RIOJA
La ville de Rioja, connue autrefois sous le nom de S. Toribio, est située à cinq lieues au Sud-Ouest-Ouest de Moyobamba, et à deox lieues Nord-Ouest de Soritor. Sa hauteur audessus du niveau de la mer est de 957 varas [ 800 mètres ). La ville de Rioja a été fondée, en 1784, par l'illustrissime évêque Companon, sur un plateau élevé formé de couches de grès. Les maisons sont alignées au cordeau. La ville renferme une population d'environ 2,000 habitants, dont la plus grande partie est occupée à la fabrication des chapeaux de paille. Rioja fait, en outre, le commerce de la paille dont on tisse les chapeaux, car od cultive dans ses environs la plante appelée Bombonaje, dont nous avons déjà parlé, et d'où l'on tire cette paille.
Préparation de la paille pour la fabrication
des chapeaux,
La méthode employée à Rioja pour la préparation de la paille est peu différente de celle qu'on suit à Guyaquil. Pour la préparer, on se sert des feuilles qui ne sont pas
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encore ouvertes, c'est-à-dire du cœur de la plante.
Le Bombonaje se multiplie au moyen de rejetons qui poussent autour de la racine, et au bout d'un an et demi, ces boutures ont produit des cœurs que Ton peut recueillir. Dans la première récolte, la plante ne donne que cinq ou six cœurs ; mais dans les années suivantes elle prend du développement, et elle peut fournir jusqu'à dix ou douze cœurs au moins.
Ces cœurs ont une forme presque cylindrique, de deux pieds de longueur environ ; ils sont verts à Textérieur; mais dans la partie intérieure, où ils n'ont pas encore éprouvé l'action de la lumière^ ils sont blanchâtres. La feuille du Bombonaje se trouve disposée dans ces cœurs comme les parties d'un éventail fermé.
Pour préparer la paille, un ouvrier commence par la dépouiller de son enveloppe externe, c'est-à-dire de toute la partie verte, etdansce but, il arrache autour du cœur quatre bandes long] tudinales; un second ouvrier ouvreles plis decet éventail naturel^ et, au moyen d'un petit instrument pourvu de deux petites lames tranchantes^ il fend longitudinalement chaque pli de la feuille en trois bandes. La bande du milieu étant la plus blanche, c'est celle qu'on emploie pour le tissu des Sombreros ou chapeaux. Cette bande a une largeur qui varie depuis une ligne jusqu'à un demi-pouce^ suivant la qualité de la paille ou du chapeau que l'on veut fabriquer.^Un troisième ouvrier, se servant des pieds comme un singe, saisit entre l'orteil et l 'index du pied d roi t la tige qui peut avoir deux ou trois pouces de longueur, et, prenant entre ses mains les extrémités des pailles partagées tout à l'heure par son voisin au moyen de son instrument, les divise jusqu'à la base, coupe en môme temps les bandes latérales qui sont encore vertes, et ne laisse attachées à la tige que les bandes blanches, qui seules doivent servir à la fabrication des chapeaux.
Après ces trois opérations préliminaires, DU fait bouillir les bandes blanches dont on i séparé les vertes. Dans ce but, on place d'à- 3ord dans de grandes chaudières remplies l'eau les feuilles vertes qu'on a mises à lart : on en tapisse la partie intérieure de la (
chaudière, puis on y place les feuilles blanches qui doivent être employées. On revêt enfin ces dernières d'une couche de nouvelles feuilles vertes, et l'on couvre la chaudière. On laisse ainsi le tout bouillir pendant deux ou trois heures. Au bout de ce temps, on retire les feuilles blanches et on les suspend sur des cordes tendues; quand elles sèchent, leurs bords s'enroulent et les bandes prennent une forme cylindrique qui les rend plus tenaces. Dans cet état, la paille est prêle à servir à la fabrication des chapeaux. La paille ainsi préparée se vend un réal (62 1 centimes) la livre.
i$o LAMAS.
La localité de Lamas porte le titre de ville de premier ordre (Ciudad), et, après Moyobamba, c'est celle de toute la province littorale de Loreto qui renferme le plus grand nombre d'habitants. Cette ville possède aujourd'lmi plus de ^,000 âmes.
Lamas est située sur la route, de Moyobamba àTarapoto, et à quatre lieu&s de cette dernière localité. Son élévation au-dessus du niveau de la mer est de 932 varas ou de 772 mètres. Les maisons sont en général éparses sur une étendue de terrain de près d'une demi-lieue; mais dans la partie centrale de la ville , elles sont régulièrement alignées et forment plusieurs rues. Le sol est formé par la même couche de grès sur laquelle sont bâties Moyobamba et Rioja. Quoique Lamas ne soit pas traversée par des ravins aussi profonds que ceux de la ville de Moyobamba, elle est néanmoins sillonnée . dans toutes les directions , de sorte que le sol est très-inégal et forme une série de montées et de descentes continuelles. Les habitants de Lamas s'occupent de la fabrication des chapeaux de paille et de la préparation du poison que l'on emploie pour chasser avec la sarbacane. .Ce poison est expédié dans les différentes bourgades situées surles bords de l'Huallaga. Néanmoins le poison que l'on prépare à Lamas n'est pas aussi estimé que celui que préparent les sauvages de la tribu des Ticnnas, qui vivent sur les bords de l'Amazone : aussi le vend-on meilleur marché que celui que fabriquent les Ticunas.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU
6» TABALOSOS.
Le bourg de Tabalosos est beaucoup moins considérable que la ville de Lamas, car il ne renferme que i,5Û0 habitants. 11 est situé également sur la roule de Moyobamba à Tarapoto, à quatre lieues avant d'arriver à Lamas, et à huit lieues de Tarapolo. Gomme les localités précédentes, Tabalosos est bâti sur un terrain un peu élevé, et formé d'une couche de grès très-tendre, qui se laisse facilement sillonner par les eaux. Tabalosos était autrefois le chef-lieu d'une mission ; néanmoins il existe encore aujourd'hui un bâtiment que Ton appelle El Convento ( le Couvent ) où demeurent plusieurs R.R. P.P. Missionnaires.
7o SAPOSOA.
Ce bourg, connu également sous le nom de Sapo, renferme prè$ de 2,000 habitants, et se trouve situé à un peu plus de 42 lieues au sud de Lamas. Le chemin qui conduit de Lamas à cette bourgade est très-mauvais ; on emploie quatre jours pour le parcourir, et il parait beaucoup plus long qu'il n'est réellement.
Le bourg de Saposoa s'élève au milieu d'une belle plaine ; un ravin profond la divise en deux parties inégales, qui communiquent entre elles au moyen de plusieurs ponts. Saposoa est un bourg tout récent, qui va s'agrandissant chaque jour. Les maisons sont en briqués crues, et n'ont pas un aspect désagréable. Les habitants sont actifs et trèsamis du travail ; ils font de fréquents voyages à Moyobamba pour acheter des vêtements ; ils naviguent sur l'Huallaga, et remontent cette
rivière jusqu'à Tingo Maria. De ce point ils continuent leur route par terre jusqu'à Huanuco, et vendent sur leur chemin des chapeaux de paille et du tabac. Les habitants de Saposoa fabriquent de la toile de coton (^ocuyo ) et de la cotonnine ( Uma) qu'ils vendent aux Indiens ; ces deux tissus servent de monnaie dans le pays.
On trouve à Saposoa des cheva^x, des vaches et des cochons; mais comme il n'y a pas de chemins praticables pour les bestiaux, il faut les transporter en canots quand ils sont petits.
Dans les environs de ce bourg on culti?e quelques champs de cannes à sucre, avec lesquelles on fait de la Chancaca (suc mielleux) que l'on appelle Tiesto dans le pays.
Outre lès villes et les bourgs que nous avons cités, il y a encore un grand nombre de hameaux assez peuplés, parmi lesquels nous citerons :
4« Hameaux annexes de Moyobamba.
Jepelasio,
Tonchiman,
Yantalo,
Hoascayacu ou HuMoqfiob
Sucilaquiro,
Yuracyacu »• l*,d
Quillualpa,
Jacinto.
^'^ Hameaux annexes de Lamas,
San Miguel, Shanao,
Yuracyacu n*» 2 , Cavatacbi et
Rumisapa.
3* Hameaux annexes de Saposoa.
San José de Sisa, Piscuyacu et
Yuracyacu n" 3.
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