POISSONS
On pèche en abondance le Squale ou Chien de mer (Tollo fino) depuis la fin de juin jusqu'au mois de janvier. Ce poisson atteint souvent quatre pieds et demi de long; le Tambour (Tambor), de 9 pouces de longueur : ses écailles sont vertes et nuancées des plus vives couleurs; le Churrucutulay de 48 pouces de long, sans écailles, mais d'une peau néanmoins si dure, qu'il est nécessaire de l'enlever en la faisant griller, avant que d'assaisonner le poisson. Ainsi préparée, sa chair est très-agréable. Le Bagre^ que l'on pèche à Golan pendant toute l'année; le Trotera, le Borriagate, le Pulgar (c'est-à-dire le Pouce), le Cabezudo (c'est-à-dire le Têtu), les CachalotSy le Rumichuna, le Perico (c'est-à-dire le Perroquet), le Gallo (c'est-à-dire le Coq), que Ton appelle en français la Dorée ou poisson de Saint-Pierre, les Sècïiesy etc., etc.
Les Lagartos (c'est-à-dire Lézards) ou Caïmans sont très-nombreux dans les rivières, surtout dans celle de la Chira. On en trouve de trente pieds de long (dix varas). Cet animal est très-fort et vit longtemps. Il dort six mois consécutifs, sans manger ni boire, enseveli dans la vase des rivières, et il se réveille avec un appétit des plus voraces.
Les Loups marins sont très-nombreux sur la côte : leur graisse et leur peau sont employées à une foule d'usages. On trouve également des Langoustes et un grand nombre d'autres poissons qu'il serait trop long d'énumérer ici.
RÈGNE VÉGlh'AL.
Cette province est suffisamment fournie de produits végétaux qui n'ont presque pas de rivaux dans leur espèce. Parmi les pro-
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ductions alimentaires de la côte et de Pintérieur nous citerons spécialement :
Le RiZy le Bléy le MaïSy les Pommes de terre (Papas), la Canne à sucre, peu abondante; la Quinua, les Haricots^ les Fèves, les Légumes secs (Menestras) de toutes sortes, la Batate {CsLmoie)yVYucca (Manioc] autre espèce de tubercule^ dont on (ait du pain; VAchira, VOca, sorte de racine, et un grand nombre d'autres : les légumes de jardin sont nombreux et trôs-succulents.
Ce pays est également riche en bois de construction et autres, en herbes médicinales et en fruits de toute espèce.
Parmi les arbres de construction, on trouve en abondance le Cèdre, le Buis, VAcc^ou (Gaoba), le CocobolOy Y Oranger sauvage (Naranjo agrio), le Tamarin^ le Uoque, VAune, le Saule, la Chontillu^ le Lucmo, le GuacKapeii, V Arbre de la Tara, VOlivier, le Palmier y le Tailis, le Gaiac (Guayacan), bois très-dur et odoriférant, le Guayo, le Sapote, le Chêne, le Siope, le Caroubier (Algarrobo), le Gualticoy le PalillOy le Limoncillo, le Quinquina nain, excepté dans la Montana; le Pignon (Pinon), le Molle, et enfin le Coton, qui constitue la source principale de la richesse du pays.
Les herbes les plus remarquables sont : la Langue de vache (Lengua de Vaca), le Capillaire, la Rose muscade, le Kali {qxïi s'appelle Lito à Piura et à Lambayeque, et Barrilla partout ailleurs) ; la Périlla (c'està-dire petite poire) ; la Sierrecilla, le Pourpier * (Verdologa); la Quinua blanche et rouge; r/wmor/e//e(Siempre-Viva) ; la Desflemadera, là Laitue naine (Lechuguilla); Iql Monadilla, VAchupalla, le Reimi, et un grand nombre d'autres qui croissent dans les départements du nord de la République, comme, par exemple, dans les départements des Amazones, de la Libertad, etc., etc.
Quant aux fruits, nous pensons que si d'autres localités du Pérou l'emportent pour la variété, elles ne sauraient du moins surpasser le département de Piura sous le rapport de la délicatesse et du goût exquis de ses productions. Nous citerons parmi les fruits remarquable* de ce pays : la Chirimoya (ainsi s'appelle au Pérou le fruit de l'Assiminier — Chiriraoyo); rj4nan(w (Pina), aussi
savoureux que celui de Guayaquil ; la Prune (Giruela); la Goyave (Guayaba); les Papayas grosses et rafraîchissantes ; les Bananes (Platanos) de différentes espèces; la Pastèque (Sandia); le Melon, et le délicieux Mango: quand une fois vous avez vaincu la répugnance que le Mango vous cause d'abord; il n'y a pas de mets au monde que vous puissiez lui comparer. C'est un fruit à noyau, de la grosseur de la Duracine (Durazno); mais il est d'une forme ellipsoïde, à peu près comme celle de l'œuf. Sa couleur est d'no jaune obscur, couvert de taches noirâtres. On trouve enfin dans ce pays des fruits appelés Paltas, que l'on nomme Aguacates en Colombie, et un grand nombre d'autres qui mûrissent sous les zones intertropicales.
RÈGNE MUnÉRAL.
Cette province n'est pas dépourvue de métaux précieux, quoiqu'on ne les y trouve pas en grande quantité. D'autres produits do règne minéral s'y rencontrent également.
. Dans la montagne nommée El Gigante (le Géant) il y a des mines d'une espèce d'or que l'on appelle Bronze doré (Bronce dorado), de 19 carats (1) ; dans les mines de Pomemchui, de San-José, de Naviceda^ de Rosario de Guadalupe et de Jebon de San-Pedro, on trouve un minerai nommé Paco et du Bran^ doré d'un titre inférieur.
Dans la montagne de San-Lorenzo, on rencontre des veines d'argent : on en trouve également dans la montagne voisine de la ville d'Ayavaca, d'une qualijté dite poco (vert de gris), c'est-à-dire de qualité inférieure : mais ces veines fournissent peu de métal.
A Amotape, à 16 lieues de la ville dé Piura, il y a une mine de bitume autrefob célèbre, mais elle est abandonnée depuis qu'on a découvert celle de Santa-Elenafft^ de Guayaquil.
Dans les environs de Tumbez on a rencontré une mine de charbon de terre : mais cette couche est peu considérable.
(1) L*or considéré comme le plui parfait art de 24 carats.
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DÉSERT DE SIÊCHURA.
Ce désert a 32 lieues de longueur « sans u ni pÀturage. Néanmoins une foule innomable de chevaux, de mulets et d'&nes sauges y vivent sans maîtres, et abandonnés à x-mômes. Jls se nourrissent d'une racine pelée Yucadel Monte (Yucca ou Manioc de ontagne). Ces animaux la découvrent au oyen de leur odorat, et la déterrent pour manger.
On trouve dans ce désert un grand nombre ) mines de sel gemme, et Therbe appelée a/t (Barrilla) dont on se sert en Europe pour briquer le verre. A Piura et à Lambayeque Kali se nomme Lito. On l'emploie beaucoup ms la fabrication du savon, en utilisant la )ude que ses cendres contiennent en abonance. On se sert également de cette plante Dur préparer certaines teintures.
l6mi€ULTURE. — UVDUSTRIE. — COMMERCE.
Ce territoire privilégié par la nature prouit en abondance, comme nous l'avons dit, les céréales et des fruits excellents , que les labitants cultivent avec soin. On récolte dans e pays non-seulement ce qui est nécessaire
la consommation, mais encore le superflu, peTon expédie soit à l'intérieur, soit à l'exérieur de la République.
Les femmes s'occupent à filer le coton, [ont les bobines servent à fabriquer des sacs le cotonnine, espèce de grosse cretonne. iCS cuirs de chèvre, le savon que l'on fatrique en grande quantité, le sel, le bétail i surtout les mulets, les chapeaux de paille ippelés Calacaosy parce qu'ils sont faits dans I bourgade de ce nom, constituent la prin- 3pa|e industrie et le commerce avec les illes voisines et avec Guayaquil, où l'on se "enddans de petites barques. On en rapporte inéchange des fruits, des chaînes pour tisser, lu cacao, des cigares et autres articles.
Le suif de chèvre, dont la chair sert d'alineot à la classe pauvre, est aussi un autre rticle de commerce de grande importance lans cette province.
Les mulets sont d'une race excellente, et ^ meilleurs de toute la République pour la
marche et pour la force : aussi sont-ils fort recherchés.
Les ânes, soit domestiques, soit sauvages, que l'on prend dans le désert de Séchura, forment aussi une branche considérable de commerce : car ils sont vigoureux et de bonne taille.
La cire des abeilles est également une des sources de revenu pour le pays, bien que l'on s'occupe peu de l'éducation des abeilles, et que l'on néglige d'employer les moyens nécessaires pour que l'on en retire tout le produit qu'on en obtient en Europe.
Les ports ouverts au commerce sont :
Payta, port de 4'* classe;
Tumbez, port de classe inférieure ;
Séchura, petit port autorisé pour l'exportation des fruits du pays et l'importation des marchandises non soumises aux droits de la douane.
Le département de Piura est un des plus commerçants du Pérou, et il est appelé à se placer au premier rang par ses produits d'exportation, dont le coton est la branche la plus importante. 11 semble que la nature ait voulu particulièrement doter cette province d'une plante aussi précieuse et aussi nécessaire. Tous les terrains, spécialement ceux qui sont voisins de la côte, sont les plus favorables à la culture du coton. La gelée, qui est le plus grand fléau du cotpn, est inconnue dans ce département. Un ingénieur américain, M. Alfred Duval, qui a fait une étude toute spéciale du coton dans diverses parties du monde, et pendant six ans dans la province du Piura, déclare « qu'il ne connaît pas de pays plus sain, ni mieux approprié à la culture du coton, d La température, suivant le thermomètre de Fahrenheit, ne s'élève jamais au-dessus de SS'». Le coton y croît presque naturellement : c'est une plante indigène du pays. Sans le cultiver d'une manière spéciale, on en a exporté, de 1852 à 1858, environ 15,000 quintaux. Dans ce chiffre n'est pas compris la grande quantité qui se consomme dans la province même en fils et en étoffes pour les vêtements des Indiens.
Suivant le calcul des anciens agriculteurs, on estime qu'une plante de coton peut, au bout de deux ou trois ans, donner cinq ou six livres de coton par récolte. Cinq mille
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varas carrées (un arpent environ — ou 50 ares) peuvent produire de mille à douze cents livres de coton. Il est utile de prévenir ici que le topo est presque égal à Tacre anglais, et qu'un volume d'eau de 450 pieds cubes toutes les vingt-quatre heures suffit pour arroser un topo. Toutefois, quand la plante a pris une certaine force^ elle exige moins d'eau.