PROVINCE DE LA UNION
LIMITES
La province de La Union est bornée au Nord et à l'Ouest par celle de Parinacochas, du département d'Ayacucho; au Sud par celles de Condesuyos et de Castilla ; au Nord et à l'Est par celle d'Aymaraes du département de Cuzco ; à l'Est par celle de Caylloma; et à l'Ouest par celle de Camana.
Cette province est située dans le bassin qui forme le commencement de la vallée de Ocona. Sayla seul se trouve en dehors de ce bassin. La province de La Union a environ 17 lieues de longueur et 4 de largeur moyenne.
DIVISION POLITIQUE
Elle renferme neuf districts , vjngt*quatre bourgs, un village (aldea) et huit cures. Cotahuasi est la capitale de la province*
OISTRICTIS.
Cotahuasi, ToinepHin|)a, Alca, Huainacotas,
Pampamarray Charcaua, Sayla, Quechualla,
Toro.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
CIJRCS.
Gotahuasi, Tomepampa, Âica, HualoacoiaSy
Pampamarca, CbarcaDa, Quechualla, Toro.
MOBrrAGNES. — BIVIÈRES.
Cntre Gotahuasi et Salamanca, bourg de la »Tince de Condesuyos, il y a deux monnés, dont aucun géographe n'a encore lé : et cependant nous avons des motifs ssants de croire que ces deux montagnes Lvent être comptées parmi les sommets les s élevés du globe. Ces montagnes portent lom de CorO'Puna et de Solimana, Elles t partie de la chaîne occidentale des An- . : Coro-Puna est au Sud, et Solimana au *d. Ces deux montagnes sont couvertes de ?es perpétuelles, sur presque toute leur itenr. Le senor Pierola, qui connaît beaup ce pays, et qui de plus est un naturae très-savant, nous a assuré que, dés le d même de ces montagnes, on aperçoit le ti^ que Ton prendrait pour un petit ent. Du mômB point, on peut également conipler d'une manière très - distincte Ton PaciGque, éloigné néanmoins d'une disce d'environ quarante lieues.
e Coro-Puna forme un cône parfait^ mais ioiitnajia est un peu irrégulier. Nous ap- )ns l'attention des voyageurs sur ces pics le élévation aussi prodigieuse.
a rivière, qui coule à travers cette val- » porte plusieurs noms suivant les lieux îllc traverse. Elle s'appelle Rio grande^ à iortie de la province de La Union, et [ue près de son embouchure dans l'o- 1 Pacifique par la vallée d'Ocona, où elle id le nom de cette vallée. Son cours est né par des ruisseaux qui descendent des itagnes d'Aymaraes et de Parinacochas.
rolume de ses eaux est assez considérable.
PRODUCTIONS
e règne animal possède peu de Vaches et ftoutons; mais d'un autre côté on y trouve VigognffSj des Huanacos, des Alpacas et *es animaux domestiques, e Condor y ce roi des Andes, le Bruite, alandria^ le Chardonneret , les Cuculies,
le ChocUopococho y espèce de moineau d'un plumage obscur et d'un chant agréable; le Rossignol, le Chirote ou Piche^ et le Chihuanco^ oiseau domestique et très-intelligent, sont très-nombreux dans cette province.
On pêche dans le district de Huainacotas des Pejerreyes d'une chair exquise.
On rencontre dans celte province des Serpents venimeux, des Myriapodes ( Ciento- Piés)^ des Araignées peu dangereuses. Les reptiles s'entortillent autour des jambes des hommes et des bestiaux.
BÈGNE V1Ê6ÉTAL.
La force de la végétation du sol de la province de la Union est presque incroyable, bien que la configuration variée du terrain ait pour résultat une grande diversité de climats et de productions.
Huainacotas produit des Pommes de terre en si grande quantité qu'elles servent à l'alimentation de la province entière. Une des espèces est jaune , et meilleure môme que celle de Huamantanga, province de Lima.
Cette pomme de terre est du reste très-rare, et ne paraît que sur la table des gens riches.
La récolle de maïs suffirait seule à la consommation du pays : le surplus est expédié dans la province d'Abancay, d'où les habitants de La Union tirent le sucre qui leur est nécessaire. On trouve également dans ce pays des Vignes qui produisent du raisin noir et du raisin d'Italie d'une qualité excellente. Le vin qu'on en tire est expédié à Cuzco.
On cultive généralement le Blé y qui est de bonne qualité, en le mêlant avec de VOrge.
On y récolte également des Yuccas, des Bâtâtes (Camotes), des Carottes, des Oignons, des Tomates, des C/ioux, des Laitues et autres plantes potagères excellentes ; enfin un grand nombre de fruits de toute espèce.
Les fruits les plus remarquables sont : les Poires, les Pêclies, les Figues, les Paltas, les Pommes en grande quantité, les Abricots, les Bananes, etc. Le terroir de Quechualla est celui qui produit la plus grande partie de ces fruits.
Parmi les fleurs on admire surtout îde superbes Marguerites, des Œillets, des Roses , et plusieurs autres espèces aussi magnifiques.
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Nous citerons parmi les arbres forestiers : le Saule pleureur et le Saule commun , le Molle ( arbre épineux), le Cèdre; ce dernier est néanmoins assez rare; le Guarangoj VAune et le bloque sont très-nombreux.
Nous ferons observer, en terminant cet aperçu sur les productions de ce pays, que les céréales , les légumes et les fruits dont nous avons parlé , ne sont pas cultivés sur une grande échelle, ni sur tous les points de la province : chaque localité produit des espèces qui lui sont propres.
RÈGNE MINÉRAL
La province de La Union possède d*abondantes mines d'or. On cite surtout celle de Huayllura dont les richesses sont si considérables que, si cette mine n'eût existé de notre temps, nous Teussions regardée comme une fable. Elle fut découverte en 4830 par un indien nommé Angelino Torres, que nous avons connu personnellement.
Cette mine fameuse produisit, en moins de trois ans, plus de six millions de piastres ( 30,000,000 de francs). Sur cinq parties de minerai , quatre étaient d'or pur, cl Texlraction en était facile et abondante. La cupidité que tant de trésors excitèrent fut si grande que près de 14,000 habitants vinrent peupler un pays absolument désert. On ignore encore ce que Torres a pu faire de tant de richesses, car il est mort pauvre. Les querelles et les luttes que causa la soif de Tor obligèrent Torres à faire sauter cette mine. Elle n'est plus aujourd'hui qu'une ombre de son ancienne prospérité.
Les veines d'argent que l'on exploite aujourd'hui à Huayllura sont également pauvres. Il existait autrefois, dans cette localité, un gisement considérable appelé Montes Claros : mais le senor Pierola, après l'avoir examiné, a prouvé qu'il n'est pas possible de l'exploiter, parce qu'un immense amas de sable recouvre la montagne qui le contient.
La Palmadcra est une mine d'or également célèbre, quoique la veine soit peu considérable.
A Pampamarca, on trouve des mines de sel, qui forment un article considérable d'exportation.
EAUX l'HERMALES. — INDUSTRIE.
Il y a des eaux thermales remarquables dans le district de Tomepampa et dans celui d'Alca, qui forment de vraies piscines où les infirmes et les malade^ se rendent de toutes parts.
On fabrique à Cotahuasi de petits tapis, appelés Tapis d'église, et môme de grandes tapisseries d'une perfection vraiment admirable. On y tisse également des Frazadas (Couvertures)^ des Poncîtos (Manteaux rayés), et autres étoffes du pays.
Nous ne devons pas passer sous silence une tige de Pwna, enveloppée d'un fil d'or, qoe l'on a trouvé à Huayllura. Un Espagnol nommé Bustamante en devint possesseur, et, ignorant le mérite et la valeur de cet objet, il fondit Tor et brûla la plante.
Les petits tapis sont une espèce de peluche : les dessins et les broderies sont d'un travail remarquable.
On fait des tapis qui ont jusqu'à dix \dJ2& de longueur et cinq de largeur. Ils sont d'ooe si grande solidité qu'ils passent de génération en génération dans un parfait état de conservation. On fabrique également dansée pays des couvertures de lit en laine, qu'on appelle Colchas (courtes-pointes) ; elles sont velues, ainsi que les tapis, et d'une seule couleur, soit verte, soit cramoisie. On y tisse enfin des Llicllas^ c'est-à-dire des manteaux dont se vêtent les Indiennes; ces Llicllas ont généFalement une vara et un quart de côté, et quelquefois deux varas de long et une vara et un quart de large.
La province de La Union expédie aussi en Europe de la laine d'Alpaca, mais en petite quantité.
L'AIRAMPO.
Dans les montagnes de La Union, on rencontre une plante que les habitants du pays
I appellent Airampo, et qui appartient à la famille des Cactus. Ses graines sont de la grosseur de celles du riz, et d'une couleur mordoré clair, d'une beauté inimitable. Les chimistes n'ont pas encore pu fixer cette admirable couleur. VAirampo est d'une saveur assez douce: on l'emploie pour colorer les limonades, les
i màchemoures {mazamorras)^ etc. Les Indiens
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n servent en guise de plante médicinale. enke a donné une description savante et mplète de TAirampo.
PROVINCE DE CAYLLOMA.
LIMITES
La province de Caylloma est bornée au »rd par les provinces de Canas et de Chumi'iJeas du département de Cuzco; à TEsl par » provinces 'de Lampa et de Puno, du dértement de Puno ; au Sud et au Sud-Ouest r celles d'Aréquipa et de Camana ; à l'Ouest r celles de La Union et de Gastilla.
OlVISIOSr POLITIQrE.
La province de Gaylloma^ nommée autre-
IsCoilaguaSy renferme dix-sept districts,
igt-trois bourgs et quinze cures.
La ville de Caylloma est la capitale de la
ovince.
DISTRICTS
Caylloma,
Achoma,
Tisco,
Maca,
Gollalli,
Lari,
Tutisivalle,
Madrigal,
Ghibay,
Cabana Condc,
Coporaque,
Lluta,
Yanque»
Yura,
Ichupampa,
Tapay,
Siguas.
CURES
Caylloma,
Chibay,
Cayarano,
Goporaque,
Tisco,
Madrigal,
Collalli,
Acboma,
Tutisivalle,
Lari,
Maca,
Cabana Conde,
Yanque,
Lluta.
Choco,
RIVIÈRES
Une rivière assez considérable prend sa ►urce dans la province de Caylloma, au lieu Dmmé Patacapuquio, Ce mot signifie en ngue quichimCentYeux d'eau. Acinq lieues e la source de cette rivière, il y a un pont aturel d'une seule pierre de 8 varas(6",72) 6 long et de 4 de large. La rivière se di-
rige ensuite vers le bourg de Huambo et se jette dans le liio de Mages, La province de Caylloma est aussi traversée par le Rio Mollocoy qui forme à peu de distance du bourg de Cabana une cataracte de soixante varas (o0",40) de hauteur.
PRODUCTIONS
Il y a dans cette province un grand nombre (le mines d'argent, qui ont produit autrefois de grandes richesses. De 1731 à 178i, on a fondu annuellement environ cent mille marcîd'argent. Mais la cupidité, qui n'enfante jamais que des ruines, causa la perte de ces riches exploitations. Des querelles, des luttes continuelles forcèrent les propriétaires à les abandonner. La province de Caylloma possède aussi des mines d'élain, de cuivre, de plomb, etc. On y trouve également du soufre en abondance et d'autres métalloïdes.
Dans le règne végétal, on trouve surtout parmi les plantes alimentaires : les Pommes de (erre, le Mats, VOrge et les autres productions de la Sierra ( Pays des Montagnes),
DIGUE DE VINCOCATA.
Depuis plus de trente ans on a conçu le projet d'exécuter des travaux qui seraient d'une utilité immense pour la province de Caylloma et celle d'Aréquipa. Le but qu'on se propose est d'augmenter les eaux du Rio Chili, en construisant une digue qui obligerait les eaux iluRioCofca à s'écouler dans le Swfibay, affluent du Chili.
Ces travaux, projetés dès 1830, ne sont malheureusement pas encore entrepris à l'heure qu'il est (1862); mais, si l'on parvient un jour à accomplir ce magnifique ouvrage, une immense étendue de terrain, qui ne produit rien aujourd'hui, verrait sa fertilité et sa valeur augmenter comme par enchantement. On a calculé que la dépense totale ne s'élèverait pas à plus d'un million et demi de piastres (7,500,000 francs).
Le sol de Vincocaya est volcanique : il est formé de trachyte , de quartz translucide et de quartz rougcûtre. VincoCciya est situé à 25 lieues d'Aréquipa, à une hauteur de plus de 4,000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
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