Route du sud, du pays des Ashantis A Timbouctou
Une grande route commerciale, aujourd’hui la plus fréquentée, conduit du pays des Ashantis, par Dcgomba et Houssa, à Timbouctou. Une autre, plus à l’ouest, conduit, en trente-cinq jours, de Goumassie aux montagnes de Kong, qu’on traverse en neuf jours. De là, on arrive, en vingt-huit jour» à Dotcarra ( Douwassou, dans Mungo-Park) (3), et, en cinq jours, à Jinné, où l’on reucontre le Niger. L’étendue de cette route est donc en tout de soixante-dix-sept journées de marche jusqu’au Niger. (Voy. p. 183.)
3. Route de l'ouest conduisant du Sénégal et de la Gambie à Timbouctou.
Les Foulahsde la haute terrasse de Timbou entretiennent des relations de commerce très-actives avec Ségo et Timbouctou. Noos avons déjà tracé
(1) Léo Afric., I. vu, fol. 251 .
(2) Voye* Hôte Seconde A la fin du roi unie.
(3) Mungo-Park, Journal, p 107.
plus haut, d’après des données moins récentes, le chemin qui conduit au Niger. Ce que nous avons dit s'accorde parfaitement avec le récit de Mollien (1). Ce voyageur rapporte que, de Timbou, la route conduit, à l'est, par le pays de Balia , où l'on s’embarque (sur le Niger) pour Bourré , Marabout, Timbouctou. Tout le voyage , dit-il , duro trois à quatre mois. Scgo et Timbouctou sont , À ce qu’il parait, les marches des peuplades de Kankan et de Wasselon , pays des sources du Niger. Kankan est situé à quinze journées de marche, à l’est de Timbou. Le pays de Bourré, habité par des Mandiugos mahomélaus, et situé à la frontière de Tiuibou, est bien plus riche en or que Bondou et Bambouc. Les nègres y creusent de longues et profondes galeries dans la leire, pour en tirer de l'or, qu'ils envoient, ainsi que leurs esclaves, au marché de Timbouctou.
En 179G, Mungr-Park, partant de Pisania, sur la Gambie, choisit, pour pénétrer dans l’intérieur de l'Afrique , la grande route que prennent ordinairement les marchands d’esclaves (slatis) avec leurs caravanes ( coffles ou kafilahs) , et la suivit, sur une étendue de 220 milles géographiques ou 1 100 milles anglais, jusqu’à Silla (2), ville situéd à 40 milles géographiques (200 milles anglais) de Timbouctou. En s’en retournant, il mil à peu près deux mois et demi (du 19 avril au 2 juillet) pour aller de Camalia , ville située dans le pays des Mandingos , à Barraconda ; et cependant, à l’exception de dix ou douze journées de halte , U faisait tous les jours cinq à six milles géographiques.
Mungo-Park, se trouvant dans lecampraaureda ZJenotcn (3), sur le bord septentrional du Sénégal, apprit du shérif de Walet, qui transportait du sel à Beuown, que, de cette ville à Walet, il y a dix journées, et , de Walet à Timbouctou, onze journées de marche, a Tout ce chemin , disait-il , so fait à dos de boeuf, et partout l'on trouvede l’eau.» D’après ce récit du shérif, il y aurait donc vingt et une journées de marche de Bcnown à Timbouctou.
3. Route du nord-ouest conduisant de Wedinoun et du Maroc à Timbouctou.
Deux grandes routes conduisent du nord-ouest, c'est-à-dire des provinces limitrophes méridionales de l’empire de Maroc (de Wedinum)à Timbouctou. L’une, la plus occidentale, ou la roule de la côte (4), derrière le cap Bojador, passe à côté du cap Blanco, longe la bordure méridionale du désert, eide là.
(1) Xolllen, Voyage en Afrique.
(2) Rennell, In Appendix. — Mungo-Park , Trav., P. Il, p. 355.
(3) lungo-Park, Trav., p. 140.
(4) Jackson’j Account of Marocco , p, 287.