‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 236 sur 321 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

a La République du Pérou et S. M. l'Em- « pereur du Brésil , désirant respectivement « favoriser et encourager la navigation de « TAmazone et de ses affluents au moyen de d bâtiments à vapeur, qui assureront l'impor-

a tation des immenses produits de ces vastes (( régions , «et contribueront à augmentera <c nombre de leurs habitants et à civiliser les « tribus sauvages , stipulent, par la présente « Convention , que les marchandises , proa duits et embarcations qui passeront du Pé- « rou au Brésil ou du Brésil au Pérou, par la « frontière et les rivières de l'un et l'autre cr État, sont exempts de tout droit, impôt ou (( octroi auxquels ne sont pas soumis les pro- « duits, etc., de môme espèce sur le territoire (( de chaque État, c'est-à-dire que les pro- « duits importés ou exportés seront traités <( sur le môme pied que ceux qui sont con- « sommés sur place. )>

ARTICLE DEUXlfellE.

(( Les Hautes Parties contractantes , con* a naissant combien sont coûteuses les entre- (( prises de navigation à vapeur, et que la oa- (( vigation de TAmazone, depuis son emboQa chure jusqu'au littoral du Pérou, ne pourra, a pendant les premières années, rapporter a aucun bénéfice aux entrepreneurs, attendu (( que cette navigation appartient exclusi?e- (( ment aux États riverains, conviennent d'ai- « der pendant cinq ans, par un secours péco- « niaire , la première Compagnie qui s'étaa blira ; la somme annuelle à verser par cbaa que partie contractante ne sera pas infé- (( rieure à vingt mille piastres : toutefois « l'une d'elles pourra augmenter cette somu me , sans que l'autre soit obligée de contri- « huer aune augmentation seihblable.»

Dans des articles à part, on expose les conditions auxquelles devront être soumis les entrepreneurs, en retour des avantages qu'on leur accorde.

APPENDICE

Le principal des articles annexés à la Convention , c'est le premier, dont voici la partie la plus importante :

ARTICLE PREIDER.

«Les entrepreneurs de la navigation à va- <( peur, dont il est question dans l'article 2 (( de la Convention passée à la date de ce « jour , devront se soumettre aux conditions « suivantes :

<x 1^ Pendant la première année , les b&ti- « ments à vapeur feront trois voyages ; dans « la seconde, quatre; et dans la troisième, <c quatrième et cinquième année, six voyages (( au moins. Quand ce nombre de voyages ne « pourra avoir lieu, par des- circonstances c( provenant soit de la longue distance à parce courir, soit de l'obstruction de la rivière, a soit des expériences nécessaires, soit enfin cr par manque de combustible ou autres graa ves motifs, les entrepreneurs ne recevront et que cinq mille piastres par voyage pendant (( les deux premières années , et trois mille « piastres par voyage pendant la troisième, la (( quatrième et la cinquième année.

« â" Ils transporteront gratuitement les a malles du gouvernement, etc., etc. »

Par les articles que nous venons de citer, on voit que le gouvernement du Pérou s'o> bligeait à payer à la Compagnie brésilienne de la Navigation et du Commerce sur l'Amazone la somme de vingt mille piastres par an, pour que les vapeurs de cette Compagnie fissent de trois à six voyages chaque année dans les eaux du Pérou.

Cette condition était certainement assez onéreuse pour le Pérou, obligé de payer une forte somme pour quelques lieues de navigation dans ses eaux, attendu qu'il avait été stipulé, avec la Compagnie brésilienne, que les vapeurs remonteraient seulement jusqu'au port de Nauta. En outre, si le Brésil payait à la Compagnie une subvention considérable, ce n'était que pour couvrir les frais de trois autres lignes de vapeurs qui naviguent sur son territoire, sans remonter jusqu'au Pérou.

La subvention pour la ligne qui venait jusqu'au port de Nauta se trouvait payée par la somme de vingt mille piastres que versait le

Pérou : malgré cela, ces bâtiments naviguaient sous pavillon brésilien. Enfin , cette ligne, afî'rétée pour ainsi dire par le Pérou, servait également au Brésil : en effet, tous les ports situés sur le passage des vapeurs, dans leur transit à travers le territoire brésilien, étaient à même de se fournir de marchandises embarquées au port de Nauta, au Pérou.

Mais, malgré tous ces avantages en faveur du Brésil, le Pérou pouvait néanmoins accepter cette Convention sans regret, vu que 1^ but principal de la subvention qu'il payait, était de former une Compagnie de navigation sur l'Amazone, et de l'aider d'un secours pécuniaire pendant les premières années, période pendant laquelle cette Compagnie ne pouvait réaliser aucun bénéfice.

Ce traité était assez onéreux pour le Pérou, mais nous devons cependant avouer que c'est à cet acte conclu avec le Brésil que Ton doit la naissance du commerce dans la province littorale de Loreto , commerce qui prend chaque jour un nouveau développement.

Le temps fixé pour la durée de cette Convention était de six années, comme il est dit dans l'article 8, dont voici la teneur :

ARTICLE HUrnÈME.

a Les Hautes Parties contractantes stipu- « lent que les articles !•% 2*, 3% 4« et 5» de c cette Convention demeureront en vigueur (( pendant l'espace de six années, à partir du «jour où aura lieu l'échange des ratifica- « tions, et, cette période écoulée, ladite Con- « vention continuera d'être mise en vigueur « pendant la durée des négociations pour son a renouvellement ou sa modification, ou jusce qu'à ce que l'une des Hautes Parties con- (( tractantes en ait fait la dénonciation. »

La période de six années étant expirée vers la fin du !«' semestre de 1858, la Convention passée par la Compagnie brésilienne de la navigation sur l'Amazone cessa également d'être en vigueur. Les vapeurs ne remontèrent plus au port de Nauta, dans les eaux du Pérou ; le commerce , au milieu de cet état de. choses , souffrit un grand dommage : en effet, comme il s'était un peu développé jusque là, il ne pouvait plus se passer d'un moyen de transport tel que les bâtiments à vapeur.

GÉOGRAPfflE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU.

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