PROGRÈS OCCULTE, IOS. S
pays entier. L'Ecosse était moins connue au dessinateur anglais. C'est Tunique monument de ce genre qui donne une idée de l'adresse de l'époque et des cartographes postérieurs, dont le produit lopograpuique est perdu pour nous.
On voit sur celte carte de vélin les routes et leurs distances, les fleuves et leur direction ; les provinces se laissent distinguer et séparer. La parlie occidentale, surtout Susses , Kent, Essex, Suffolk, Norfolk sont remplis d'inscriptions qui deviennent rares dans l'intérieur et au nord, et disparaissent presque dans les parties occidentales. Quantité de ces inscriptions ont été enlevées par le temps destructeur; mais beaucoup plus de positions n'étaient point inscrites. Les plus importantes manquent souvent : Oxfort, Coventer, Lincoln, Doncaster, Carlile y restent innommées. Le dessin de la carte n'était pas achevé. L'écriture est très-fine, quelquefois trop petite, difficile à débrouiller. Plusieurs lettres ne se laissent pas distinguer à première vue , se ressemblent Tune à l'autre. Les élisions des lettres et de fortes abréviations, comme : ncest (Cniehester) exercent la sagacité des investigateurs (voyez notre portulan général à la fin, p. 27-29) (e).
M apparu mundi descripsi in pelles duodecim pergameni, dit en 1265 un dominicain, annaliste de Golinar : mais nous ne l'avons pas, elle est perdue. Les mappemondes furent souvent dessinées sur une trèsgrande échelle. Une assez grande carte existe dessinée par un chanoine Henri , imago mundi conlexta per Henricum canonicum ecclesiœ sanctœ Mariée cimlalis Magonliœ, de rerum nalura, imperat&ribus , regnis, regibus et ponli/icibus usque ad Henricum impcralorem filium Henrici, Elle accompagnait évidemment une chronique qui continuait jusqu'à Henri IV (mort 1106) (i).
(6) La plnpart de ces cartes de ta Bretagne se trouvent dans les manuscrits de Mathieu de Paris , conservés dans les bibliothèques royale de Londres, cotlonicnne et do collège benêt. Richard Gough les a publiés dans son ouvrage : british topograjhy, dont la première édition parut à Londres» en 4768 in-4", la seconde à Londres 4780, de même iu-4*, en 2 volumes; le premier vol. delà troisième édition a été réduit en cendres avec rétablissement de John Nicbols en 4808. On compte 7 planches de monuments géographiques relatifs à la Gr. Brer. dans le 4*' vol. et uue 8a* dans le second. Nous les reproduisons en grande partie dans notre atlas. En premier lieu, les quatre suivants : 4* Quatuor stratœ per Britanniam réduite en proportion de Î5 à 8; V Britannia nune dicta Anglia quœ cotnplectitur Scociam Galeweiamet IVaUiam, réduite deux cinquièmes. On suppose
Su'elle est de la main de Mathieu même (lifeO) parce qu'on présume que lui-même donna à l'abbaie e S. Alban son manuscrit qui passa ensuite oans h bibl. royale. — 3° Fragment de la mappemonde de Haldingham. — A9 La plus importante dessinée sur deux pièces du vélin, que nous avons réduite en proportion de 40 à 3 de l'échelle et reproduit Kent et Sussex, sur la grandeur de l'original (pi. VI, t. I, p. 76). Thomas Martin l'a heureusement exhumée et présentée en 4 768 à la société dès antiquaires, prétendant qu'elle est du temps d'Edward III. Elle est oblongue, tournée l'orient en haut et elle parait être du xu' siècle. Je dois les calques de ces cartes à l'amitié et aux soins de mes compatriotes, Pierre Jastrcembski et Valerien Krasinski , avantageusement connu dans le monde littéraire, par ses savantes publications sur l'histoire et l'état politique des Slaves. Je n'ai pu me procurer les calques de deux cartes qu'on voit dans l'ouvrage de Gough (t. I, p. 64, pi. III ; et 1. 1, p. 67, pi. IV, n» 3), celle delà mappemonde de Henri et loutre d'an manuscrit de Matthieu du collège benêt, laquelle contient beaucoup de places qui ne se trouvent pas dans les autres. Gough explique toutes ces cartes et distingue leur mérite. Mais ceux qui ne connaissent pas l'ouvrage très» difficile de Gough, sont induits en erreur par une étrange opinion de Matthias Christian Sprcngel
g;escb. der Entdeckuagen, chap. 30 p. 830) fidèlement répétée par Malte-Brun (XIX, p. 507 de l'édit. uot). Toutes ces cartes sont condamnées en globe , très-grossières, le dessin des principales villes et des abbayes avec leurs murailles, leurs clochers et leurs portes, occupe tant d espace, qu'il n'a pas été possible de marquer les divisions des provinces, les endroits peu considérables et les petites rWières. Ce n'est qu'à l'occasion de l'Ecosse de Harding du xv* siècle (Gougb. t. II, p. 580, n" 67 de notre atlas, 7 de la planche) que Sprcngel se relève, ou plutôt retombe dans une autre erreur (p. 239) en faisant promener sur cette carte l'armée royale de station en station.
(7) Cette carte est conservée au collège benêt. Gough a extrait de cette carte l'Angleterre et l'Irlande pour sa publication (t. I, p*iU, pi. III, n* 1). Elle se trouvera entière4 dans la publication des monuments géogr. de M. Jomard.
En Angleterre, Richard de Haldmgiiam mit à exécution une immense mappemonde. Rien de plus grossier , on pourrait dire de plus monstrueux. La description de l'Asie mineure peut donner une idée de son exécution. Elle y est d'une forme qui représente à peu près un carré long, pouvant avoir six pouces dans un sens et sept à huit dans l'autre. La ville de Nicée est placée à l'angle supérieur vis-à-vis de Conslantinople ; puis successivement au-dessous de Nicée , le long d'une côte marquée verticalement par une ligne sans contours, on lit de haut en bas les noms de Chalceâonia, Nicomcdia, Prusias, Cincum et Abidos (ces deux derniers noms semblent s'appliquer à une seule et même ville), Lamsacus, Lilium et enfin Troja ciuilas beîliœsa. Un peu après Troja, qui est \ Alexandrin Troas , la côte se replie à angle droit; mais l'auteur de la mappemonde, confondant le détour que fait ici en effet la côte de la Troade pour former le golfe Adramytli avec celui de la côte carienne, trace horizontalement , depuis Troie jusqu'au golfe d'ïssos, une nouvelle ligne droite, qui figure la côte méridionale de la péninsule et sur cette côte il inscrit successivement, de gauche à droite, les noms de Prienna, Milelus, Pacera (Patara), Mirrea, Listra, Telmessus et Atalia. Après Atalia il n'y a plus de noms. Sur la côte septentrionale il n'y en a qu'un , celui de Heraclca, Inscrit non loin de Nicca avec le fleuve Licus. Dans l'intérieur, Ephcsus est placé presque au centre du pays; un peu plus loin sont les villes Anliochea , Iconium et Tarsus ; puis, à l'extrémité vers l'orient, Antioche de Syrie et le mons Cassius. Une ligne sinueuse figure le fleuve Halys, qui est écrit Hclles. Les noms des anciennes provinces : Phrygia, Caria, Paphlagonia , Çappadocia, etc., sont jetés pêle-mêle et comme au hasard. Du reste le tout est exécuté avec un très-grand soin calligraphique et les villes y sont figurées suivant leur importance traditionnelle , par une ou plusieurs tours parfaitement dorées et coloriées. Le Pont Euxin et la mer de Cypre sont représentés par d'étroits canaux peints en vert : et par une sorte de compensation de ce que de vastes mers perdent ainsi en étendue, les détroits qui se prolongent entre l'Euxin et l'Egée, y compris la Propontide , ont reçu. d'énormes dimensions (s).
Celte description n'est pas flatteuse' pour la grande mappemonde de Haldingham. Elle est ronde; Jérusalem y est au centre et certes elle n'est pas moins intéressante pour l'histoire , pour la géographie descriptive et pour la reconnaissance des vices qui chargent le dessin des cartes postérieures.
La carte d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande, qui est dans notre atlas (n° 69) prise de cette grande mappemonde, donne aussi l'idée de la finesse du dessin et de la grossièreté de la composition. Haldingham , en qualité d'Anglais, a dû connaître les îles britanniques, mais sa composition prouve le contraire. La nomenclature des positions y est de l'époque, nationale et assez spécifiée; mais les îles ne décèlent leur forme que d'une manière très-incertaine. Le fleuve bande passe à trais) Celte description de l'Asie est tirée de l'ouvrage de M. Vivien de Saint-Martin, histoire dos découvertes géographiques , chap. 12, t II, p. 486, 487.
vers Hibernia et divise l'Irlande en deux îles; le fleuve tveede sépare la Scotia de la Brelannia (9).
106. Delà très-grande mappemonde, je passe à de toutes petites figurines» Celle de Gautier de Metz , dessinée dans différents manuscrits de son ouvrage (n° 5G, 57 de notre atlas), est tout à fait insignifiante (io). Celle qui accompagne le manuscrit de la pharsale de Lucain conservée à Mons, en Hainaut, n'offre plus d'intérêt (1 1). Mais les trois autres que nous allons prendre en considération sont en apparence vides et chélives : elles méritent cependant. un examen sérieux.
La figurine extraite d'un code de la bibliothèque nationale à Paris, est du commencement du xme siècle ou de la lin du xn°, (voyez n° 68 de notre atlas) ; les quatre points cardinaux y sont nommément marqués ce qui la dislingue des précédentes. Le nord y est figuré par une étoile; le levant par une croix qui désormais représentera le signe de l'orient; le sud par un M (meridies) et le couchant par uu P (ponente) , employé plus tard dans la navigation. — Cette même figurine offre une pose inusitée dans les images antérieures, pose arabe, au haut de laquelle ne se trouve pas l'orient avec son paradis, mais le sud. Enfin cette ébauche de l'habitable relire Jérusalem du centre , probablement par inadvertance. La pose antérieurement inaccoutumée , ferait croire, que le dessinateur se trouvait sous l'impression de la carte arabe (12).
Une figurine islandaise , conservée sur quelques feuillets de la fin du xme siècle , tient la même pose arabe. Le nord est en bas , le sud en haut, le planisphère est divisé en deux demi- cercles, dont celui du sud forme Synri bygdh, ou région méridionale, plaeée au delà de la ligne équinoxiale : au reste, il est conforme à l'image suivante de Cecco, que nous allons analyser. Ce qui est encore spécial à l'ouvrage de la docte Islande , c'est que ce planisphère est traversé par -une bande qui représente l'écliptique (13).
(0) La carte de Haldingham est conservée dans les archivas de la cathédrale d'Ereford , enfermée dans une caisse ancienne construite à cet effet; elle ne remplit pas moins de donie planches papier grand aigle ou six planches doubles dans la collection des monuments de la géographie du moyen âge, dont la publication est préparée par le savant Jtamard. — Notre copie des tics britanniques de cette carte a été faite sor celle 4e Gougb 1. 1, p. 7-1, pi. V; elle n'est pas assez exacte. En 484» parut à Hercford : a brief description olthe man ofthe ancient world ureserved in the catliedral church of Hereford.by S. Bannister, m. a. formcly of qaeen's collège Oxford, *rith n spoeîmen, drawn by B. Nttckec esq. L'ouvrage m'est. arrivé trop tard. Le spécimen contient an fac-similé des ijes britanniques et te coin de la carte, voisin de ces îles. ï>aus ce coin, on voit l'empereur Auguste assis; as dessus de> sa tiare on Ht : Lucas m euangelio exirt edielum ab Augusto cesare, ut describeretur liuniuersus orbis. L'empereur tient cet édit. et le donne aux trois géomètres : Archodoxus (Zenodozus), Theodocus, Policlirns ^Polyclites). L'édil. porte : Ite in orbem uniuersum et de omni eius continëntia, rëferte ad senatum et ad istom confirmandam (extrait de la cosmogr. d'Eticus, p. 26, edit. de Gronove). Le sceau suspendu porte : Augusti ces arisjmperatori, autour d'une main qui tient un sceptre. Au dessous est inscrit. Tuz ki cest estoire ont, ou oyront, ou liront, ou ueront, prient a Ihesu en de yce de Richard de Haldingtiam e de lafford (lord, seigneur), ept pi te (et prient pour ice) kilat fet (qui l'a fait) e compassé, ki ioie (joie) en cet U sere donce.
(10) Nous en avons copié deux de celles qui furent publiées par Santarem.
(11) La figurine pour la pharsale de Lucain, indiqne le septentrion par les noms de deux vents : boreas et cl. (claudit?) aquflo fortis. (Voyei flg. ci-jointe.)
XJ2) Cette image que nous avons placée dans notre atlas réduite à moitié à côté du fragment de Haldingham, se trouve dans un code qui contient plusieurs articles de différents genres, de récriture do xii" siècle. L'image n'appartient à aucun de ces articles, elle doit être considérée comme isolée, volante. M- Santarem la donne daus son grand ouvrage qui est sous presse. Je no sais pas à qu'elle époque ni à qui il pense l'attribuer
(1 3) Ce planispb. islandais est publié dans les antiq. amer. Hafniae 183?, p. 27*. (V. fig. ci-jointe.)
H GÉOGft. LATINE, 1350*1410.
Cecco (Francisco) Stabili d*Asgoli, naquit vers 1957; il se livra pîus particulièrement à l'astrologie, introduite depuis longtemps d'orientés Europe et il la professa publiquement à Bologne, depuis 1522 jusqu'à 1525. Dénonce au tribunal de l'inquisition pour avoir mal et irrégulièrement parlé de la foi catholique, il fut condamné à une pénitence publique et privé de ses titres et de tous ses livres d'astrologie. Le chagrin qu'il ressentit de ce jugement , l'engagea à quitter Bologne, pour se rendre à Florence où la mort l'attendait. Traduit de nouveau devant l'inquisition , il fut condamné au feu comme hérétique et brûlé vif en 1527. Il avait écrit , vers la (in du xui* siècle , un commentaire sur la sphère de Sacrobosco et ce livre contribua à sa condamnation (14).
Cet ouvrage est accompagné d'une petite image (n° 58 de notre allas), qui prouve les progrès des idées géographiques sous l'influence des connaissances astronomiques et de la vue des cartes arabes (is). Le globe terrestre y est divisé en zones habitables et inhabitables. L'habitable y est placé sur le quart du globe , étendu le long de tonte la moitié de son hémisphère. Elle est donc oblongue (de 180 degrés); le méridien de Jérusalem la divise en deux portions égales. L'Europe et l'Afrique sont séparées entre elles par la mer méditerranée , et de l'Asie par le Tanaïs et le Nil; dans le continent de l'Asie pénètrent trois mers : la mer Caspienne, la mer indienne (rouge et pcrsiqne) et une de l'océan oriental. Toute la figure , contrairement à l'habitude antérieure, est tournée, à l'imitation des arabes, le nord en bas, le sud en haut. Cette déviation de la méthode usitée, en apparence* insignifiante, s'explique de la manière très grave, par l'influence Qu'exercèrent à différentes époques, sur les connaissances géographiques des latins, la géographie arabe et la géographie ptoléméenne. En ce cas, il serait difficile d'admettre qu'une description eût insinué à Cecco une semblable pose. N'était-ce pas plutôt la vue d'une carte. On pourrait dire que c'est le mode rogérien qui se maintint jusqu'à Cecco, et pénétra facilement en Islande. Toutefois c'est de l'arabe.
Mais en observant la petite figurine de Cecco, on voit que l'habitable n'est pas configuré sur la figure de la carte rogérienne ou de quelque autre arabe de ces temps reculés, mais évidemment sur la figure des cartes postérieures, où l'Afrique ne s'étendait plus tout le long au sud de l'habitable. Cecco, en ébauchant sa petite image, a donc eu devant les yeux une carte arabe assez récente du xine siècle , et il signala à la fin de ce siècle l'avancement des idées géographiques, élaborées dans l'obscurité de notre ignorance.
Quand la géographie fesait le progrès obscur pour nous, on ne peut douter que c'était la cartographie nautique qui avait le plus grand succès. Les Majorquins et les Catalans se servaient de cartes de marear bien avant 1286 (fenix del as maravillasde l'orbe, Raymundi Lullii). Les marins de l'Italie ne pouvaient se passer de cartes semblables : elles furent dessinées et perfectionnées. Lorsque la boussole «tait chez eux en plein usage au commencement du xme siècle , elle
(44) Fut imprimé pour la première fois à Bàle 1485, réimprimé avec les commentaires de François de Capoue et de Jean Lcfeb-vre d'Etaples, Venise 4449, 1859, in-folio. (15) La figure dé cette image est copiée de la publication de Santarem.
PUVIGATIOH, 107. 9
engendra la méthode de fabriquer ces cartes (ie). Mais celles-ci sont détruites ou du*moins n'ont pas été retrouvées. Je-oc veux pas anticiper sur ces indices très~positi£l , n'ayant pas de monuments. Les monuments postérieurs expliqueront mieux le succès des cosroographes ou cartographes et de la marine, qui prenait chaque jour des dimensions plus larges et pins audacieuses.
107. La navigation s'étant développée par tonte la mer méditer**née, s'élançait de cet enclos sur les eaux du vaste océan atlantique. Des tempêtes poussaient souvent les navigateurs, égarés sur des points inconnus et les appelaient à des reconnaissances; et à des expéditions hardies. Le commerce sur les côtés occidentales de l'Afrique et les notions acquises sur l'existence de quelques. îles de l'océan, déterminèrent la république de Gênes à y envoyer , vers Tannée iâ75, une flotte et à Rendre possession d'une jl.e, qui reçut le nom de Lanceloie du nom de Lancelot Malocello (Malus-aucellus, Maloisel, Marueelli), Génois d'origine française, qui bâtit dans cette fie un château fort appelé Maloxelo , Maroxelo (i 7).
Ce succès encouragea les Génois à une expédition qui avait, pour but de pénétrer jusqu'à l'Inde en cinglant autour de l'Afrique. En 4285, Thedisio d'Oria et Hugolin di Vivaldo , avec Guy, son frère et quelques autres, tentèrent ce voyage nouveau et extraordinaire : ils armèrent à leurs frais deux galères bien équipées, emmenèrent avee eux deux moines franciscains et se mirent ainsi en route pour l'Inde. Qu'elle a été l'issue de leur entreprise? on n'en a pas eu de nouvelles (i s).
(46) .Les soin de Humboldt ont extourné les dates assez anciennes de l'usage de la boussole ofaet les marins de la mer raéditcrrauée. — Jacq de Vitri, entre 1498 et 1219, daa* son historia kterosoly-
naUftna dit : adaraas in> India reperitnr ferrum occult» quadam natuca ad >o trahit; acus ferrea,
postquaas. adaraantem coaligerit, ad iteilam septentriooalem, quw velut avis firmament* aKis vergentibas, non movetur, semper convertitur : unde, valde neccssarius est navigautibus in mari (cap. 89, edit. Bongars p. 4406)* Vincent de Beauvais, mort en 4286, n*a pas néglige d'annoter cette vertu de l'aiguille : angulus quidam eios, cui virtus est attrahendi ferrum, est ad zaroo, id est sep*
teatrionem (Cl^-! darom, est sud); angulus autem oppositus ad afon, iA est, meridiem (jïEJTJ Zafoa est nord, Peritsol, cap. I, p. 40, etc.). Itaqve proprietatem babct magnes , qnod si approximes ei ferrum ad augulum îpsius qui zaron, id est septentrion em respicit, ad septentrionem se convertit. Si vero ad aognium oppositum ferrum admoveris, ad afon, id est meridiem se movebii (Spécul. âaturale, t. Il, lib. IX, 49). Son contemporain , Albert le grand, mort 428*. n'a pas oublié d*en (aire mention vers 4250 : angulus magnetîs cujusdain est , cuitis virtus apprehendi fer ni m est ad ■eronf, hoc est scptentrionalem et hoc utuntur nautae. Angulus vero aliuc magnetis, illi oppositus, trahit ad apliron, id est polnm meridionalem. Et si approximes ferrum versus angulum toron, convertit se ferrum ad zoron; et si ad oppositum angulum approximes, convertit se ad apliron (opéra, Lugd. 4684, t. II, p. 443). L'usage de la boussole chez les marins n'est pas une chose nouvelle pour ces écrivains et Albert le grand a puisé sa relation sur l'aimant , dans un ouvrage apocryphe de urineralibus, attribué à Aristote ; invention antérieure, probablement hébraïque d'un juif.
(47) Eosi quidem, patrum memoria, Januensium armata ciassis penetravit, dit Pétrarque (devi ta eolitaria, II, 44). Toute une génération avant sa naissance qui arriva en 4304; or, l'expédition eut lien vers l'année 4*75. — Cette expédition explique pourquoi les cartes postérieures blasonncnt de Géaes l'île Lansaroto : d'argent à la croix de gueules (pavillon de S. Georges} : la carte médicéenne de «304, catalane de 1.898, etc. Elles indiquent au sud-est de Lansaroto le fort de Matoxello, Marogèlto, et celle de 4455- faite par lé (génois Barthélémy Pareto inscrit : Lansaroto Maroxello Januensis. — Les relations postérieures relèvent en 4402 l'existence du castel que Lancetot Maloesel avait jadis bit construire (conqu estes des Canaries, 32, 38) et lés nobilîères génois disent : H Marru-. celli, nobili etantichi cittadini genovesi, hanno origine di Francia (D'Avezac, notice des découvertes dans l'océan atlantique, chap. 8, p. 47-83).
(48) C'est ainsi que sfest exprimé le contemporain Cecco d'Ascoli , né en 1257, mort en 4327. — Et questo anno Thedesio d'Oria et Ugoline di Vivaldo, con un suo fratello et alquanti allri ten toron o di fare un viaggîo novo et iûusit&to, cioè di volere andâre in India verso' ponente, et armorono due
Salière mdlte ben ad ordine, et pigliérono con loro doi frati di S. Francesco, et nsciti fora del stretto i Gibeltare, navigarono verso llndia, et non se n'ë mai havuto nova alcuna. Et di questa nauiga-