DERNIERS ÉCRIVAINS, 103. J
Ouloug bey, fils de Schah Rokh, s'adonnanl à l'astronomie, fonda à Samarkand, encore du vivant de son père, on observatoire, et, s'associa nt avec les astronomes Àli Mohammed Djamscbid et Kadizaded a! Roumi , il s'occupa d'observer les étoiles et de dresser leur table. En ce qui concerne l'exposé des notions astronomiques des Chinois, il a copié ce qui se trouvait dans les labiés de Nassir eddin.
Lorsque Ouloug bey entreprit, en 1457, de dresser une carte générale du monde, il n'avait rien de mieux à faire que de dérouler et copier la carte ilkhanienne du vieux Nassir eddin le tousien (311). Cette reprise de l'ancienne carte par un souverain astronome, était un événement pour la géographie déchue de sa splendeur. Le catalogue céleste et la carte ilkhanienne d'Ouloug bey, éclipsèrent tous les précédents.
Sous son règne, l'astronome Àli Koschgi, mort 1474, vérifia, dit-on, la mesure du degré et de la grandeur du globe. Le résultat de cette opération donna au grand cercle 8,000 parasanges, au diamètre 2545. C'est juste la grandeur connue de Plolémée. Koschgi savait que la parasange est composée de 3 milles, le mille contient 5,000 aunes (royales), l'aune 52 doigts, le doigt a la largeur de 6 grains d'orge , le grain d'orge est de 6 poils de la queue d'un cheval (sas). La géographie n'avançait plus.
105. Ce n'est pas qu'il n'y ait rien d'utile pour les investigations historiques et pour éclairer quelle marche tenaient les connaissances géographiques chez les mahommédans. Il y a à cet effet de matériaux toujours assez abondants. L'astronome Ouloug bey, explorant le ciel, ne négligea pas l'horizon terrestre. Meula AU Koschgi voyagea par son ordre en Chine (329).
La géographie mahommédane avait ses cartes nautiques utiles aux navigateurs. Elles étaient d'une petite dimension, dressées sur les carrés des méridiens et parallèles. Ces lignes formaient les deux ruinbs nordsud et est-ouest sans surcharger la carte de celte multiplicité de vents qui obstruaient les cartes nautiques des latins. Vascode Garaa,en 1497, a vu une semblable carte chez Malem Cana, maure de Guzarat, qu'il prit à Melinde pour son guide; et il trouva les mêmes cartes sur plusieurs navires arabes (330). Une semblable carte dessinée par un pilote arabe, Omar , servait très-bien à Albuquerque dans les conquêtes qu'il fesait dans la mer d'Oman et dans le golfe persique (331). Ainsi on voit que les arabes avaient à la tin leurs cartes nautiques.
voyages l'ambassade à la cour de Pékin de la traduction de Gallaud. — En 4786 Cliambors publia à Kaikutta la correspondance avec la Chine, reproduite par Hastings à Paris 4788. — Ensuite Lenglès inséra dans sa petite collection de voyages , le récit des deux ambassades, s'aidant de la version de Gallaud. — Enfin Qnatremère les a reproduits dins le xiv tome du recueil de notices. (Rcinaud, introd. p. 402,163).
(327) Editas, à Graevio, Oxford 1660; item , géogr. minores, London 4714 ; a Demetrio Alexandr. Vlennaae 4807.
!828) Delambre, hist. de l'astron. p. 498. 320) Kanoun naraoli Tcliin, cité par Dherbelot. 330} Barros, Asia portugueza, 1. 1, p. 319. Voyez Reinaud, introd. p. 467, 189, 490. — Vasco de Gama trouva en usage chez les marins arabes et la boussole, et l'astrolabe et 1 instrument compose de trois planches pour mesurer les distances, semblable à celui (arbalestrillc) dont se servaient les Européens. Le savant Reinaud a réuni de renseignements éminemment instructifs a ce sujet, daus son introd. à la géogr. d'Aboulf. ,n ... m . ,
(334) Commentants do grande Affonso d'Alboa qtierqne, Lisboa, 1774, t. I, p. 70, 416 (Keinauu,
introd. p, 167).
156 GÉOGR. ÂEABE, 1030-1330.
Commuant rénumération des cartes qui sont Tenues à noire connaissance, nous nous transportons dans le magreb. Là, Hawi Ahmed le tounisien, dressa, en 1554, une carte générale en tourk (33s).
Presque en même. temps, 1551, kuben Ahmed ben Mohammed , al scharû et al sifakessi , c'est-à-dire de Sfaks du pays tounisien , dressa un portulan de la mer méditerranée, accompagné de la rose des vents (333).
Mohammed ben Ali ben Ahmed al scharf ou al sifakessi (fils du précédant), dessina une carte générale d'après Edrisi et Ibn Alatbar, qui, malgré leur ancienneté, possédaient la confiance des dessinateurs (334).
Cependant la géographie chrétienne commençait à instruire les mahonimédans : les tourks de l'empire ottoman y puisaient, et commençaient à exceller dans les études parmi leure co-religionnaires. Mais avant de connaître leurs produits, nous allons sommairement continuer la série des écrivains arabes.
Taki eddin Aboubekr al Makrizi, mort 1425, traitait des lieux doot la position était incertaine dans la géographie (533).
Abou Obeid ibn Ali ibn Haoukal, mort 1429, dans son introduction à l'exposition des états, s'acquitta amplement par une description des pays, qui n'entrait point dans de petites localités (33e).
Aboul Hadjadj Iousouf ibn Mohammed, le kermanien, mort 1435, composa les itinéraires des régions (337).
Taki eddin Ahmed ben Ali al Makrizi, né en 1367, mort 1143, composa l'histoire et la topographie de l'Egypte (33s). C'est une des célébrités remarquables de la littérature arabe de cette époque.
Aboul Hassan Saïd ben Ali, le djordjanien , mort 1477, composa en langue persane les itinéraires des états (330).
Un des marchands qui négociait pour Selim, sultan tourk, mit par écrit en persan : kanoun nameh Tchin ve Katha , c'est-à-dire : état des pays de la Chine et du Kalaï, qui est traduit en tourk (340).
Abou Abdallah Mohammed ben Ahmed, ibn Ayas, le hanefit, acheva en 1516, sous le titre de: parfum des fleurs sur les merveilles terrestres, un traité de la géographie , où il décrit sans ordre les villes et les pays connus des musulmans, en commençant par l'Egypte, qui était probablement sa patrie et dont il parle avec le plus d'étendue d'après la description de Makrizi. Son ouvrage ignore la découverte assez récente du nouveau monde (341).
Modjir eddin abou Iemen Abdel rahman kalimi , mort 1520, est auteur de vns al khalil, ou d'un traité de deux pèlerinages de Syrie, à savoir, à Jérusalem et à Hebron (342).
(33i) Che conservas! nell* archivo del coneiglio dî dieci in Venezia, intagliala su 4 ta vole di legno , che fu poscia publicata dall'abate Assemani, con an foglio di saggio d'illustraxioni (Ziula, salle anlicba mappe idrografiche, nota ad cap. 28).
i3S3) La carte se trouve à Paris, inscrits arabes, ancien fonds, n* 847. — Rcinaud , introd. p. 170. 334) La carte est acquise par la bibl. nat. de Paris. — Reinaud, introd. p. 470.
(335) Le titre de son ouvrage : tanbih al salek ala medhaun al malek (Dberbelot).
(336) Hadji khalfa.
(337) Hadji khalfa.
iS38) Dberbelot, etc.
339) Hadji khalfa.
340) Dherbelot.
(341) Dherbelot, D'Ohsson. — Un manuscrit est dans la bibl. de Leydc. (341) Dherbelot.