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LIMITES DU DÉPARTEMENT D'AREQUIPA

Le département d'Aréquipa est borné au Nord-Ouest parla province littorale d'Ica ; au Nord, par la province de Parinacochas, du département d'Ayacucho, et celles d'Ayma-

raes, Chumbivilcas et Canas, du département de Cuzco ; à l'Est, par celles de Puno et de Lampa, du département de Puno ; et enfin celle de Moquegua, du département de ce nom ; au Sud-Ouest, par l'océan Pacifique.

DIVISION POLITIQUE

Le département d'Aréquipa comprend sept provinces qui sont :

Le Gercado (banUeue)

La Union,

d'Aréquipa,

Caylloma »

Camana,

CastiUa,

CoDdesuyos,

Islay.

La province de Castilla fut érigée dernièrement, pendant la révolution de 4854, en l'honneur de l'illustre général Don Hamon Castilla, aujourd'hui président de la repubUque du Pérou.

La population de ce département est d'environ 130,000 habitants. Sous le rapport judiciaire, il est soumis à la Cour Supérieure d'Aréquipa, et sous le rapport ecclésiastique, à rÉvôché d'Aréquipa.

PROVINCE DE LA BANLIEUE (Cbrcaoo)

D'ARÉQUIPA.

LIMITES

La province de la banlieue d'Aréquipa est bornée au Nord-Ouest par les provinces de Camana et de Caylloma ; à l'Est, par les départements de Puno et de Moquegua ; et au Sud-Ouest, par l'océan Pacifique.

La province du cercle d'Aréquipa comprend seize districts, vingt-trois bouqjs, vingt-six villages (aldeas)y trente-sept auberges {caserios)y quinze cures et trois postes.

Aréquipa est la capitale de la province.

DISTRICTS

La Cathédrale,

Miraflores,

El Palomar,

Yanahuara,

Caima,

Paucarpata,

Sabandia,

Sachaca,

Socabaya,

Characato,

Tiabaya,

Uchumayo,

Chihuata,

Quequena,

Pocsi,

Yitor (Vallée de).

CURES

El Sagrario,

Uchumayo,

Santa Marta,

Vitor,

San Antonio,

Paucarpata,

Yanahuara,

Sabandia,

Caima,

Characato,

Sacbaca ou Tio,

Chihuata,

Tiabaya,

Pocsi,

Tambo.

DESCRIPTION PHYSIQUE

Le district de Sabandia est remarquable ir ses magnifiques bains froids» où se rend^ tndant l'été, une grande partie de la popu- Lion, et par la l^eauté rustique et pittores- 16 de sa campagne. Que de poésie el de larmes renferme cet admirable district ! Characaio est une localité très-pauvre , ais très-célèbre et très-fréquentée pour sa îUe église^ où Ton compte un grand nom- "e de beautés artistiques , telles que les )uze apôtres venus d'Italie, la Vierge, paonne du bourg, et plusieurs autres œuvres art, dues, en grande partie, au bon goût de m curé actuel, le Senor Don José Manuel argas, frère de Tartiste dont nous avons irlé.'Ce curé est un modèle de vertu évan- Uique et de désintéressement; il est parmu à établir à ses frais un hôpital très-bien itretenu.

Tiahaya est une vallée magnifique^ d'une rtilité, d'un climat, d'une beauté presque léale. Ce pays est situé à deux lieues et délie à Touest d'Aréquipa. 11 n'y a pas, dans >ute la province, de campagne plus remplie e poésie, ni de promenade comparable aux gnes parallèles de poiriers, plantés sur les ancs de la colline occidentale, et qui se prorogent à une distance de plus de deux lieues. ans cet agréable Éden, les Aréquipènes pas- ;ut de délicieux moments, depuis la mi-no- 3inbre jusqu'à la fin de février. On peut afrmer^ sans exagération, que Tiabaya est la romenade la plus agréable qu'il y ait au londe. Ce bourg possède une belle église en ierres de taille, dédiée à Santiago el Mayor >aint Jacques le Majeur). La localité est 'une grandeur moyenne.

QuequefkL présente un paysage poétique et ittoresque en entrant dans sa charmante venue de saules, qui rappelle des souvenirs

bibliques, et qui produit un charme qu'on ne peut concevoir qu'en contemplant ces beaux lieux^ et en parcourant celte magnifique campagne émaillée de fleurs. Ce bourg est à cinq lieues à Test d'Aréquipa.

Yanahuara ou Chimba^ à une demi -lieue au Nord d'Aréquipa, est une bourgade antique des Indiens Chilcas, Chumbivilcas, Mitinaes, Callapas et Collaguas, qui accompagnèrent Maita-Capac. Cette localité possède une église de moyenne grandeur : ses environs sont charmants.

Caima est un bourg voisin de Yatiahuariiy mais plus peuplé que ce dernier. Il possède également une église plus grande, et une cloche fondue en 1582.

Paucarpata veut dire champ cuUivé par étages : ce bourg est à une lieue au Sud- Est d'Aréquipa : il est situé sur une petite colline. La température est un peu froide,, mais saine. Ce pays est assez joli, et forme une position militaire inexpugnable.

Chihuata est à cinq lieues à l'Est d'Aréquipa : il est situé au pied du Pichu-Pichu^ une des montagnes qui servent d'acolytes au Misti. C'est en conséquence un pays trèsfroid, peu cultivé, et peuplé uniquement d'Indiens.

Pocsi est aussi une localité bâtie dans la Cordillère, à cinq lieues au Sud-Est d'Aréquipa. Son climat est très-froid, el les environs sont pauvres. Nous ferons remarquer, en passant^ que ce bourg ainsi que celui de Chihuata ont été ravagés en 1855 par la fièvre jaune. Il serait difficile d'expliquer ce phénomène.

TingOy bourg au Sud d'Aréquipa, et à deux milles de distance, est remarquable par ses bains froids délicieux, alimentés par des sources qui jaillissent sur les lieux mêmes. La moitié de la population d'Aréquipa passe, dans cet agréable séjour, la saison des bains, qui dure depuis le mois de novembre jusqu'au commencement de mars. La campagne est néanmoins stérile et pauvre, sauf te belle vallée appelée Tingo Grande, mais où malheureusement on n'a pas l'avantage de jouir de fontaines magnifiques, de quarante varas de long sur vingt de large. L'eau de Tingo jouit d'une réputation méritée pour sa pureté et sa salubrité.* Aussi en transporte-t-on

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jusqu'à Aréquipa pour la consommation, car celle de la ville est mauvaise. DeTingo à Aréquipa il y a une assez belle route ombragée d'arbres.

Uchumayo qui, en quichua, signifie Kivière éiroitej est situé à quatre lieues à TOuesl d'Aréquipa, et dans une vallée profonde et peu fertile. Ce pays n'a rien de remarquable que ses écrevisses et ses pejerreyea^ qui n'ont d'égaux au monde que ceux de Mages : mais du reste ce district est très-misérable. Uchumayo est un relais sur la roule d 'Aréquipa à Islay.

Socabaya n'a rien qui appelle l'attention ; au contraire, cette localité est peu fertile, froide et déserte. Néanmoins^ pour nous qui écrivons ce livre, elle est pleine d'une poésie magique et enchanteresse : car c'est là que nous avons passé nos premières années, à l'ombre du toit paternel. Socabaya est au Sud d'Aréquipa, et à deux lieues de dislance.

Sachaca^ Paiomar et Mira flores ne présentent rien d'important : en conséquence nous ne dirons rien sur ces districts.

VALLEE DE VITOR.

La P^allée de Vitor est à 12 lieues au Sud- Ouest d'Aréquipa. Elle est Irès-étroile. Sa direction est à l'Ouest.

Cette vallée est entièrement plantée de vignes : une certaine partie de la récolte est convertie en vin, mais la plus grande quantité sert à faire de l'eau-de-vie que l'on expédie à Puno, Cuzco, et sur d'autres points. Cette eau-de-vie est de mauvaise qualité, et d'un goût désagréable : elle atteint à peine dix-sept degrés.

VILLE D*ARÉQriPA, SA DESCRIPTION.

Cette ville est, sans aucun doute, et sous mille rapports, l'une des plus importantes, non-seulement du Pérou, mais de l'Amérique entière. Selon Weddcll, c'est la ville la plus agréable de toute l'Amérique du Sud , tant pour la douceur de son climat que pour les mœurs simples et douces de ses habitants. Mais personne n'a fait une description plus éloquente et plus enthousiaste de cette ville que l'illustre senor Leubel. Il s'exprime ainsi :

« Il y a au Pérou une ville remarquable par l'intelligence et le courage de ses en&nts, grande par ses actions héroïques, même au milieu de tous ses délires. BAtic au pied d'un magnifique volcan, on dirait qu'elle suit une marche parallèle à celle du cratère dont elle reçoit l'influence; continuellement agitée, quelquefois rebelle, victorieuse ou vaincue, elle est toujours digne de respect. Sentinelle avancée, elle est la première à pousser le cri d'alarme quand on attaque les^ libertés nationales. Alors elle se transforme en place de guerre : elle combat, mais elle combat à la façon antique, presque à la Spartiate. Elle triomphe ou succombe ; mais jamais elle ne recule. Le combat terminé, le soldat redevient ouvrier, et se soumet à la loi sainte du travail ; les mains robustes qui ont jeté l'épée, devenue inutile, retournent conduire la charrue. Cette ville a aussi ses tribuns, qui l'abandonnent quelquefois pour saisir le pouvoir, et qui , quelquefois aussi, trahissent sa cause, et deviennent les apostats de la liberté. Mais elle, elle est toujours debout, et la patrie vit et respire dans son sein. En attendant, quel sera son destin? Est-elle app^ lée à éclairer tout le Pérou, ou doit-elle se briser en éclats au choc des tyrans qu'elle combat? Qui sait ?... mais cette ville républicaine est peut-être le plus puissant boulevard de notre liberté civile et politique. On comprendra facilement que nous parlons d'Aréquipa, du berceau d'un grand nombre de nos hommes politiques. »

L'étymologie du nom d'Aréquipa est trèsincertaine : quelques écrivains, entre autres le Père Calancha, croient qu'il se compose de deux mots de la langue quichua, art quepat, qui signifient : otii, arrétez-vousy repose> vous, parce que, en revenant àCuzco, après la (conquête des provinces de Chumbivilcas, de Parinacochas , etc., PInca Maita-Capac répondit à ceux de sa suite qui, charmés de la beauté du pays, lui demandaient la permission d'y séjourner, les deux mots que nous avons cités. Selon Garcilazo de la Vega, Aréquipa veut dire trompette sonore. Quoi qu'il en soit, il est certain que cette \îllc était déjà habitée au temps des Incas.

Aréquipa fut fondé par ordre de Francisco Pizarro, et par un édit solennel^ le 15 août

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1540. Le premier emplacement de celte ville était au delà de Caima, mais depuis elle a été transférée au lieu où elle se trouve aujourd'hui, parce qu'il présente plus d'étendue et plus de commodités pour les habitants. En traçant le plan d'Aréquipa, on a eu soin que les rues fussent coupées à angles droits, et dans la direction des quatre points cardinaux. On prit également soin que chaque section de rues eût 150 varas (127 mètres environ) de longueur, et 12 varas (10 mètres ou 30 pieds) environ de largeur. Pour entretenir la salubrité, la commodité et la propreté de la ville, on creusa, au milieu des rues droites et transversales, des ruisseaux dont le lit est convenablement disposé. Les rues qui vont de l'Est à rOucst sont au nombre de huit, et sont les principales de la ville; les trottoirs sont pavés avec une espèce de pierre blanche volcanique, appelée Sillar^ et le reste de la voie est empierrée avec des cailloux.

Outre le centre principal, dont nous venons de parler, il y a encore un groupe considérable de population au Nord-Est, appelé La Pampa, habité par des blancs et même par des Indiens, qui vendent des comestibles, tels que de la viande, du salé, des fromages, et eh général tous les vivres qu'ils tirent de la Sierra. Enfin, du côté du Nord, après avoir traversé le pont, on rencontre un bourg d'une étendue moyenne, s'allongeant sur les deux côtés d'une ruelle appelée Callapa^ qui s'étend jusqu'à Caima.

Les édifices d'Aréquipa sont construits avec la pierre volcanique dont nous avons parlé, et que l'on tire de carrières voisines de la ville. Cette pierre est poreuse comme la pierre ponce : aussi, liée par un mortier de chaux et de sable, elle forme une masse d'autant plus solide que la construction est plus ancienne. On donne à chaque pierre une longueur et une largeur d'une dcmi-vara (42 centimètres), et une épaisseur d'un quart de vara (21 centimètres).

Dans les maisons que l'on a bâties depuis ces dernières années, on a généralement donné aux murs une épaisseur d'une vara et un quart (un mètre quarante-trois millimètres) ; leur hauteur moyenne est de six varas (cinq mètres); la largeur des pièces est de cinq à six varas (cinq à six mètres ou quinze

à' dix-huit pieds). Les fondements ont une profondeur qui varie de trois à cinq varas, selon le plus ou moins de solidité du terrain. Le toit est une voûte construite aussi en stVhr ou pierre volcanique : c'est pour cette raison que l'on donne aux murs une aussi grande épaisseur. Aujourd'hui les voûtes ne sont plus circulaires, comme autrefois, mais en ellipse très-ouverte. Les portes des maisons sont généralement construites d'après un ordre d'architecture, ainsi que les fenêtres qui donnent sur la rue. Les cours intérieures et extérieures ont plus d'étendue que ne le permettrait le terrain : mais la commodité et la crainte des tremblements de terre, qui sont très-fréquents, exigent que Ton adopte ces proportions. Néanmoins nous croyons que les tremblements de terre qui ont autrefois renversé les maisons de la ville ne parviendraient pas à ébranler les maisons que l'on construit actuellement. En effet, autrefois les maisons étaient bâties en briques ou en pierre volcanique, et ces matériaux n'étaient liés qu'avec de la boue au lieu de chaux. En outre, les murs n'avaient point ou presque point de fondements. On donne également toute la largeur possible à la bassecour. La sécheresse de l'atmosphère est telle que toutes les immondices, au lieu de se corrompre, se dessèchent complètement en moins d'une journée.

La plus grande partie des maisons ont des jardins arrosés par de petits ruisseaux que l'on fait dériver de ceux qui traversent les rues. Quelques-uns de ces petits jardins, de forme rectangulaire, sont situés au milieu (le la cour extérieure, et entourés de grilles en fer. Les maisons qui possèdent ces petits jardins ont un aspect très-pittoresque, et embellissent la perspective générale de la ville, par le contraste que produit la verdure sur la blancheur des édifices. Nous ne croyons pas qu'il existe une autre ville d'un aspect plus charmant et plus poétique, et qui se trouve moins exposée aux miasmes et aux immondices.

Au point d'où part la voûte, c'est-à-dire à une hauteur d'environ quatre varas (12 pieds), court, autour de la maison, une élégante corniche qui lui donne une grande beauté. On enduisait autrefois de stuc les murs intérieurs,

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mais aujourd'hui on emploie le papier peint, dont le coup d'œil est plus agréable, et qui, d'ailleurs, est très-facile à poser, el d'un prix peu élevé, quoique de moindre durée que le stuc.

Les maisons qui ont deux ou trois étages sont très-rares, car elles souffrent beaucoup, même dans les tremblements de terre d'une violence moyenne. Les portes sont en saule, vu qu'il n'y a pas d'autre bois dans le pays; elles sont par conséquent mauvaises, surtout si elles sont faites avec du bois qui n'est pas bien sec, parce qu'alors elles se déjettent et s'ouvrent au moindre changement de température.

On a calculé qu'une vara cubique (un mètre cube environ) de maçonnerie coûte, à Aréquipa, trois piastres. Le prix d'une voûte est établi d'après le nombre de varas carrées de la surface intérieure. Chaque vara carrée (environ un mètre carré) coûte 20 réaux.

La grande Place (Plaza mayor) forme un rectangle parfait. Elle a cent cinquante varas de côté, ou environ cent vingt-sept mètres. Elle est ornée, sur trois côtés, de galeries qui ne sont pas, il est vrai, du meilleur goût, excepté celle qui a été construite récemment. Au milieu s'élève une magnifique fontaine en bronze, avec un bassin régulier en granit. Sur le quatrième côté s'élève la cathédrale, monument magnifique, qui occupe toute la largeur de la place. Malheureusement elle a deux défauts : la porte principale est sur un côté et non au milieu, et il existe une légère disproportion dans les dimensions du vaisseau ; autrement, cette superbe basilique pourrait être placée à côté des plus belles de l'Amérique.

Aujourd'hui (1861) la reconstruction do cet édifice n'est pas encore achevée. Il a été incendié en 1844, ou plutôt calciné par le feu qui prit aux autels, qui étaient en bois vieux et imprégné de corps gras.

Cette cathédrale a trois nefs, entièrement revêtues à l'intérieur d'un stuc brillant. Le directeur de ce travail fut un Français, trèshabile dans cet art. Il assura que le plâtre de Signas, vallée située à vingt lieues d'Aréquipa, était le meilleur que l'on connût, et il l'employa au revêtement des murs de la cathédrale. Il a laissé un grand nombre de dis-

ciples très-habiles également dans Part de fabriquer et de poser le stuc.

La voûte de la cathédrale, comme celle de toutes les églises d'Aréquipa, est en pierre de taille, ainsi que les murs.

L'orgue est admirable, et de dimensions colossales : il pourrait figurer dans la première église du monde. Il a été construit en Belgique.

A la beauté naturelle de la ville d'Aréquipa vient se joindre celle de tous les temples dont elle est ornée : on y compte huit couvents de religieux et trois monastères, dont voici les noms :

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