PROVINCE DU CERCLE DE PUNO
Cette province a été créée le 2 mai 1854, de plusieurs districts qui, jusque-là, avaient fait partie des provinces de Larapa, Huancané et ChUcuito.
LIMITES
Celte province est bornée au Nord par celle de Huancané ; à TEst, par le lac Tilicaca ; au Sud, par la province de Chucuito; au Nord-Ouest, par celle de Lampa ; et à rOuçst, par celle de Moquegua du département de
ce nom.
DIVISION POLITIQUE
La province du cercle de Puno comprend quatorze districts et six cures. La ville de Puno est la capitale.
Puno,
Caracoto,
Chucuito,
Coaca,
Acora,
Tiquiiiaca,
Pichacani ,
Atuncolla,
San Antonio,
Vilque,
Cabana,
Capachica,
Juliaca,
PaucArcolla.
CURES
Puno,
Paucarcolla,
San Antonio,
Coaca,
Tiquiiiaca,
Capachica.
VILLE DE PUffO.
La ville de Puno est assez jolie, quoique pelite. Elle est bâtie sur les rives du lac Titi-
, caca à 3,923 mètres au-dessus du niveau de
! la mer. Les rues sont coupées à angle droite et pavées en galets que Ton tire des rives du lac. Parmi les monuments on distingue surtout la cathédrale, qui est magnifique et
, construite entièrement en pierres de taille.
, Puno possède une université, le collège national de San Carlos, qui renferme plus de 100 élèves, et le collège de Santa Rosa pour les femmes. Cette ville possède aussi un hôpital, celui de San Juan de Dios. La population est d'environ six à huit mille âmes; mais la plus grande partie des habitants se compose d'indigènes, surtout d'Aymaraes, et de plusieurs familles de Quichuas. Dans le voisinage de Puno s'élève la montagne de HuansapatOy dont on raconte mille fables. Selon Weddell, c'est une masse volcanique, pleine de grottes ou de cavités de forme irrégulière, et où Ton rencontre plusieurs stalactites. On dit qu'on y a trouvé des squelettes fossiles.
A une élévation aussi grande au-dessus du niveau de la mer, les productions du règne végétal ne sauraient êtres bien nombreuses. Aussi la richesse principale consiste-t-elle dans le règne minéral. Puno est environnée de montagnes qui renferment dans leur sein des richesses immenses. On y trouve également de belles carrières de marbre de différentes variétés.
Tableau qui indique le nombre des Juihitants de la race Aytnara et de la race Quichua au Pérou y suivant le Guide des Etrangers de l^année i79ô.
LOCALITÉS
Aymaraes.
Aréquipa. .
Camana. .
Condesuyos.
Caylloma. .
Moquegua.
Arica. . .
AYMARAES purs.
MÉTIS nés d'Aymaraes et d^Espagnolfl.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU
LOCALITÉS
Guzco.
Paucartambo
Abancay
Calca
Urubamba
Gotabambas
Paruro
Chumbivilcas
Tinta
Quispicanchi
Lima (département) . . .
Ayacucho (département) .
Junin (département) . . .
La Libertad (département)
QUICHUAS Purs.
METIS
de Quichoas
et d'Esi)agnol8.
COMMERCE
Quoique nous ayons déjà parlé du commerce, en donnant une idée générale du département, nous allons néanmoins revenir sur ce sujet, et nous nous bornerons à rapporter ici ce qui concerne la célèbre foire de Vilque, qui se tient tous les ans le jour de la Pentecôte. Ce bourg est éloigné de sept lieues de la ville de Puno; et quoique sa population normale ne soit que de 2,000 habitants, leur nombre s'élève à près de 30,000 à Tépoque de la foire, où Ton vient même de la République Argentine. En 1846, il s'est vendu pendant cette foire :
Produits du pays. . . 70,000 piastres. Produits étrangers. . . 485,000 —
Total. . . . 5)5,000 piastres.
Nous ne comprenons pas dans le totiil qui précède, les négoces et les contrats commerciaux qui représentent une valeur de plus de 200,000 piastres. On peut, en conséquence, assurer que, pendant cette foire, il circule chaque année un capital d'environ un million de piastres.
MIXES.
La province du cercle de Puno est abon-
dante en mines d'argent très-riches. Nous citerons surtout la célèbre mine de Sakedo qui a produit tant d'argent. Aujourd'hui ces mines sont presque abandonnées , ou du moins elles ne sont pas exploitées avec toute Tactivité désirable.
PROVINCE D'AZANGAllO.
LIMITES
La province d'Azangaro est bornée au Nord par celle de Caraba}a; au Sud, parcelle de Huancané; à TEst, par la République de Bolivia, et, à rOuest, par la province de Lampa.
DIVISIOX POLITIQUE.
La province d'Azangaro comprend quatorze districts, une petite ville, dix-huit bourgs et onze cures.
La capitale de la province est Azangaro.
DISTRICTS
Azangaro,
Garni naca.
Munani,
Achaya,
Poto,
AsillOy
Putina,
San José,
Chupa,
Santiago,
Arapa,
San Antonio,
Samao,
Potoni,
GKOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
CURES
Azangaro
Asillo,
Garni Daca,
San Antonio,
Arapa,
Putina,
Santiago,
Pusi,
Samaoy
Taraco.
Munani,
PRODUCTIONS
Cette province renferme des mines d'or, d'argent, de mercure et de plomb. Parmi ses productions naturelles, nous citerons spécialement une espèce d'huile minérale dont on se sert pour l'éclairage, et que Ton tire d'un lac près du bourg d'Asillo.
PROVINCE DE CARABAYA.
LIIMITES.
La province de Garabaya, la plus riche peut-être de toute TAmérique du Sud en productions des trois règnes, est bornée au Nord et au Nord-Est par le territoire des Indiens barbares appelés Caranyues et Sumachuanesy et d'autres tribus encore dont la sépare la* fameuse rivière Ynanvari; au Sud, par les provinces de Lampa et d'Azangaro; à TEst, par celle de Larecaja de la République de BoIi\îa; au Sud-Ouest, par celle de Canchis du département de Guzco; et, à l'Ouest, par celles de Quispicanchi et de Paucartambo, également du département de Guzco.
La province de Garabaya a environ 50 lieues de l'Est à l'Ouest. Bien que sa frontière ne soit éloignée de Guzco que de 14 lieues, le chemin qu'il est nécessaire de faire pour atteindre cette dernière ville est de prés de 60 lieues, à cause des nombreux détours qu'on est obligé de faire à travers les gorges et les chaînes des montagnes.
DIVISION POLITIQIK.
Gette province renferme sept districts, quatorze bourgs et six cures.
Le bourg de Grucero est la capitale de la province, dont la population est d'environ 42 à 15,000 habitants.
DISTRICTS
CrucerO,
Patambuco,
Cuyu-Cuyu,
Macusani.
CURRS.
Sandia, Quiaca, Ayapata,
Sandia,
Coasa,
Ayapata,
Macusani,
Jara,
Quiaca.
DESCRIPTION PHYSIQUJS.
La province de Garabaya a été la plus riche en mines d'or de toute l'Amérique, puisqu'elle a produit environ trente-trois millions de piastres en or, sans compter l'extraction clandestine dans les temps antiques. Aujourd'hui l'exploitation de ces mines produit peu de chose, malgré lardeur enthousiaste avec laquelle un grand nombre d'aventuriers partirent en* 1849 pour aller y chercher des trésors. 11 n'y eut peut-être pas dix hommes parmi eux qui purent réaliser leurs frais de route. En effet, depuis Grucero jusqu'à San Gaban, on rencontre des obstacles presque insurmontables. On est obligé de marcher à pied le long d'affreux précipices, et souvent au péril de sa vie. Gcs difficultés sans nombre, le manque de bras et la crainte des sauvages empêchent que l'on n'exploite les richesses de ce sol privilégié à qui la nature a accordé avec profusion toute espèce de productions.
Du temps de Gharles-Quint et de Philippe 11, on a trouvé à San Gaban deux pépites d'or d'une grosseur extraordinaire et telle qu'on n'en a jamais vu. La première avait la forme d'une tête de cheval, et pesait A arrobes (cent livres). Elle fut présentée à l'empereur Gharles-Quint. La seconde avait la figure et la grosseur d'une tète humaine. Elle était destinée au roi Philippe II, mais malheureusement elle fut engloutie en pleine mer, dans le canal de Bahama.
Ges trésors incroyables exaltèrent Ja convoitise des habitants de San Gaban : ils se divisèrent en plusieurs bandes, et se firent une guerre si acharnée que la province fut entièrement dépeuplée.
Quand on nettoie la fontaine de la place de Ayapata, capitale de l'un des districts de
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
cette province, on y trouve des grains et des pépites d'or. Tant est grande la fécondité aurifère de ce sol !
En 1709, on découvrit dans la montagne appelée Beanfalla^ entre Carani et OUachea, une mine d'argent si riche qu'elle produisait, au commencement de son exploitation, 4,700 marcs par cajon ou 2,350 livres d'argent par 50 quintaux de minerai brut, c'est-à-dire que la moitié du minerai était de l'argent pur. Une si grande quantité de richesses amena nécessairement des querelles et des rixes parmi les mineurs. Cet état violent se termina une nuit par l'écroulement de la mine, au moment où le vice-roi Morcillo prenait des mesures pour calmer le désordre causé par la soif de l'or. Aujourd'hui les choses se trouvent encore dans la même situation à cause des difficultés dont nous avons parlé.
Le pays d'Ayapata est sain, et jouit d'un bon climat ; mais il est sujet à de terribles tremblements de terre. Suivant une tradition conservée parmi les gens du pays, il y eut avant la conquête un tremblement de terre si épouvantable qu'il fit bondir les montagnes, les renversa de dessus leurs bases, et engloutit plusieurs bourgades avec leurs malheureux habitants. En 1747, on en éprouva un si violent que, la terre s'entr'ouvrant sur plusieurs points, il en jaillit une eau fangeuse, qui corrompit celle des rivières, et causa une effroyable épidémie.
RIVIÈRES
VYnanvarij rivière très-considérable qui sépare la province de Carabaya du territoire des barbares, reçoit plusieurs tributaires. Ses eaux nourrissent plusieurs espèces d'excellents poissons, tels que des aloses, des dorades d'une grosseur remarquable, etc.
L'Yuanvari est un affluent du Maranon, dans lequel il va se Jeter après un parcours assez
étendu.
PRODUCTIONS DÉS TROIS REGNES
Le sol de la province de Carabaya renferme en grande abondance non-seulement l'or et l'argent, mais encore le cuivre, le fer et d'autres métaux. Les ruisseaux et les rivières charrient l'or en grains et en pépites ;
les collines et les vallées sont couvertes d'arbres et de plantes de toute espèce. Les plantations de Coca fournissent trois récoltes par an, et la terre produit d'elle-même le SubaiUo, VAloès^ la Vanille, V Acajou, le Cèdre, \eJacaranda, leSapin^ le Quinaçuina, la Cascarilla (Quinquina), le Copaiba (Copahu), le Café, le meilleur du monde, le Cacao, le Tabac; les fruits délicieux de la zone torride, des légumes, plusieurs espèces de Gommes, d'un goût exquis, le Caoutchouc, etc. La végétation de cette province est admirable, et atteint presque aux rêves de l'idéal.
Le règne animal est également très-riche : on remarque dans cette belle province un grand nombre d'oiseaux de toute espèce et du plus joli plumage; des mammifères de toute taille, des reptiles et des insectes, etc. Enfin ce règne est aussi favorisé que les deux autres.
Ce pays renferme un grand nombre de petits lacs sans poissons, mais fréquentés par des oiseaux aquatiques, tels que les canards, les poules d'eau, etc.
Celle province possède aussi des sources d'eaux minérales.
Le climat est varié comme le sol, mais il est généralement d'une chaleur insuppoi^ table, et, étant très-humide, il donne naissance à des fièvres tierces, et à d'autres infirmités particulières aux pays chauds et humides.
Nous ne saurions nous empêcher, en terminant cet article, de recommander au gouvernement la belle et riche province de Carabaya : car, à elle seule, elle pourrait faire la richesse du Pérou tout entier.
ANTIQUITÉS
Près du bourg de Quiaca, on rencontre les ruines d'une ville antique. Cette ville était située sur une colline ou mamelon de peu d'élévation.
PROVINCE DE HUANCANÉ.
LIMITES
La province de Huancané est bornée au Nord par celle d'Azangaro; au Sud , par
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
celle de Puno et par le lac de Titicaca; à l'Est, par la République de Bolivia, et à rOuest, par la province de Lampa.
La province de Huancané comprend sept districts , quatorze bourgs et cinq cures. Huancané est la capitale de la province.
DISTRICTS
Huancané,
Inchupalla,
Vilque-Cbico,
Taraco,
Moho,
Conima,
Pusi.
CURES
Huancané, Inchupalla,
Yilque-Chico, Conima,
Moho.
MINES
Au temps du vice-roi comte de Alva, on exploitait dans cette province une mine de mercure qui produisait beaucoup, et un métal d'excellente qualité. Mais le gouvernement espagnol en interdit Texploitation, car tel était le bon plaisir d'une politique restrictive en ce qui concernait les intérêts des colonies.
Pour ce qui est des autres productions, etc., de cette province, nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons déjà dit sur le département de Puno en général.