‹ Géographie du moyen âgeChapitre 98 sur 135 · II · texte numérisé non relu

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58 GÉOCR. LATINE, 1330-1410.

ça et là par le désert, de même que le feraient $e$ compagnons, qu'il ne peut plus les retrouver. Et de ce désert mille nouvelles en sont connues. A la suite de cette description, ciulat de Lop est accompagnée de légende : dans cette ville Lop se rendent les marchands de V empire de Sarra pour aller au Cataï en droite ligne et ils y viennent avec des boeufs, et avec des voitures et des chameaux ( ioe).

144. Dans la partie orientale de l'Asie il nous reste à parcourir ; les Iles, Tlnde, le Cataï et le Gog et Magogou l'histoire d'Alexandre-legrand.

Dans la mer des Indes sont 7548 îles , dont nous ne pouvons détailler ici les merveilleuses richesses qui y sont renfermées , aussi bien d'or et d'argent, que d'épices et de pierres précieuses. En effet, jl n'y en a de nommées que quatre.

IUa Iana, Ceylan, Lanka chez les Indiens. Dans Vile de Iana, on trouve beaucoup d'arbres, bois d'aloës, camphre, sandal, les épices fines, lagalanga, noix muscade, les arbres de canelle qui est l'épice la plus précieuse de toute l'Inde et là se trouvent de même le macis et ses feuilles. Dans un coin de cette île se trouve regio feminarum.

A côté de cette île : insula mudorum, des muets ou (nudorum) des hommes nus , dans laquelle les hommes et les femmes portent une feuille par devant et une autre par derrière.

La troisième île nommée, est Caynam.

La quatrième illa Trapobana, Sou ma tra (407); sur cette île Malao est accompagnée de cette légende : celle ville est déserte à cause des serpents. La légende relative à l'île porte : l'île Trapobana : celle île est appelée par les Tartres (Tartares) Magno caulii (îos), c'est la dernière qu'an rencontre en orient. Elle est habitée par des hommes bien différents des autres. Sur quelques montagnes de cette île il y a des hommes d'une grande taille, c'est-à-dire de douze coudées, comme des géants, très-noirs et dépourvus de raison; ils mangent les hommes blancs étrangers, quand ils peuvent les attraper. Chaque année, dans cette île, il y a deux étés et deux hivers. Les arbres et les herbes y fleurissent deux fois l'an. C'est la dernière île des Indes. Elle abonde en or, en argent et en pierres précieuses.

La mer des îles offre encore deux tableaux et légendes. La première : mer des îles de l'Inde, où sont les épices. Dans celte mer naviguent de nombreux vaisseaux de différents peuples. On y trouve deux espèces d'un poisson qui s'appelle syrène : l'une est moitié femme et moitié poisson ; l'autre , moitié femme et moitié oiseau. L'autre légende dit : ces hommes

(f 06) La note sur la ville de Lop et la légende de lakaravane sont verbalement conformes avec la narration de Marco Polo, seulement celui-ci approvisionne la karavane pour un mois, le catalan pow sept ; et Marco Polo parle de la traversée en général , le catalan détermine le départ de Sara et la direction vers Kataï. — Voyez Marco Polo, ebap. 57, de la version latine, I, 44. — Des séductioa* diaboliques entretinrent très-longtemps encore les cartes postérieures, comme on le voit par celle de l'atlas de Fréderik de Wit, ou on lit : in deserto Lop et Belgiam homines miris iHnàonibus et diabolico screatu seduci creduntur.

(407) Les Portugais admirent cette attribution de nom à l'Ile de Soumatra , comme on le voit par leurs cartes des xv*etxvi* siècles. Siomatra, over Taprobana, dit 1458 fra Mauro dans sa mappemonde , instruit par les Portugais. — Quant à la carte catalane, sa Taprobana est platot la péninsule Malaï. Voyez notre portulan vers la tin.

. (108) Magna cavilUUw, lieu ou vous êtes trompé et où sont de grands trompeurs : cavilli ?

sont des sauvages, qui vivent de poisson cru, boivent Veau de la mer et vont tout nus (100).

145. LTInde se présente sous la forme d'une presqu'île. Cette forme inconnue aux caries italiennes, incompréhensible dans la relation de Marco Polo, était familière à de bonnes cartes géographiques des arabes et certainement fut relatée par différents explorateurs du temps. Elle est divisée en plusieurs royaumes dont trois sont spécifiés.

L'Inde commence de insula de Ormi et de Hormission, de Hormouz. Le premier roi qui s'y présente est del rey Dalli, de Dely : ici est un solda (sultan) grand, puissant et fort riche : ce sultan a sept cents éléphants £t cent mille hommes à cheval sous ses ordres ; il a aussi des fantassins sans nombre. Dans celle partie de la terre il y a beaucoup d'or et de pierres précieuses. Par le pavillon portant un pal on voit que le sultan était possesseur d'un spacieux littoral : commençant de Hormouz : JSocran (Mekran), Chesimo, Damoncla (Daybol), Semenat (Soumenal), ciulal de Goga (Gogeh), Canbelum (Kanbaïet, Kamboïe) sur un golfe; iVirtfala(Nahrval) dans l'intérieur de la terre, aussi bien que de Bargalidoa (Fouroukabad au nord de Kanodj), Ialcym (Gaulna), Hocibelech (Hosoungabad sur Nerbudda) et de Delly (Delhy) sa résidence; puis suivant les rivages : Barochi (Baroch), Cocintaya ( ), Paychinor

^Baçaïm) Chmlabor (Geitapour), Nandor (Onor), Pescanor (Bacanor ou <Calianpeur), jusqu'à Mangamor (Mangalor). Désert de les Indies sont les déserts sablonneux à Torieut de l'Indus.

Le second roi de la péninsule est : ici règne lo rey Colombo (Koulam , Koulaa) qui est chrétien. Province de Columbo , et ciulal de Columbo. Son pavillon flottant sur Elly, Bixder (Wastara), Diogil (Dhidigul?) porte une croix et un oiseau.

Le troisième roi Etienne est aussi chrétien : ici règne le roi chrétien Steve : ici se trouve le corps de V apôtre saint Thomas : tournes tes yeux vers la cité de Butiflis. Or, ses possessions s'élendaient sur les rives du Goromandel. Carocam (KarrikaI) Selemclti (sept pagodes), Mirapor (Meliapour) et Butiflis sus-menlionnée où repose le corps de saint Thomas. Son pavillon portant un lion flotte dans l'intérieur des terres sur ciulal de Baie la (Balki près de Beder dans le Dekan) et Carachoïant (Gurrumkonda). %

Bengala n'est pas formée en un royaume spécial, mais n'est pas non plus la dernière des provinces. Son nom est suivi parBassia (Bisa ruinée, SE. d'Assam, au nord d'Ava au pied du mont Tahka); Michem (Mien, Pegou); Penta (île Bintang), Thige, Lingo, Ianpa (Zarnpa); après quoi finis Indk, est fermée par un fleuve qui vient des montagnes Baldassia (fleuve Meakoun, Mecon) (no).

(109) Tout ce que dit le catalan des îles de la mer de l'Iode est rapporté d'une manière différente daus la relation de Marco Polo. Ce dernier ne parle pas de Sirènes, ne se sert ni de l'appellation de Taprobana ni de celle de lana; le^ catalan ignore les dénominations des îles énumérées par Marco Polo qui fait monter leur nombre à 7748, suivant le dire de sages marins (chap. 461, vers lat. III, 6), et même à 12700 selonc qe iuoister le compas et la scriture de sajes mariner qe uzeut en cel merde Yndic (chap. 192, vers. lat. III, -45).

(110) L Inde du catalan commence à l'occident de Nocrau, comme la grant, greingnor Iudie de Marco Polo de Ras-macoran , mais la description de chaune est très-différente. In mère de cinq rois-frères de Maabar ne vivait plus , la grante bnge faite ensemble , ne put faillir , ils destrucrent le on l'autre. D'autres puissances surgirent aux pavillons indiques par le catalan.

446. De l'autre côté de l'embouchure ciulat Caynam voisine de l'île du même nom, et la frontière occidentale de Kalaï : açi finis Calayo. Le pays était assujétit auxTatars (Mongoux). La ruine de leur domination en 1563 était proche, mais le souvenir de leur première puissance continuait à avoir du retentissement : La légende dit : le plus grand prince de tous les Tarifes : il s'appelle Holubeim (du nom de Houpilaï ou Koublaï petit fils de Djenghiskan, premier fondateur de la dynastie, chez lequel séjournait Marco Polo) qui veut dire grand khan (ut). Cet empereur est beaucoup plus riche que tous les autres empereurs du monde; il a pour sa garde habituelle douze mille chevaux ; il a quatre capitaines qui ont chacun douze mille chevaux sous leur commandement; chaque capitaine se rend à la cour du souverain avec sa compagnie pendant trois mois de Vannée et ainsi de trois autres, successivement et par ordre. 11 réside à Chambalech , capitale du grand khan de Catayo. — Sachez que près de la ville Chambalech existait autrefois une grande ville nommée Guaribalu. Le grand khan trouva par Vastronomie que cette ville se révolterait un jour contre lui : il la fit donc dépeupler et fit bâtir cette ville Cliambalech (us). Celte ville a environ vingt-quatre lieues (\egu\s) et est enceinte de bons murs. Elle est quadrangulaire : chaque carré à six lieues et les murs sont hauts de vingt pas et épais de dix. Il y a douze portes et une grande tour où est placée une grosse cloche qui sonne après et avant le sommeil, de sorte que dès qu'elle a sonné personne n'ose aller par la ville. Il y a à chaque porte mille hommes de garde, non par crainte mais par respect pour le souverain.

Kataï est traversé par un fleuve ramifié en six immenses bras et six embouchures. Il y a 46 villes en y comptant celles de la Tartarie jusqu'à Lop, Carachora (Karakoroum), Tanduch (Tenduch), et les villes (de Tangul) signalées jusqu'au mont Sebur. Il y aurait trop de peine pour nous, et peut-être sans succès, à les examiner. Les relations de Marco Polo contribuèrent sans doute à composer ce dénombrement des villes : mais les renseignements postérieurs s'y mêlent sans doute et forment les bases de la composition. En effet, une autre disposition des états de la péninsule indienne, et tout ce qu'on y voit de la Chine met à l'évidence ces nouveaux renseignements qui méritent d'être étudiés et approfondis. La configuration donnée aux fleuves et aux pays fait présumer que les descriptions arabes n'étaient pas inconnues et qu'une image figurative arabe guidait l'école catalane (au reste , voyez noire art. sur les cartes de l'Inde et de la Chine, 29, 30, et le portul. 30-32).

(111) Les éditeurs de la carte catalane indiquent l'origine de holubeim dans Ouloug:beig. — Cublai kaan est apelez, que vaut a dire a nostre lengaje le graut seingnors (Marco Polo, ebap. 76, vers. lat. II, 4).

(142) Cet événement avait lieu en 4467. Or, vos conterai (dit Marco Polo, çliap. 83) de la grant ville dou Catai, la ou cestes palais sunt, por coi fui faite, et cornant il est voir que il Dec avoit une ansiene cite grante et noble que a voit a non Ganbaln, que ce vaut a dire en nostre lengaje la cite dou seignor ; et le grant kan treuvoit sez astronique que ceste cite se , deroit revelere et faire gran contenire contre l'enpier ; et por ceste ebaison le grant kaan fist faire ceste cite dejostre celle qe ne i a qe un flum emi , et fist traire les jens de celle cite et mètre en la ville q'il avoit estoie, qui est apele Taidu. — C'est sur ce passage de Marco Polo (ebap. de la versiou latine II, ) que le catalan dit : da piats de esta la cintat de Chambalech, auia y nagean cinitat mult gran et ja aja nom Guaribalu; ela gran chan troua per l'estronomia queaquesta cinîtse dénia reuelar contra el; ay i qscula desabitar e fe ufer a questa ciuitat de CkabaUch. — Marco Polo savait que Cambalu était situé à 4 journées de l'océan (chap. 94, vers. lat. H, 40) ; le catalan l'ignorait et enfonça Chambalech au fond de la terre : erreur qui se perpétua jusqu'au xvi* siècle.

Ici naissent des hommes petits, qui n'ont que cinq palmes de hauteur et ainsi soit qu'ils sont petits et incapables de faire des travaux de force ; Us sont cependant aptes et habiles à tisser et à garder du bétail. Et sachez que ces hommes, dès qu'ils ont atteint douze ans, dès cet âge ils engendrent et ordinairement vivent jusqu'à quarante ans et ne sont pas trop heureux. Ils se défendent vaillamment des grues , les prennent et les mangent. Ici finit le pays du seigneur de Catayo.

Mais au nord ses pavillons avancent jusqu'à Tcnduch. Sachez que les hommes et les femmes de cette contrée, quant ils sont morts, sont portés au bûcher au son des instruments et avec de grandes réjouissances. Cependant les parents du mort pleurent et il arrive quelquefois, mais tardivement, que les femmes des morts se jettent dans les flammes ainsi que leurs maris, cependant les maris ne s'y jettent jamais avec leurs femmes (us).

A côté de ce pays dans l'océan septentrional sont deux grandes îles, accompagnées de la légende : dans ces îles naissent beaucoup de bons gerfauts et faucons que les habitants n'osent jamais prendre que pour V usage du grand khan seigneur et empereur de Calayo (114).

147. Nous passons maintenant à l'histoire d'Alexandre, expliquée dans les légendes d'après les récits des arabes. Mollas ciuitas magni (Moultan), celle ville édifia Alexandre roi de Macedonia.

Dans les montagnes de Baldasia : ces hommes sont allés chercher des diamants : mais comme ils ne peuvent pas parvenir sur les montagnes où se trouvent les diamants, ils jettent adroitement des morceaux de viande là où sont les pierres précieuses , et les pierres s'attachent aux morceaux de viande et les déplacent delà, les pierres attachées aux viandes finissent par échapper aux oiseaux et ainsi les rccueille-t-on. Alexandre trouva que cela se fesait ainsi.

Le roi Alexandre. — Montagnes de Caspis , dans lesquelles Alexandre vit des arbres si hauts, que leur cime touchait aux nues. Là il faillit mourir : mais salan le tira de danger par son art et à l'aide de ce marne art, il renferma là les Tartres Gog Magog et c'est pour eux qu'Alexandve fit les deux images du métal ci-dessus décrites. Voici cette description : ces trompettes sont de métal : c'est Alexandre, roi grand et puissant, qui les fil fabriquer (us).

Alexandre enferma aussi dans ce lieu diverses espèces tfhommcs, qui osent manger de la chair crue : c'est là l'espèce d'hommes avec laquelle

(41S) Marco Polo (chap. 58, de la version latine I, 45) raconte tout an long tes cérémonies de la combustion chez les Tangut : mais il ne connaît p:s de femmes se brûlant avec les dépouilles. de leur mari. Il raconte que les Tangut ont une cassie de table grosses un pauract, bien contint» eosenble tote enpointe noblemant et lit metent le cors dedens. C'est son cascio ou le cors est. Cette cassa grossa, cette caisse, le catalan la représente dans son- dessin, par un vase dans lequel le corpsrepose , l'astroilique incantator debout y enfonce sa baguette..

(414) Marco Polo en parle (chap. 71, vers. lat. I, Sft). Efr quant l'en (de Bargu, Bangu) atee 40 Cornée, adonc treuve-1'en le mer Osiane (Océan) et iluec il ont montagne, la o H fanchonz pèlerin ont lor nid (dans les montagnes). Et en Pisle que sont en cel mer environ naisent les jerfeanci. le grant chan en ba taut quant il ne vuelt, et ne entendes que celz qe l'avortent de tere de cristiens as Tartarz, les portent an grant chan, mes les portent au levant ad Argon et a celz seîngnorsdon levant. Or, non-seulement an grand kan mais aussi à Argon eh aux autres seigneurs du levant sont livrés ces gerfauts.

(115) Encore an xvin* siècle on ne négligeait pas ces trompettes : hic in- monte collocati suut duo tubicines acrei , dit la carte de l-'utlas de Frédérik de \Vit, qnos verissimile est Tartaros in perpétuant vindicatae libertatis memortam, eo loci posuiss<\ qua per summos montes in tutiora hoea coromigraruut.

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viendra Vanlechrisl ; ils seront enfin détruits par le feu , qui descendra du ciel el les confondra.

Le grand seigneur, prince de Gog et Magog. Il viendra au temps de Vantechrist avec une nombreuse suite. Une légende explicative inscrite sur l'océan trate son origine : Antéchrist : ce personnage sera élevé à Gorayn (Corazaïn) en Galilea et quand il aura trente ans, il commencera à prêcher à Jérusalem el contre toute vérité t il dira qu'il est le Christ fil* du Dieu vivanl, el on dit, qu'il réédifiera le temple.

À côté du seigneur de Gog et Magog, dans un compartiment est représenté le Christ roi, récompensant de ta palme immortelle ses fidèles : roix, peuples, évéques, moines, et la légende relative r inscrite sur l'océan , dit : le prophète haïe dit dans son chapitre 67 (verset 49) : de ceux d'entre eux qui seront réchappes , j'en enverrai vers les nation» en la mer, en Afrique et en Lydie. Ensuite de quoi, il ajoute : et vers les iles éloignées, qui nront point entendu parler de mon nom et qui n'ont point vu ma gloire et ils annonceront ma gloire parmi Us nations (ne).

148. La grandeur du globe terrestre, les noms des constellations , Ptolémée astrologue, les caractères arabes décorant le dessin cosmographique, sont des indices que sur cette partie de l'ouvrage du cosmographe catalan rejaillit la lumière mahommédane. C'est suffisamment connu : le cosmographe dans son traité n'est qu'un écho éloigné de ce qui était répété avant lui.

On admettait dans la géographie latine l'infiltration de quelques connaissances arabes, spécialement de récits fabuleux, et le cosmographe n'a pas négligé de les introduire dans sa carte. C'était l'habitude de toutes les écoles marines, de tous les dresseurs de mappemondes. Il me semble cependant que la carte catalane décèle plus que les autres l'impression inaltérée et positive de connaissances arabes. En regardant la configuration el les formes de l'Asie, je ne vois pas qu'une carte géographique arabe dressée sur les longitudes et latitudes ait été suivie : mais une image figurative et quelques descriptions arabes donnaient la direction aux fleuves, aux rivages, aux golfes, aux péninsules et à certaines positions.

Le dessinateur ignorait la langue arabe et ne connaissait pas de lettre de son alphabet. Le pavillon de Grenade en est la preuve : le dessinateur n'a pas su y rendre correctement le nom de Grenade ^-LU jj\

(416) Nous avons déjà dit que le conte de Gog et Magog est commun aux mahoraédatis et anx chrétiens. Les géographes et les cartes mahommédane» ne négligent pas d'en parler. Scharifeddim alMobareh Mastoufi l'arhelicn , mort à Mosul en 1240, dans son nazehat al coloub, raconte fort an long l'histoire de Jadjoudj et Madjoudj (Uherbelot). — Celle de la carte catalane est retrempée de la couleur chrétienne. Elle ne s'accorde pas avec l'opinion de Marco Polo. Celui-ci en parlant de Tendue, où régnait le lignage de Prêtre Jean , pense , que ce est le leur qe nos apellon de se enostre païs Gogo et Magogo; mes il l'apellent Ung et Mungnl... Ung estoient les

réclusion avait lieu dans les montagnes du Caucase près de la porte de fer (Derbent) et le peuple s'appellait Romans : et voz di ko Alexandre hi fit fermer une tore et hi fist une fortexe por coi celle jens ne poesent pasere, et fu apelle la port dou fer; et ce est le lea qne le livre Alexandre conte cornant il euclouse les Tartars dedens deus montagnes. Et ce ne fut pas voir qu'il finissent Tartarz, mes furent une jeus qui estoient appelles Comain (Chaynari dn texte latin) et autres jeuerasion assez : car Tartarz n'etoient a celui tens (ebap. 25, vers. lat. 1,44). — L'opinion ne cessa de varier sur Gog et Magog. Au xv* siècle on interpréta Gog pat Iudac. Vovcx la note au chap. 168, et la note 195 du chap. 43.

CÀÎITE CATALANE, 149» 65

et Fa au contraire défiguré horriblement. Probablement l'auteur de la carte n'était pas mieux instruit : mais il a trouvé dans l'école de ses prédécesseurs les tradition» des idées arabes. Aucun pays n'était plus susceptible de se laisser influencer par les arabes que l'Espagne, même dans les connaissances géographiques.

Ces connaissances cependant devaient se fondre avec les investigations plus récentes des européens, et céder aux nouveaux renseignements apportés par la propagande de l'évangile ou pa* le commerce. La carte indique les points où les perquisitions de la propagande ont abouti, elle indique les chemins éclaircis par le commerce. Les communications par la Perse y sont complètement obscures. Les nouvelles arrivaient avec les épiceries par mer dans les golfes persique et arabe (mer rouge); elles relataient les différentes directions des courses de caravanes allant du nord de la Caspienne par Lop en Chine; ou de marchands qui traversaient les bords de la mer Caspienne, par Mavaralnahar et par Khorasan pour se rendre dans l'Inde. Peut-être les géographes espagnols possédaient des relations orales de ces renseignements : mais plus certainement, ils confrontaient les cartes italiennes qui les avaient tracées, et combinaient avec ce qu'ils avaient chez eux d'arabisant. II s'ensuivit maintes fois une confusion résultant de malentendus, de méprises. On serait peut-être disposé à douter de ce que nous avons fait remarquer là dessus en Asie, à cause que le terrain y est moins clair : mais nous pouvons signaler de pareilles méprises dans des pays rapprochés dont la connaissance nous est plus familière, à l'abri de l'obscurité, d'où arrivaient aux Espagnols des nouvelles réitérées et soumises à la confrontation.

i49. Dans la région septentrionale, l'empire de Sarra s'étendait vers l'ouest jusqu'au flum lussom, c'est-à-dire jusqu'au Dniepr, appelé par les mahommédans Ozou, Usom (117). La Litvanie avait déjà chassé la domination tatare loin du Dniepr, mais le cosmographe n'avait pas d'aussi récentes nouvelles. Divisant la qualification de Saraïdjezira , en Sarra et zizera, il place dans son voisinage sur le Volga Berchimam et planta vers l'ouest les pavillons du senyor sur Baltachinla, Perum, et Branchicha. Les deux premières appellations sont incompréhensibles pour moi; quant aux deux autres, elles représentent, à mon avis, Pronsk et Bransk, cette dernière située sur Dzisna, qui se perd dans le Dniepr Usom.

Bargar et Costroma sont sur le confluent de deux branches de Volga. En effet, Boulgar en est peu éloignée , mais Kostroma est très-éloignéc vers l'ouest près de laquelle la branche ouest conduit en la remontant vers Rostov, Twer, Torjek, nommées sur la carte Rosloar, Tifcr, Tarachi. Cette dernière ville était un marché de la grande et puissante Novogrod dont le nom était inconnu au catalan , car les renseignements qui venaient de Saraï n'avançaient pas plus loin.

Kiov, cité déchue de sa grandeur et de sa prospérité t figure sous le nom arabe Chiva. Les chemins de son commerce sont déserts. Pour le commerce de la mer noire toutes les plaines jusque vers l'embouchure

(117) Voyez Abcwlféda.

du Danube offrent peu d'intérêt, le catalan ne trouvait aucun renseignement de ce côté pour spécifier sur la carte quelques détails des pays de Burgaria et de Rossia. Tous ses renseignements arrivaient par ceux qui, traversant l'Allemagne remontaient le Danube ou l'Elbe, qui côtoyaient les rivages de la baltique. Leurs relations variées , mal rapprochées et coordonnées créèrent une complication de rivières danubiennes, qui embrouillèrent remplacement des villes et obstruèrent le nord d'un pêle-mêle presque inextricable. Cependant les dénominations pour la plupart ne sont pas méconnaissables, la confusion se laisse débrouiller.

150. En descendant le Danube, le lacus Danubiï est imaginaire et on ne commence l'itinéraire qu'à Ratisbona. De là on va par Tusna

iThunna Stauf sur les bords septentrionaux du Danube), Pasavia Passau), Enbrunch (Ens, Burg-Ens), Vuvena (Vienne), Arusvar (Ovar, Àltenburg, ou plutôt sa voisine Hedervar), Moleno (inconnue), Janrim (Javarin, Raab) et son imula Jaurim que de magna (la grande île de Schût), Canaro (Gran, Strigon), Buéa (Ofen, Bouda) et son lie, Rogatos (Raczkevi de ladite île), enfin Dinoba (Danoch? près de Mohatsch) et insula Sirmium (Sabacz déplacé) terminent cet itinéraire riverain.

A droite en partant de Vienne, Casses (inconnu), castrum Para (Phara, Vorau) et le flum Pingua (Pinka qui tombe dans la Raab), Vuuardine (Varasdine au delà de la Drave), ftum Sal (est le fleuve Sava qui coule au sud des deux villes suivantes:) Casma (Chasma , Tzasma, Zeschma), et Pasga (Posega , toutes deux dans la Slavouie) ; enfin Elea (peut-être llloh, Vilak sur le Danube). Ici se termine ce qui est enfermé par le cours de la Save.

A droite de la Save Bosna (Saraïero, Bosna-Seraï) , Nicordo (Zvornik, Kornik) , Cleina (inconnu).

A gauche du Danube se rangent d'abord sancto Vito (saint Veit vis-à-vis de Vienne) , sancla Maria (trop enfoncée au nord, sainte Marie vis-à-vis de Presbourg), Bâche (Baks séparée par la Teisse de) Temersvar (qui est séparé par Marosch de) Canada (Ksanad). Le Catalan avait donc des relations qui avançaient jusqu'à l'embouchure de la Sava: il ignorait le cours ultérieur du Danube mais il en connaissait les bouches (us).

De Praga, puissante capitale de Boême on remonte l'Elbe par Dresden, Missen, Guise (les autres cartes portent Gurse, Wurtzen sur Mulda). Aquis (inconnu, Acken? près de Zerbst), Mangobros (Magdebourg) , Argent munde (Tanger m unde), Slendar (Slendal), Lessem (Lentzen) dernier point sur VEulie (sur l'Elbe), d'où l'on se rend sur les bords de la mer à Wismar Usmaria ou Ugmaria.

Avant de parcourir le littoral de la baltique nous observons que dans le pays de Polonia se présentent des répétitions manifestes : CracouîV

(148) La carte Messine de ISil, copie de la fabrique catalane , présente au N do Danube quatre figures de villes accompagnées des noms de Santovito, Baochi, Léo et Camadia, ses succédant d'O en E sans aucun pavillon. Sur le Danube même, trois figures de villes sont désignées par les noms de Zaura (Javaria), ciuitati Buda et ciuitati Pucina avec quatre pavillons, dont deux pour Boude , tous les quatre semblables offrant un champ fascé de gueules et d'argent de six pièces, les cinq dernières adextrées d'azur (D'Avczac, carte de lacollect. Barbie du Bocage). Bicina , BiMua est probablement Viddin.

Polouia , Posna , par deux fois répétés , slagno Nerïa et lacus Neria , Pru ténia et Prussia, sont évidemment les doublures. On peut en dire autant de : Guarpe, Sladiu et Stelin, scorpe. Le compositeur de la carte a tissu ces répétitions par tout où il a mal combiné plusieurs cartes qu'il confrontait et où il na pas bien compris différents renseignements qui devaient le guider. Maintenant revenons à Wismar.

Usmaria (Wismar), Roy stock (Hostok), Ludismagna (Ludershagen près de Bart dans le pays des anciens Lulices les grands) , GrUvaldia (Gripsvald), Guarpe probablement un Werf, un jet, une embouchure de TOder dans lequel tombe la Varta : celte conjecture me semble d'autant plus probable, que la répétition de Guarpe dans Scorpe se trouve près de l'embouchure du fleuve sur lequel se rangent , comme nous le verrons, les villes situées sur les bords de l'Oder et de la Varta. Stadin et sa répétition Stelin (Stellin), Colbcrg (Colberg), Alech (Hela). Ici commencent les autres : Stelin , lacus Neria de l'embouchure (de l'Oder et de la Varia) et Scarpe. Vient Godanssc (Gdansk, Dantzik) et Y embouchure de la Vistule , laquelle est complètement privée de ses villes. Ensuite Albinga (Elbing) et Neria avec son slagno dont la répétition précéda sous la dénomination latine lacus (Frisch Nerung). Suit l'insertion prématurée de Curonia (Curisch Haff et Courland); ensuite Prutenia et Y embouchure de Pregel, sur lequel, dans l'intérieur de la terre sont les villes visluliennes. De ee point, pour donner la suite aux indications, il faut les prendre alternativement en avançant an nord; ensuite reculant vers le sud, embouchure de Niémen et Lilefania; ensuite Riga et Y embouchure de Dzwina ; à reculons suivent : Revalia (Revel), Gardant paganis (les Kareliens infidèles).

Cette revue du littoral et du cours danubien, nous conduit à la remarque , que les situations de ces deux séries se trouvent presque en contact : Prussia se place sur la ligne de sancta Maria , située vis-à-vis de Presbourg. Ce contact embrouille considérablement ce pêle-mêle des villes répétées de Polonia. Dans ce mélange, je pense distinguer sur les rives du fleuve fourchu qui représente l'Oder et la Varta : Garagena (Crossen, ou Kargov de l'autre côté un peu éloigné du fleuve), Epoli (Opole), Ceane (Cieschine, Teschen); double Posna (Poznan, Posen), Asna (Gniezno) , Sira (Sieradz).

Parmi les autres, situées près d'un fleuve ou dispersées en désordre, je pense débrouiller : dans Foczim (Osviecim), Sudona ou Sudoua (inconnu, Schidlov?)*, Sudumera (Sandomir); dans la double Cracovia (Krakov), dans la double Polonia, Pollonia (Polaniclz). Enûn vient le dernier point, ciutat de Léo (Lvov , Lemberg, Leopolis), aeeompagnce de la légende : ville de Léo : dans celte ville viennent des marchands qui arrivent du levant et se rendent en Flandre par la mer d'Allemagne.

151. La carie catalane a donc exposé le mouvement commercial entre Vismar et Lemberg de la Russie rouge. Elle ne sait rien nommer de ce qui est à l'orient, elle y dessine les villes de la Rossia innommées (««»); à l'occident de Vismar elle couvre de silence l'intervalle

(119) La description imprimée nomme entre Canada et China une ville Regia Christif Par ma copie faite avec précipitation absolument inévitable, je ne pais dire si elle se trouvé dans le fac-similé.

jusqu'à Vuangrega de Frisia (FrisieJ (do); on n'y voit ni Brème ni Hambourg.

La mer bal tique porte une légende comme suit : cette mer est appelée mer de Lamanya et mer de Golilandia et de Susia (Suesia) : sachez que celle mer est gelée pendant six mois de l'année, c'est à savoir de la mi-octobre à la mi-mars, tellement, que pendant celle saison on peut voyager dessus avec des chariots traînés par des bœufs, à cause du froid du nord.

Ses îles sont les suivantes : Oxilia (Oesel), Visby (Visby de la grande Gotland), Brundolch (Bornholm), Ruya (Rugia), Eria (Arroe), Fanse (Falsler), Langland (Langeland), Finonia (Fionia), Salanda (Zeeland).

Danemark deux fois inscrit par Dasia offre dans l'intérieur Vibor (Viborg) et sur ses rives : Burgalensis (Borlum), Riva (Ribe, Ribbeknut), Ripis (Ripen), insula See (Sylt) , aqua Ullis (golf près de H ussu m où l'on a Ulvesbyl).

La Suessia et la Norvega portent les villes suivantes : Stocolm (Stokholm), Ostia, Somcch, Ifrac (me sont inconnues), Dondina (Lunden), Skamor (Skanor), Scarsa (Skara), Mastrando (Marstrand), Bregis (Bergen), Tronde et Nidrosia deux noms de Drontbeim divisés ai deux villes. La Norvège est accompagnée de la légende : à questa regio de Nurvega es molt aspra e moll freda e munlanyosa, salvatgosa et plena de boschs ; los habiladors delà quai mes viven de peix et de caça que de pa; avenasi sa e fort pochs, perlo gran fret; moites fèves hi ha, çoes cervos, oros blanchs e frigalls (i*i).

Les îles au nord de l'Ecosse, sout les suivantes : Chatanes (Schetland).

Archania (Orcades) : dans cette île d'Archania il y a six mois de jour pendant lesquels la nuit est claire, et six mois de nuit, pendant lesquels le jour est obscur.

Illa de Scillanda (Skye près d'Ecosse) ; ils parlent la langue de Norvège et sont chrétiens (lia).

Enfin une légende raconte les merveilles de l'Irlande : En Iubernia il y a beaucoup d'îles qu'on peut croire merveilleuses, parmi lesquelles il s'en trouve une petite, où les hommes ne meurent jamais; mais quand ils

(HO) Les points nommés de la Frisie et de la Hollande sont les suivants : Vuangrega, Wangeroog ; Mtudiepa , Mars diep . détroit près de Texel ; Ardrohie, Nordwyk; Scalingue, Schevelîng; Gravesant ; îtaxa , embouchure de la Meuse. — Andréas Benincasa inscrivit dans sa carte de 1467» presque la même nomenclature : Dacia, isole faute (Fanoe), Ripis, Aguaullie, Frixia, LeugHe. Vangaroga, OUanda, Masdiepa, Ardrohie, SeaUngue, Utrecht, Grauesant, Maxa.

(411) La carte d'André Biauco, 1436, donne cette légende en latin : Norvegia est regnum asperims et frigtdissima et montuosa, silvistris et nemoroxa , cujus mcole potins de pischacione et venaeione vivutUy quant de pane ; ibi fere multi, attri urti et grifalei et atia multa (Zurla, cap. 45). Il a omis : l'avoine y vient, mais en petite quantité à cause du grand froid : le tout décèle les mêmes matériaux pour la "composition des cartes, chez les italiens et les espagnols , matériaux qui se perpétuaient dans leurs dépôts géographiques.

(122) Nellaseltima carta (ni Andréa Bianco, 1430) scorgesi la Dacia... elacosta sod-ovest délia Norvegia, alla cui punta verso tal plaga v'è delineata in rosso Vixoia ttiles, e solto d'essa è notato : lochus inabitabilis quan i estate nickil potes ckrescere per chaloren et i gieme ppter mag frigoris chonzelatorit... al nord délia sudetta Tile, se vede altra isola, ma troBca dal margine col nnme Stilanda; e più al nord, ancora altra , piu grande, pari menti tronea, avente i due oomi Stockfise Novercha (Zurla, cap. 15). Ce ne sont pas les deux noms, les deux appellations, mais une note, qu'on pèche ici le stokfisch , la merluche qui vient de Norvège : merluche de Norvège. — Sur la sixième carte de Bianco : presso cui (l'irllanda) con circolo dorato v' ha isola debcrzil; Fra Manro, vers 4457. al NO délia Ibernia colloca l'isola del BerzU, in figura quasi circolare, e dipinta a giallo (Zurla il mappa roondo di fra Mauro, cap. 15). Cette ile n'est pas oubliée par la carte catalane» sa figure roade y est sans épigraphe. Cette île imaginaire est soigneusement reproduite encore par les géographes du xvi* siècle. Mais la carte catalane connaît une autre Brasit parmi les Azorcs.

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