 30
^j^il Eschmoun. . . — 57 (54) 0 — 27 0
Ur-k Taha, Takha (ua) — 57 (53) 45 — 27 15
j^JJI Fis, Faïsch (145). — 58 (54) 0 — 27(28) 20
job*\ Ahuas .... — 60 (54) 10 — 28 {29) 0
^JlXa Mcnf(u4). . . — 54 45 . — 29 55
// section : descendant le Nil de ses deux côtés.
^iji Boulak (i45) . . — 55 25 —
«VjM fj^^ MaadenelRafarcd — 57 0 — «^a>jJt .jAju» Maaden el
Dhabab(i46) . . — 57 55 —
j«aa)\ Kasr(i4i). . . — 55 50 —
^ Toud (i48). . . —60(55)40 —
L^Jail Anlisra (149) . . — 54 (55) 0 —
Llî (lisez L*îl) Ensina (iso) — 54 (10) —
a^Lo Deir Akhmira (un) — 55 40 —
US Kenne . . ♦ . — 60 (54) 0 —
(142) Lx-*5 Takha, d'Edrlsi, p. 124 ; Taha el Amoudein, ancien lblu oulboum.
|143| Fecliu, ancien Fenchi.
(444) Les tables du manuscr. de Leyde donnent la longitude Ptoléméenne 61 degrés : on la trouve dans Aboulféda 54* 49', et la latit 29* 0' les minutes omises. La géographie de Ptolémée porte 29° 50'.
(145) Boulak, ville de Nubie, entourée par les eaux du Ni), située à 18 journées par terre de Assouan (Edrisi, I, 4, 5, p. 84, 35, 39).
(146) Les denx Maadeii ou mines sont du pays de Badja, le nom de cl dbahab indique qu'elles sont les mines d'or des montagnes al Alaki.
(147) Suit immédiatement après 5 w*s3 Kasra, long. 61° 0\ latit. 21* 45', Probablement c'est la
répétition de cl Kasr précédent, avec la position ptoléméenne, qu'on trouve dans Uiarp-q long. 61° 0', latit. 21° 40'. La position de Pistre est à l'occident du Nil.
(148) Voyez la note 138. A la suite de Toud succèdent plusieurs noms, desquels je ne puis rien débrouiller quoique la carte d'Arrowsmith offre plusieurs analogues. . , .
(149) Est *Avraiou fiecréyeioç : peut-être version de l'appellation grecque -iaj 1 Anti et
y*, interior pars cuius libet rei, intimum rei.
(150) Vis-à-vis d'Eschroaun, Anseba d'Abeulféda Reiskli p. 159. Scheik Abadeh, ancienne Antinoe
(151) Je présume que Deir Akhmim n'est pas éloignée de Akhmira.
60 GÉOGR. ARABB, 850-1030.
Lt^JI Behnese (i»«) . longit. 60 (53) 35 latit. pjJ! Faïouin (iss). . — 61 (53) 15 —
III section : descendant Test du Nil.
»^t Âssouan ... — 56 0 —
j^ai\ Aksor (154) . . — 53 (57) 0 ~
LsS Keft — 57 40 —
<pâ Kous .... — 65 (57) 30 —
^Jujï Darkaf? ... — 56 (55) 57 —
CTW±\ Akhmim (Panopol) — 55 (56) 30 —
UàJI Fana(navwv . . — 57 0 -
Ll.L..flM Foslat .... — 54 40 —
^i^ Aïnschems(i55) — 61 (55) 6 —
wo^ït Atrib .... — 62 (54) 30 —
Jsj Itel? (Ettel) . . — 62 (54) 30 —
^jJUI Belbids (Belbeis) — 62 (54) 55 —
IV section : basse Egypte, Delta (ise).
^j^\ Markoun (Sais?) — 61 (52) 30 —
iap~ Sakba (157) . . — 61 (52) 40 —
>j1a)1 Kolzoum ... — 56 30 —
*j> »Jciu»t Eskendria. . . — 51 20 —
Jufty Roscheid (i5s) . — 52 (51> 40 —
IJL*J Kaïaania (i59) . — 52 (54) 20 —
j^Jj Nikîous ... — 61 (53) 30 —
^yUI Balnous ... — 61 (52) 0 —
(453) Voyeila note 4 37. La ville suivante ^ Feman est probablement Bembe, ancienne Peme.
(453) Voyez la note 135. ^ * , . ,,.,
(454) Les tables du manuscr. de Leyde, donnent long. 60° 0', latit. 23° 35', dans Aboulfedaon a long. 53* C, latit. W 45'.
(155) Voy ex la note 136.
(456) Dans cette section, nous avons dû renoncer à la moitié des noms qui mirent en pure perte tous nos moyens et tous nos efforts ; Markoun qui suit , est peut-être kefr ou miet Marrounk d'aujourd'hui. .
(457) Sakha mentionnée par Aboulféda (p. 190) sans indication de son emplacement. Ldr*0 Sakba, dit Edrisi (III, p. SM), est dans les terres chef-lieu de district. — ie ne puis me convaincre si c'est Hesscb Sakha (['aujourd'hui.
(458) Les tables du manuscrit de Leyde sont d'accord avec te qu'Aboulféda a extrait de rasm.
(459) Miet Kanania ou Miet Kenan, près d'Atrib.
54° 40, lalit.
IBK IOUNIS, 55.
ijJjJ! Bournoê(ieo). . longit. 52 25 lalit. &~ij Takaïra (îei).
L^O Damasa (iea) .
jili (i63). . . .
.LLuO Damiat (i6*) .
ULù> Schata (tes) .
• r*^* Tallis (i6«) .
U Ji)l Karama (Farama) (107)
Ces derniers lieux, pour la plupart moins connus ou obscurs, n'ayant pas de relation avec la géographie de Ptolémée , paraissent avoir mieux conservé leurs chiffres. — Il nous reste à suppléer cette liste par quelques positions dispersées dans l'assemblage du manuscrit de Leyde :
w^ajX» Kaïr, lengit.
Q^ Tennis (i6s), —
A*j.oJt jJLsr* MahaledelGarnia(i69),
Ljlx^ Manfalout, —
Ce dernier lieu se rencontre sur le même point avec Àschmoun. Pour le placer entre Àschmoun et Siout, il ne suffît pas d'ajouter 25 minutes à la longitude , la carte serait trop défigurée ; il est nécessaire de retrancher de sa latitude. Manfalout inscrit à la marge n'est peut être qu'une note marginale, étrangère à Ibn Iounis, auquel nous donnons congé (no).
Avant de sortir de l'Egypte et de nous séparer d'Ibn Iounis, nous devons prendre en considération une allégation d'Àboulféda qui embarrassait Reiske et Michaelis, et qui avait été l'objet d'un mémoire spécial composé par Beige} (mines de l'orient, 1. 1, p. 409) et dont une solution
(460) Bourlos , lac et embouchure.
(164) Tacarie des cartes des xvr» et xvii* siècles, placée dans cette position, qui répond à Takkrab , tïs à tis de Mansourie.
(462) Damasa, orthographiée «u£*wO Damasis dans Edrisi (in, 4, p. 545, 516).
(463) Comment lire ce nom?*"'
(464) La position de Damiat est inscrite deux fois : longit. 83 tf ou 55 64' ; latit. 54 50' on 54 2y ; nous avons à choisir.
(465) Où Ton fabrique deTétoffes, dit Edrisi (in, 4, p. 320, Sbeatieb de la carte d'Arrowsmith. (456) Se place à l'embouchure damiatique. Il y a Tallyeh , Telleh , mais il faudrait changer la latit.
(467) Karama est sans aucun doute L» JU! Farama, répétée dans la 1" colonne des tables du
manuscrit, ainsi mieux orthographiée mais accompagnée de sa position léxée en longit. 55 20', et en latit. 53 40', , M . .
(468) Ile deux fois répétée , variant de position : une fois , longit. 54- 40', latit. 34° 0 ; la seconde fois, longit. 50* 13', latit. 31* 20'.
(469) Il y a el Garn an nord de Tarenout : mais ce mabaled paraît être différent.
(470) Pour l'examen de la partie égyptienne des tables dlhn Ionnis , je consultais les cartes de l'Egypte ancienne et moderne, de d'Anville, de Jomard , d'Arrowsmith, de Berghaus , de Wilkinson, de Coste et différentes autres qu'on appelle anciennes.
62 GÉOGB. ARABE, 850-4090.
satisfaisante est donnée par l'illustre Biot (Reinaud , version française d'Aboulf. p. 164). C'est au sujet de la longitude de Fostat, observée par l'astronome Ibn lounis. L'astronome, résidant à Fostat, visitant Mekke , remarqua et confirma par l'observation de la direction azimutale, que la différence longitudinale entre Kaïr, Fostat et Mekke, désignée par les cartes des astronomes et géographes précédents était trop forte. Par cette observation de l'azimuth mekkan et de la position relative du Kaïr, il déterminait la différence de leurs longitudes : or, la diminution de cette différence, déplaçait sur la carte géographique les positions des lieux en question, ou tous les deux à la fois, ou un seul , car la diminution de la différence pouvait se porter sur la longitude du Kaïr, aussi bien que sur la longitude de la Mekke. Aboulféda, en le remarquant, et considérant la longitude de la Mekke comme immuable, qualifia à juste raison de grave le déplacement de la longitude de Fostat. 11 le remarqua sans infirmer l'observation de l'astronome : mais il comprit que par ce déplacement une refonte de la carte spéciale de l'Egypte devenait absolument nécessaire, surtout de Delta, et de sa situation relative dans la carte générale de l'habitable.
L'astronome Ibn lounis, observant cette différence de la longitude, n'a pas touché à la carte qu'il avait devant lui : il a laissé son observation à l'usage de pieux musulmans de Fostat, pour qu'ils sachent la direction de kibla , et ne se donnait pas la peine de composer la carte. C'était l'affaire des géographes, cartographes, comme du temps d'Almamoun, de se servir des distances et des observations astronomiques. Il y a peu d'astronomes, qui aient pris part directe dans ces compositions (m). Les astronomes se contentaient d'avoir une carte devant eux , d'annoter les longitudes et les latitudes des positions, d'y observer et d'y signaler les erreurs; d'observer et déterminer isolément une telle et telle position relativement à une autre; de l'indiquer et de l'annoter quelquefois dans les tables des positions : mais si un géographe ne l'accommodait pointa l'ensemble de la carte, ces nouvelles indications restaient isolées, séparées de l'ensemble. Il est probable qu'lbn lounis annota de cette manière dans ses tables la latitude de Bokhara 58° 50' comme rectification de sa position : mais par celte rectification la position de Bokhara devint incompatible avec les positions d'alentour, elle se détache de l'ensemble de la carte. De même il est certain qu'il annota son observation, par laquelle il rapprochait Kaïr au méridien de la Mekke. Ce rapprochement avançait la longitude du Kaïr au-delà de 55 degrés de la carte ; isolait sa position des autres et ne s'accommodait pas avec l'ensemble de la carte des géographes et cartographes almamouniens, qu'il avait devant soi, sur laquelle la longitude de la Mekke était 67° 0' et celle du Kaïr 54° 40', comme tta dit Ibn lounis luimême. C'est cette carte que nous avons essayé de reconstruire d'après les tables des positions insérées dans l'ouvrage d'Ibn lounis, à cause de cela, elle porte le nom de la carte d'Ibn lounis.
36. Dépistant les fragments de la géographie reculée des arabes, il convient de s'arrêter un peu sur un vieux monument géographique
(171) Abou ttihan, Nassireddin, Aboul Hassan AU.
KHASDAÏ, 36. 63
hebreuo-arabe. À Kordou, du temps du khalif Àbderrahman, dit-on , son ministre des finances, Khasdaï ben Isbak ben Esra ibn Sprot ou Beschrout, comme les arabes rappellent, juif, ayant ouï dire qu'il existait dans le nord de l'Asie un prince chez les Khozars, qui professait la religion judaïque, prit en 958 la résolution de lui écrire, afin de savoir la vérité sur un fait aussi intéressant pour les israclites et en obtenir des renseignements au sujet de son royaume. Le roi des khozars Joseph ben Aaron daigna lui répondre par son envoyé Jabar Elazar, du pays de Nemelz (172). La lettre de Khasdaï nous arrête, parce qu'elle regarde la construction des cartes géographiques.
Elle parle de la grandeur du degré, des longitudes et des latitudes géographiques. Un degré comprend 66 2/s de milles, or, c'est la grandeur du globe connue chez les arabes, comme grecque, rapportée par Ptolémée. La terre habitable y est environnée de l'océan, lequel pénètre jusqu'au pays des Khozars , dont la situation touchait la mer noire : c'est ainsi que par la méditerrannée , l'océan passe dans les régions des khozars. Dans son bavardage, quelquefois obscur, la lettre de Khasdaï établit, d'après ce qu'il a lu dans les livres des sages, les longitudes et les latitudes suivantes (voyez n° 5 de notre atlas).
Rivage de la mer ou détroit
de Kadix (80 milles), longit.
Kordou , —
Constantinople (5100), —
Frontières des khozars (270), — Ces positions ne coïncident pas avec rasm.
L'existence de cette lettre est très-ancienne. Elle a été connue parmi les arabes déjà vers 4150, et elle atteste à quel point les esprits étaient alors portés vers l'astronomie et la géographie; comme il y avait d'amateurs de faire parade de distances de longitude, de latitude et de tous les objets qui entraient dans les descriptions géographiques (173).
On voit, que dès le commencement de la géographie des arabes , les matériaux ne manquent pas pour comprendre les progrès qu'ils fesaient. Il y avait une foule d'astronomes et d'observateurs. Plusieurs d'entre eux, devenant auteurs, eu traitant l'astronomie , se piquaient de donner quelque chose de géographie : c'était suivre l'exemple du grand Ptolémée dont la géographie réformée par les grecs , sous te nom de rasm, dirigeait les consciences des écrivains. Chacun d'eux racontait
(4 72} Voyez la note ci-avant 53.
(173) J'ai mentionné cette lettre , antant pour faire remarquer le goût qu'on avait pour la géographie » que pour indiquer qu'on peut débrouiller l'obscurité, sans toucher anx chiffres que lea
50, latit.
dantj; les 80 milles sont une extension de la longitude entre le détroit et Kordou , comptes sur le parallèle de Rhode Enfin, les 270 milles sont un intervalle entre les frontières des Khozars , dont la longitude est 60% et Constantinople , dont la distance de Kordoue est la même, susmentionnée : ainsi qae, entre Constantinople et les frontières khozâres 8° 30' do la longitude relative, sont équivalants à 470 milles, comptés sur un degré septentrional, c'est-à-dire sur une parallèle plus septentrionale, que le 47* degré de la latitude. Voyez l'explication dans l'ouvrage de Carmoly p. 82-85 et la figure de notre atlas.
64 GÉOGR. ARAfiR, S3O-105O.
à sa guise t le résultat de la mesure du degré d'Almamoun et il semble que chacun l'acceptait. Ils n'osaient enfreindre au quart de l'habitable, déterminé par Ptolémée et son réformateur rasm, ni dans la largeur ni dans la longueur, quoique les dernières limites leur étaient inconnues, inconcevables pour chacun. Mais ils ne purent s'assimiler les positions géographiques de la géographie ptoléméenne : ils suivirent son réformateur rasm. Instruits par les grecs , toujours dans les ornières de leur théorie et de leur doctrine, il n'ont rien inventé pour la science, mais dès le commencement ils se montrèrent plus assidus et meilleurs observateurs que les grecs. Us levaient les latitudes des lieux, et quand l'occasion se présentait , ils essayaient de déterminer leurs longitudes. La géographie, fondée sur les bases mathématiques et scientifiques, devait donc progresser et obtenir un brillant succès. Il semble que rasm enchaînait longtemps l'élan arabe à son édiûce , jusqu'à ce qu'une plus vaste activité et une impulsion plus animée aux opérations géographique créa un Àbou Rihan.
Abou Rihan le biroonien, 4030.
57. àboc Rihan, le birounien ou khovarezmien , se fit connaître par son savoir. Qualifié de très-subtil, al mohakkah, dans les sciences spéculatives, faisant partie de l'association khàrizmienne des sa vauts, il se montra dans les discussions supérieur à Avicenna , qui ne discontinuait, durant toute sa vie d'entretenir avec lui des relations littéraires. Abou Rihan jouit aussi la renommée d'astronome et de géomètre. La gloriole de magie, d'astrologie, de la connaissance de l'art de talisman, s'en mêla aussi pour lui donner la plus haute considération» Envoyé avec d'autres savants par le roi khovarezmien ou kharizmien, Maamoun, à la cour des Ghaznevides, il s'attacha à la fortune de Mahmond qui entreprit une grande expédition dans le Hind. Cette expédition remporta d'immenses succès. Des états, des villes conquises, ruinées , rétablies et le centre de Medhiadessa ouvert à l'islamisme. Le savant Abou Rihan s'établit dans le Hind et y passa grand nombre d'années de sa vie, occupé à s'instruire aux sciences indiennes, essayant même d'initier les Indiens aux sciences arabes par la rédaction de quelques traités qui furent mis en sanskrit. Lui-même, il exécuta la version de plusieurs ouvrages sanskrits en arabe, et spécialement de l'ouvrage palaniale, espèce d'encyclopédie (n-*).
Du temps d'Abou Rihan régnait dans l'Inde sur Dhar, Boudhiadeva, prince célèbre par son amour pour les sciences et par le concours des savants à sa cour. Au nombre des ouvrages de ces savants, ouvrages connus sous le nom de Boudhiadeva, on compte des traités d'astronomie, de géographie. La connaissance de ces ouvrages, éclairera peut-être un jour, si les Hindoux profitaient de la science arabe.
Abou Rihan , étudiant avec assiduité le Hind , donna une ample description de cette vaste plaine ou région , qui offre tant d'intérêt par sa nature , par sa civilisation , tant intellectuelle que matérielle et son
(174) Reinand (Vagua, arabes et persans relatifs à l'Inde; journal asiat. t. IV, p. 121. — Herbelot, bibl. orient.
▲BOU RHUN, *7. OS
eut social. Il détermina précisément l'année 1031 de la rédaction de son ouvrage en traitant des ères indiennes (journ. asiat. t. IV, p. 297, 286). Celte description est de la plus haute portée pour l'histoire et U géographie. Elle fait connaître toute la péninsule, depuis F Indus jusqu'au Gange. On y trouve nombre d'itinéraires, de distances. Quelquefois elles sout assez incohérentes, mais pour la plupart appréciées et réduites à leur juste valeur (175). Nous ne prétendons pas, pour le moment, d'épuiser ce qu'elles renferment d'utile pour la composition d'une carte , pour déterminer les positions spéciales de la péninsule (voyez le n° 44 de notre atlas) : mais nous nous en servirons dans notre essai de reconstruction de la carte générale de la terre habitable , qu'Abou Rihan avait composée.
Il est auteur d'un ouvrage géographique connu sous le titre de
kanoun el Massoudi ^yu^J] ..ly^' C'était l'exposition scientifique de ses connaissances géographiques. Il y traitait de la méthode f des règles pour mesurer les pays, déterminer les positions, dresser les cartes; il signalait à cet effet la longitude et la latitude géographique et c'était l'œuvre de ses observations , de ses élucubralions, de ses propres études. Cet ouvrage est sans doute postérieur à sa description de Hind, parce qu'il y comparait les connaissances grecques avec les connaissances des Hindoux, découvertes par ses investigations; parce qu'il y signalait les villes dont il a relevé les latitudes par ses propres observations (i7ft); parce qu'enfin it s'y plaignait de n'avoir pas pu explorer, ni déterminer les longitudes et les latitudes géographiques certaines de toutes les localités (Aboulf. p. 184) (477).
Nous ne savons pas si depuis les premiers essais scientifiques des auteurs de rasm, les mahommédans ont repris sérieusement ces études scientifiques de la géographie. Les écrivains de la géographie descriptive annotèrent les itinéraires et les distances sans qu'on sache s'ils ont essayé de les triangulariser; quelques mots d'AIbateni, les climats d'Ibn Kotaïr, la carte d'ibn Iounis, signalent que la carte de rasm a pu
(475) Ce montraient géographique aurait été en grande partie incompréhensible et pent-être accusé de vision par les savants , s il avait été connu une centaine d'années au paravaut. L'infatigable Reinand a donnédeut extraits on fragments de ses ouvrages : 1, observations diverses sur les contrées de l'Inde; 2, traité sur les ères des Hindoux (journ. asiat. t. IV, p. t24-266 ; 169-300). — Ce dernier est intitulé : recueil de vestiges qui restent des anciennes générations. — C'est l'extrait de l'ouvrage on traité des heures et des astres qui les marquent, dédié à Schamsal maala Cabous, sullan de Dilem et de Giorgian. — Abou Rihan composa plusieurs autres ouvrages : de chimie, qui traite de ses principes et sert comme introduction à cet art; un livre d'astronomie; livre des merveilles de la nature et de l'art ; livre des conjonctions des planètes, dédié à Cabous, «ultan de Dilemites ; etc. (Dherbeloti — enfin Kanoun qui va nous occuper. — U a traduit plusieurs ouvrages du sanskrit : patanjali et autres.
(476) Albyrouni fol. 80 (dit Reinand) cite Dinbour, parmi les villes dont il avait relevé la latitude. M. Reinand nous fait savoir qu'Abou Rihan a dit lui-même, qu'il fit des observations astronomiques dans les villes de Gazna, Kaboul, Lameghan, Peischaver, Moultan etc. (introd. p. 96) : or, il a du lever les latitudes de toutes ces villes avec soin.
(477) Cet ouvrage porte le titre xavouv Kanoun al Massoudi , à cause qu'il était dédié à Massoudi fils de Mahmoud le ghaznevide. Dherbelot dit une fois , que c'était la géographie , une antre fois que c'était nn traité de cosmographie et d'astronomie, qui suit en toutes choses les principes de l'almageste et c'est un des ouvrages les plus complets et les plus étendus qui aient été faits sur cette matière; il en parle comme si l'ouvrage existait et qu'il l'aurait connu ; il semble même en faire usage dans quelques citations. — Une partie, c'est-à-dire les six premiers livres du premier volume de cet ouvrage, se trouve en effet à Oxford. Mais ce commencement ne contient que des prolégomènes (stoinand , introd. p. 97).
66 GÉOGB. ÀRÀBB, 890-1060.
étçe amplifiée et corrigée : mais ils font présumer que les rectifications étaient peu avancées, et qu'elle n'a subie aucune refonte : elle n'était qu'enrichie par des additions. Depuis les temps d'Almamoun , Àbou Rihan se présente à nous le premier, comme astronome observateur
3 ni va refondre et agrandir les dimensions de ces études. S'il a profité e l'ouvrage derasm, nous ne savons le dire positivement. Il avait cependant les cartes et les tables des positions de ses prédécesseurs, parce qu'il cite maintes fois un atval anomyme , ou une table de longitudes et latitudes, avec laquelle il n'était pas toujours d'accord , lui reprochant qu'elle péchait par l'exactitude. Il y a beaucoup d'apparence, qu'il suivit Ptolémée quand les connaissances lui manquaient quelque part , et on a une certitude qu'il puisa dans ses ouvrages , lorsqu'il cherchait de l'instruction et des principes théoriques.
38. Familiarisé avec les sciences des Hindoux, il a vu que les Grecs et les Hindoux , dans la science géographique et dans la précision de leurs observations, devançaient tous lès autres (arabes, romains, tourks ou chinois); mais aussi, que les Hindoux ne se sont pas élevés à la hauteur des Grecs, et il donne la préférence à ces derniers (Àbulf. p. 153). Les Hiudoux savaient que le continent s'étendait de l'occident à l'orient, de Roum à Djamkout, et la coupole kanak divisait juste à moitié sa longueur sur la ligne méridionale. Ils appelaient ce continent tortue, puisqu'ils supposaient, qu'il s'élevait des eaux, comme "ouvrage ciselé sur la moitié du globe. Les dénominations qu'ils proposaient, étaient adoptables sans danger pour les géographes (us).
Les Grecs, de leur côté, admettaient que le continent est cerné par l'océan , qui n'est pas exploré , à cause que les îles y sont trop éloignées : cet océan s'appelle environnant. Ils savaient que le monde habitable est situé sur un quart du globe dans une des moitiés de l'hémisphère septentrionale , sous une zone tempérée, dans sa dimension plus longue que large. Abou Rihan n'avait rien contre cette assertion et il l'admettait toute entière (observ. sur l'Inde; Abulf. p. 133).
L'habitable, plus long que large ^ est cependant inhabité du côté du nord, à cause du froid, excepté en quelques endroits, où s'introduisent les navires et qui sont disposés en forme de golfes (Bardil, Yarnak). Quant au côté du midi, la portion habitée se termine aux bords de la mer qui touche aux deux côtés de la mer environnante. Cette mer est traversée par les navires et tes parties de la terre qui la bornent sont habitées. Cette mer est entièrement couverte d'îles grandes et
(478) On a déjà disserté beaucoup sur cette coupole L. Am. Sedillot (mémoire sur les systèmes géogr. des grecs et des arabes 48*8), éveilla de très-savantes observations ; Reinaud (introd. a la géogr. d'Aboulf.)» propose d'heureuses solutions. — Voyez ci-dessus chap. M. — La coupole porte
chex les hindoux et les arabes plusieurs noms : chez les arabes .. *\-Us kania ou kanak.
littoral ou des îles Fortunées : arin en dépendait et devenait un luxe, gênant quelquefois les opérations géographiques. — Le point de départ pour le compte de longitude d'après les hindoux, €ta*t «ppeléarwt, il s'ensuivit que les arabes appelaient maintes fois arin leur premier méridien.
ABOU IUHAN, 38. 07
petites. La mer et le continent se disputent respectivement la place et empiètent l'un sur l'autre. Il en parle ainsi de deux mers, de la mer de Tlnde et de la mer méditerranée, parce que la mer touche aux deux côtés de la mer environnante.
Du côté de l'occident, continue Abou Rihan, le continent s'avance dans la mer (environnante) et ses côtés se prolongent au midi -(no). (Test dans ces régions qui s'étendent en plaines, que se trouvent les peuples noirs de l'ouest, qui nous fournissent des eunuques, ainsi que les montagnes Komr, où sont les sources du Nil. Les côtes et les îles voisines sont occupéos par les peuples de race Zendj , la mer forme du même côté des golfes qui s'avancent dans les terres : tels sont le canal de Barbora, le canal de Kolzoum (mer rouge) et le canal de Fars (Perse). Le continent s'étend plus ou moins vers (dans) la mer, du midi ; la mer forme en plusieurs endroits des golfes et des baies. ^Puisque Barbora est un canal comme les autres, Abou Rihan s'imaginait que le continent Zendj et Sofala , au nord et au sud , et les rives méridionales s'étendaient jusqu'aux îles Kamroun et Vak Vak vers Djamkout, parce que cette mer touche seulement d'un côté la mer environnante. Cette opinion ne discontinua à préoccuper longtemps les idées des géographes postérieurs. Abou Rihan ajoute : que dans la partie orientale de l'habitable, c'est la mer qui s'avance dans les terres, dans sa direction du nord (jusqu'à Abadan et Kolzoum) , de la même manière qu'auparavant (qu'à l'occident comme il a dit), la terre (des noirs) s'avançait dans la mer du côté du midi (observ. sur l'Inde, et Aboulf. p. 134, 135).
La mer du midi reçoit différentes dénominations; le plus souvent ces dénominations sont empruntées aux îles que la mer baigne ou aux terres qui se trouvent en face (observ. sur l'Inde). Au nombre de ces dénominations étaient les sept mers traversées par les navigateurs qui retournaient de leurs excursions en Chine. La première qui touchait la mer environnante , s'appelait Sendj ; ensuite , traversant celles de Senf, deKedrendj, Schelahet, on se rapprochait à l'île de Senkeldiv (Ceylan). Ensuite venaient les mers de Hind et de Lar ou Larevy: cette dernière baignant le Mekran formait le golfe Touran et se rapprochait à la bouche de la mer de Fars (Abou Zaîd.et observ. sur l'Inde d'Abou Rihan dans le journal asiat.).
Le continent ou l'habitable est traversé par des montagnes escarpées et con ligues les unes aux autres, de manière à former pour ainsi dire les vertèbres de la terre. Ces montagnes s'étendent au milieu de la terre dans le sens de sa longueur de l'est à l'ouest. Elles traversent successivement la Chine, le Tibet, le pays des Tourks , le Kaboul, le Badakschan, le Thokarcstan, le Bamyan, le Ghour, le Khorasan, le Djebal, l'Adherbaïdjan, l'Arménie, le pays de Boum, les pays des Franks et de Djalikia. Ces montagnes offrent dans leur prolongement,
(179} Les arabes ne se serraient point de l'appellation et de la division grecque des trois parties du monde v quoique du commencement ils acceptaient différentes dénominations déterminées par les grecs. L'Afrique chez eux s'étendait tout d'abord à la romaine : elle s'étendait par la largeur du l** et du II* climat jusqu'au troisième (Ibn Kolaïr le farganien , elementa astronom. cap. 9, p. 36, 37, édit. Goliî). Chez les géographes postérieurs elle est restreinte au 111"' climat. 11 serait curieux quelle opinion suivit Abou Bilian a cet égard.
68 GÉOGB. ARABE, 880-1030.
des faces variées, des intervalles libres et des déviations qui renferment des plaines. Une partie est habitée. De l'un et l'autre côté de cette chaîne, coulent des rivières (observ. sur l'Inde). C'est l'aspect général de l'habitable retracé d'après les propres paroles d'Àbou Rihan.
Dans la description du Hind lui et ses prédécesseurs comptaient des royaumes et des états. Mais en généra] , les descriptions géographiques des Arabes voyaient les provinces et les peuples. Suivant l'exemple de leur modèle grec, qui fesait un dénombrement des provinces de l'empire romain et des peuples limitrophes, ils ne connaissaient que les provinces de leur khalifatet les populations de différentes races. Celte méthode de descriptions géographiques, s'enracina chez les mahommédans. On se divisait, on discutait s'il convient de compter la ville nommée à une telle ou telle province , à l'une ou l'autre contrée, et les limites des états, les divisions politiques, prirent la position secondaire et subordonnée , ordinairement passée sous silence.
Abou Rihan dans la description du Hind, donna avec soin les itinéraires et les distances. Il sait que Ptolémée. a eu constamment à se plaindre de ceux qui lui fournissaient ces distances et de leur propension à exagérer ; il cherche à réduire les récits mensongères à leur juste valeur (observ. sur l'Inde). C'était très-important pour les géographes composant les cartes géographiques, à l'aide de ces distances. Abou Rihan connaissait les préceptes des Grecs, prescrits par Ptolémée, que pour avoir la juste valeur de la distance en ligne directe, il fallait souvent retrancher un cinquième, quand la route était raboteuse ou prenant des détours. La longitude ou la latitude géographiques, déterminaient l'inclination de ces distances directes (Abou If. p. 184).
Dans la description successive des provinces, les géographes suivaient quelquefois l'ordre des climats. Cette marche de la description fit confondre différentes dénominations, ainsi que aklim (climat); nahiah contrée, restak province, devinrent équivalants (îso). Le mahommédan se tournait vers le midi , vers Mekke sa ville sainte. Il tourna aussi les caries géographiques: midi en haut, le nord en bas; l'occident à droite, l'orient à gauche : comptant les climats et les latitudes en descendant de la ligne équinoxiale tracée dans la partie supérieure de la carte; il lui devenait commode de suivre les heures et les longitudes de droite à gauche, suivant le mode de son écriture (m).
39. Suivre dans la description les climats, c'était déterminer en gros les latitudes des régions. Mais dans la division en climats et dans la distribution on n'était pas d'accord. Abou Rihan s'éloigna sous ce rapport de Ptolémée, en se renfermant avec les sept climats entre les 42» 40', et 50° 20', de la latitude géographique dans l'espace de 30° 4C, de largeur (Aboqlf. p. 132, 137, 138). Les autres géographes doublaient cette largeur de climats et de l'habitable en commençant de la ligne équinoxiale et ne s'arrétant avec les autres qu'au 63' ou 66e degré de la latitude géographique , où se terminait la terre habitable. C'était plus conforme à Ptolémée.
(480) Abulfeda, p. 4S5.
(IH\) Voyez les notes précédente» 49, 50.