‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 79 sur 321 · BE L'ANCIENNE PROVINCE LITTORALE · texte numérisé non relu

BE L'ANCIENNE PROVINCE LITTORALE

Piura,

Yapatera et Morropon,

Gatacaos,

Huancabamba,

Tambez,

Fria8,

Sullana,

Huarmaca,

Séchura,

Cumbicus et Paycapampa,

Uuaca,

Salitral,

Pay ta et Golan,

Sondor et Sondorillo,

Amotape,

ChalacOf

Querocotillo,

Ayavaca,

Tambo-Grande,

Suyo,

Congona.

[algré la nouvelle division politique, il it pas nécessaire de décrire les rivières et tes les autres particularités de chacune ces provinces ; nous croyons qu'il suffit de mer ici des détails généraux, puisque les iduits des trois règnes, et toutes les autres constances qui méritent d'être rapportées, it communes aux trois provinces de ce délement.

RIVIÈRES

i^es rivières importantes qui arrosent ce parlement sont au nombre de trois.

A première est le Chira^ navigable à pard'une petite bourgadenommée iir^na/, 6t que vers son embouchure ; mais un banc sable, qui se présente au travers de son bouchure^ empêche la libre communica- Q avec la mer^

La seconde est le Tumbezj navigable l'espace de plusieurs milles.

Enfin la troisième est la Séchura^ qui traverse la ville de Piura ; cette rivière sort du lac de Mamayoco ou Huarinja^ dans la Cordillère.

Ce département est presque entièrement privé d'eau ; il n'y pleut que de cinq ans en cinq ans ; mais on a vu quelquefois s'écouler six, sept, huit et même dix années sans qu'il tombât une goutte de pluie. Cette sécheresse phénoménale est terrible pour le pays, car elle amène avec elle la famine, comme une conséquence fatale. Mais lorsqu'il pleut, la quantité de pluie est si grande, qu'elle inonde les champs et les villages. La campagne est alors tellement fertilisée, que la terre produit spontanément et sans culture toutes isortes de fruits exquis, des fleurs sans Nombre et des prairies d'un luxe de verdure extraordinaire. On dit vulgairement que chaque goutte d'eau qui tombe du ciel est suffisante pour nourrir une chèvre.

La Séchura est une rivière assez considérable ; néanmoins elle se.dessèche complètement depuis le mois de juillet jusqu'au mois de décembre. Pour cette raison, les habitants établissent dans des excavations creusées dans le lit de la rivière des réservoirs d'eau nommés Casimbas, C'est dans ces réservoirs qu'ils vont s'approvisionner d'eau dans les six mois pendant lesquels la rivière est complètement à sec.

RÈGNE ANIMAL

Cette province est riche en troupeaux de vaches, de moutons et de chèvres. Les mulets, également nombreux, sont très-estimés pour leur bon pas et leur force. La population trouve dans la chèvre une source inépuisable de richesses : de sa peau on fabrique du cuir ; de son suif un savon de qualité supérieure , employé dans la République de l'Equateur et sur la côte septentrionale du Pérou jusqu'à Lima. Sa chair est l'aliment ordinaire de la classe pauvre.

Parmi les autres quadrupèdes, on rencontre le Danla^ Anta ou la Gran-Bestia^ appelé généralement Tapit ^ qui habite sur les bords du Chinchipe^ affluent du Maraiion. Sa forme

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approche de celle de la vache ; mais sa taille est plus petite que celle d'un veau. Sa télé ressemble à celle d'un mouton sans cornes. Sa queue est mince et enroulée comme celle du cochon, mais elle est plus petite, et son poil est très-court. Il porte entre les deux sourcils un os si solide, qu'il s'en sert pour briser les obstacles que les arbres peuvent présenter sur son passage. Il est doux et paisible quand on ne l'offense point, mais plein de courage si on l'attaque. Le tigre est son ennemi acharné ; mais le tapir sait se défendre hardiment, et sort victorieux du combat quand il peut réussir à se réfugier dans des bois épais, parce qu'alors il met le tigre en pièces en s'ouvrant un passage. Le tapir est d'une force égale dans l'eau , car il est amphibie; quand il attrape un chien, son plaisir est de lui arracher la peau et de le lancer en Tair. Sa chair est bonne à manger, et semblable à celle du bœuf, car c'est un animal à la corne du pied fendue.

On rencontre également dans ce département d'autres quadrupèdes de différentes espèces : le plus rare et le plus singulier, c'est l'animal appelé Fourmilier (Hormiguero) ; il a les poils de sa queue si longs que, quand il pleut ou qu'il fait beaucoup de soleil, il s'en couvre entièrement la tête ; il est pourvu à l'extrémité de sa trompe d'un petit trou par lequel il respire. Il est si fort que, quand il lutte avec le tigre, si ce dernier n'est pas sur ses gardes, il l'écrase entre ses pattes ; souvent ils périssent tous les deux dans le combat. Il se nourrit de fourmis : pour les attraper, il introduit sa langue, qui est longue et pointue comme une alêne, dans les trous où elles habitent, afin de les faire sortir; ensuite il se met à l'affût, et à mesure qu'elles sortent, il les attire par son haleine et les avale. Il est naturellement lourd et très-paresseux.

Une autre espèce d'animal porte le nom de Frontino : il poursuit les troupeaux , et l'homme lui-même n'échappe pas à sa voracité.

Le SajinOy le ChanchOy le Paquira ou Sanglier sont très-nombreux dans le département dePiura. Us sont semblables au cochon. Une autre espèce, nommée Hangana, a le nombril sur le dos ; à l'intérieur de ce

nombril, se trouve une sorte de sac rempli de musc, et il est nécessaire de le couper avant que l'animal meure , pour pouvoir manger sa chair, qui autrement est d'une odeur et d'un goût insupportables. Ils voyagent par troupes, conduits par l'un d'entre eux, qui paraît être leur capitaine.

Les Tarugas sont une espèce de cerf dont la chair est bonne à manger; leur cuir est meilleur que celui de la chèvre.

Il y a plusieurs variétés de Tigres dans les environs de Tumbez ; ils attaquent les troupeaux et môme les bergers. Le nombre de Léopards est également considérable : on en voit de très-forts, qui sont d'une audace extraordinaire.

Les Écureuils (Ardillas) ; les Porrane^, animaux plus grands que le chat, qui pillent le maïs et mangent les poules. En quichua, on les nommt Alpachala, c'est-à-dire Tigremokgeur de poules.

Le CachapicurUj dont le nom signifie Animal au milieu des épines, parce que, quand il se voit attaqué et poursuivi, il lance celles dont son corps est couvert pour blesser son ennemi, et souvent môme il le tue. Le Caméléon, le PacasOy semblable à V Iguane pour la forme du corps et les mœurs : sa chair est bonne à manger , quoiqu'il se rapproche beaucoup du lézard de muraille.

Le Lefiatero, sorte de ver à soie.

Les Eaposas, espèce de renards, etc., etc., sont des animaux qu'on rencontre dans les forôts.

Parmi les reptiles, on trouve les Vipères de Corail (Yiboras de Coral] très-venimeuses : le tabac et la liane de Guayaquil sont les meilleurs remèdes connus contre leurs morsures. L'espèce nommée Colambo se laisse apprivoiser et mange tout ce qu'on lui donne. Nous n'avons pas besoin de rappeler ici qu'il ne manque pas non plus dans ce pays de chiens, de chats, de rats et d'autres animaux que l'on rencontre partout.

Parmi les oiseaux on trouve d'abord l'espèce nommée le CAarpen/ter (Carpintero), en quichua Cargoch, Son plumage brille des plus vives couleurs; son bec est gros et fort; il creuse les arbres les plus durs pour y établir son domicile. Sa chair est agréable à manger.

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Les Arranchas et les PihaSy espèces de dindons ; on mapge égalçroent leur chair. Les couleurs de leur plumage sont ravissantes ; on les apprivoise facilement.

Les Dindons noirs (Pavas negras). Le Paugiy semblable au dindon ; son plumage est superbe; il a le bec jaune et la crête rouge. Le Huerequeque, facile à apprivoiser; il dé-, truit les insectes, et ressemble au pigeon ramier (Paloma montés). Le nom de cet oiseau est une onomatopée, car lorsqu'il chante on lui entend prononcer le mot Huerequeque.

Vers le nord on rencontre Toiseau nommé Prédicateur (Predicador) ou Pincha ; on en trouve plusieurs espèces qui diffèrent entre elles par la taille, le plumage et le bec : quelques-uns ont le bec aussi long que le corps. Les Perdrix: on en voit de deux sortes ; leur chair est d'un goût exquis. Le Quinquin ou Chiroqucy d'un plumage ravissant, et d'un chant mélodieux. Le Condor, oiseau de proie, l'un des plus grands volatiles que Ton connaisse : il est le roi des Andes. Sa couleur est cendrée. U est d'une force colossale, et il s'élève sur ses ailes puissantes à des hauteurs extraordinaires.

Les CucuUes, espèce de colombes dont le chant exprime tendrement une plainte, où Ton entend les trois sons eu -eu -H (prononcez cou-cou-li). On en distingue deux espèces : les Guculies à deux coups et les Cuculies à trois coups {d^ dos golpes 6 très golpes) suivant qu'elles chantent deux ou trois fois de suite (ni-ct/-/t. Celles qui le chantent trois fois sont naturellement les plus estimées. Ces colombes sont le doux et candide symbole de l'amour.

n y a une foule innombrable de Perroquets (Papagayos) de couleurs ravissantes. On en compte plusieurs espèces. Nous citerons particulièrement les Periquitosy remarquables par leur petitesse; le Chisco; le Corregidor ou SofUiy d'un chant mélodieux ; sa queue est plus longue que son corps. Le Piche^ de couleur vert de mousse et nuanlté de rouge : son plumage est très-gracieux et sa voix ravissante. Les Picos gordos (gros becs) ravagent les semailles et les moissons en bandes si effrayantes, qu'ils ont bientôt ^''dépouillé tout un terroir.

On rencontre dans le département de Piura jusqu'à six sortes d* Abeilles; des ^ucioles ou Mouches luisantes (Luciernagas), et des Papillons de mille couleurs; des Araignées à soie (Aranas de seda) qui, aux environs de Chachapoyas, sont aussi grosses qu'une écrevisse de mer; enfin des Fourmis ou OvejillaSy très-nombreuses dans la région appelée la Montana.

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