RIVIÈRES. — LEUR ORIGINE ET LEUR COURS
La province littorale de Loreto se trouve , ainsi que nous l'avons dit plus haut, sillonnée dans toutes les directions par d'innombrables rivières, qui, dans la partie la plus basse, communiquent les unes avec les autres au moyen de canaux naturels, et forment une espèce de réseau qui se prête d'une manière admirable à la communication d'un point à un autre.
Si l'on étudie les nombreux affluents de l'Huallaga, de TUcayali et dé l'Amazone, on remarquera qu'un grand nombre de ces affluents ne prennent pas leur source , comme on serait porté à le croire, dans les chaînes de montagnes élevées; mais, au contraire, on les voit sortir sous la forme de ruisseaux, de petits lacs ou d'étangs situés au milieu de plaines qui sont absolument dépourvues de montagnes jusqu'à une grande distance.
A première vue, on pourrait être étonné de cette origine tout extraordinaire des rivières du Pérou occidental ; mais, en se rappelant que la province littorale de Loreto est la partie la plus basse de la région transandine , on comprend que toutes les eaux de pluie ou de rivière qui s'infiltrent à travers des terrains perméables, dans différentes parties de ia province, peuvent, bien qu'on n'en aperçoive aucune trace à la surface du sol, suivre un cours souterrain, et sortir ensuite des entrailles de la terre dans une région plus basse, formant alors ces nombreux étangs dont nous avons parlé.
'Un grand nombre de rivières de la province littorale de Loreto prennent naissance dansées étangs, et, pour donner un exemple, je citerai VAipena , qui se trouve situé à l'angle formé par le confluent de l'Uuallaga et du Maranon. L'Aipena est une rivière navigable sur presque tout son cours, et il est formé par de nombreux affluents qui prennent leur source dans les terrains bas et marécageux où se réunissent les eaux d'infiltration dérivées de FHuallaga et du Maranon. Ce qui me porte à croire que presque toute l'eau du rio Aipena est due aux infiltrations de l'Huallaga et du Maranon, c'est que, dans le temps des crues, ces deux dernières rivières s'ouvrent fréquemment un passage à travers les terres molles qui les séparent du rio Aipena, et produisent une foule de canaux naturels : ce qui fait que THuallaga et le Maranon communiquent avec l'Aipena au moyen de ces canaux intermédiaires.
Les rivières qui sillonnent la province littorale de Loreto sont si nombreuses que la citation seule de tous leurs noms demanderait un espace plus considérable que celui dans lequel nous voulons renfermer ce mémoire descriptif; nous nous bornerons à parler des cours d'eau les plus remarquables.
FLEUVE DES AMAZOUrES.
Le fleuve des AmazoneSy ou plus simplement VAmazone^ est le tronc principal qui reçoit non-seulement toutes les eaux de la région transandine du Pérou, mais encore une grande partie des rivières qui arrosent la Ré-
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publique de TËquateur. La masse énorme de ses flots lui a fait donner par quelques auteurs le nom de Rio^Mar (Fleuve-Mer). Mais, avant d'entrer dans de plus grands détails, il est nécessaire de déterminer d'une manière précise et définitive où ce grand fleuve prend sa source, parce qu'aujourd'hui môme (1862) il règne encore dans un grand nombre de géographies et d'atlas la plus gratide confusion qu'il soit possible d'imaginer, confusion causée par les différents noms de Maranon, Orellana^ Tunguragua^ SolimSeSy etd'i4mûzoncy sous lesquels on l'a désigné.
Le nom d'Orellanay que quelques géographes ont appliqué à ce grand fleuve, se trouve aujourd'hui presque complètement oublié. Le nom de MarafUm est conservé par quelques autres pour désigner le cours tout entier de ce fleuve immense, depuis son origine dans le lac de Lauricocha^ province de Huamalies , jusqu'à son embouchure dans l'océan Atlantique près du Para. D'autres se servent indistinctement des noms de Maranon et à.' Amazone pour désigner la partie du fleuve qui commence à partir du confluent du Maraiion avec l'Huallaga, jusqu'à son embouchure dans l'océan Atlantique, et emploient celui de Tunguragua pour désigner la partie supérieure au confluent. D'autres encore donnent le nom à,' Amazone à cette partie du fleuve qui s'étend depuis le confluent de l'Ucayali jusqu'au Para. Quelques-uns refusent de donner le nom de Maranon au cours d'eau qui sort du lac de Lauricocha, pour le donner à l'Ucayali, en donnant pour raison que l'Ucayali a un cours plus considérable que le Maranon. Enfin, si nous examinons les caries brésiliennes, nous voyons ce fleuve divisé en trois parties, portant chacune différents noms. Les Brésiliens donnent le nom de Maranon à toute la partie du fleuve qui arrose le territoire péruvien, et ils désignent sous le nom de Solinwes la partie qui commence à la frontière du Brésil et du Pérou, c'est-à-dire depuis Tabatinga jusqu'à la ville deManoa, connue également sous le nom de la Barra, et située au confluent du rio Negro ; enfin ils donnent seulement le nom d'Amazone à la partie de ce fleuve comprise entre la ville de Manoa et son embouchure dans l'océan Atlantique.
A notre avis, pour imposer un nom kon fleuve, il faut d'abord tenir compte du nom le plus général sous lequel il est connu dans le pays qu'il traverse. Or, si nous parcourons le Pérou , et si nous interrogeons tous les habitants qui vivent sur les bords ou dans les environs de ce fleuve, nous voyons que, presque depuis son origine même dans le lac de Lauricocha , on l'appelle Maraêon; trèspeu le connaissent sous le nom de Tun^nh gua, nom que ce fleuve porte dans la première partie de son cours sur beaucoup de cartes géographiques. Ainsi, pour nous résumer, ce fleuve est connu sous le nom de Maraûon dans les provinces de Huamalies, Huari^ Conchucos , Huamachuco, Patai, Gajamarca, Chachapoyas et Jaen. Mais devonsnous lui donner ce nom jusqu'à son embouchure dans la mer, ou devons-nous ftire comme les Brésiliens, qui donnent le nom d'Amazone à la partie du fleuve qui s'étend depuis Manoa jusqu'au Para?... Dans ce gis, le Pérou n'aurait plusde^feurc des Amaxom, et ce nom qui est devenu si vulgaire, méw dans la bouche des enfants, ce nom qoaAé donné à un département de la RépubBqpe, ce nom devrait être effacé des cartes do Pérou !...
Si , au contraire , nous acceptons le nom d'Amazone pour une partie du fleuve, à quel point faut-il que nous commencions' à lai appliquer ce nom? Il nous semble naturel qu'un fleuve ne puisse changer de nom que jusqu'à ce qu'il se réunisse à un autre qui roule une égale quantité d'eau, de sorte que l'on ne sache pas si c'est le premier qui reçoit le second ou le second qui reçoit le premier. Si nous appliquons cette règle au Maraûon.ei si nous considérons la masse d'eau des deux rivières qui se réunissent, nous voyons assurément que VHuallagay à son confluent a?ec le Maranony possède une quantité d'eau peu inférieure à celle de ce dernier; et de plus nous remarquons que, en se réunissant au Maranon, VHuallaga a un courant si puissant qu'il fait déviCi* le cours du Maraûon. La direction que prend alors le fleuve après le confluent forme une résultanle ou ligne moyenne entre les deux directions que possédaient les deux rivières avant leur jonction. Cependant, si nous comparons la longueur du cours des
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leux rivières, nous voyons sur-le-champ que ïelui du Maranon est plus considérable que selui de YUuallaga; le Marafion existe donc ivant YHuallaga : en conséquence, nous devons rigoureusement conclure que le Marc^ ioit reçoit VHuallaga,
En continuant la revue de toutes les rivières qui se jettent dans le Maranon , à partir de son confluent avec THuallaga^ nous remarquons sur la droite plusieurs rivières que l'on ne peut assurément pas comparer pour leur grandeur avec le Maranon. Enfin , nous irrivons au confluent de TUcayali, qui se réuût au Maranon du côté de la rive droite , presque en face de la ville de Nauta. L'Ucayali, à son point de jonction avec le Maranon , a presque la même largeur : les deux courants s'entrechoquent avec une force égale, de sorte qu'ils dévient de la direction qu'ils avaient, pour en prendre une autre qui s'approche davantage de celle que tenait TUcayali avant de se réunir avec le Maranon. Cette circonstance a donné lieu à de longues discussions qui avaient pour objet l'origine do Maranon. Quelques géographes n'hésitèrent pas à admettre que le rio Ucayali est le véritable Maranon.
Devant de pareilles considérations , il est impossible de dire que llJcayali soit un affluent du Maranon : néanmoins, nous ne voulons pas non plus admettre que le Maranon soit un affluent de i'Ucayali. Il en résulte que le fleuve formé de la réunion des deux rivières en question, ne sera ni I'Ucayali ni le Maranon. On peut, dès lors, lui appliquer le nom à^Amasoney qu'il conservera jusqu'à son embouchure dans l'océan Atlantique. En effet, après la jonction des deux rivières, le Maranon et rUcayali, ce fleuve roule une telle masse d'eau, que toutes les autres rivières doivent être considéréessans difficulté comme ses tributaires.
De tout cet exposé, nous conclurons que le rio Maranon doit conserver ce nom depuis son origine jusqu'à sa réunion à I'Ucayali : à partir de ce dernier point , il recevra celui d'Amazone , qu'il portera jusqu'à son embouchure dans l'océan Atlantique. En un mot, on devra définir l'Amazone en disant que: C*ê$t mn fleuve formé par la réunion du Mamlkm et de f Ucayali.
Le fleuve des Amazones , formé , comme nous venons de le dire , par la réunion du Maranon et de I'Ucayali, a , au confluent des deux rivières, une largeur de quatre kilomè^ . très ou une lieue environ. Son cours , sur le territoire péruvien, est peu sinueux. Sa première direction est le N. N. E., direction qu'il conserve un peu au delà d'Iquitos. 11 se dirige ensuite vers l'Est jusqu'à Pébas. De là il se replie vers le S. E. sur une longueur de dix lieues jusqu'à Cochiquinas. Il reprend ensuite la direction de TEst presque jusqu'aux frontières du Brésil.
De nombreuses lies se trouvent éparses au milieu des flots de l'Amazone : elles vont continuellement s'agrandissant ou se rétrécissant, suivant le plus ou moins de largeur du fleuve.
L'Amazone a un cours doux et paisible, et l'énorme quantité de ses eaux lui permet de recevoir toute espèce de bâtiments employés dans la navigation fluviale.
Ce fleuve gigantesque a ses tempêtes comme la mer : tout d'un coup il s'élève sur ses flots de ces terribles tourmentes, connues dans le pays sous le nom de iurhonadas ( littéralement : averse accompagnée d'un vent violent) ; ces orages soulèvent des vagues immenses, au point de mettre en péril les fragiles embarcations qui sillonnent la surface de ce fleuve.
Nous allons maintenant nous occuper des rivières qui viennent se jeter dans l'Amazone. Ces affluents sont :
!• Le rio de fquitos. Cette rivière est navigable pour les petites embarcations : elle se jette dans l'Amazone par la rive gauche, et ses bords sont peuplés de sauvages qui portent le même nom.
2® Le rio Nanay. Cet affluent de l'Amazone lui porte le tribut de ses eaux un peu plus bas que le précédent, et par la rive gauche également. Le rio Nanay est navigable sans difficulté jusqu'à l'ancienne mission de Santa Barbara, où l'on peut se rendre en quatre jours à partir du point où il se jette dans l'Amazone. Les bords de cette rivière sont malsains.
3**Le rio Napo. La rivière qui porte ce nom est assez considérable^ et son cours est trèslong. Il prend sa source an pied du grand
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Cotopaxi^ situé dans la région centrale de la République de l'Equateur. Le rio Napo est navigable pour les bâtiments à vapeur, sur une longueur de plus de cent lieues , et ses bords sont peuplés de sauvages d'un caractère assez doux. En moins de trente jours dé navigation sans obstacles, et en remontant la rivière depuis son confluent, on arrive à la bourgade de Santa Rosa. Le cours du rio Napo est si paisible que ses eaux paraissent immobiles, et, comme celui de toutes les rivières qui ont très -peu de pente, il est trèssinueux. A son embouchure, il peut avoir de six à huit cuadras (6 à 8 hectomètres) de large. Ses eaux sont cristallines et d'une pureté admirable. Il coule longtemps sans se mêler avec l'Amazone, dont les flots sont toujours troubles. Le rio Napo entre dans l'Amazone par la rive gauche.
4«Le rio Orosa» Cette petite rivière porte le tribut de ses eaux dans l'Amazone par la rive droite. Elle n'est navigable qu'en canot.
5* Le rio Apariyacu, Le rio Apariyacu est une autre rivière de peu d^importance , qui se jette dans TAmazone par la rive gauche.
6* Le rio Ambiyacu. Cet affluent de l'Amazone possède une assez grande quantité d'eau. On peut le remonter sur une longueur de dix à douze jours de navigation. Près de son confluent se trouve situé le bourg de Pébas, éloigné seulement d'une demi -lieue de l'Amazone.
7«-i0® Les petites rivières deChichita^ Atacuaris, Loretoyacu et Amayacu, sont toutes navigables, mais seulement en canot. Elles se jettent dans l'Amazone par la rive gauche.
11° Le rio Cochiquinas, La rivière qui porte ce nom est très-petite : elle est à peine navigable en canot, elle porte le tribut de ses eaux à l'Amazone par la rive droite.
12° Le rio Yavari ou Javari se jette dans l'Amazone par la rive gauche. C'est une rivière considérable, dont le long cours est peu connu. Le volume de ses eaux permet facilement aux bâtiments à vapeur de le remonter. Le rio Javari a son confluent à une lieue au-dessous de Tabatinga, et sert délimite entre la République du Pérou et l'empire du Brésil.
Toutes les rivières que nous venons de citer se jettent dans l'Amazone sur le territoire
péruvien : passons maintenant aux deux grandes rivières qui , par leur réunion, donnent naissance au majestueux Amazone, et qoi sont, comme nous l'avons dit, le Maranon et l'Ucayali.
RIO aiABANOlf.
Le Maranon , comme on sait , prend naissance dans le petit lac de Lauricocha: il traverse la province de Huamalies , sert de limite entre cette dernière et la province de Huari ; sépare la province de Conchucos et celle de Huamachucode la province dePatai, et sert enfin de limite entre le département deCajamarca et celui des Amazones. Au Nord de Chachapoyas , le Maranon traverse le fameux Pongo de Manseriche (gorge ou ra?in profond de Manseriche) , et il entre dam la province littorale de Loreto. Dans ce long cours , il reçoit le plus grand nombre des rivières qui arrosent les départements qall traverse. Sa direction est du S. E. au N. 0. jusqu'à la province de Jaen. A partir de 11, il se replie vers le N. E. jusque près del^ tique bourgade deSantiago deBorja.£Bnite il se dirige au S. S. E. jusqu'au confluenide THualIaga, qui, par la force de son counni, le fait dévier de sa route. 11 continue son cours dans la direction du N. N. E. jusqu'à ce qu'il rencontre l'Ucayali^ et forme, avec cette immense rivière , le fleuve des Amazones.
Le Maraiion^ après avoir traversé le Pongo de Manseriche, et être entré dans la province littorale de Loreto, est navigable sans obstacles d'aucune sorte. Le Pongo de Manseriche^ qui a été de tout temps un épouvantail pour ceux qui naviguent sur ce fleuve, ne ' présente pas néanmoins les périls et les difficultés qu'on lui attribuait.
Au Pérou, on donne le nom de Pongo i tout passage étroit, formé par des montagnes taillées presque à pic, et à travers lequel coule une rivière considérable. Le nom de Pongo dérive du mot indigène Puneu qui signifie Porte.
Le Pongo de Manseriche est le plus considérable de tous ces passages; c'est aussi celui qui mérite le mieux ce nom. 11 sert comme de porte entre la régiop des montagnes et le
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[Miys des plaines; ea sorlant de cette gorge, le Maranon quitte une dernière fois les montagnes et se déploie majestueusement dans .'immense plaine qui forme le bassin des \mazones. Le Pongo de Manseriche a environ deux lieues de longueur. C'est le Maraâon lui-même qui, peu à peu, a fini par ronger et creuser la chaîne de montagnes qui , comme nous l'avons dit plus haut, côtoie la rive droite de THuallaga, s'interrompt pour former le Pongo de Aguirre^ et livrer passage à cette dernière rivière. Cette chaîne de montagnes se dirige ensuite vers le N. E.^ et forme le Pongo de Manseriche.
Ce Pongo se trouve situé entre le confluent du rio Santiago et les ruines de l'antique bourgade de Borja. Suivant La Condamine, à qui nous devons les détails les plus exacts ^or ce passage célèbre, le rio Maranon^ après ayoir reçu le rio Santiago, et avant de se resserrer pour traverser le Pongo de Manseriche, a 580 varas (487 mètres environ) de largeur; dans la partie la plus étroite du Pongo, le Maranon ne mesure que 58 varas (48'",75]. La Condamine a employé 57 minutes pour traverser sur un radeau toute la longueur du Pongo, que ce savant n'évalue pas à plus de deux lieues. Dans la partie la plus étroite du Pongo, se trouve un grand rocher^ d'une élévation assez considérable quand le fleuve est très-bas , mais qui se trouvait recouvert par plus de 2 varas (1"',68) d'eau, à l'époque où M. de la Condamine le traversa.
D'après ces données, on peut voir que le Pongo de Manseriche n'est pas aussi dangereux que beaucoup se plaisent à le faire croire, et que l'Unique obstacle qu'il présente, c'est le grand rocher qui se trouve dans la partie la plus étroite , et qui , divisant le courant, produit quelques tourbillons. Mais il est facile de se débarrasser de ce rocher incommode en le faisant sauter avec de la poudre quand la rivière est basse. Il est bon de remarquer toutefois que le Pongo de Manseriche n'est pas aussi étroit sur toute sa longueur : la partie étroite n'a guère qu'une Ueue de longueur, comme l'a prouvé définitivement , en 1859 , la Commission exploratrice des patriotes de l'Amazone^ ayant à sa tôte l'illustrissime évoque de Chachapoyas, dans sa noble et louable entreprise , l'ou-
verture d'une route jusqu'au Maruiion. (Voir page 330. )
La rapidité du courant, si l'on prend pour base de son calcul une longueur de deux lieues, comme l'a fait La Condamine, sur un radeau qui offre peu de surface, et en calculant seulement la vitesse dans la partie la plus étroite, et, par conséquent, celle où les flots sont le plus impétueux, larapiditédu courant, disons-nous^, peut être double de la longueur du Pongo, c'est-à-dire de quatre lieues à l'heure. Il faut néanmoins se rappeler que la vitesse du courant varie suivant la crue ou la baisse de la rivière.
A l'époque où le Maraiion se trouve trèsbas, on peut traverser le Pongo en canot, descendre ou remonter le courant à volonté ; mais, quand les eaux de la rivière se trouvent un peu grossies , il est alors impossible de remonter le courant. On peut toujours descendre en radeau^ avec la plus grande sécurite, mais on ne saurait également remonter. Quoique le Pongo de Manseriche ne présente pas, comme nous l'avons dity de grands périls pour la navigation en canot ou en radeaux, néanmoins il sera toujours un obstacle pour la navigation à vapeur. Dans la supposition môme où l'on parviendrait à traverser le Pongo, le but ne serait pas encore atteint, parce que plus bas on rencontre d'autres mauvais passages, tels que ceux de GuaracayOy de Escurrebragas^ de Cumbinanuty etc., qui, quoique moins longs à traverser, présentent encore de plus grandes difficultés que le Pongo de Manseriche.
Si le Gouvernement suprême songe à établir la navigation à vapeur sur le Maranon, il doit chercher uïi endroit favorable pour établir un port, qui se trouve situé plus bas que le Pongo de Manseriche. Alors la rivière ne présente plus d'obstacles à la navigation pour toute espèce de bâtiments.
L'active Société des Patriotes de l'Amazone, que préside si dignement l'illustrissime évêque de Chachapoyas, el senor don Baltazar£guren, animée du zèle le plus ardent pour le progrès et l'avenir du département des Amazones, a compris la nécessité d'éviter autant que possible^ dans la navigation, le passage du Pongo de Manseriche, et a organisé, dans le mois de juin 1861^ une nou-
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velle expédition dans le but de reconnaître et d'ouvrir un chemin qui pût aboutir aux rives du Maranon, en un point situé au-dessous du Pongo de Manseriche. La commission explo* ratrice, conduite par son digne chef, Tévéque de Ghachapoyas, est de retour dans cette ville depuis quelquesmois seulement, et, quoiqu'elle n'ait pu parvenir jusqu'aux bords de la rivière qui faisait l'objet de ses vœux, elle est digne néanmoins des plus grands éloges pour Inactivité, le désintéressement et le patriotisme qu'elle a déployés dans une entreprise aussi dangereuse. Les héros qui composent cette société fameuse ont souffert, pendant onze mois qu'ils ont été absents de leurs foyers, des pluies violentes, la faim, le naufrage, et toute espèce de privations inhérentes à des expéditions de cette nature. Le fait le plus triste à déplorer, c'est que Fun de ces hommes intrépides , el senor Don Félix Rios, a été victime de son patriotisme héroïque ; il a péri dans un naufrage que fit l'expédition sur une rivière inconnue. Nous souhaitons ardemment que ce malheur ne décourage pas les autres vaillants explorateurs ses collègues, et, qu'une fois rétablis de leurs longs travaux et de leurs privations, ils retournent avec la môme ardeur continuer leur œuvre, et qu'ils parviennent à couronner de succès leur louable et importante entreprise.
Le rio Maranon, ainsi que nous l'avons dit, après être sorti du Pongo de Manseriche, n'offre plus aucun obstacleàla navigation, et va continuellement, en s'élargissant, recevoir à droite et à gauche de nombreux affluents. Parmi les principaux nous citerons :
!• Le rio Apaga, Cette rivière, qui n'est pas très-considérable, porte le tribut de ses eaux au Maranon par la rive droite, et descend de la chaîne môme des montagnes qui forment le Pongo de Manseriche. Suivant la direction prise par la dernière expédition partie de Ghachapoyas, pour tracer un chemin jusqu'au Maranon, nous avons lieu de penser que le naufrage dont nous avons parlé a eu lieu sur l'un des affluents de l'Apaga, ou sur cette rivière elle-même, dans un endroit peu éloigné de sa source.
2* Le rio Morona. Cette rivière est assez grande et navigable. Elle descend des flancs
du volcan Sangay, situé dans la Répabliqm de l'Equateur, et entre dans le Maranon par la rive gauche. Le rio Morona a un cours assez paisible, et sa navigation ne présente aucun obstacle, sauf quelques passages étroits où le courant devient plus rapide.
3<> Le rio Potro, La rivière qui porte ce nom est un petit affluent du Maranon, qui lui apporte le tribut de ses eaux par la rive droite.
4^* Le rio CcJiuapana. Cette rivière afQueao Maranon par la rive droite, et lui apporte un tribut assez considérable. Le rio Cabuapana, avec tous ses affluents dont le Sillai est le principal, arrose le district de Jeveros, et se jette dans le Maranon presque en face d'one bourgade abandonnée appelée la Barranca.
5** Le rio Pastaza. Le rio Pastaza est assez grand et navigable ; son cours est trèslong. II prend sa source dans les environs do volcan Cotopaxi, au centre de la République de l'Equateur. Cette rivière entraîne dans sod cours des fragments de pierre ponce, prownant de la base du volcan, et ces fragments, vu leur légèreté, descendent en flottant ib surface de l'eau. A dix ou douze jours deovigation, en remontant à partir de son eonfluent, on rencontre le bourg de Pinches, cl à deux ou trois jours encore de navigation, toujours en amont, se trouve situé le boorg d'Andoas. Ces deux localités appartiennent an district de Jeveros, et sont la résidence d'autorités péruviennes, malgré les prétentions de la République de l'Equateur qui voudrait les considérer comme faisant partie de son territoire. La communication de ces deux bourgs avec la capitale de la province n'a lieu qu'à travers les plus grandes difflcultés , à cause de l'énorme distance qui les sépare, et des dangers que Ton court au milieu de la tribu sauvage des Jivaros, qui vivent dans les environs du rio Pastaza. Cette importante rivière décharge ses eaux dans le Maranon par trois bouches, dont la principale a environ 500 varas (400 mètres) de largeur.
6" Le rioHuallaga (1) est un affluent considérable du Maranon. Cette magnifique rivière lui apporte l'énorme tribut de toutesries eaux qu'elle a recueillies dans les départe-
(1) Dans la langue Pana, le mot Huallaga Tcnt dire Silence, (Note du Traducteur.)
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nènts de Junin, des Amazones, et dans une ^nde partie de la province littorale de Lo- *eto. L'Huallaga a son origine au milieu des sources abondantes de Pucayacu, situées à ine demi-lieue au nord du Cerro de Pasco. 5a direction est vers le Nord jusqu'à la ville ie Huanuco; après avoir arrosé cette ville, il « replie ensuite vers l'Est et conserve la môme iirection jusqu'à Muna, d'où il se dirige vers le N. N. 0., en suivant un cours parallèle à ;elui du Maranon, jusqu'au bourg del Valle. Sn cet endroit il se détourne de nouveau, et 3rend la direction du N. N. E. Enfin il se ette dans le Maranon. A son confluent, ses lots se précipitent avec une telle force contre ^euz du Maranon, que ceux-ci sont obligés le changer de direction. Quand le Maranon I reçu les eaux du Huallaga, son cours suit me ligne qui est la résultante des deux direcions que suivaient les deux rivières avant de le réunir.
Le rio Huallaga reçoit un grand nombre Taflluents à droite et à gauche de son cours; nais^ en général, les rivières qui lui apportent iur la rive droite le tribut de leurs eaux ne K)Dt pas très-considérables , à l'exception du ]lhipurana qui entre dans le Huallaga au-desous du Pongo de Aguirre, et qui est le seul ifiluent digne d'intérêt.
Parmi les principaux affluents de l'Huaiaga nous nommerons :
1« Le rio Monzon, Celte rivière prend naisance dans plusieurs rameaux des Cordillères, lans la province de Huamalies, et descend K)ur se réunir à l'Hiiallaga à Tingo-Maria, [ui est le premier bourg de la province littoale deLoreto. Le rio Monzon est navigable en Mirtîe sur des radeaux, et en partie sur de peils canots. Le bourg de Playa Grande ou Puerto Nuevo, situé sur la rive du rio de PatayondOy à une demi-lieue du rio Monzon et à rois lieues du confluent de cette rivière avec Huallaga, est le port principal pour les habitants des Forêts {Mon(anas) de Monzon, [oi trafiquent par la voie de ^Huallaga.
2« Le rio Malliz ou rio de Uchiza, Cette ivière roule une assez grande quantité d'eau t sort^ comme la précédente, de la province le Huamalies, et de la chaîne de montagnes [ui sépare le bassin de l'Huallaga de celui du faraBoD.
3* Le rio de Tocache. Cette rivière, qui est indiquée sur toutes les cartes géographiques comme un petit ruisseau, est au contraire une rivière assez considérable, formée par un grand nombre de ruisseaux et même de rivières passables. Le rio de Tocache descend de la même chaîne de montagnes que le précédent. Cependant, malgré son volume d'eau considérable, cette rivière n'est pas navigable, attendu que son cours est trop rapide.
4« Le rio Mixiollo. La rivière qui porte ce nom possède également un grand volume d'eau; mais, comme la précédente, elle n'est pas navigable, à cause de l'impétuosité du courant. L'origine du rio Mixiollo se trouve dans la cordillère même qui sépare la province de Pataz de la province littorale de Lo-' reto. Cette rivière se jette dans le Huallaga, près d'un lieu appelé Pampa Hermosa, où existait, à la fin du siècle dernier, le bourg des Missions du même nom, et dont aujourd'hui on ne trouve plus même de vestiges.
5® Le rio Sion. Le rio Sion descend de la même chaîne de montagne que le précédent, passe près du bourg du même nom, et se jette dans l'Huallaga, par la rive gauche. Cette rivière renferme une quantité d'eau suffisante, mais elle n'est pas néanmoins navigable.
6* Le rio Apisoncho ou Salpicol. Cette rivière est plus grande que les précédentes : elle prend sa source dans la chaîne même qui sert de limite à la province de Pataz et à la prorince littorale de Loreto. Elle est formée par la réunion de deux ruisseaux qui descendent des hauteurs des bourgs de Parcoy et de Buldibuyo. Sur la plupart des cartes géographiques, on remarque de grandes erreurs relativement au cours de cette ririère. On désigne son embouchure dans le Huallaga, près du confluent du rio Huayabamba avec ce dernier; tandis qu'au contraire le rio Salpicol passe près du bourg del Valle et se jette dans le Huallaga, trois lieues plus bas. Près du bourg en question, appelé del Valle, on rencontre un point où le Salpicol s'élargit et permet qu'on le passe à gué quand il est trèsbas. Mais, au moment de la crue des eaux, on ne peut traverser ce point qu'en canot.
l"" Le rio Huayabamba. Le rio Huayabamba est le plus considérable de tous les affluents de l'Huallaga que nous ayons cités
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jusqu'à présent Ce puissant tributaire de l'Huallaga est formé par un grand nombre de ruisseaux qui descendent en tous sens des montagnes élevées de la province de Palaz et du département des Amazones. Sa principale source parait se trouver dans le glacier de Gajamarquilla, qui est la partie la plus élevée des montagnes de la partie Nord du Pérou. Le rio de Huayabamba est navigable sur une longue partie de son cours, et sert de moyen facile de communication entre les bourgs situés sur ses bords. Ces bourgs sont : Huicongo, situé à une distance d'environ trois lieues du confluent du rio Huayabamba et de THuallaga : Pachiza, une lieue plus bas que Huicongo et Lupuna^ au con- - fluent même du rio Huayabamba et de THuallaga. Au commencement de ce siècle, il y avait sur la rive du rio Huayabamba, et à vingt lieues en remontant à partir de son embouchure, un bourg appelé Pajaten; mais aujourd'hui on en voit à peine les ruines.
8° et 9°. Les rios Juanjuy et Saposoa^ qui passent par les bourgs du môme nom , sont très-inférieurs au précédent.
10» Le rio Mayo. Cette rivière est la plus grande parmi tous les tributaires de THuallaga. Le rio Mayo est également appelé rio de Motjohamha parce qu'il baigne la ville de ce nom. Le rio de Moyobamba est formé par un grand nombre de ruisseaux, qui naissent d'un groupe de montagnes situé au N. E. de la ville. Il reçoit, près de Moyobamba^ deux grands affluents appelés Tonchiman et Indoche; au-dessous de cette ville, ses eaux se grossissent des rios Jera, Cachiyacu et Cumbasa. Le rio Mayo est navigable sur une longueur de 20 lieues au-dessus de Moyobamba; mais, malgré son grand volume d'eau, il n'est plus navigable à partir de cette ville jusqu'à son confluent avec l'Huallaga, à cause de beaucoup de passages difficiles qui se rencontrent sur son cours.
Ces obstacles à la navigation du rio Mayo, au-dessous de Moyobamba , font que toutes les marchandises qui viennent du Brésil par la voie de l'Amazone et du rio Huallaga , ne peuvent ôtre transportées par eau jusqu'à la capitale de la province, et qu'il est indispensable de les voiturer par la voie de terre, circonstance qui augmente considérablement
les frais de transport, et par conséquent U valeur de toutes ces marchandises. Il serait de la plus haute importance de faire une étude sérieuse des passages difficiles da rio Mayo, pour voir si on ne pourrait pas les faire disparaître à peu de frais. Si le rioBlayo devenait navigable dans cette partie dangereuse, la ville de Moyobamba entrerait dans une large voie de prospérité. Elle posséd^ rait dans son voisinage^ outre le rio Mayo, d'autres rivières navigables, telles que leTonchiman et l'Indoche, qui permettraient de transporter jusqu'à la capitale, à prix réduits, tous les produits agricoles que l'on récolte dans l'intérieur. A deux lieues au-dessous dn confluent du rio Mayo et de l'Huallaga, tons les obstacles qui s'opposent à la navigation ont disparu , et là se trouve situé le port de Juan Guerra, où l'on débarque les marchandise^ et les denrées qui viennent par laToie des rivières.
11<» Lé rio Chipurana. Celte rivière se jcUe dans l'Huallaga par la rive droite, un peuaodessous du Pongo de Aguirre. C'est uncoon d'eau peu considérable, mais navigable dios toute sa longueur sur de petites embarcations. U est formé par la réunion d'un grand noah bre de ruisseaux, qui ont leur origine dans h pampa du Sacramento, située entre l'Huallaga et rUcayali. La navigation de cette rivière facilite, d'une manière remarquable, la communication de la capitale de la province avec rUcayali, parce qu'elle évite un détour de plus de 200 lieues, par les rivières Huallaga^ Haraîion et Ucayali, pour celui qui veut se rendre de Moyobamba à Sarayacu.
12» Le rio Caynarach. Cette rivière , navigable sur de petites embarcations, se jette dans l'Huallaga par la rive gauche^ à vingt et une lieues au-dessous du confluent du rio de Moyobamba avec cette dernière rivière. Le rio Caynarach est fréquenté par les habitants de Lamas^ qui naviguent sur l'Huallaga. Ptf le moyen du Caynarach^ ils raccourcissent le chemin, et évitent de passer par le Pongo de Aguirre.
13« Le rio Sanusi. Le Sanusi est une autre rivière un peu plus petite que la précédente, et qui a un cours presque parallèle. Elle se jette dans l'Huallaga par la rive gauche.
iV Le rio Paranapuras. Le Paranapuras
APPENDICE
est plus considérable que les trois dernières rivières dont nous venons de parler. 11 est navigable pour les grands canots et les radeaux (lanchas). Cette rivière se jette dans l'Huallaga par la rive gauche, à plusieurs cuor dras au-dessous du port de Yurimaguas. Elle est très-fréquentée par tous les habitants de la province , qui font le commerce avec le Brésil, ou qui préparent le poisson salé sur les bords de FUcayali. Ils remontent le Maranon et l'Huallaga, pénètrent dans le rio Paranapuras, et, continuant leur route jusqu'au confluent d'une autre rivière appelée Gachiyacu, ils s'embarquent sur cette dernière et la remontent jusqu'au bourg de Balsapuerto (c'est-à-dire Port auxRadeaux)^ qui est le port principal. Du bourg de Balsapuerto jusqu'à la ville deMoyobamba, on transporte les marchandises à dos. Près du confluent du Gachiyacu et du Paranapuras, se trouve un autre port appelé le Varadero, où s'embarquent ceux qui viennent par la voie de terre de Jeveros à Moyobamba. Sur les bords du Paranapuras, à deux jours de navigation, en remontant à partir de son embouchure dans rHuallaga,on rencontre un autre port appelé Muniches.
15"* Le rio Aipena. Le dernier affluent de l'Huallaga, c'est le paisible Aipena, dont l'embouchure se trouve très-près du confluent de PHuallaga et du Maranon. Cette rivière singulière peut être considérée comme formée par l'excès des eaux des deux autres rivières l'Huallaga et le Maranon. En effet , elle se trouve située dans l'angle formé par le confluent de l'Huallaga et du Maranon ; elle coule au milieu d'un territoire entièrement uni, de sorte qu'elle n'a presque pas de courant. Quand le Maranon et l'Huallaga sont dans leur crue, leurs eaux s'ouvrent un passage jusqu'à l'Aipcna, au moyen de canaux naturels. Dans les années de fortes crues, l'Aipena envahit une grande surface du territoire couverte d'arbres, et forme alors de véritables bosquets sous-fluviaux, qui s'étendent à une grande distance. Le rio Aipena se trouve formé, comme nous l'avons dit, par des eaux d'infiltration. Ces eaux se trouvent longtemps en contact avec les racines, les rameaux et les feuilles qui jonchent le sol de ces forêts vierges, dissolvent une certaine
GtoaaAPBU DU piaou.
quantité de matières organiques , et acquièrent cette couleur jaune particulière au rio Aipena. Cette couleur devient brune quand la masse d'eau est profonde.
Le rio Aipena est navigable d ans toute sa longueur. Son lit a une telle régularité que l'on dirait un canal artificiel. En* effet, je l'ai sondé presque decuadra en cuadra (de iOO en 100 mètres), et j'ai constamment trouvé une profondeur de 8 à 10 varas au milieu de son lit, et de 4 à 5 varas sur les bords. Cette régularité dans son lit et son courant faible font du rio Aipena la rivière la plus convenable pour la navigation sur de petits bâtiments à vapeur.
Le rio Aipena est fréquenté par les habitants de Jeveros et par quelques commerçants qui tirent leurs marchandises du Brésil, pour les vendre dans la province littorale de Loreto. Ces commerçants suivent d'abord le cours du Maranon, entrent ensui te dans l'Huai* laga et enfin dans l'Aipena. En remontant pendant trois ou quatre jours le rio Aipena jusqu'à l'embouchure d'une petite rivière appelée Rumiaco , et en naviguant l'espace d'un jour sur cette dernière , ils arrivent à la ville de Jeveros. Là, ils débarquent leurs marchandises qu'ils transportent ensuite à dos jusqu'au port du Varadero, sur les bords du rio Paranapuras. De ce point ils se rendent à Moyobamba par le chemin que nous avons indiqué.
NAVIGATION DE L'HUALLAGA.
D'après cet exposé rapide des principaux affluents de l'Huallaga, on pourra se faire une idée de l'immense volume d'eau que cette rivière va porter au Maranon, et de l'importance qu'elle peut avoir comme moyen de communication dans la partie transandine du Pérou. Malheureusement, quoique le rio Huallaga possède une quantité d'eau suffisante poui' être navigable, même pour les gros bâtiments, son parcours ne manque pas de difficultés, et l'on peut dire que c'est seulement au-dessous du Pongo d'Aguirre que disparaissent tous les obstacles qu'il oppose à la navigation, de sorte que le quart seulement de la longueur de son cours est exempt de tout danger.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
Le rio Huallaga peut être sillonné en tout temps, par des bâtiments à vapeur^ jusqu'au port de la Laguna; et, en temps de crue, les vapeurs peuvent remonter jusqu'au bourg de Yurimaguas. Mais, au-dessus de ce point , le rio Huallaga ne peut être sillonné que par des canots, quoique non sans danger, jusqu'au bourg de Tingo ^laria, situé à moins de 40 lieues de Huanuco.
Le rio Huallaga, depuis Tingo Maria jusqu'au Pongo de Aguirre , présente un grand nombre de mauvais passages, où les embarcations courent les plus grands périls. Tous les ans il se perd un grand nombre de canots avec leurs chargements, et quelquefois môme les hommes qui les conduisent y perdent la
vie.
Ces passages difficiles peuvent se réduire à quatre classes distinctes, savoir:
!• Une pente considérable dans le lit de la
rivière ;
2*» Le resserrement brusque du courant entre deux murailles de rochers;
3« De grandes pierres ou des fragments de roches épars au milieu du cours de la rivière ;
4^ Des détours soudains ou des angles trèsaigus que la rivière forme dans son cours.
Dans le premier cas, on comprend facilement que, quand le lit de la rivière a une pente très-rapide, les flots rouleront avec une grande impétuosité, et, si le lit a une déclivité encore plus prononcée , les eaux , en se précipitant, formeront une espèce de cascade très-dangereuse pour les canots qui descendent le courant, et insurmontable pour les embarcations qui le remontent. Dans cette circonstance, les Indiens déchargent les canots, transportent leur cargaison à dos au milieu des roches , et font remonter ensuite le canot en le halant au moyen de lianes qui leur servent de câbles, ou bien en le traînant sur le rivagf'. Cette dernière manœuvre est celle qui a lieu ordinairement au passage difficile appelé Sabaloyacu, situé un peu plus bas que le bourg del Valle.
Dans le second cas, c'est-à-dire quand la rivière se resserre brusquement, on peut encore aisément comprendre qu'une grande masse d'eau, forcée de passer par une sorte d'éclusC) et poussée par celle qui vient continuellement en amont, doit augmenter de vi-
tesse. Déplus, sur les points où l'eau se trouve resserrée et les bords coupés à pic, laprofoih deur augmente, et les bateliers qui rernootent la rivière ne trouvent plus de point d'a^ pui pour leurs longues perches appelées 60tadores^ avec lesquelles ils font avancer le canot , et ne peuvent pas davantage vaincre la force du courant au moyen de rames. Cei mauvais passages sont les plus difficiles i traverser, surtout quand la rivière est gros* sie par les pluies , car alors la masse d'en étant beaucoup plus considérable, elle exerce une plus grande pression sur celle qâ doit passer par cet étroit canal , et augmente sa vitesse d'une manière extraordinaire. Dam ce cas se trouvent tous les passages diffidlei connus sous le nom de Pongos. Parmi cet passages , nous citerons le Pongo de Hoayruro, situé entre Pachiza et le confluent do rio de Moyobamba et le Pongo d'Agoirre, qui est , comme nous l'avons dit , le denier obstacle que l 'Huallaga présente à la QaTig^ tion.Les canots qui remontent la rivière soÉ obligés quelquefois de suspendre leurnv- ' che pendant plusieurs jours , pour atteièf que les eaux baissent, et leur permetteridB passer par cette espèce d'écluse de rHuabp. Dans le troisième cas, quand, au milieaèi lit de la rivière, se trouvent éparses de grades pierres, outre le danger qu'il y a de se heurter par mégarde contre une de ces roches, soit qu'elle s'élève au-dessusderean,oo qu'elle soit cachée sous les flots, il y a encore la difficulté de diriger le canot, et d'éviter qu'il ne se brise contre les rochers. En eflet, quand , dans une rivière , se rencontrent m certain nombre de fragments de roches, l'en est forcée de passer au milieu d'elles avec un redoublement de vitesse, absolument comme dans le cas d'un passage étroit on Pongo, dont nous venons de parler. Ces IHe^ res étant de plus éparses sans aucun ordrCt il se forme alors plusieurs courants partiels, qui se croisent et se dirigent en sens difSrents, et donnent naissance à de violeots tourbillons qui mettent en grand péril lei fragiles embarcations dont on se sert potf naviguer sur cette rivière.
Un des plus célèbres parmi ces passages dangereux^ c'est celui qui est connu sous b nom de Mal Paso (mauvais pas) de Yurocfoo,
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rincipales rivières que w^>it le Mapulir de son confluent avtHr THualiz le yocMray y VAhpariy VOrétm^cM do Perroquet)» le CMambirofarm et ycctf, dont le cours est peu connu, le les bords de toutes ces rivières bités par des sauvages. Tous ces >au sont navigables pour les petites liions 9 et viennent se jeter dans le i par la rive gauche, ces rivières, il y en a encore un )mbre d'autres moins considérables, dans la province littorale de Loreto lom de Caàos. Ces petites rivières ne
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Le rio IVaxali est fom^ par la T^mù^ du rio S&nta Aiui« qui siort de« AvrxMs %tu %i^> partement de Cu«\\ et des^^emi *Ws UHMi^tagnes élevées de Vilcain^ta* et du rio T^mKi\ fonnè à son i^Mir p*r la WHinion du rio l- neaxve le rio Perene. L'Kne est f^xrtue jvir la j\^welioi\ du rio ApuriiiMc^ qui descend de la tvnUll^^n^ de Cayllonia^ du rio Mantan> im rio de Ja^^% Le rio IVrene descend des hauteurs de l'îintia et arrose Cbanchamayo^
Le majestueux et (vaisihie IVayali eo^de avec une pente de moins d*u«e var* ^H4 eeu* timètres) par lieue, de sorte qu'il u^avaue^ que par Timpulsion même do la tuawtft d* ses eaux. On dirait qu'il chercho la petxte la plus douce possible, en pi\mioiiant ses onde» tranquilles au milieu d'une plaiuo iiumeuse» et en décrivant les méanilres lo» plu» capricieux. Ces détours nombn'ux nllotigent considérablement son cours qui semble înter* minable.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
Le rio Huallaga peut être sillonné en tout temps, par des bâtiments à vapeur^ jusqu'au port de la Laguna; et, en temps de crue, les vapeurs peuvent remonter jusqu'au bourg de Yurimaguas. Mais, au-dessus de ce point , le rio Huallaga ne peut être sillonné que par des canots, quoique non sans danger, jusqu'au bourg de Tingo ^!aria, situé à moins de 40 lieues de Huanuco.
Le rio Huallaga, depuis Tingo Maria jusqu'au Pongo de Aguirre , présente un grand nombre de mauvais passages, où les embarcations courent les plus grands périls. Tous les ans il se perd un grand nombre de canots avec leurs chargements, et quelquefois môme les hommes qui les conduisent y perdent la
vie.
Ces passages difficiles peuvent se réduire à quatre classes distinctes, savoir:
!• Une pente considérable dans le lit de la
rivière ;
2« Le resserrement brusque du courant entre deux murailles de rochers;
3» De grandes pierres ou des fragments de roches épars au milieu du cours de la rivière ;
4» Des détours soudains ou des angles trèsaigus que la rivière forme dans son cours.
Dans le premier cas, on comprend facilement que, quand le lit de la rivière a une pente très-rapide, les flots rouleront avec une grande impétuosité, et, si le lit a une déclivité encore plus prononcée, les eaux, en se précipitant, formeront une espèce de cascade très-dangereuse pour les canots qui descendent le courant, et insurmontable pour les embarcations qui le remontent. Dans cette circonstance, les Indiens déchargent les canots, transportent leur cargaison à dos au milieu des roches, et font remonter ensuite le canot en le halant au moyen de lianes qui leur servent de câbles, ou bien en le traînant sur le rivago. Cette dernière manœuvre est celle qui a lieu ordinairement au passage difficile appelé Sabaloyacu, situé un peu plus has que le bourg del Valle.
Dans le second cas, c'est-à-dire quand la rivière se resserre brusquement, on peut encore aisément comprendre qu'une grande masse d'eau, forcée de passer par une sorte d'écluse, et poussée par celle qui vient continuellement en amont, doit augmenter de vi-
tesse. Déplus, sur les points où l'eau se troore resserrée et les bords coupés à pic, la profondeur augmente, et les bateliers qui remontent la rivière ne trouvent plus de point d'appui pour leurs longues perches appelées^ tadoresy avec lesquelles ils font avancer le canot , et ne peuvent pas davantage vaincre la force du courant au moyen de rames. Ces mauvais passages sont les plus difficiles à traverser, surtout quand la rivière est grossie par les pluies , car alors la masse d'eaa étant beaucoup plus considérable, elle exerce une plus grande pression sur celle qm doit passer par cet étroit canal , et augmente sa vitesse d'une manière extraordinaire. Dans ce cas se trouvent tous les passages difficiles connus sous le nom de Pongos. Parmi ces passages , nous citerons le Pongo de Hoayruro, situé entre Pachiza et le confluent dn rio de Moyobamba et le Pongo d'Aguirre, qui est, comme nous l'avons dit , le dernier obstacle que l'Huallaga présente à la navigation. Les canots qui remontent la rivière soii obligés quelquefois de suspendre leur^la^ ehe pendant plusieurs jours , pour atteaAe que les eaux baissent, et leur permettait «te passer par cette espèce d'écluse de THuailica.
Dans le troisième cas, quand, au milieu du lit de la rivière, se trouvent éparses de grandes pierres, outre le danger qu'il y a de se heurter par mégarde contre une de ces roches, soit qu'elle s'élève au-dessus de l'eao, on qu'elle soit cachée sous les flots, il y a encore la difficulté de diriger le canot, et d'éviter qu'il ne se brise contre les rochers. En effet, quand , dans une rivière , se rencontrent un certain nombre de fragments de roches, l'eau est forcée de passer au milieu d'elles avec un redoublement de vitesse, absolument comme dans le cas d'un passage étroit ou Pongo, dont nous venons de parler. Ces pie^ res étant de plus éparses sans aucun ordre, il se forme alors plusieurs courants partiels, qui se croisent et se dirigent en sens différents, et donnent naissance à de violents tourbillons qui mettent en grand péril les fragiles embarcations dont on se sert pour naviguer sur cette rivière.
Un des plus célèbres parmi ces passages dangereux , c'est celui qui est connu sous le nom de Mal Paso (mauvais pas) de Yuraeyaev,
APPENDICE
itué à quelques heures de marche au-des- 3US du port de Chasuta^ et un peu avant 'arriver au Pongo de Aguirre.
Dans le quatrième et dernier cas , quand i rivière se replie tout à coup et forme un agle, Te^u^ ne pouvant plus continuer sa >ute en ligne droite , vient se briser contre une des rives, et il en résulte un courant en îns contraire à celui de la rivière. Les tourillons qui se produisent alors sont très-danereux pour les canots chargés qui remonmt la rivière. Cette espèce de passage danereux est très-fréquent sur THuallaga, et, our en donner un exemple , il nous suffira le citer celui qui est connu sous le nom de f al Paso (mauvais pas) delArpa, situé un leu au-dessous de la saline de Callanayacu, tntre Ghasuta et le Pongo de Aguirre.
Malgré toutes les difficultés que présente e rie Huallaga dans sa navigation , les accilents ne sont pas aussi fréquents qu'on pourait le croire tout d'abord , parce que les Inliens qui sillonnent son cours sont accoutu- Dés dès leur enfance à lutter continuellement iontre ces périls. Ils acquièrent une si grande adresse dans la manœuvre de leurs canots [ails prévoient et évitent le danger avec la lias grande facilité.
La navigation du rio Huallaga est très-aciTe durant la saison sèche, c'est-à-dire déliais le mois de mai jusqu'au mois de sepembre. Les Indiens de Juanjuy, del Yalle, de focache , etc. , le remontent jusqu'à Tingo klaria, apportent du sel et du tabac aux peudades situées au-dessous de Tocache; ils ïansportent même du tabac jusqu'à Hualoco et Cerro de Pasco.
Les principales rivières que reçoit le MaanoD à partir de son confluent avec l'Hual- ^gskf sont lïeNocuray y YAripari, YOrituyacu Aivière du Perroquet), le Chambirayacu et d Tigreyacuj dont le cours est peu connu, larce que les bords de toutes ces rivières ont habités par des sauvages. Tous ceâ DOTS d'eau sont navigables pour les petites mbarcations , et viennent se jeter dans le laranon par la rive gauche.
Outre ces rivières , il y en a encore un rrand nombre d'autres moins considérables, onnues dans la province littorale de Loreto ous le nom de Caûa$. Ces petites rivières ne
sont navigables qu'en petits canots. Parmi elles nous nommerons le Parinari, le San Régis, leNauta^ etc., qui prennent les noms des bourgades qu'ils arrosent.
RIO rCATALI.
Le Maranon, après avoir reçu dans son sein toutes les rivières dont nous avons parlé , se réunit enfin au tortueux et paisible Ucayali. A partir de son confluent avec cette rivière , le Maranon prend, ainsi que nous l'avons dit plus haut, le nom d'Amazone.
L'Ucayali est, après le fleuve des Amazones, la plus considérable de toutes les rivières du Pérou : il est appelé , tôt ou tard , à être sillonné par une ligne de bâtiments à vapeur, qui mettra en communication tous les départements de l'Est du Pérou avec l'océan Atlantique.
Le majestueux Ucayali, si l'on calcule la distance à partir de sa source la plus éloignée, a un cours plus étendu que le Maranon lui-môme ; mais , malgré cela , il ne saurait porter ce nom, comme l'ont prétendu quelques géographes , puisque l'Ucayali n'est connu sous le nom de Maranon sur aucune partie de son cours. Les sauvages qui vivent sur les rives de l 'Ucayali donnent à cette rivière le nom de Paro.
Le rio Ucayali est formé par la réunion du rio Santa Ana, qui sort des forêts du département de Cuzco, et descend des montagnes élevées de Vilcanota, et du rio Tambo, formé à son tour par la réunion du rio Eneavec le rio Perene. L'Ene est formé par la jonction du rio Apurimac, qui descend de la cordillère de Caylloma, du rio Mantaro ou rio de Jauja. Le rio Perene descend des hauteurs de Tarma et arrose Chanchamayo.
Le majestueux et paisible Ucayali coule avec une pente de moins d'une vara (84 centimètres) par lieue, de sorte qu'il n'avance que par l'impulsion même de la masse de ses eaux. On dirait qu'il cherche la pente la plus douce possible, en promenant ses ondes tranquilles au milieu d'une plaine immense, et en décrivant les méandres les plus capricieux. Ces détours nombreux allongent considérablement son cours qui semble inter* minable.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
La direction générale de l'Ucayali est presque parallèle à celle de THuallaga. Du point où il commence à porter le nom d'Ucayali , c'est-à-dire depuis le confluent durioTambo avec le Santa Ana, il se dirige vers le N. 0.; il conserve cette direction jusque près de Sarayacu. A partir de ce point, il se replie légèrement vers le Nord , sur une longueur de vingt lieues environ ; ensuite il se replie de nouveau vers le N. E, et le N. N. E., et conserve cette direction jusqu'à son confluent avec le Maranon.
Les affluents de TUcayali sont assez nombreux, et presque tous navigables; mais leur cours est peu connu , car leurs rives sont presque toutes habitées par des tribus sauvages, souvent très-féroces.
Le rio Ucayali est navigable dans toute sa longueur pour toute espèce d'embarcations employées dans la navigation fluviale.
Avant de citer les principaux affluents qui se jettent dans l 'Ucayali, nous ferons connaître les deux rivières qui le forment , et qui , ainsi que nous l'avons dit, sont le rio Santa Ana et le Tambo.
Rio de Santa Ana ou Uruhamba. Le rio de Santa Ana est connu également sous le nom de Urubamba, parce qu'il arrose la ville de ce nom, située à six lieues de Guzco. Il prend, ainsi que nous l'avons dit plus haut, sa source dans les montagnes élevées de Yilcanota ou département de Puno. Cette rivière est navigable en canots^ depuis le petit bourg d^Echarate, situé à moins de 40 lieues de Guzco. Mais, sur une longueur de plus de 20 lieues, il renferme un grand nombre de passages dangereux, et sa navigation est pleine d.e périls. A 65 lieues environ de Guzco, se trouve un endroit appelé Mayniqui ou Tonquini; là disparaissent les derniers obstacles, et la rivière, quittant les montagnes, entre dans le pays des plaines. A partir de Mayniqui, le rio Santa Ana ou Urubamba est navigable pour les bâtiments à vapeur.
Rio Tambo. Gette rivière, comme nous l'avons dit tout à l'heure , est formée par la réunion du rio Ene et du rio Perene. Le premier affluent, c'est-à-dire TEne, est formé par les rios Apurimac et Mantaro , et le second par les rios Ghanchamayo et Pangoa. Le rio Tambo est navigable depuis son origine.
c'est-à-dire à partir du confluent de TEne et du Perene. Ce point n'est situé qu'à 34 lieues de la ville de Huanta; mais la navigation da Tambo présente aussi des dangers : les bords de cette rivière sont peuplés par des tribus de sauvages appelés Campas^ qui se montrent sans cesse hostiles aux voyageurs. C'est leor cruauté qui a causé la perte regrettable do R. P. Cimini, assassiné en 1852 dans ces affreux parages.
Nous allons faire maintenant une revue r^ pide des principaux tributaires de l'UcayalL Nous citerons d'abord les rios SipahttOf &mafiniguas, Unini et Sampoyas, dont lecoois nous est entièrement inconnu : les deuxp^^ miers se jettent dans rUcàyali par la rive droite, et les deux autres par la rive gauche. Les autres affluents principaux de llJcajnE sont:
1® Le rio Pachiteac ou Pachitea. Le Pidriteac est une grande rivière formée par li r6inion des rios Pozuzo^ Mayro, PaleazofXfk' chisy qui ont leur source dans la cofdilite orientale. Cette chaîne de montagnes i^ la province de Loreto des provincesdeHoanuco, de Gerro de Pasco et de Tarmi.
Le rio Pachiteac est navigable pourlespe lits bâtiments à vapeur, sur toute la longœor de son cours, en remontant depuis son confluent avec l'Ucayali jusqu^au port duMajro. Le Pachiteac se jette dans l'Ucayali parla rive gauche, près d'un groupe decabanaÎDdienncs (Rancheria) appelé Sania Rita de I» ConiboSy parce que les sauvages qui habiteSl ce village appartiennent à la tribu des Gonibos.
Quoique le rio Pachiteac ait été sillonné, il y a un certain nombre d'années, par les RR. PP. Plaza et Cimini , néanmoins , dans ces derniers temps , on croyait que cette rivière était infranchissable à cause do voisinage des Gasibos, tribus indiennes qui habitent sur ses bords, et qu'on avait dépdnttf comme très-féroces et anthropophages. Mais, en 1857, le R. P. Calvo, préfet des missioBS de l'Ucayali, ayant remonté le Pachiteac dans toute sa longueur, sans éprouver aucun pénl^ a fait évanouir la terreur qu'inspirait l'hostilité supposée des Gasibos. Depuis cette époque, le R. P. Calvo a fait encore plosienn voyages sur le Pachiteac» et tous se sonta^
APPENDICE
complis sans aucun danger. Au contraire, au moyen de quelques présents et de quelques démonstrations amicales, on a gagné TafTection d'un grand nombre de ces sauvages jusq[ue-là si redoutés.
â* Le rio Tamaya. Cette rivière est située un peu plus bas que le Pachiteac^ et se jette dans rUcayali par la rive droite. Son cours estentièrement inconnu. Néanmoins, en 1857, le R. P. Calvo a remonté cette rivière pendant quatre jours; il m'a assuré que le Tamaya, quoique inférieur au Pachiteac pour le Tolume de ses eaux , avait une pente douce, et assez de profondeur pour que Ton puisse y naviguer au moyen de petits bâtiments à Tapeur.
3® Le rio Callaria. Cette rivière, comme la précédente, entre dans lUcayali par la droite. Elle a été visitée en 1857 par le P. Calvo^ qui Ta sillonnée pendant un jour. Cette rivière contient moins d'eau que le Tamaya : néanmoins die est navigable pour les grands canots. Les rives du rio Callaria sont habitées par la tribu des Remos, peuplade assez docile.
4* Le rio Aguaitia. Cette rivière se jette dans llJcayali par la rive gauche, un peu audessous du rio Callaria. L'Aguaitia est plus considérable que les deux dernières rivières, et il est navigable sur une grande étendue. A Sou 6 heures de navigation, en remontant son cours à partir de son confluent , existait sur ses rives , il y a peu de temps encore, le bourg de Santa Cruz de Aguaitia : mais aujourd'hui il est complètement abandonné , parce que ses habitants redoutent le voisinage de la tribu des Indiens Casibos, qui habitent sur les bords du Pachiteac.
5* Le rio Pisqui. . La rivière qui porte ce nom est plus considérable que l'Aguaitia : elle se jette dans TUcayali par la rive gauche^ un peu au-dessous de l'affluent précédent. En remontant cette rivière pendant quatre jours à partir de son embouchure , on arrive au bourg de Charasmana , fondé en 1809 , et aujourd'hui complètement inhabité. Les dernières familles ont émigré en 1858. Le rio Pisqui ne présente aucun obstacle à la navigation.
6* Le rio Cvxhiabatay ou rio de Manoa. Le rio Cuxhiabatay se jette dans l'Ucayali par la rive gauche, un peu au-dessous du précédent.
Cette rivière est assez considérable, mais cependant elle est inférieure au Pisqui, et son courant est plus rapide. En 1857^ le R. P. Calvo l'a remonté sur un espace assez grand. Le rio Cuxhiabatay a été découvert, vers le milieu du di^- huitième siècle, par des missionnaires qui fondèrent sur ses bords les Missions de Manoas^ détruites quelques années plus tard par les sauvages.
7® Le rio Sarayacu ou Sarayaco (1). Cette rivière, ainsi que la précédente, se jette dans l'Ucayali par la rive gauche. Il y a environ quatre-vingts ans que cette rivière passait près du bourg de ce nom; mais depuis cette époque elle a changé de lit^ et actuellement elle se jette dans l'Ucayali^ en un point situé un peu plus au Sud. On a essayé plusieurs fois, soit au commencement de ce siècle, soit il y a quelques années , de faire rentrer cette rivière dans son ancien lit : mais tous les efforts que l'on a tentés jusqu'à présent ont été inutiles^ parce que la rivière, au moment de la crue, a détruit toutes les digues qu'on avait construites pour contenir les flots.
8® Le Caûo de Sarayacu. Le bourg de Sarayacu est éloigné de plus d'une lieue du rio Ucayali^ mais il peut communiquer avec celte rivière au moyen d'un caflo (c'est-à-dire conduit) ou ruisseau navigable en canot, qui passe au pied du bourg. Dans la saison d'été, le Cano de Sarayacu n'a pas assez d'eau pour permettre la navigation en grands canots.
9^ Le rio de Santa Catalina. Le rio ou cano de Santa Catalina se jette dans l'Ucayali par la rive gauche. Ce ruisseau, quoiqu'il renferme peu d'eau , principalement en été , est néanmoins d'un grand avantage pour ceux qui voyagent de l'Huallaga à l'Ucayali, et vice versa f parce que ce cours d'eau^ tout faible qu'il *est , leur permet de transporter leurs marchandises une grande partie du chemin. Au temps de la crue, on peut naviguer dans toute espèce d'embarcation , employée dans la navigation fluviale, dans la province litto-
(1) On rencontrera dans le cours de cet appendice plusieurs rivières dont le nom se termine en jraeii, mot quichua qui signifie eau (comparez atgua), La plupart des Péruviens ont espagnolisé le mot jraeu, et Tout changé en/oco; c*estuntort, selon nous, d*altérer ainsi les mots indigènei. (I^oit du Traducteur.)
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
raie de Loreto; mais pendant Tété la navigation est dangereuse, à cause des nombreux bancs de sable qui empêchent le passage , et de la petite quantité d'eau que cette rivière contient dans cette saison. Les Indiens sont souvent obligés de traîner leurs canots sur le rivage pendant de longues distances. Enfin, l'Ucayali reçoit un grand nombre de ruisseaux d'un intérêt moindre que les rivières que nous avons citées, et parmi lesquels nous nommevons ceux de Cachiboyas, Sanaya, Canchahuaya et BanoSy qui se jettent au-dessus de Sarayacu^ et ceux de Maquea, Huanacha, Sapote et Pacaya, qui se jettent au-dessous.