PRIS ENTRE LA VILLE DE LIMA ET CELLE DE HITANCAVEUCA
En remontant le Bio Rimac jusqu'à Matuuma et San Mateo^ on rencontre un terrain .tratifié, et composé jusqu'à ce dernier point le porphyre bigarré. Un soulèvement bruspie ayant causé un bouleversement complet ians les couches, il n'est pas possible d'exposer, d'une manière générale, leur direction ou eur inclinaison, tant il y a de variations.
Un peu au-dessous de San MateOy les courbes se sont séparées parallèlement au plan le stratification : il en est résulté des précipices ou des ravins verticaux, parfaitement réguliers, de plus de 3S0 varas (300 mètres environ) de profondeur, dont les parois menacent à chaque instant de s'écrouler dans l'abîme.
Un peu au-dessus de San Mateo, la vallée du Rimac commence à devenir plus étroite : les porphyres bigarrés disparaissent peu à peu, et se trouvent remplacés par une composition calcaire d'une assez grande puissance, d'une stratification verticale, et qui se présente d'une manière absolument identique sur les deux parois de la vallée. Six lieues au-dessus de San Mateo, on est parvenu à la cime de la Cordillère. Là, on rencontre des porphyres bigarrés de composition variable, dans les pics et les contre-forts ou chaînes transversales.
Le savant don Mariano Eduardo Rivero fixe la hauteur du Pas de la Cordillère^ ou Poriachuelo de Antarganga^ situé sur la limite des neiges perpétuelles, à 4,855 mètres. On rencontre néanmoins quelques traces de végétation sur le plateau du Pas, d'une demilieue environ d'étendue, et qu'il faut traver-
ser avant de redescendre sur le flanc orien* tal. En effet, il crott dans cette haute région une petite herbe très-maigre , que les Indiens recueillent en bottes de forme rectan*gulaire.
A un quart de lieue du chemin, on trouve des coquillages calcaires fossiles. M. Bayle, ingénieur des mines en France, qui les a examinés, a déclaré qu'ils appartenaient au ter* rain jurassique.
Un de ces coquillages fait partie du genre Arca^ et se rapproche beaucoup de VArca Gabrielis du terrain Néocomen; un autre est du genre Ptérodonte,
M. Crosnier, qui a fait le voyage géologi* que qui nous occupe en ce moment, n'a pu rencontrer les couches calcaires d'où proviennent ces fossiles : il conclut de là qu'elles doivent se trouver au sommet de la Cordillère, couvert de neiges perpétuelles.
A une lieue du Pas d'Antargangay en descendant sur le flanc oriental de la Cordillère, par une pente très-douce, on trouve une veine de métal composé de cuivre gris, trèspeu argentifère, de pyrites de fer, de pyrite arsenicale^ de galène et de blende ou sulfure de zinc.
Ce minerai étant fondu produit 50 pour iOO de cuivre, et la masse résultant de la fusion est exportée en Angleterre, où on la purifie. Cette mine se trouve à Morococha^ d'où l'on transporte à dos de mulet les masses brutes de métal fondu jusqu'au port de Callao.
En s'éloignant de Morococha^ on voit la nature des rocbes changer sensiblement : la stratification est plus nette ; mais l'inclinaison des couches est différente dans chaque montagne : tout porte à croire qu'il y a eu autrefois dans ce sol un violent bouleversement dont les vestiges se voient encore.
Dans les mines de Pucara, il y a des veines qui produisent des galènes presque pures, ou mêlées de pyrites de fer; d'autres veines renferment une galène accompagnée de pyrite, beaucoup de blende et peu de cuivre gris. Enfin quelques veines sont formées de fer mêlé d'un peu de carbonate, de sulfate et de silicate de cuivre gris, et de quelques mouches d'argent rouge. Dans toutes ces mines on trouve de l'argent; mais elles
CyÉOQRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU.
sont exploitées d'une manière grossière et imparfaite.
A une lieue au nord-ouest de Pucara, les couches de grès blanc sont verticales ; Tune 'de ces couches, de 5 à 6 mètres d'épaisseur^ est imprégnée de cinabre qui peut produire en moyenne de 0,0025 à 0,003 de mercure. Cette mine est entièrement semblable à celle de Huaneavelicay qui est si célèbre.
A quatre lieues au sud-ouest de Pucara^ à 4,n2 mètres d'élévation au-dessus de la mer, suivant Rivero, on rencontre le bourg de Yauliy très-riche en mines d'argent; dans quelques-unes de ces mines, on trouve l'argent à l'état natif, et dans d'autres à l'état de sulfure.
Le Rio de la Oroya^ qui arrose la vallée de ce nom sur une longueur d'environ 20 lieues, réunissant dans son lit toutes les eaux de la Cordillère, entre, après un grand nombre de détours, dans la vallée de Jauja. Sur les bords de cette rivière, on rencontre la môme formation de terrain avec une légère différence. On trouve dans la vallée d'Oroya des alluvions modernes, quelquefois des couches inférieures du terrain secondaire, couvertes d'une concrétion calcaire plus ou moins poreuse, de iO à 12 mètres d'épaisseur, produite par des eaux qui jouissent de propriétés cristallisantes, et qui naissent au pied de la Cordillère. On ne peut découvrir nulle part dans les environs, l'origine de ces couches calcaires, où les eaux dont nous venons de parler prennent du carbonate de chaux pour former ces dépôts concrétionnés. Aux endroits où ces eaux tombent dans la rivière Oroyay elles forment d'énormes stalactites de formes très-bizarres. Cette concrétion superficielle fait disparaître VOroya sur une certaine distance. Cette rivière s'enfonce sous terre avec un grand fracas entre deux grandes roches, et reparaît 300 mètres plus bas, sans aucun bruit. Cette voûte de stalactites forme un pont naturel sur lequel passe la route.
Un peu avant d'arriver au bourg de la Oroyay à 5 lieues au delà de Pucara, la vallée se rétrécit, les couches disparaissent et la nature des roches est la même, quoiqu'elles soient, en général, verticales et toutes contournées. Près du bourg, on trouve dans le
poudingue, qui forme la base de la montagne, une puissante veine de galène non exploitée, même par les habitants voisins. On a rencontré des fossiles du genre Ammonite au milieu d'un nombre considérable de blocs de grès, dispersés sur le sol. Ces grès appartiennent, suivant M. Bayle qui en a fait Tanalyse, au terrain jurassique.
Un peu avant d'arriver à Iscuchaca^ on rencontre des concrétions calcaires mameUmnées. Sur le plateau où se trouve situé Huando, il y a un grand nombre de cailloux roulés, de grosseur moyenne, mêlés de terre et de sable grossier. Cette disposition géologique est vraiment étonnante, car on ignore comment ces galets ont pu être transportés par les eaux à une hauteur aussi considénble, et au point culminant d'une montagne.
Depuis Huando jusqu'à Huancavelica, on rencontre des porphyres rouges très-variés, qui servent de base au terrain stratifié secondaire, composé de couches alternatives de quartzite, de grès, d'ai^ile schisteuse, de calcaires siliceux, de calcaires compactes, etc. Enfin, dans les environs de Huancavelica, on trouve des couches verticales d'une argile trèsfine qui renferment des fragments de quartz très-irréguliers, et un nombre infini de gis^ ments de mercure.
A partir du moment où l'on commence à descendre le versant de Huancavelica, on ne trouve plus de porphyres rouges, mais seulement de nombreux gisements de mercure au milieu du terrain stratifié secondaire. En cet endroit, comme dans presque tout le Pérou, on rencontre beaucoup de mercure. Du temps des Incas, le cinabre était déjà connn sous le nom de Llimpi: on l'employait pour se peindre la tête en rouge, en le broyant avec de l'eau ou un corps gras ; mais il est presque certain qu'on ne connaissait pas la manière d'extraire le mercure du cinabre.
Les gisements de Huancavelica sont trèsimportants par leur nombre et par leur richesse. U y a 44 montagnes qui contiennent du cinabre. La plus éloignée est la fameuse mine de SantOrBarbara^ qui se trouve à une distance de 18 lieues.
£n prenant la montagne de Santa-Baibara comme centre, nous trouvons au sud des gisements de cinabre dans les pays suivants :
GÉOGRAPfflE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU,
i* Dans la région Nord d'une des provinces du départementde Cuzco; cette mine est exploitée.
2* Dans les environs de Pucara^ à Antacaliana.
3^ Sur les bords du lac de Lauricocha, à 20 lieues du Cerro de Pasco.
4** On en trouve également en grande quantité dans les environs de Pasco^ à Guipian et à Chonta ;
5" Dans le nord du Pérou, à Pachas j à Chachapoyas.
Ces gisements se trouvent toujours au milieu de couches d'ai^ile schisteuse, de conglomérats de grés et de calcaires, qui alternent entre eux dans la direction du Nord au Sud, avec une stratification presque verticale, ou une pente presque générale vers rOuest.
De Puno jusqu'à Cuenca, c'est-à-dire sur un espace de 500 lieues de longitude, on trouve, de distance en distance, du cinabre, non en forme de veine , mais comme injecté, et à Tétat compacte ou terreux, dans des couches de grès et d'argile.
Il est utile de faire remarquer ici l'identité géologique de tous les gisements de mercure du Pérou, leur situation sur le flanc oriental de la première chaîne des Andes, et l'âge des couches qui les renferment : cet ûge correspond probablement à celui des assises supérieures du terrain jurassique.
La mine la plus importante de mercure, dans le département de Huancavelica, c'est celle de Santa-Barbara. Cette localité, qui n'était auparavant qu'une misérable bourgade, reçut, en considération de la découverte et de l'exploitation de ses riches gisements de cinabre, le titre de Ciudad^ c'est-àdire^ en espagnol, ville de premier ordre.
La mine de la Ventanilla^ à 3 lieues au sud de Huancavelica, est aussi très-importante, et mérite également d'être signalée.
La ville de Huancavelica se trouve, suivant Ulloa, à 3,800 mètres au-dessus du niveau de la mer, et est située dans le fond d'une vallée étroite et profondément encaissée, qui s'incline à l'est vers celle de Iscuchaca, A droite et à gauche de cette vallée on remarque des couches soulevées de terrain stratifié aecoadaire, qui forment des précipices à pic
de plus de 500 mètres de hauteur. Le fond de la vallée, sur les points où elle s'élargit un peu, est couvert d'une alluvion moderne composée de cailloux roulés, mêlés de terre argileuse et de sable. On y rencontre un grand nombre de sources calcaires, comme à Pucara et à Iscuchaca, et des dépôts de calcaire concrétionné, plus oumoins étendus. Ces dépôts remplissent presque toute la vallée, et doivent avoir une origine très-ancienne, puisqu'ils forment des assises de plusieurs mètres de puissance, crevassées et hors de niveau en un grand nombre d'endroits, comme si elles avaient été ébranlées par les dislocations du sol.
Le calcaire dont ils se composent est coloré en jaune par une certaine quantité d'hydrate de fer, et plusieurs sources des environs sont elles-mêmes légèrement ferrugineuses, et d'une température de 30 à 35 degrés centigrades. Il y a une source dont la température est de 15 à âO degrés: elle ne produit pas de concrétions calcaires, mais elle dépose beaucoup d'hydrate de fer, et colore en jaune clair toutes les roches surJesquelles elle coule. Enfin une demi-lieue audessous de la ville de Huancavelica^ la rivière, profondément encaissée, disparait sous une couche de calcaire concrétionné de deux mètres d'épaisseur, qui réunit les deux cours d'eau de la vallée et forme un pont naturel sur lequel passe la route.
Le terrain secondaire des alentours de Huancavelica se compose de couches alternatives de calcaire compacte, d'une couleur grise tirant sur le noir, traversé d'une foule àe petites veines blanches de carbonate de chaux lamellaire et cristallisé, de grès quartzeux très-grossier, jaunâtre et quelquefois entièrement blanc, d'ai^ile schisteuse grise ou presque noire ; et enfin de conglomérats calcaires en assises de 15 à 20 mètres de puissance. Toutes ces couches sont soulevées jusqu'à la verticale. Celles au milieu desquelles se trouve la mine de Santa-Barbara ont une puissance moyenne de 100 mètres environ. Les couches que les mineurs de Huancavelica appellent Farellon^ ne contiennent pas de mercure : on ne le rencontre que deux lieues plus loin, vers le nord, dans la mine de Quirarquichiqui. Les autres monta-
IQO
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
gnes sont anal(^ues dans leur composition, puisqu'on y rencontre des couches alternatives de calcaire^ de conglomérats et de grès*
Au pied d'une montagne peu éloignée de Huancavelica, on trouve d'énormes rocs à moitié encaissés dans le terrain de transport déposé par la rivière, et composés de grenat compacte, qui contient dans sa masse des cristaux dodéca^èdres de grenats verdâtres, appartenant à la variété désignée sous le nom de Colophanite; de la chaux carbonatée lamellaire, et une petite quantité de pyrite de fer disséminée. On rencontre également au même endroit des fragments d'une roche poreuse, très-friable, composéed'hydrate de peroxyde de fer, et au milieu de laquelle sont renfermés plusieurs cristaux isolés de pyrite de fer. Le nombre considérable de ces fragments ne permet pas de supposer qu'ils appartiennent à une veine : on est obligé d'admettre qu'ils proviennent de la cime de la montagne, qui est entièrement inaccessible.
De l'autre côté de la vallée, et en face de la montagne dont nous valons de parler, se présente encore la môme disposition. Le versant de la seconde montagne est couvert de rocs semblables, quoique moins volumineux, et qui ont la môme origine que les précédents, parce que la base de la montagne est exclusivement composée de couches de grès jaune, d'argile et de calcaire.
11 y a un grand nombre de mines, dans la province de Huancavelica, qui contiennent plus ou moins d'argent à l'état de sulfure, d'argent natif filiforme, d'argent rouge ou combiné avec la galène, la pyrite de fer^ le cuivre gris, etc.
Il ne nous est pas possible de décrire entièrement le terrain métallurgique de cette province, parce que cette étude nous demanderait trop de temps et exigerait trop d'espace. On peut consulter sur ce sujet les écrits du Senor D. Mariano Eduardo de Rivero, ceux de M. Crosnier, et toutes les anciennes descriptions des riches mines de mercure de ce pays.
DBSCRtPTIOlr GÉBnîllALE DE LIMA.
Le conquérant du Pérou, Francisco Piaarro, fonda lui-même la ville de Lima. Il en posa
les fondements le 18 janvier 4535. Il loi donna le nom de Ciudad de los Reyes (Ville des Rois), parce que ce fut le 6 du môme mois, c'est-à-dire le jour de l'Epiphanie qu'il choisit l'emplacement qu'elle devait occuper.
Par décret royal du 15 décembre 1537, Charles^uint lui donna le nom de nobilinma (très-noble) et de muy leal (très-loyale), et pour armes un écusson avec trois couronnes d'or, sur champ d'azur, et rinscription suivante pour devise : Hoc signum ver regnum est. Cet écusson est soutenu par deux aigles avec deux couronnes et les lettres initiale» J. et C, c'est-à-dire Jeanne et Charles.
Depuis Pizarro jusqu'à Pezuela, Lima a eu 51 vice-rois. Pendant les huit interrègnes qd survinrent, le gouvernement fut confié à h Audienda (sorte de tribunal) et aux deux archevêques, Morcillo et Ladron de Gnevarau
La ville de Lima renferme, sans compter les faubourgs qui ne sont pas compris dans renceinte des murs, dix-huit rues principales dans la direction du N.-E. au S.rO., et 8 rues transversales de l'est à l'ouest, qui coupent les premières à angle droit.
Il y a un grand faubourg au-dessous du pont, dont les rues principales sont celles de San Lazaro, dont la direction est du N.-E. au S.-O.; celle de la Alameda del AchOy perpendiculaire à la précédente, enfin celle de Jfolamboj très-longue et très-spacieuse: cette rue a, sur quelques points, jusqu'à 30 mètres de large.
Le nombre total des îlots de maisons, c'està-dire des carrés formés par l'intersection de quatre rues, est de plus de âOO ; celui des maisons s'élève à 4,500.
LavilledeLimaauneétenduede 11,146,180 mètres carrés. Elle comprend 5 régions {cuaf' teles) , 10 districts, 46 quartiers (barrios)^ 346 rues et 33 places, sans compter la grande place (Plaza Mayor). On y compte 14,000 feux.
Cette ville est entourée de murailles, construites en 1683 par ordre du nce-roi duc de la Palata, et restaurées par le vice-roi Abascal pour résister à la guerre de l'Indépendance. Ces murs sont en briques, de 5 à 6 mètres de hauteur, de 5 mètres d'épaisseur, et flanqués de 34 bastions. Nous pensons qae ces fortifications sont entièrement inutiles; Uma n'est pas un point militaire, et poor la
GËOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQIIK DU PÉROU.
défendre il faudrait avoir une armée considénble» car il est très-facile de s'en emparer.
La grande place (Plaza Mayor) est située à une cuadra (un hectomètre environ) de distance de la rive méridionale du Rimac.
11 y a des égouts au milieu des rues, dont la pente est du S.-E. au N.-O., d'un pied et demi de hauteur et de largeur. Malheureusement pour la ville » ces canaux à ciel ouvert, destinés à entretenir la propreté dans la ville^ exhalent des vapeurs qu'il est difficile de respirer sans danger pour la santé, surtout à 11 heures du soir, moment où ils charrient d'énormes quantités d'immondices. Si ces exhalaisons ne causent pas fréquemment la peste dans Lima, c'est assurément grâce à la bonté du climat.
La grande place (Plaza Mayor) est un peu irrégulière à cause de la saillie que forment le palais archiépiscopal et le Sagrario.
Elle a 166 varas ^ de large, depuis le Pot'ial de Escribanos (Galerie des Écrivains), jusqu'à la façade du palais archiépiscopal; et 161» depuis la Titrera (Vestibule du Palais du Gouvernement), jusqu'au Portai de Botcneros (Galerie des Boutonniers), en mesurant du côté de la cathédrale; car, du côté du Portai de Escribanos^ la place a 160 varas, et du côté du Portai de Botoneros^ jusqu'à la façade môme de l'église, 170 varas environ de largeur (1).
En face du Portai de Botoneros se trouve le palais du Gouvernement. Cet édifice a une façade très-basse, et se trouve masqué par une espèce de rempart de petits bâtiments élevés sur la place. Ces maisonnettes^ que l'on appelle La Rivera^ sont surmontées d'une espèce de terrasse qui présente un aspect si délabré et si ridicule, que nous ne saurions la décrire.
Au-dessus des deux galeries de Escribanos (des Ëcrivains) et de Botoneros (des Boutonniers), il y a des maisons magnifiques avec balcons et persiennes, à l'exception du Chapitre (Cabildo) et de l'hôtel de M. Morin, occupé par la Municipalité.
U est urgent de faire disparaître de la place cette balustrade en bois qui l'entoure, et de
(1) Lft Ytra, mesure de longueur du Pérou, vaut O^yVaSS; (NoU du Traducteur.)
la remplacer par une élégante grille en fer. Nous dirons la même chose des maisonnettes de La Rivera. ^
Quarante lanternes à gaz éclairent la grande place. Elles sont élevées sur autant de colonnes de fonte de 3 varas de hauteur. L'architecture des deux galeries que nous avons déjà nommées est peu régulière et peu élégante. Les colonnes ont été construites en 1693, et ont coûté 25^500 piastres. La galerie de Escribanos (des Ëcrivains], a 40 arcades, 138 varas deux tiers de longueur, et 6 varas de largeur.
La galerie de Botoneros (des Boutonniers) a 39 arcades; sa largeur est de 5 varas et demie, et sa longueur à peu près la même que celle de la galerie de Escribanos.
Les quatre rues qui partent de la Grande Place, ont cent trente-huit varas et demie de longueur, d'angle à angle; leur largeur varie de douze varas (celle du Palacio a treize varas deux tiers, largeur de celle.de las Mantas).
Les trottoirs de ces quatre rues sont pavés de pierres de quatre pieds de long, de deux à cinq de large, et de trois à cinq pouces d'é« paisseur. On les fait venir d'Angleterre et en partie de l'Ile de San-Lorenzo.
Les rues éloignées de la Plaza Mayor varient, quoique peu, en longueur et en largeur. Celle de Malambo^ au-dessous du pont, a, sur quelques points, jusqu'à trente mètres de large. Celles de San-Lazaro et de Santa- Clara sont aussi très-lai^es.
U y a des lanternes à gaz dans presque toutes les rues de la ville; les unes sont fixées à des consoles en fer scellées dans le mur des maisons, et les autres reposent sur des colon* nés en fonte dressées le long des trottoirs. Chaque cnadray ou section de rue coupée à angle droit, est généralement pourvue de cinq becs de gaz ; mais l'administration des Postes, le Palais du Gouvernement, demeure du grand maréchal Castilla, en ont deux, un de chaque côté de la porte principale.
Ce que l'on appelle Palacio (le Palais), est une agglomération confuse, hétérogène et inextricable, de salons disproportionnés, de chambres, de cabinets de construction diverse^ qui forment entre eux un véritable labyrinthe. Il occupe un Ilot tout entier, y compris les bâtiments de la Police, eeux des
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU
Cortès, du Trésor, des juges de première instance, de la Cour des Comptes, etc.
Le palais archiépiscopal présente un aspect bien triste et bien pauvre: à peine pourrait-on le considérer comme la maison d'un homme de condition ordinaire.