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NAVIGATION, 107. J

La navigation vénitienne n'offre pas de dates aussi positives : mais il n'est pas douteux qu'elle visitait les mers septentrionales. Les Génois, d'un autre côté, dominant sur la mer noire, établirent leur marine sur la mer Caspienne (27).

La marine variée sur tant de mers, animait le dessin des cartes dans

entstebet, in massen fiel Wabren zusebanden werden, baben sie an die Einwobner begert , dass sic mogten ein Magasin oder Packhaut» bawen. Walches inen auch dûs Scliwaitzen, so mit incn wol zufrieden sind, gern verwilliget baben. Haben alto eio zimlich grou Packhauss gemacht, nnd die Wabren auf das Land gebraebt. Also einen guten bandel bekommen, besonders weil damalen die Einwobner dess Lands, das Gold , mit gewogen, sonder beym Augenroass verhandlet. Da uun den Portugalesera kand getban worden, dass die Frantzosen guten bandel bey den ScliwarUen bekommen, baben sie dieselbigen obnversehens ûberfallen, nnd dass Packhauss eyngenommen.... Haben also endlicb auss diesem Kauffhauss, eine Capel) gemacht, welebes jezt garfest ist (FOnff Scbiffarten, Sam. Brauns, p. 17, publiés à Frankfort en 4653, par les soins de Jean Théodore de Bry). — Le souvenir de cet ancien établissement se conservait en même temps en Normaudie. Le père George Fourrier, né à Caen (4895, mort I65x), rapporte ce qui snit : avant que les Portugais nous eussent enlevé la Mine, toutte la Guinée était remplie de nos colonies, qui portaient le nom des villes de France dont elles estaient sorties (hydrographie, p. «04, de l'édition 4643; et p. 454; de redit. 4667). — En attendant, sm le lien même, les nouveaux possesseurs de la Mina, les Hollandais, qui savaient qu'un magasin y avait été bâti par les Portugais en l'année 4484, distinguèrent les murailles et le» constructions du fort, antérieurement érigées par des Français : dit kasteel (van de Mijn) wort geoordeelt een zeer oudt gebouw te zijn, gelijk zulx de verschillende jaer-aentekeninge in verscheide plaetsen aenwijzen. Aen een vervallen batery, by de onze» voor eenige jarea weer opgennekt, en de Franse batery genoemt (ter oorzake het een Fransch gebouwschcen en de Fransen , na der inwoonderen zeggen, voor de komste der Portugesen daer genuistvest waren\ vinden d* onzen de zijfertallen van't jaer dertien bondert, sonder de twee volgende letteren te knnnen bekennen (Olivier Dapper (mort en 4690),naukeurige beschrij vinge der afrikaensche gewesten,Amslerd. 4668, p. 459). — Le voyage de D'Elbce en 4669 et 4670, conGrme cette observation. — Ce magasin français transformé en église et fortifié par les Portugais gardait encore en 4667, la trace de ses anciens maîtres : Villanlt de Bellefond, qui visita alors ces parages, J'atteste de la manière la plus précise : les Hollandais, dit-il, se servent aujourd'hui pour leurs prèsches , de la même église que nous y bastismes... dans laquelle on remarque encore les armes de France. Ensuite il donne le récit détaillé des expéditions dieppoises exécutées entre 4364 et 4440, que nul n'avait publié avant lui,

Juoique on sût que la Guinée était remplie de colonies françaises, qui portaient le nom de villes e France , avant l'arrivée des Portugais. Ce récit se trouve compris dans la relation qu'il adressa à Colbert et qu'il fit imprimer en 4669 sou» le titre de : remarques sur les costes d'Afrique et notamment sur la coste d'Or, pour justifier que les Français y ont esté longtemps auparavant les autres nations (pp. 5, 440-429). — Ce récit est répété par Estancelin , recherches sur les voyages et découvertes des navigateurs Normands en Afrique, pp. 7 à 44; et par Vitet, histoire des anciennes villes de France, t. If, pp. 4 à 36 ; (D'Avezac notice des découvertes dans l'océan atlantique, chap. 4 et 10, pp. 4-5; 73 84). — Comment s'est il fait, que des entreprises aussi suivies de 4864 se soient éclipsées et aient été ignorées des écrivains jusqu'en 4617; qu'elles aient échappé à la connaissance des marins génois; de manière qu'aucune carte n'a su rendre compte d'une acquisition aussi immense pour la géographie ; que le baron normand Bethencourt dans son entreprise de 440*, ignore la navigation dieppoise et n'en fait aucune mention? Il faut avouer qut des doutes pénibles chargent ce mystère, démesurément agrandi , ou complètement controuvé. On voit que c'est la prise en possession de la Mina par les Hollandais, qui éveille l'événement oublié, ou l'inventé; les récits des nègres et la vue des murailles pouvaient contribuer à illusionner l'imagination. La relation de Villault de Bellefond, il faut le présumer, a du être puisée dans les registres de l'amirauté de Dieppe, détruits ensuite dans le bombardement de 4694. Mais le relateur n'indiquant point ses sources, a pu être séduit par quelque invention obscure, qui précédemment avait pu surprendre la confiance de Fournier. Ces doutes ne sauraient être levés que par des témoignages contemporains. Les registres de l'amirauté sont détruits, mais ce n'est point là exclusivement qu on pourrait trouver des iémoxgnajres. D'autres archives existent, celles de Rouen , de particuliers, les rouennais participaient aux expéditions dieppoises qui étaient des expéditions faites par des particuliers. Des entreprises qui durèrent quarante ans ont dû laisser quelques indices dans les chartes de commerce : or, ivoire, malaajtielte, Afrique, Guinée, ne se trouvaient-elles pas quelque part dans les documents de cette époque ? Le moindre témoignage contomporain, directe ou indirect, confirmerait tout ce qu'on a narré postérieurement. 11 faut espérer qu'un jour toute incertitude sera levé à cet égard.

(27) Et encore voz di que la mer... est appelé la mer de Glevesbela (Gheluchelan, Geluchelan, Glebache, Gelucbe, Cechichelam, Ghelukelar, Gelucbelaz, Gbebachela, Gielucbe, Gelacbalat : variantes du nom de la mer Caspienne ou Ghilan des arabes et Khvalinskoïe des russes) et sire environ sept cent milles , et est longe de tons mer, ben dose jornee , et bi met de denz le fin d'Eufrautes et maites autres flus, et est tout environee de montagne et de terre : et novelement les marchians de Jcne, najerent por ce) mer, car il nont rois leingn on il najerent, et d'iluecli vint la soie ke est apelle gelle : dit dans l'année 4196 Marco Polo (chap. XXUI). — La version latine de ce passage est assez infidèle : et sciatis quod mare Cechichelam, girat octtngenta miliaria, et est longe ab omui mare beneduodecim dietas. Et intrant ibi, multa magna flumina, inter quae, intrat fluvius Eufrates, nnus de fluminibus paradisi deliciarum. Et veniunt mercatorcs de levante et navigant per illud mare : inde venit sericum quod vocatnr glielle (cap. 15).

\k GÉOGR. LATINE, 1330-1410.

la pratique des cosmographes, elle engageait à étudier le ciel et les instruments par lesquels on l'examinait; elle donna la direction à la méthode de la fabrication des cartes tant spéciales que générales.

beaux résultats; cartes nautiques du xiv* sièclb; découvertes

continentales ; 1 320-1 41 0.

108. Les monuments géographiques du xiv« siècle sont nombreux et de la plus haute importance. Les uns ne nous offrent que la continuation de rouelles figuratives, mais les autres méritent la qualification de véritables cartes géographiques, atteignant à une haute perfection.

Nous avons devant nous cinq images figuratives. Une petite, dessin d'un code d'Arras (n° 78 de notre atlas) (ss). Cette image offre quelques bizarreries dans récriture et dans les noms : noV mdie (Nortbmandie); Aufrique (Afrique); Morlagne (Mauritania); au-dessus de Hircanie on lit : la mer carpes (caspes, Caspienne) et à travers le medcscossie (la même mer Caspienne qualifiée de mer de Goz, Gucia , Scozia de Marco Polo, cap. 220); Ayse trogene (Asie troïenne, mineure); Ayse g fie (grandissime?).

Une autre se trouve dans un code de Vienne (n° 72 de l'atlas).

La troisième vient d'un code de Guillaume de Tri polis (n* 73 de l'atlas) (99).

La quatrième, de forme ovale (n° 70 de notre atlas) est de Ranulphe de Hyggeden ou Ralphe Higden , Hykeden , savant bénédictin du monastère de S. Werberg, dans le comté de Gbester où il mourut Tan 1360. Il est auteur d'un ouvrage historique intitulé : polychronicon et accompagné de l'image du monde en question (30).

L'océan environnant de la carte de Ranulfe Hyggeden est décoré par les lies fantastiques et réelles. Cilcana (scythique), Appolinnan (? souvenir poétique du séjour d'Apolon hyperboréen ? ) , Dada (Danemark), Tile (Toule), Wrislad (Frisland, Feroer); Noravega Itlanda; Scocia, Man; Anglia, Wallia, Hibernia; Fortunata; Tanigna, Maliens (Malaka? plutôt Malcus mons? par lequel traverse le méridien Syene-arym (Baconis opus maj. p. 195), (voyez la note précédente *), Salie (Ceilon). — Dans la méditerranée les fies sont un peu en désordre. Dans la mer noire les deux épigraphes dérivent, je pense, de dénominations grecques qui se mêlaient en abondance dans les descriptions latines de cette mer, comme on peut le remarquer par les explications que nous avons annotées dans notre portulan général. Dans la carte de Ranulfe, la portion occidentale, très-large, de la mer inscrite dokoi

(18) L'image d'Arras est dans sa grandeur naturelle. Elle avait été* publiée en écriture moderne par François Joseph Mone (Anzeiger fur Kunde der teutchen Vorzeit, Karlsruhe 4856). Ma gramrc est exécutée sur la copie que M. Grandguillaume, de la société archéologique , a eu l'extrême obligeance de dessiner. Une note complaisante de M. le bibliothécaire Bacouël m'avertit que cette carte se trouve isolée , sur un des derniers feuillets du manuscrit du xiv* siècle, n" 810, portaut pour titre grammatica Priêciani et diaiectica.

(19) Toutes les deux sont copiées de l'atlas de Santarem à une échelle réduite de moitié.

(30) La figure que je donne dans mon atlas est copiée sur celle qu'a reproduite le magasin» pittoresque de 1840, p. 47, 48; je doute de son exactitude dans les détails. — Goughs avait extrait crue carte d'un manuscrit de la bibl. du collège benêt : il y trouva Eugland in it so conspicuousa, dont il donna la figure, 1. 1, p. 64, sur sa MJplanche, n* 1.

IMAGES MJ MORDE, 10*. 15

Qouxoi prolixus; et la portion orientale est rétréci 3, enfoncée , creuse, bathmos ou balhinos, £«0w&>, excavo, /5«ôuvos-, fovea. — Dans foute la carie il n'y a que trois villes marquées : Jérusalem , Roina et Parisius, celte dernière est entourée de provinces. Quelques épigraphes sont très-déplacées : Campania (pays maritime) touche la Catalonia et sépare la provincia de la mer; Turingia, Bulgaria, ne sont pas mieux; Wan~ dali et Scandinavia gardent les rivages de la mer noire. Il ne manque pas d'autres inexactitudes dans les inscriptions et le dessin.

Toutes ces images se distinguent par la reproduction infatigable de la nomenclature romaine ancienne; en général elles sont presque privées d'appellations contemporaines. La seule carte de Higgeden étale quelque nouveauté quant à l'Europe et l'océan environnant.

La cinquième image est peinte vers 4370 dans le manuscrit de la chronique de S. Denys, qui appartenait à Charles V, roi de France (n° 74 de l'atlas) (si).

Toutes sont préoccupées de la situation du paradis terrestre qui est au sommet, l'orient étant en haut de chaque figurine. Elles placent Jérusalem rigoureusement dans le centre. Celles des siècles précédents n'étaient pas aussi scrupuleuses sous ce rapport , comme du xme et du xive siècle.

Ces images, ces peintures, ces miniatures, représentant la conception des cartes géographiques, décèlent néanmoins un progrès, des idées avancées et prouvent que les connaissances géographiques , en grandissant, devenaient plus vulgaires.

Sur cinq cartes que nous observons, trois sont disposées par la rose des vents, où l'on remarque les quatre vents cardinaux, ou les quatre vents principaux, et les vents subalternes ou intermédiaires ;

oriens, est, subsolanus.

meridies, sud, auster.

occidens, vest, favonius, zephyrus.

septentrio, nort, aquilo, boreas.

Les vents subalternes sont an nombre de huit :

est sud est,

eurus ,

subsolanus.

sud sud est,

notus ,

nothus.

vest sud vest,

affricus ,

euro auster.

sud sud vest,

zephyrus ,

affricus.

vest nort vest,

circius ,

chircius et favonius.

nort nort vest,

chorus ,

promis.

nort est,

boreas ,

aquilo.

est nort est,

vullurnus,

vulturnus.

Nous ne nous arrêtons pas sur la transposition de quelques-uns, ni sur l'instabilité des appellations, mais nous ferons remarquer que la direction des vents guidait les dessinateurs , qu'ils avaient devant eux les cartes construites d'après cette méthode ; qu'ils pensaient dans la reproduction des anciennes images, imiter cette méthode et se conformer à la construction des mappemondes*

(34) Le manuscrit est conservé dans la bibt. de S. Geneviève à Paris; notre copie est réduite en proportion de 100 à 83 d'après la publication de Santarem.

La méthode de dresser les cartes géographiques par la rose des vents n'était pas nouvelle. Elle était connue et pratiquée dans l'antiquité (si). Lorsque la marine des Pisans, des Génois, des Vénitiens et d'autres, prit de la croissance, elle ne put se passer de cartes géographiques. Comme la carte rogérienne était continentale , elle ne pouvait satisfaire les pilotes. Elle a pu servir de base pour une mappemonde, mais les cartes nautiques, tant spéciales que générales, exigeant une autre opération , toute l'attention des cartographes se porta vers la direction des vents. Pour approvisionner les marins de cette espèce de cartes , ils organisèrent dans les villes maritimes des établissements géographiques , où Ton dessinait toutes sortes de cartes : ainsi il ne manquait pas de portulans ni aux pilotes majorcains, ni aux pilotes italiens (53).

Les arabes avaient leurs images figuratives et leurs cartes géographiques. De même les latins ayant leurs images et connaissant les méthodes de la construction des cartes géographiques, se donnaient la peine de les dessiner quand le besoin s'en faisait sentir. Chez les premiers c'étaient les astronomes, les géomètres, les savants géographes versés dans les mathématiques qui dressaient les cartes. Chez les Latins, les dessinateurs qui savaient manier un compas, qui comprenaient les courses des marins et les itinéraires des voyageurs continentaux composaient ces cartes et avaient à cet effet des ateliers. Le fait est avéré par les monuments du xive siècle qui en sont sortis. Mais ils possédaient des ateliers avant cette époque, et bien antérieurement ils se livraient à l'art du dessin , du temps de Roger et même avant; ils étaient alors probablement moins nombreux qu'au xiv* siècle, et quelque peu moins avancés dans leur connaissance , mais ils n'étaient point privés d'instruction : ils élaboraient lentement ce que le xiv9 siècle mit au jour; quoique l'on ne connaisse pas de monument de leur connaissance et de leur capacité , rien n'autorise à les accuser d'ignorance. Supposant même qu'ils négligaient totalement le dessin des caries : les qualifier d'ignorants ce serait comme si un savant auteur taxait d'ignorant un homme instruit, parce qu'il ne serait pas auteur comme lui et n'ambitionnerait pas la célébrité d'écrivain. Les latins étaient assez bons dessinateurs, assez instruits pour dresser et dessiner les cartes géographiques , et certainement aussi capables que les arabes. Us différaient seulement par la méthode et par les bases de leur construction (34).

(32) La construction des cartes géographiques basées sur la rose des vents était connue dans les temps les plus anciens, et pratiquée par les navigateurs!. Telle fut la carte de Timosthénès. Elle servît de modèle à Eratosthénès, qui n'eut qu'à la copier pour l'usage de l'école alexandrine (voyes mes recherches de géogr. ancieane II, 30, 34-37, 111,42-57, tabula 12, 43, 34). Cette méthode se perpétua dans Fa pratique des navigateurs. Reprise au moyen âge elle porta à un haut deçré la perfection de la composition des cartes maritimes. Elle était connue ebé> les arabes qui dressaient les roses de positions relativement à Kaaba (centre sacré).

(33) Qu'on lie dise pas que ce que j'avance ici est hasardeux. : nous verrons leur produit.

(34) 11 n'arrive .que trop souvent* qu'a© lieu de chercher et d'apprécier le savoir et les connaissances des. siècles reculés, on sème, sur eux avec profusion un blâme d'ignorance. On fesait grand bruit d'ignorance de l'intérieur, à cause qu'en 4093* les moines ignorants de Tournàv ne connaissaient pas la situation de l'abbaye de Ferrieres. On- comptait parmi les découvertes géographiques l'apostolat d'Otton de Bamberg en Poméranie, connue par son commerce, dont l'existence fut ébranlée par l'influence continuelle des Allemands et du christianisme. Les marchands de Brème, en 4457, forent comparés à Cabrai, parce que la tempête les avait jetés sur les côtes d'un pays connu, dont ils ignoraient les rivages (Fergusson, Sprengel, Malte-Brun, etc.)

409. La carte rogéricnne s'est perdue , mais la pratique de dessiner les cartes resta debout et la culture de la géographie fut animée d'abord exclusivement chez les italiens. Leur marine commerciale et guerroyante comprit Futilité et la nécessité de cette connaissance. Elle seule stimulait suffisamment cette étude et lui donnait l'impulsion et la direction.

La carte des géographes siciliens, inspirée par la science ptoléméenne et la pratique arabe , s'était basée sur les longitudes et les latitudes géographiques, explorées, trouvées ou cou venues, sur les bases mathématiques et scientifiques. Pour les pilotes italiens, cette parade scientifique, qui décorait le continent, devenait superflue et même nuisible; parce qu'elle indiquait de fausses proportions, ils renoncèrent aux chiffres des longitudes et latitudes , ils ne voulaient guère graduer leurs cartes ! aussi je ne qualifierai pas de scientifique la culture qu'ils ont faite de la géographie, mais simplement de connaissance de la géographie , dans laquelle ils ont progressé et excellé à un haut point.

Les bons dessinateurs et les hommes instruits préparèrent, à l'usage des pilotes, les portulans annotés ou dessinés (ss). Les soins du dessinateur se portèrent plus spécialement sur le contour , que sur la peinture ; on s'évertuait à faire ressortir les promontoires, les ports, les rades, les points dangereux, bas-fonds, écueils; à tracer les golfes, les sinuosités des bords; à fixer les distances et la position relative avec une certaine exactitude. Les portulans annotés suppléaient le dessin par des renseignements qu'ils donnaient sur les conditions de la sécurité des ports et des mouillages, sur les moyens d'approvisionnement, sur la qualité de l'eau de rivières, de citernes où de sources, sur les dispositions des habitants des villes et des rivages; enfin de tout ce qui pouvait être utile au cabotage des marins.

Les marins dessinaient eux-mêmes, ou fournissaient des renseignements aux géographes dessinateurs , qualifiés de cosmographes (36). Ils se passaient d'astrolabe, généralement connu chez les' arabes. Une kmgue expérience , une vue exercée , l'ombre , les astres , le soleil , la lune, l'étoile polaire rapportée aux gardes de la petite ourse, la vitesse de la navigation, la direction , les vents fixaient leurs notices et leurs conceptions. Vient enfin la boussole ou l'aiguille aimantée, dont î'âUrifration de la glorieuse découverte, vers 1300, à Flavio Gioïa, est mise en déroute par l'antique connaissance de la vertu de l'aimant et par l'heureux usage que depuis plus d'un siècle déjà en faisaient les pilotes italiens , qui ne pensaient guère à relater de qui et depuis quand ils tenaient ce mystérieux secret. Chez les arabes, l'aimant retirait Les clous de leurs navires, chez les latins il était le plus fidèle guide des marins (st). Les portulans dessinés et peints furent construits

(38) Je ne sais pas pour quelle raison on refuserait le titre de portulan aux carte* littorales de V époque qni reproduisaient les dénomination* des portulans écrits. C'est juste comme les anciens itiaéraria aanoiata et picta : les portulans annotés et peints.

(36) Qu'ea ne m'accuse d'inadvertance à cause de la qualification prématurée de cosmographe , êon&ée aux dessinateurs des cartes du xii* siècle. le le fais à dessein : parce que je pense que cette qaaiiiicfetion, inventée dans le courant du vi* siècle, ne discontinua point à honorer les dessinateurs versés, les géographes de profession. Je suis certain qu'un jour on en trouvera des preuves.

(37) La nave over Zonchi, chc navegano questo mar {dp 1 Inde).... portano uno solo timon; le quai

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