‹ Géographie du moyen âgeChapitre 99 sur 135 · CARTE DE · texte numérisé non relu

CARTE DE

sont assez vieux pour devoir mourir, on les porte hors de l'île (12s). Il ne s'y trouve ni serpent, ni grenouille, ni aucune araignée venimeuse; la terre y est plutôt contraire à toute bêle venimeuse. Là aussi est un lac et une île. Bien plus , il y a des arbres qui portent des oiseaux , comme d'autres arbres portent des fruits mûrs. Il y a là une autre île, dans laquelle les femmes n'accouchent jamais : mais lorsqu'elles sont arrivées à terme, on les porte hors de Vile suivant la coutume (124).

Nous nous sommes engagé dans une trop longue description delà carie catalane. Bien qu'elle se restreigne à la répétition des légendes et des épigraphes, elle n'est pas complète parce qu'elle n'a pas donné de portulan que la description accompagnant te fac-similé avait développé (12s): Notre description s'est étendue, parce qu'elle a essayé de donner quelques explications. Incomplète, elle est insuffisante dans ses explications, parce qu'elle n'a pas hislorisé les connaissances de différentes parties et contrées. Cependant elle est trop longue, parce que notre but essentiel était de considérer la carte catalane comme carte géographique construite d'après la méthode compliquée des vents on de la boussole. L'examen de celte nature se fait comprendre quand il est accompagné de la carte elle-même : sans la carte il déclare une opinion souvent vague et dubitative.

La carte de i 400, acquise 1424, et autres catalanes.

152. La carte catalane est le plus grand monument géographique que nous ayons en entier pour notre analyse. Il en existe beaucoup, d'autres. Nous connaissons des fragments, des mentions, des descriptions de plusieurs : quelques-uns de ces fragments sont d'une grande utilité pour nos études, mais ces mentions, ces descriptions de cartes existantes dans de nombreux dépôts, ne sont presque d'aucune utilité, parce qu'elles parlent d'une carte qu'on ne voit pas ; parce qu'ordinairement elles s'entretiennent de découvertes réelles ou fictives, de la configuration de parties figuratives, de fables, et n'examinent et n'indiquent ni les bases de la construction, ni le degré de la perfection géographique (i26). Ne voyant pas ces caries il ne nous reste qu'à désigner leur existence sans trop toucher à leur description.

De ce nombre nous allons relater la notice assez circonstanciée d'Alexandre Humboldt sur une carte de la partie occidentale du monde

(423) Contes chantés vers 1355 43G7, par Fazio, il ditta mondo Irlanda et Angletera. — Cosmogr. de Munster de Fr. de Belle Forest p. 800, edit. 4675 (annote Tastu).

(194) Voici comment est désigne ce lac sur la carte manuscrite de Gratioso Benincasa de 4467 et de son fils André en 4476. Lacus Fortunatus, ubi sunt insuie que dicuntur insuie sancte Béate CCCLX.YH. Tastu à cette occasion promit de publier la carte de Gabriel Valsequa de 1439 où l'on voit ce lac gros d'îles, comme une vessie pleine de pois. C'est le lac Erin , Erno sur le compte duquel il existe d'autres légendes : de hoc Erno lieu scribit Gyraldus Gambdcnus, qnod olimfons fuerit, sed ob incolarnm neiandam cum bestiis venerem : deo irato, intatara aquarnm diluviem erupsisse ut tolum cum trac tu m cum bouibus inundationè submercit : atque inreigeste veritatem, liodiequc, sereno tempore, etiam num teroplorum turres sub undis hic inde conspici : inscrivit Ilumfrid Lhuyd sur sa carte reproduite en 1569, par Ortel.

(425) Nous donnons ce portulan, collationné avec les dénominations modernes et plusieurs autres portulans anciens que nous avons eus à notre disposition, dans un article spécial, intitulé : portulan général des cartes qui composent l'atlas. Se trouve à la fin de l'atlas.

(426) Nous devons cependant excepter de ce qui est de notre connaissance , la savante notice de d'Avezac sur la carte de la collection Barbie du Bocage, laquelle s'engage à examiner les bases' de

'la construction ; et la notice de Humboldt sur la carte à la date 4424 , que nous allons analyser.

conseup|fl

1 DOUCffJ

dont la fabrique remonte jusqu'au m* siècle (u?). Elle est à Weiinar dans la bibliothèque militaire. Elle est tracée sur ps et collée sur bois, ayant 54 pouces 6 lignes de long et 21 pou< ligues de large. Elle s'étend en latitude depuis 26° s/4 jusqu'à 62* et en longitude depuis le méridien de la Mingrelie et de Colcos, c'est-à-dire 2* à Test du bord le plus oriental de la mer noire jusqu'au méridien qui traverse l'atlantique, 5°àVouestdu cap Bucedor (Bojador). Comme la carte est dépourvue d'échelle graduée (continue Humboldt), j'évalue les distances d'après celle du cap Finistère au cap S. Vincent. Il n'y a d'autre litre qu'une bande droite dirigée du sud au nord et séparàut l'Ànlillia des îles Açores (m).

On u'y reconnaît que les mots : Contest... compa... ancon mccccxxiv : tout le reste est illisible et effacé par vétusté. Je pense que comparavU Ancon 1424, que les débris de l'épigraphe paraissent offrir, ne signifie point la composition de la carte mais son acquisition , le dessin étant antérieur à l'année 1403. Ce chiffre de 1424 se trouve encore une fois répété sur le bord de la carte vers l'est, mais avec une encre moins ancienne : autre annotation de la date d'acquisition.

LerexRossiae, le soldano di Babillonia,\e couvent de Sainte Catherine du mont Sinaï , les armes des républiques de Gênes et de Venise sont ligures comme ornements dans l'intérieur des terres, où d'ailleurs l'indication des villes est assez rare. Ces ligures de princes assis sur leurs trônes se trouvent sur des cartes plus récentes (de Mauro, de Bianco). L'image du soldano di Rabillonia, tenant un perroquet sur le bras gauche, est indiquée à l'ouest du Nil (comme elle l'est dans la carte Catalane),

Le pavillon des chevaliers de S1 Jean flotte sur l'île de Rhodes. En mémoire de la croisade de S. Louis, le lieu de l'embarquement (25 août 1248) se trouve indiqué à Aquae morlo, en signalant l'endroit par un immense bras de rivière (sans doute celui d'Arles) qui sort du Rhône.

Dans l'Asie mineure, quae nunc dicitur Turchia, est assis le sultan Baixil, le grand Baïazet lldirim. Comme ce prince régna depuis 1389 et mourut en 1403 après être tombé au pouvoir de Timour à la bataille d'Ancyre, l'image de Baïxit offre la date de la composition de la carte antérieure à l'année 1421 et à celle de 1403.

Ce qui est remarquable sur cette carte, c'est qu'on y trouve tracé le canal de communication entre le Nil et la mer rouge détruit depuis 707. La tradition de son existence se perpétua jusqu'à la lin du xive siècle. Nous l'avons vu tracé dans l'image du monde de 1119, dans celle de S. Denis du xiv° siècle; il est sur la carte contemporaine de Baïazet. Le canal du Nil est représenté sur la carte de Weimar, en communication

(137] Humboldt» examen de Phist. de la géogr. du nouveau monde, t. II, p. 480-184.

(4 38) Celte estimation en degrés est peu satisfaisante pour nous, 24 pouces et U lignes répondent à 55° 45' du grand cercle, or 34 pouces et 6 lignes donneraient en longueur 55, 94 degrés du grand cercle, ou 67, 09 degrés du parallèle de Rhode. De ces 07* du long retranchant 2* du bord oriental de la mer noire, 5* à l'ouest de Boïador, et 9* 42' de différence entre Boïador et Ceula, reste entre Ceula et le bord oriental de la mer noire ou l'embouchure du Fas 50" 48' pour la longueur de la méditerranéc, plus ou moins 45*. Mais nons ne connaissons pas l'état des lisières de la carte rt à notre avis l'évaluation du degré entre Finisterre et S. Vincent : n'est pas la mesure à déterminer le degré : il était plus sûr de l'évaluer entre Venise et Rome, à coup sur il sortirait plus fort. —La carte porte le nom d'Antilla, mais le nom d'Azorcs est certainement le nom de la description.

avec une rivière qui naît en Arménie et coule d'abord du nord an sud à Test du Liban, en tournant vers l'ouest sous la parallèle de Babykm aegypli. Cette même rivière a un bras qui débouche dans la méditerranée près d'Alexandrette. Le Jourdain est figuré séparément avec assez de précision , tandis que la rivière anonyme qui communique avec le canal de l'Egypte, dans l'isthme de Suez, naît dans les montagnes, qui, selon la même carte, donnent naissance à une rivière (le Turak ou Boas des anciens?) qui coule au NNO vers la mer noire, et à une autre (le Tigre) qui se dirige au SE. Des cours analogues de fleuves se présentent dans les copies du xve siècle de la mappemonde de Sanuto, (ms. de Bruxelles et publ. de Bongars); en partie dans la carte catalane.

Tout le bassin de la méditerranée, de la carte contemporaine à Baïazet et comparata 1124; les côtes de la Grèce et la mer noire sont représentées avec x un détail topographique très-remarquable , dit Humboldt, mais le gissemcnt relatif ou l'orientation des côtes est trèserroné. Si Ton trace les méridiens d'après l'ouest de la péninsule ibérienne, continue Humboldt, Test de la Sicile et l'ouest de l'Asie mineure, on trouve l'Afrique à quelques degrés au nord de l'embouchure de i'E bre et la direction moyenne de la côte méridionale de la mer noire coïncidant non avec le parallèle d'Oporlo, mais avec celui de Lorient en Bretagne. Les parties orientales sont trop au nord, comme sur les cartes marines des Génois et sur toutes les autres du moyen Âge.

Dans la carte que nous analysons, de même que dans les autres, l'orientation est vicieuse, fictive; elle est celle de l'aimant, de la boussole qui ne peut pas servir à la graduation. En commençant par les méridiens et les longitudes : il faut d'abord examiner les latitudes des lieux et les parallèles détermineront le défaut et la perfection de la construction.

155. Dans la suite des cartes que nous allons indiquer, celle du musée Bourbon à Naples, occupe la première place. Elle remonte vers l'année 1410. L'original est dessiné en travers sur une peau de vélin large de 82 centimètres et longue de 110 centimètres, non compris une portion qui se prolonge sur la gauche en se rétrécissant, et qui répond au cou de l'animal. Le champ de la carte est à peu près le même que celui des deux premières feuilles de la carte catalane : c'est-à-dire qu'il représente en grand détail les rivages de la méditerranée avec ses dépendances, ceux de l'océan entre le cap Boïador et les îles Britanniques avec les Canaries et les Açores, et donne, en outre, quelques indications plus vagues au nord et au sud de ces limites. Des pavillons armoriés se déploient sur les diverses capitales, et quelques légendes explicatives se lisent sur les espaces nus : ces légendes sont en langue catalane, dont les formes se trouvent d'ailleurs empreintes dans toute la nomenclature. Celte carte doit être classée dans la catégorie des cartes hydro-géographiques à projection plate, par développement du cylindre osculateur de la sphère terrestre. C'est donc encore une carte catalane : son analyse donnera le témoignage le plus satisfaisant du progrès : je n'en doute pas (m).

(429) Extrait de la note tue à la société de géogr. 48 août 1843 par d'Avexac. — La carte est gravée par Rodini et paraîtra accompagnée d'an mémoire de Rossi , qui s'occupe à l'illustrer.

On connaissait encore de l'école catalane la carte de Tannée 1415 de Mathias de Villadestes, conservée autrefois au couvent des chartreux de Val-de-Cristo près Segorbe , où Joaquin-Lorenzo Yillanueva l'avait examinée mais dont ou ignore le sort ultérieur (iso).

On connaît deux autres de la même école catalane : une de l'année 1430 découverte en Italie dans le marquisat de Sobrello; Tau- Ire de Gabriel Valsequa de 4454 ou 1459, exécutée à Maïorque (isi). La fabrique catalane était donc très-acltve, elle fournissait à la France, à Tllalie. On se communiquait réciproquement.

Depuis que la marine des deux péninsules augmenta le nombre de galions, de caravelles, les portulans se multipliaient à l'usage des pilotes. Les dessinateurs s'exerçant dans leur art, progressaient dans 1 exactitude et la précision ; composaient les cartes nautiques et donnaient aux images du monde, aux mappemondes, toute l'exactitude de cartes nautiques. Les eartes spéciales, les portulans, ou les mappemondes d'une très-grande échelle étaient nécessaires aux matelots. C'est pourquoi les mappemondes se composent de plusieurs cartes. On a des atlas de cette époque. Les petites mappemondes dessinées sur une moindre échelle pour satisfaire la curiosité et donner une idée de la totalité de l'habitable, n'étaient qu'une diminution des grandes, préalablement élaborées : aussi, pour là partie exécutée avec connaissance , c'est-à-dire pour la mer médi terra née et l'Europe extérieure , offrentelles de justes proportions. Quant aux parties éloignées, elles ne changent pas de formes. Partout cependant la nomenclature antique diminuait ou disparaissait totalement, pour faire place à la nouvelle, les images figuratives même reçurent l'empreinte de connaissances avancées et répandues : mais l'espace y était trop étroit pour ces connaissances et ordinairement on aimait à reproduire les anciennes traditions, à inscrire les merveilles, les contes fabuleux et historiques.

Dans un manuscrit de Pomponius Mêla, conservé à Rheims, son copiste de 1417 décora la grande initiale d'une image du monde {voyez n° 87 de notre allas). C'est une jolie miniature, fourrée dans une lettre, cernée d'un 0. Les dénominations des trois parties du monde, des pays, de plusieurs rivières y sont inscrites; Paris, Rome, Jérusalem 0 y sont nommés; Constantinople y est annoté par les initiales; plusieurs autres figures de villes restent sans épigraphes, savoir, en Afrique : F es et Babilonia (Gaïr); en Asie : Cambalech et une ville de l'Asie mineure; en Europe : probablement Barcellone, Praga, Ratisbone et Bouda.

L'image, décorant le manuscrit de la géographie de Pomponius Mêla, se conforme à l'idée du géographe : or , la mer Caspienne n'est qu'un golfe océanique et le Tanaïs débouche de deux bouts : le géogra-

(130) A la suite de la description de la carte du couvent Val-de-Cristo, Villanueva se convient d'avoir tu, dans la bibliothèque du monastère de San Miguel delos reyes, fondé par Ferdinand le catholique dans la campagne de Huerta, à une demi-lieue de Valence, une autre carte plate hydro-

frapliique du xv* siècle, carte fort endommagée, la date de sa rédaction est détruite par un trou. — ebastian Minano, dans son dictionnaire géographique et statistique de l'Espagne, en allègue r existence , sur la parole de Villanueva. — D'Avezac suppose, dans ses notes, que cette carte est la même .quenelle de 1341 de la collection Barbier du Bocage, dont a a donné lui-même upe savante /description.

(131) La première découverte en 1789, fut examinée et décrite de suite par l'abbé Borghi.en suite en 1794 par Cladera. — L'autre a été insuffisamment décrite en 4789 par Antonio Raymundo Pasqua). — Or, 56 ans se sont écoulés depuis leur première description.

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