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TREMBLEMENTS DE TERRE

La ville d'Aréquipa, bâtie sur les flancs du volcan le lUisU, est exposée à un grand nombre de tremblements de terre, surtout pendant la période qui s'écoule depuis le mois de septembre jusqu'au mois de décembre.

Plus d'une fois cette ville s'est vue ruinée de fond en comble par d'affreux tremblements

de terre.

Voici les plus terribles dont fasse mention l'histoire du Pérou :

Celui du 2 Janvier 1582, à il heures .] du soir.

Celui du 18 Février IGOO.

Celui du 23 Novembre 1604 à i heure i de l'après-midi.

Celui du 9 Décembre 1609.

Celui de 1613.

Celui du 20 Mai 1666.

Celui du 23 Avril 1668.

Celui du 21 octobre 1687. On l'appelle le tremblement de terre de sainte Ursule.

Celui du 22 août 1715.

Celui du 13 mai 1784.

Celui de 1812.

Celui du 10 Juillet 1821, à 1 heure de l'après-midi.

Nous avons déjà dit, dans la Géographie Physique, en parlant des tremblements de terre, que le 2 Janvier 1582, la dévastation fut si horrible, que les Huanacos et les Vigognes, épouvantés, accoururent des montagnes et se mêlèrent aux habitants saisis de terreur.

Dans le tremblement de terre de 1784 le bouleversement fut tel, que les limites des propriétés furent confondues.

Le 3 Juin 1845 il se produisit, depuis 10 heures du soir jusqu'à 2 heures dii matin environ, quarante secousses épouvantables, surtout la première. Le 9 Octobre 1831 on ressentit également, à 9 heures et un quart du soir, un tremblement d'une grande intensité, et qui se prolongea pendant assez longtemps.

MOXTAGXES ET VOLCiXS.

Il y a trois montagnes très-élevées dans la province d'Aréquipa, ce sont : le Chachani, le Misli, volcan, et le Pichu-Pichu. Aucune d'elles n'est inférieure à une hauteur do 18,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Aussi leurs cimes sont-elles presque toujours couvertes de neige.

Le Misti est un volcan colossal et sublime, d'une forme'conique parfaite, dont le sommet seul serait légèrement tronqué. Son élévation au-dessus du niveau de la mer, suivant les mesures de M. Pentland et les nôtres, atteint 20,300 pieds anglais. Ce colosse domine la superbe campagge d'Arequi))a : il se présente dans sa majesté comme le doigt du Seigneur, et imprime au loin la terreur et le respect, tant est imposante la masse énorme de cette immense pyramide !

Le sommet du.Mistiesl éloigné d'Aié-

CÊOOBAPUIK DU PilROU.

iTi

GÊOGKAPHlh: DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU.

quipa d'eiiviroii dix milles à TEsl, et la ville est bâtie sur ses flancs. Personne n'a encore pu jusqu'à présent parvenir à la cime de ce géant des volcans, soit à cause des conglomérats de cendres qui l'entourent à une certaine hauteur, et où le voyageur serait enseveli; soit à cause du sorochey oppression el difGcullé de respirer que Ton éprouve à une pareiAe élévation; soit à cause du surumpi, c'est-à-dire du reflet trop vif des neiges qui recouvrent ses flancs, et qui attaquent horriblement la vue, jusqu'au point d'occasionner la cécité; soit à cause des vents violents qui soufflent à une pareille hauteur; soit enOn à cause des précipices et des rochers taillés à pic. Plusieurs touristes ont entrepris de visiter ce volcan colossal, et de gravir jusqu'au cratère. Parmi eux nous citerons le senor Valdez de Velazco, Romain établi à Aréquipa^ qui entreprit cette ascension avec le D*" Suero et d'autres amateurs. Mais après plusieurs jours de terribles fatigues, au milieu desquels le senor Valdez rendit du sang par la bouche et par les narines, et ses compagnons souffrirent plus ou moins, ils se virent forcés de revenir sur leurs pas, sans avoir pu atteindre leur but. Le savant naturaliste llaenke ne put parvenir également à accom-

plir cette ascension, et après plusieurs jûuhf de tentatives inutiles , il jura de ne plus jamais tenter d'-entreprises aussi téméraires. M. Pentland éprouva la même déception. Il est donc extraordinaire que M. Weddell, habile naturaliste, puisse prétendre d'être parvenu jusqu'au cratère lui-même. Bien qu'il soit notre ami, l'amour de la science et de la vérité nous oblige de lui déclarer ici qu'Q a dû se tromper, et prendre pour le sommet une des nombreuses plates-formes que l'on rencontre en gravissant graduellement le Misti. Néanmoins nous donnerons tout à l'heure le récit de son ascension tel qu'il l'a publié.

Le Misti se présente couvert d'un superbe manteau d'azur, comme un véritable monarque. Ce volcan gigantesque est accompagné de deux autres montagnes également colossales, que l'on prendrait pour ses ministres, l'une à droite, c'est le C/tachani, el l'autre à gauche, c'est le Picku'Ptchu. Us sont éloignés l'un et l'autre du Misti, d'environ 20,000 varas ( 17 kilomètres), comme s'ils craignaient de manquer de respect à leur souverain. Un de nos concitoyen» a dit en parlant de ce monarque de la Go^ dillère :

i Immensa mole, que del Dios eterno

Ostentas el poder, volcau terrible,

Que abrigaseo tu seno al mismo lofieruo;

Y que et dedo invisible Del miedo y del terror siemprc mostraudo, Al puebld de las Gracias y las Risas Eu tus calladas iras tiranizas !

(£1 S. D. D. MiGtEL DKi. Carpio.)

Le Misti atteint la limite des neiges éternelles; néanmoins, il y a des époques où ces neiges se fondent et que sa tôle apparaît dépouillée de son blanc diadème* A certains moments , il vomit des nuages de fumée; mais quelques-uns croient que ce ne sont que des tourbillons de cendre et dépoussière soulevés par les vents.

Nous pensons que ce volcan n'est pas encore éteint, mais seulement eu repos, et qu'il dort du sommeil des géants. Lorsqu'il se réveillera, on pourra lui adresser cette apostrophe :

TRADCCTION LITTÊRALK '.

Montague immense, qui du Dieu éternel Nous montres la puissance; volcan terrible, Qui renfermes dans ton sein TEnfer lui-même, Et qui, présentant sans cesse le doigt invisible l>e la crainte et de la terreur, Domines en despote sur le peuple des Ris et des Dans tes sourdes colères ! [Grâces,

«( Quisiste despertar; y bostezaste Cuando Nombres, Pueblos, Montes te tragaste(i). ■

On ignore l'époque de la dernière éruption du Misti : la tradition des Incas était muette à cet égard» Mais la nature du terrain d'alentour^ et l'abondance du Sil/ar^ qui n'est qu'un travhyte décomposé^ et qui s'est aggloméré de nouveau, puisqu'il renferme dans sa

(!) Truductiou littérale :

Tu te réTeilles, et tu ouvres une large gueule {lUt, m bAîRe»), Quand tu englouUs les lK>iniiie8,les peuples et les i

GÉOGRAPHIE DE LA IIÉFUBLIQUE DU PÉKOU.

masse de petits fragments de roche et des i:ailloux, tout fait croire que ce volcan a inondé plus d'une fois de ses laives ardentes les campagnes voisines.

Pendant les tremblements de terre violents, le cratère du Misti vomit des tourbillons de flammes rapides semblables à celles que produit la poudre entlnmmée à l'air libre. La crainte qu'éprouvent les habitants d'Aréquipa d'une éruption du Misti qui les engloutisse sous ses torrents dela\e, n'a donc pas de fondement. Au contraire, ce volcan est la sauvegarde de la ville, son plus zélé protecteur, puisqu'il donne une issue par son* cratère aux vapeurs élastiques et inflammables de Tintcrieur de la terre, qui, sans cet immense soupirail, causeraient d'affreux déchirements à la croûte du globe pour s'ouvrir un passage.

La coupe du cône volcanique du Misti n^est pas horizontale : la pointe méridionale est plus élevée que la pointe septentrionale. Le diamètre du cône tronqué est d'environ un mille anglais.

Nous pensons que nos lecteurs trouveront ici avec plaisir le récit de l'ascension de M, Weddell au cratère du Misti. Nous le donnons intégralement tel qu'il Ta publié :

« Le 24 octobre 1847, je me mis en route pour réaliser un projet conçu depuis longtemps : je veux parler de l'ascension du volcan d'Aréquipa, qui est connu dans le pays sous le nom de cl Misti. Lorsque l'on voit d'en bas ce géant de la Cordillère, on dirait, si ce n'était le blanc panache de neige qui orne presque continuellement son front, qu'il n'y a, de sa base à son sommet, qu'une promenade de trois à quatre heures au plus. Mais qu'il y a loin de là à la réalité ! c'est l'absence de tout point de comparaison qui porte à faire de si faux calculs sur les vraies ((imensions de cette masse si énorme dans le fait, et c'est cette erreur qui a poussé plus d'un malheureux voyageur à épuiser gratuitement ses forces et son haleine sur les flancs du cône. trompeur. Si, du reste, j'ai été plus heureux que quelques autres, cela dépend uniquement de ce que, venant après eux, j'ai pu me servir de l'expérience qu'ils avaient acquise.

M Muni de tous les accessoires nécessaires

pour un voyage de trois joui's, et, en Tagréahle compagnie de M. Bockenham, jeune médecin récemment arrivé à Aréquipa, j'allai camper au pied môme du cône, dans le voisinage du point appelé Allô de fos Huesos : ce n'était certes pas là un lieu bien agréable pour passer une nuit à la belle étoile; mais nous fîmes en sorte de nous y trouver le moins mal possible, et nous réussîmes, malgré le vent et le froid, à nous y trouver presque bien.

« Le lendemain , 25, il n*était pas encore trois heures du matin, que tout s'apprêtait pour le départ : la lune, dans tout son éclat, prébidait à ces préparatifs. A quatre heures, nous étions en selle et nous commençâmes notre ascension, en nous dirigeant vers le sommet d'une espèce de crête (cuchUla) par laquelle la progression nous paraissait devoir être moins pénible. Nos premiers pas furent faciles, et il nous sembla qu'au bout d'une heure^ au plus, nous aurions accompli cette première partie de notre tâche; mais l'heure s'écoula, et non-seulement nous nous ti'ouvions à peine au tiers du chemin qui séparait notre camp du sommet de la crête, mais nous fûmes encore obligés de nous mettre à pied pour continuer. Le peu de consistance du terrain^ qui n'était qu'une cendre ou un sable mouvant, et la difficulté qu'éprouvaient déjà nos animaux à respirer^ nous mettaient dans la nécessité de renoncer à leur concours. Ce fut seulement alors que nous pûmes juger un peu des dimensions du colosse qui, quelque temps auparavant, nous semblait si petit; car, du point oii nous étions, les hommes et les animaux que nous avions laissés en arrière se confondaient déjà avec les cailloux d'alentour ; combien plus insignifiantes encore leur devaient paraître nos propres personnes ! Nos travaux avaient commencé : au-dessus de la cuchilla, la pente du volcan devint plus rapide; pour avancer il fallait louvoyer, et même ainsi, nous ne pouvions faire dix pas sans nous arrêter, afin de laisser passer l'oppression qui s'éttiit emparée de nos poumons. A mesure que nous nous élevions davantage^ non-seulement celte oppression augmenta^ en nous obligeant à faire des arrêts plus prolongés, mais la fatigue des membres vint encore s'y ajouter : accident

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plus fâcheux que le sorochcy parce qu'un arrêt de quelques minutes ne suffisait pas pour y obvier. Le sol était presque partout formé de cette cendre noirâtre dont j'ai parlé plus haut^ dans laquelle le pied, pour deux pas qu'il fait en avant, en fait au moins un en arrière. Çà et là, seulement, se présentaient les crêtes rougeâtres de quelques rochers, où l'on trouvait un appui plus ferme; et de loin en loin on voyait apparaître, au-dessus de la cendre, les denses mottes du Yareta (ombellifère du genre Bolax), avec ses larme*s résineuses. 11 est impossible de définir la satisfaction qu'éprouve l'œil à se fixer sur les taches d'un vert tendre que forme cette plante, de loin en loin, sur la vaste surface grise et monotone de la cendre. Nous voyagions de l'une à Tautre, et cha([ue fois elles apparaissaient à nos yeux comme de petites oasis.

« Il pouvait être onze heures, quand, en continuant toujour* cotte manœuvre, nous arrivâmes dans le voisinage d'une masse de rochers, qui, parce qu'elle cachait ce qu'il y avait plus loin, nous semblait devoir être le sommet de la montagne. Nos efforts redoublèrent donc, mais ce ne fut que pour reconnaître plus tôt notre erreur : les dernières forces de mon compagnon s'y étaient épuisées, et de fortes douleurs, qui l'attaquèrent en même temps, l'obligèrent, bien malgré lui, à remettre à une autre occasion l'accomplissement de son projet. Seul, je continuai mon voyage, labourant la cendre glissante de mes pieds que je ne levais plus qu'avec peine, haletant, escaladant des rochers qui se succédaient sans fin, chaque fois croyant arriver, et toujours voyant fuir devant moi le sommet du cône perfide. Les heures se passaient sans que j^eusse, pour ainsi dire, l'espérance d'arriver à mon but. J'arrivai cependant. Déjà le soleil s'était caché derrière la pointe de la montagne ; de temps en temps une violente bouffée de vent venait soulever autour de moi un tourbillon de sable, et m'obligeait à m'accrocher aux pierres* voisines, et à me soutenir i)lus fortement avec mon bâton, ou au moins à me cacher la figure pour ne pas être aveuglé. Je gagnai enfin, avec des efforts inouïs, un monceau de rochers ferrugineux et humides, recou-

verts par endroits d'une efflorescence saline, irrégulièrement entassés, crevassés, fendillés, et exhalant une odeur sulfureuse. Ce fut, pour moi, un moment de jouissance : ces indices me rendirent, je crois, une partie des forces dont m'avait privé ce long exercice. Cependant, sur cette surface presqu'à pic, je ne pouvais guère avancer plus de 2 ou 3 mètres sans m'àrrêter pour reprendre haleine. J'allais peut-être encore désespérer, quand soudain, après avoir escaladé un dernier rocher, je m'arrêtai comme stupéfait, ou saisi d'admiration : la pointe du volcan avait disparu, et j'avais devant moi un gouffre immense ; j'étais sur le bord d'un vaste cra-

« La première impression dont l'esprit est saisi à cet aspect est d'une singulière nature : il lui semble qu'une mine puissante vient d'éclater en ce point, et a soulevé en la brisant la pointe de la montagne. Il faut que le saisissement subit, qui naît toujours à l'abord d'une grande chose, se dissipe ; l'attention alors coordonne peu à peu les liens qui unissent les masses enti'e elles ; et ce qui d'abord était obscur ne tarde pas à s'éclaircir. Le point sur lequel je me trouvais, faisait partie d'une immense muraille, verticale en dedans, et se continuant en dehors avec la pente même du volcan; l'espace circonscrit par cette muraille, et que l'on ne peut mieux comparer qu'à une grande cour, n'était autre chose que le cratère externe du volcan. Cette cavité était presque en entier occupée par un grand tumuhis de sable ou de cendres noirâtres de nature semblable à celles de la pente, et de forme très-irrégulièrc, tellement que je lui ai trouvé de la ressemblance avec un animal qui aurait été couché dans le fond du cratère ; mais il ressemblait encore bien plus à un de ces medanos (collines de sable) qui occupent en si grand nombre les désorts de la côte, et il n'est aucunement douteux que son origine ne soit due, comme chei ceux-là, à l'action des vents. Un tumulus de cette nature existe, comme on le sait, plus ou moins dans tous les volcans^ et c'est sur son sommet, car il a généralement une forme conique, qu'existe aussi la bouche ou soupirail, par lequel, comme d'une cheminée, s'exhalent les gaz ou les ,vapeurs que

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distillenl les feux souterrains. Toutefois rien de cela n'existe sur le Misli, et il en est de môme de ces frémissements et de ce fracas d'ébuUition qui frappent tellement les sens des curieux qui visitent un volcan en activité ; de sorte que, quand, après le premier examen, je m'assis sur un fragment de lave pour disséquer le poulet rôti qui avait été mon seul compagnon de voyage pendant les dernières heures, le grand silence qui régnait ne fut interrompu, un moment, que par le bourdonnement d'une grosse mouche, aussi étonnée, sans doute, que moi, de rencontrer de la compagnie en ces lieux. Je cherchai ensuite à assurer ma victoire, en fixant sur les bords du cratère le pavillon péruvien que j'avais apporté à cet effet, et je le saluai par la décharge d'un feu d'artifice ; mais j'avais bien mal calculé les eflets de ce feu, puisque, malgré son éclat, le jet de fumée sur lequel j'avais tant compté, ne me sembla guère supérieur à celui qu'aurait émis un cigare : c'est la comparaison qui me vint à l'idée. Le point du mur sur lequel j'étais monté est peut-élre plus bas qu'aucun autre de la périphérie, et la distance qui le sépare du fond du cratère externe n'est que de quelques mètres ; de sorte qu'en m'aidant des anfractuosités des rochers qui forment un escalier naturel, je parvins sans difficulté aucune jusqu'au pied du medano central, sur lequel je ne tentai pas, du reste, de monter : le temps que j'avais à ma disposition étant très-limité, et l'inspection que j'en avais déjà faite m'ayant a peu près satisfait sur son compte. Seulement je m'avançai jusqu'à une de ses extrémités, pour m'assurer que l'espèce de rue ou de corridor qui le sépare du mur, en faisait tout le tour. Du côté d'Aréqoipa la muraille est plus élevée, et il serait difficile de descendre dans le cratère par là. Quant à la croix, que tant de personnes ont pu voir de la ville même, au moyen d'instruments appropriés, elle doit exister à une certaine distance au-dessous du sommet : ce qui explique pourquoi elle n'a pas été visible pour moi qui n'ai pas fait mon ascension de ce côté.

0 Le soleil se couchait, je dus donc, à mon grand regi*et, faire mes adieux à ces lieux intéressants; je ne le fis toutefois qu'après

avoir employé quelques instants de plus à en prendre une esquisse rapide. Puis, en moins de deux heures, par une succession non interrompue de bonds et de glissades, et sans m'élre arrêté une seule fois, je rejoignis mon compagnon Bockenham, qui avait commencé ses préparatifs de défense contre le froid.

« Le lendemain, nous reprîmes le chemin d'Aréquipa, laissant derrière nous le volcan qui, pendant la nuit, s'était couvert d'un blanc voile de neige. »

EArX THERMALES. — SOrRCES FROIDES

DE YURA.

Nous avons déjà dit que les eaux thermales sont celles qui jaillissent du sein de la teiTC jouissant d'une température élevée. A sept . lieues d'Aréquipa, dans la direction du N. N. 0., on rencontre le bourg de Yura^ qui possède des eaux thermales d'une vertu vraiment merveilleuse et qui servent à guérir un grand nombre de maladies^ surtout les affections syphilitiques, les rhumatismes et la pierre.

Ces eaux ont été analysées par le senor don Mariano Eduardô de llivero. Il résulte de ses expériences qu'une bouteille des eaux appelées de fierro (de fer) , contient 10,5 grains d'acide carbonique, 2 grains d'acide muriatique, 0,25 de grain d'acide sulfurique, en outre, 26 grains de carbonate de magnésie, 6 grains de carbonate de chaux, 15 grains de muriate de soude, 40 grains de bicarbonate de soude, 3 grains de sulfate de fer, 8 grains de silice et de sulfate de chaux insolubles, en total 98 grains.

Une bouteille de la source appelée El Tigre donne 10 grains de silice et de sulfate de chaux insolubles ; 28 grains de carbonate de magnésie, 14 de muriate de soude, 7 de carbonate de chaux, 39 i^ de bicarbonate de soude. Elle contient en outre en dissolution du gaz hydrogène sulfuré et du gaz acide carbonique.

Les eaux thermales d'Ft^ra appartiennent à la province de Gaylloma : nous en parlons ici parce que ces bains sont aussi généralement connus que ceux d'Aréquipa.

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EAUX DE iiSVS.

Jésus est un boui^ du dislrict de Paucarpata, à une lieue et demie au Nord-Est d'Aréquipa. Ce bourg possiMe des eaux thermaliiS trùs-crflcaces contre les maladies cutanées cl un grand nombre d'autres affections. Un de nos compatriotes, don Mariano Hurlado Valdcz, habile chimiste, les a analysées, et a trouvé que, sur une livre d'eau, il y a 10,n grains <le muriate de soude, 0,S8 de grain de muriate de chaux, 3,96 grains de carbonate de chaux, 0,08 de suirale de chaux, 0,72 de carbonate de magnésie, et 0,67 de sulfate de soude.

KkV\ DE SABAHDIA ET DE TINflO.

Le sefior Hivero a trouvé, en analysant ces eaux, qui sont d'une température froide, qu'elles contenaient du carbonate de soude et de chaux, du muriate de situde, du sulfate de fer et un peu do carbonate de magnésie.

Dans les eaux de Tingo on trouve du muriate de soude, du carbonate de soude, du carbonate de chaux, un peu de sulfate de magnésie, du fer et de l'acide carbonique en dissolution.

Aux bains de Jétux il y a un édifice en pierre de taille, baii aux frais du vertueux curé 1). Luis Garcia Iglesias. L'hospice des bains d'Yura, la Charrn (métairie) et la chapelle sont l'œuvre de l'évangélique Galicien D. José Nodiil qui, en reconnaissance d'avoir été, par les eaux de ces bains, guéri de ia pierre dont il .«oufTrail beaucoup, s'établit pour le reste de sa vie à Yura, où il dépensa plus de 50,000 piastres en faveur des pauvres et des malades qui se rendent aux bains pour y recouvrer la santé.

.MALADIES GCÉRIES PAR LES BAMH D'YURA.

L'expérience, confirmée par l'opinion de médecins distingués, a prouvé que l'eau de ta source sulfureuse appelée f-U Tii/re, guérit les rhumatismes, l'arlbritis chronique, la goutte, l'atrophie nerveuse, les douleurs hystériques, l'épilepiiie, la paralysie, la gale, la

léprc, la scorie, les scrofules ou écroDelles, l'hydrophobîe, la diarrhée, etc., etc.

L'Agua de fitrro {l'eau de fer) sert poor la gonorrbée ou blennorrhagie, les flueors blanches ou écoulement blanc des femmes, la chlorose, la dysménorrhée, la dyspep^e, la diarrhée, la dyssenterie, le rachitis, appelé vulgairement Urijua, les hémorrholdes, le scorbut, la paralysie, l'hystérie, l'hypocondrie, et enfin toutes les affections des oifsnet causées par le rel&chement, l'inertie et la pesanteur dans l'exercice des fonctions Dlturelles.

Les eaux de Jésus guérissent les calculs, les diarrhées, l'aménorrhée, le rhumatisme chronique, la dyspepsie ou indigestion habituelle, et enûn toutes les maladies cutanées.

Les eaux de Tingo, de mfirae que celles de Sabandia, sont froides, el par conséquent on ignore encore quelle pourrait Atre leur utilité.

Il est bon d'avertir ici que la manière d'employer les eaux dont nous venons de parler doit être prescrite par un bon médedn. qui connaisse le pays.

RIVIÈRKS, -

VESTS. — «:libiat. —

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