II. S
40 GÉOGIU LAT1KB, 4380*1410.
Ces parages océaniques furent fréquentés par toutes sortes de navires; par ceux de Mayorqae, de Pise, de Gènes, de Bruges, de Séville. Mais c'étaient ceux de l'Espagne qui devaient être les plus nombreux, parce qu'on donnait à toute la plage jusqu'au cap Gantin, le nom d'Espagnole. Àrxilla, Sale, Niffe, Zamuro, Zaffi, sont piagge di Spagna (19). Mais les Italiens aussi, et spécialement les Génois, y avaient leur part, parce qu'on voit presque toutes les fies, tant les Canaries, que celles qui sont disséminées vers le nord , portant des dénominations italiennes (»o). Les navires français n'étaient pas tout â fait étranger à ces parages, car (entre 1526 et 1334) une tempêté les jetta sur la grande Canarie (a*). En même temps le Portugal méditait à y prendre des possessions.
Le Portugal avait une marine qui lui était indispensable, dans sa position maritime, pour défendre ses côtes, participer aux croisades, combattre ses ennemis, et pour les besoins d'un commerce assez étendu. Mais il ne lui répugnait pas de chercher des étrangers habiles. Le roi Denis appela de Gênes, le génois Emmanuel Pezagno, et lut accorda par un traité passé en 1317 la charge héréditaire d'amiral, à condition de fournir et de tenir toujours au complet un état-major de vingt officiers génois pour le commandement et la conduite de ses galères (33). Quand le roi Alfonse IV conçut le projet de s'emparer des Canaries, il équipa en 1341, deux navires et une barque chargées de provisions, et en confia la conduite aux marjns florentins, génois, castillans et autres d'Espagne. Cette expédition, sous la direction du génois Nicoloso di Recco et du florentin Angelino *del Tegghia dei
ttane fi mentioae Cîcce d'Ascoli , nel eomento délia spera (Agostino Giustiniano, castigatiesinii aanali di Geaovo, W, iat. III verso). — La même note sur Tedisco Auria et (Jgolino Vivaldo, répète Folieta : qvernm fcominuei qui fnernnt casus , quique vastorum consiliorura exitus, nulla ad nos uaquam fama pervenit (Ubertl Folietae, bistoriae Gennensium libri, V, fol. 110 verso). — L'antre contemporain de l'expédition, Pierre d'Apono, mort en 1345, en fit aussi mention : dictum est etiam Arym civitatem tndiae existera. Quidam tamen ainnt hinc illuc, ant e converso, non posse transitant eomnleri.... Uade et parum aate ista tempora Janoenses duas paravere, omnibus neeessariis mnnitas galeas ; qui fer Gades Hereulis transiere. Quid antem de illis contigerit jam spatio fere trigesimo ignoraiur anno (Pétri <fAbano, conciliator controversiarnm qu» inter philosophos et medicos versantur* differentia 67, fol. 4M). — Presque deux siècles plus tard, Antonio Usodimare, explorant les parages de J 'océan, y rencontra en 4455, un Italien qui se disait unique rejeton de l'ancienne expédition de Vivaldo : reperi ibidem unum de natione nostro ex illis galeae credo Vivalde, qui se amisemnt sunt anni 470; «ai mini dixit et sic me affirmât iste secretarias, nos restabat ex isto semine, salue ipso, et alius (lettre de Lisbone d'Ant. Usodimare, datée 41 décembre 1455, dans les annali di geografia et di statistica, t. II, p. 387). C'est probablement à la suite de ce rencontre qu'Usedimare a sa suppléer l'ignorance des contemporains. Anno domini 1*85 recesserunt de ciuitate Januae duae galleae patronisatae per Hugolinum et Guîdum de Vivaldis fratres, volentes ire in levante»., ad partes Iodiarum. Quae galleae multum navigaverunt : sed quande ^Jnerunt dictae galleae in boemari de Gbinoia , una earun se renerit infundo sicco per modo m quod non poterat ire aeeawteaavigare; alia vero navigavit et transivit per istud mare usquedum venirent ad civitatem unam Ethiopiae, nomine Menara : capti fuerunt et detenti ab illis de dicta civitatequn sunt christiani de Etalopia submissi presbjtero Joauni.ut supra. Civitasopsa est ad marinam, prope flumen Gioo. Praedicti fuerunt taliter detenti , quod aemo Uloram a partibus UUs nnquaaa rediyit. Qu* predicta narraverat|Antoniotu8 Ususmaris, nobilis janneasis (annah de geogr. e di statut, t. II, p. 196, 191). — Voyez d'Avezae, notice de découvertes dans la mer allant, chap. 4, p. «1-15. — Je uense qu'on peut se contenter de l'ignorance des contemporains, et de passer outre sur cette ingénieuse amplification postérieure.
(19) Pegoletti, écrivain de. l'année 1540, pratica délia aaèfcatura; deUa décima t. III, p. f 49, Ht, 310, 154, 176-381).
(10) La carte catalane de 1375 le prouvé, Madera (de haute fatayé) est en italien Legoi (de haute futaye).
SI) Georges Glas, history of the Canary island, p. 4. 1) Contrato commiser Manuel Pecanho, nés adqitamentos a memeria sobre as verdadeiras epi navegaçoes e descobrimentos no oceano atlantieo, por J. J. da Costa de Hacedo. — Les aanirsuut Pecanho s'éteignirent dans l'arrièra-arriére-petit-fils de Manuel, vers 1450.
HÀV1GATIOH , 107. if
Gorbizzt, retourna la .même année en Portugal, emmenant quatre indigènes et différentes productions insulaires (ts)«
L'expédition était manquée , mais Àlfonse IV ne renonça point à son projet, et lorsque le pape Clément VI donna, en 1544, l'investiture des fies Canaries, à titre de principauté héréditaire, à Louis d-Espa<gne (arrière petit-fils d'Àlfonse le sage et de saint Louis), et le recommanda par ses lettres, aux rois de France, de Sicile, d'Aragon, de Gastille et de Portugal, au dauphin de Viennois et au doge de Gènes, le roi de Portugal, le dit Àlfonse IV, déclara dans sa réponse du 12 février 1345, que voyant ces fies plus voisines de ses états que de ceux d'aucun autre prince, il pensait qu'elles pourraient être plus convenablement subjuguées par lui-même; qu'en effet, dans l'intention de mettre à exécution son dessein , il avait déjà envoyé quelques navires pour examiner le pays, et que la conquête n'en avait été retardée que par la guerre qu'il était obligé de soutenir contre l'Espagne et les Sarrazins (s*). La conquête différée n'eut pas lieu ; les Espagnols et les Génois ne discontinuaient point de visiter toutes les lies bien connues (Canaries et Âzores).
Les relations assez fréquentes qui s'étaient établies avec les Canaries exposaient les rivages de l'Afrique an delà du cap Cantin jusqu'au cap Bofador aux visites des navigateurs : mais les côtes ultérieures étaient moins accessibles. On sait qu'au delà du cap existait une petite anse de Boîador, refuge incertain pour ceux qui tenteraient de s'aventurer vers le sud ; on apprit l'existence d'un fleuve d'or. L'insuccès de l'expédition génoise n'effrayait point ceux qui étaient disposés à faire des investigations. Le mayorquin don Jacq Ferer partit en effet le jour de S. Lorens qui est le 10 d'août dans l'année 1346, pour aller au fleuve d'or, et on ne savait pas ce qu'il est devenu («»).
(tS) Anno4344, a mercatoribus florentinis apud Sobiliam Hispanfac ulterioris ciuitatem moranlibus, FlorentUe litterae allatae sunt... in quibus... continentur. Aiuntquidem primo die menso Julii huius anni, duas naves, impositii in eisdein a rege Portugal!! opportuois ad transfretandam commeatibus, et cam iis navicula una monita : bomines florentinorum , januensium et bispanorum castrensium, etaliorum hispanorum, àLisbona ciaitale datis velia in al tu m abiisse, ferentes imuper equos et arma et machinamenta bellorum varia ad ciuitates et castra capienda, quaerentes ad cas Insulas quas vulgo repertas dirimus et bad bas favente vento secundo post diem pervenisse omnes : et demum mense noverabris ad propria rcmeagse, seenm baec pariter afférentes : primo qu'idem quatuor bomines ex incolis illarum insularura duxère; pelles praeterea plnrimas bircorum atque caprarum, sepum, oleum piscis, et phocarum exuvias, ligna rubra tingentia fere ut veninum*; insuper et arborum cortices aequo modo in rubrum tingentes, sic et terra m rubram, et bujusmedv (de Canaria et de insulis reliquis ultra Uispaniam in oceano nouiter reperlis, dans les : monument! d'un ms. autografo di messer Giov. Boccact de Certaldo trovati ed illnstrati da Sebastiano Ciampi, pp. 53, B4). — Verum Niccolosus de Recco januensis alter ex ducibus navinm illarum, rogatus aiebat a Sibilia civitate usque ad praedictas insulas esse millia passum fere nongenta (ibid. monumenti» p. 54). Le nom de l'autre capitaine de l'expédition, est indiqué dans le manuscrit de Boccacio par une note marginale : Florentinus quilcum bis nauibus praefuit est Angelinus del Teggbia<de Corbizzis^consobrmus filiorum Gherardini Giannis (ibid. p. 53). D'Avezac, uotice . . c. 7.
(14) Attendentes quod praedictae insulae nobis plus quam alicui. principi propinquiores existant , qnodque pernos possenteommodiussubjugariad bococulos diFCxerimu»nostrae mentis eicogitatum nostrum jam ad effectuai perducere cupientes, gentes nostras et naves aliquas illuc misimus ad illias patriae conditionem explorandum : quae ad dicta» insulas accedentes, tam bomines quant animalia et res alias per violentiam occuparunt et ad nostra régna cum ingenti gaudio apportarunt.... Verum cum ad praefatas insulas expugnandas armatam nostram mittere curaremus, cum mititum et peditum multitudine copiosa, gnerra primum inter nos et regem Castellae, diende inter nos et reges saracenos suborta, nostram propositum impedivit (litterae Alf. régis, in annàL eccles. t. XVI, edtt. 465t, ann. 454*, n" 48).
(«5) La carte rivages au delà
trouve beaucoup d'ivoire, à causé de la multitude d'éléphants qni y vivent. C'est elle qui la première dénonça l'expédition mayorquine par l'épigraphe : partich luxer den Jac. Ferer, per anar al riu
42 GÊOGR. LATINE, 4550-1410.
Quelques années pins tard, d'autres expéditions eurent un meilleur succès. Les Français de la Normandie où les Normands, équipèrent à Dieppe deux navires; ils partirent au mois de novembre 1304, et dépassant les Canaries, arrivèrent vers la Noël au cap Vert, sons lequel ils mouillèrent dans une baie qui depuis ce temps a conservé le nom de baie de France. Après avoir recueilli de l'ivoire, ils continuèrent d'avancer au sud, touchèrent à Boulembel (Sierra leone), ensuite au cap de Monte et s'arrêtèrent enfin à l'embouchure d'une petite rivière près d'un village, qu'ils nommèrent Petit-Dieppe; ils opérèrent leur retour à Dieppe au mois de mai 1565.
Au mois de septembre suivant , 1366, des marchands de Rouen s'associèrent avec ceux de Dieppe , et il fut armé quatre navires pour renouer les relations commerciales avec les nègres. Deux des navires liront leur traite au Petit-Dieppe; un troisième alla opérer son chargement en malaguette, à l'embouchure d'une rivière plus éloignée, devant un village auquel ils donnèrent le nom de Paris ; le quatrième navire poussa plus loin encore et se procura une grande quantité d'ivoire et quelque peu d'or chez des peuples moins sociables.
Ces expéditions furent continuées tous les ans par les armateurs de Rouen et de Dieppe, qui établirent ainsi des comptoirs au cap Vert, à Boulombel , au cap de Monte, au Petit-Dieppe ei à Paris.
Ce n'est qu'en 1580, qu'un navire expédié de nouveau de Rouen s'avança jusqu'au lieu d'où Ton a d'abord rapporté de l'or; il y arriva en décembre, trouva les habitants mieux disposés et revint à Dieppe, après un voyage de neuf mois.
L'année suivante, 1381, le 28 septembre, il partit de Dieppe trois navires. L'un s'arrêta au point ou l'on avait déjà traité, et qu'on appelait la Mine, à cause de la grande quantité d'or qu'on y avait recueillie; l'autre alla jusqu'à Mouré; le troisième jusqu'à Akara. On envoya de nouveau trois navires en 1583, deux étaient chargés de matériaux de construction pour bâtir à Mina un comptoir, où l'on laissa dix à douze personnes; le troisième, contrarié dans ses opérations par les marées, revint avant les autres et fut réexpédié, pour ravitailler la Mina.
Cet établissement prospéra jusqu'en 1410. A cette époque désastreuse pour la France, les expéditions se ralentirent, puis cessèrent tout à fait (as).
delor, algorn de sen Lorens, qui es a x de agost, e fo en lany mcccxlvi. — Cette expédition est confirmée par une autre carte contemporaine du catalan Macia de Villadestes de Tannée 4457 (Tastu sur la carte catalane, notice» et extraits, t. XIV). — Un manuscrit de la bibl. d'Usodimare, qui appartenait autrefois aux archives secrètes de Gènes, répète cette mention avec quelques variantes et explications. Recessit de ciuitate Majorigaruni gallcatia una Joannis Ferne catalan!, in festo sancti Lanrentii, quod est in décima die mensis augnsti a. d. 4346, causa enndi ad riu Auri, et de ipsa galleatia nunqùam postea aliquid novum babuerunt. Istud flumen de longitndine vocatur Vedamel
(C2\ * et UL» fleuve plein); similiter vocatur riu Auri, quia in eo eolligitur aurum depaiola-
(G. Graeberg, annali di geografia edi statistica, t. II, p. 290). Voyez D'Avezac, notice, chap. 4, p. sh- Malte-Brun, XIX, p. 524 .
(Î6) Un chirurgien allemand Samuel Braun deBasle, pendant le séjour de trois années, qu'il fit à la côte d'or, de 1617 à 46SO, au fort Nassau, apprit par les récits des indigènes que les Français avaient jadis un établissement en Guinée. In dieser Festung Nassau zu More), wie ancb zu Accara, bab ich Leuth gesehen, welclie 430 jalir ait vrorden. Die haben mir gesacbt : dass die Mina, sebou vor etlichen Jahren, von den Frantzoscn, so dabin gchandlet, seye angefangen worden. Und die wcil aile jabr 5 monat lang, ein solch Regcnwettcr mit hartem Wind (welchen wir Travada keissen