NOTICE BIOGRAPHIQUE
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nattres de Tarty mais qii*il les avait étudiés, nédités et compris !
Il n'a jamais oublié dans ses écrits les règles d'Aristote et d'Horace; la base de ses audes littéraires était les auteurs grecs )t latins ; il savait par cœur Tlliade, TOlyssée, Virgile, Horace, Anacréon et d'aures écrivains classiques ; en un mot son ^oût littéraire était classique : cependant il le dédaignait pas les écarts du romantisme ii les beautés des écrivains modernes.
Il est incontestable que l'antiquité était »on étude de prédilection, la source pure .'t inépuisable où il aimait à s'abreuver, i^omme historien , il était plein de respect K)ur Tacite ; comme orateur pour Cicéron, il comme poëte pour Homère : mais ce •cspect pour Tantiquité ne l'empêchait pas le reconnaître le mérite de Thiers, de Sis- Tiondi, de Gibbon, de Berryer, de Miral)eau , de Donoso Ck)rtes, de Lamartine, de Byron et de Zorrilla. Il savait même par X£ur la plus grande partie des Œuvres de Byron, des principaux poëtes et des principaux historiens modernes. Il suivait pas à [MIS les développements de la science et de la littérature; il s'attachait à connattre les découvertes scientifiques aussitôt qu'elles étaient répandues en Europe: il voulait lire es productions littéraires, depuis le poëme ïpique jusqu'au roman.
Tout jeune encore^ et à peine sorti àes 3ancs du collège d'Aréquipa , où il avait îtudié tous les cours de mathématiques pures et mixtes, la philosophie , la théolo- 3rie et le droit, et obtenu presque toujours les premiers prix , il dirigea à Tacalaya un 3uvrage hydraulique important, destiné à irroser les terres d'un de ses parents. C'est lans les solitudes de la Cordillère et des plateaux immenses du Pérou que se révéla pour la preipière fois son enthousiasme pour [a nature belle et sublime. Poussé à consacrer en vers ses impressions par cette force mystérieuse qui nous fait chanter tout ce que nous admirons, et éclater en phrases karmonîeaaes et oadencées quand nous som-
mes dominés par un sentiment extraordinaire, il écrivit un grand nombre de morceaux poétiques du genre descriptif et erotique, et composa sur la qitenn ((K\te des Indiens), et la vihuela (guitare), plusieurs yaravis, empreints de cette mélancolie paisible et pénétrante qui caractérise la musique nationale.
Elle devait être belle, la figure d'un jeune homme passant ainsi la fleur de son âge sous une tente mobile , dressée sur les neiges des plateaux déserts, dépensant ses journées à mesurer le terrain , à lever des plans, et, à l'heure du crépuscule, quand les cimes des Andes prennent cet aspect violacé qui confond leurs chapiteaux gigantesques avec les nuages colorés par les derniers feux du soleil , adressant une ode au Tutupaca, ce volcan colossal enveloppé d*un manteau de neige, et chantant sur une guitare des vers arrachés de son âme par le souvenir de ses amours et des affections du foyer paternel !
Nous l'avons vu, nous l'avons entendu réciter, les yeux mouillés de larmes, les pages qui marquent cette époque si poétique de sa vie, et nous y avons remarqué des traits remarquables de sentiment, le feu de l'inspiration, l'âme de la poésie. Ce spectacle de la nature dans toute sa puissante majesté, ces scènes champêtres, qui furent comme l'idylle de son existence, contribuèrent sans doute à développer en lui ce goût pour la vie des champs, et lui permirent de comprendre si bien les Géoi^iques de Virgile, les légendes d'Ossian et les tableaux des voyages de Bernardin de Saint-Pierre et de Chateaubriand. Sans doute il pleurait avecChactas et Atala, avec Paul et Virginie -, il avait en lui la corde du sentiment, et son cœur répondait comme un écho à tout ce qu'il pouvait y avoir de tendre, de doux , de triste et de délicat ; le prosaïsme des chiffres et des calculs ne put jamais détruire ce fond artistique, ce caractère impressionnable et enthousiaste qui assurait au littérateur la domination sur l'astronome, à Thumaniste la souveraineté sur le mathématicien. Dans \ Academia