COURS DU NIGER. TIMBOUCTOC
traversant les mines de sel de ces contrées, te rend à Timbouctou ou au lac Dibbie ; les caravanes la font en cinq à six mois (l) ; elles passent quatre mois sur le bord occidental du désert, le long de la côte de la mer, et traversent l'intérieur jusqu’à Timbouctou en un mois et demi ou deux mois. Ou compte dii-huit mois pour tout le voyage, c'est-àdire pour aller et venir (2). En ne calculant que la distance directe du cap Blanco (au nord-est duquel se trouve la contrée d'el GAiblah, où Al. Scott fut en esclavage) jusqu'au lac Dibbie, on pourrait certainement la faire en bien moins de temps (3). La caravane de Scott, se composant de 1 1 S à 120 personnes, avec 5 à 600 chameaux, mit en tout à peu prés 106 journées pour franchir une distance directe de 200 milles géographiques (1,000 milles anglais); elle faisait donc par jour à peu près 2 milles géographiques.
Les grandes caravanes du Maroc, les Akkabahs, qui vontanuuellemenlde Wedinum.Taltaou Abka à Timbouctou, mettent seize jours (4) pour aller à Tegasa, où elles s'arrêtent quinze jours ;de là, elles vont, en sept jours, à l’oasis et au puits de Taudeny, où elle s s arrêtent encore quinze jours; ellesarri veut ensuite, après sept joursde marche. à Aroan, où elles séjournent aussi longtemps qu'à Taudeny, et, après six joursde marche, elles arrivent enfin à Timbouctou. Elles mettent ainsi plus de quatre mois à faire uo voyage dans lequel elles n'ont quecinquante-quatre journéesde marche, le reste étant consacré au repos. Les petites caravanes font le même chemin en quatre-vingt-deux jours. Hadji-Talub fs) promit au colonel Fitz-Clarence de lui faire faire, à cheval, celte route en quarante-sept jours ; il avait fait le même chemin en vingt-oeuf jours, à dos de Aeiri, espèce de chameau d’une vitesse extraordinaire, et particulièrement propre aux voyages dans le désert.
D'après les récits des chefs de caravanes et des marchands , Timbouctou est situé au sud-sud-est, à 300 milles géographiques (1,300 milles anglais) de Fez, 260 milles géographiques ( 1,300 milles anglais) de Maroc ; à 2C4 milles géographiques (1,320 mille anglais) de Tafilelt, 230 milles géographiques ( 1,150 milles anglais) d'Akka , Talta et Wedinum, principaux rendez-vous des caravanes qui vont dans le Soudan ; et enfin, à 46 milles géographiques (230 milles anglais) de Jinuie.
4. Routa du nonl conduisant de Tripoli et du Fessan à Timbouctou.
Mohammed (C) n'évalue qu'à quatre-vingts jour-
(1) stuarrsîrav.
(2) Sidi-Bamet , p. 35.
(3) Al. Scott, dans Rennell, Observ., p, 237.
(4) Jacksoo’s Account of Xarocco , p. #65.
(5) Hadji-Talub, p. 136.
fi) Xobammed, dans Ritcitie, p. 230.
nées la distance , en droite ligne , de Tripoli au grand emporium ; le plus long désert aride à traverser n'est que de six journées. Jusqu’à Ghadames, on compte treize à quatorze journées de marche; de là à Akably , capitale de l’oasis de Toual, vingt-deux journées; d’Akably à Mabrouk, trente journées; et, de cette ville, qui, dit-on. est plus grande que Tripoli, à Timbouctou , quinze journées. A partir de Mabrouk, la roule conduit par un pays riche, fertile et abondant en eau. Des marchands et des esclaves venus à Mourzouk assurent que, du Fezzan (1) à Timbouctou, par Touat, il n*y a également que quatre-vingt dix journées de marche.
5. Routes conduisant de Timbouctou dans Vintèrieur du Soudan, à Iloussa, Bornou , Kaschna, Wassenah et Wangara.
Nous manquons absolument de renseignement exacts sur les localités de l'intérieur du Soudan, à l’est de Timbouctou ; el, comme tous les calculs géographiques ne pourraient être que très-incertains, appliqués à ces régions inconnues, nous ne rapporterons ici que les récits plus ou moius vrais de quelques voyageurs qui ont parcouru les terres centrales de l'Afrique.
La navigation du Niger, de Timbouctou à Iloussa, dure, d’après Shabini (2), qui en fit lui-même l'expérience, de huit à dix jours ; la ville de Houssa n’est pas située immédiatement sur le fleuve, mais à douze lieues au nord des bords du Niger.
De Timbouctou au royaume de Kaschna, espace que Mohammed avait parcouru dans sa jeunesse(3), il y a, dit-on, vingt-huit journées, et, jusqu'à Bordou, quarante-cinq journéesde marche.
A vingt-quatre journées de Timbouctou , au sud-est , on rencontre une chaîne de montagnes très-élevée (4), que les grandes caravanes mettent six jours à franchir; au delà de cette chaine , à vingt sept journées de marche de Timbouctou, se trouve la grande ville de Wasscnah; elle est située sur le fleuve Zadi, et a deux fois aulaut d’habilans que Timbouctou.
A vingt-cinq journées, au sud ou au sud-est de Timbouctou (mais non pas à l'est , comme on l'a cru jusqu'à présent) , est situé le Wangara, d’où l’on tire la poudre d'or. Tous les renseignemens que nous possédons sur ce pays , dans lequel se trouve probablement 1a ville de Baltagou, ne peu-
(t) Capt. I yon’t Narrative of T ranci* In Northern Africa. loniJ., 1821, in-4°j dans Verneur, Journal de Vo y., 1821, câbler 32, p. 358.
(2) Mublnf, p. 38.
(3) Mohammed, dans Ritcble, p. 231.
(4) Md. -Hamel, p. 370.
vent être que très-incertain», puisqu'il * • »o moins trois H'anyara dans le Soudan (I). Suivant les informations que le capitaine Lyon prit au Fezzin , ce nom n’est qu'un appellatif qui désigne un grand pagt mamageux (1).
Les documens précédent ont fait ressortir toute l'importance du marché de Timbouctou , non-seulement pour cette ville, mais pour leSoudan tout entier. C’est pournous leplusconnu des marchés du Soudan , et comme le représentant de son commerce; le séjour de Mungo-Park h Sansamling a jeté sur ce grand entrepôt commercial de nouvelles lumières. Il est ridicule de juger de l’importance d'une ville ou d'un état dans l'intérieur de l'Afrique par la beauté ou le nombre des maisons de pierre , par la quantité des soldats mercenaires ou la magnificence des palais; il est ridicule de juger de l'importance d’un peuple par le degré qu'il occupe sur l’échelle de l'industrie européenne. S'appesantir sur de telles circonstances, c'est ra|>etisser la géographie, c’est montrer qu’on ne possède pas le don de saisir dans leurs propriétés les lineamens vraiment grands et earactéristiquesde l’histoire du sol et des peuples. Le fait d’un grand commerce universel atteste par l’histoire drpuis trois siècles, dans cette contrée de l'Afrique centrale, est un des phénomènes les plus remarquables que nous présente l'histoire de l'humanité. 11 est surtout intéressant pour l'intelligence du passé, parce que nous voyons se continuer en lui , jusqu'à nos jours, la marche des anciens temps, comme à Iran, l'etra, Bactres, Mcrof , Ammon , Carthage , Opliir , korokandame et Sera (3). Ce rapprochement général des peuples nous permet d’y voir , pour l’avenir , le germe d'une idée plus élevée qui grandira et fleurira plus tard , et qui , si elle s'y établit dans toute sa pureté, se répandra bientôt au milieu du monde des païens et des infidèles, et versera sur tout le continent la bénédiction , le salut et la vie! A l’abolition progressive de l’esclavage, les doctrines de l'Evangile feront succéder l'affranchissement moral ; alors commencera pour celte partie du monde et ses habilans , une nouvelle histoire qui aura été , h la vérité , préparée par l'islamisme, mais qui ne pourra être entièrement réalisée par lui .
(1) Voy. Note troisième ft la fin du volume.
(2) Capt. Ljron'a Narrai, or Trav., Ibid.
(3) Comparez : Vortuile Europciicber v<Bikerjc*cblcbtcn vor llcrodoi. ln-S®, 1820, p. 110.
Le grand commerce a porté de tout temps les idées civilisatrices à travers tout l'Orient ; pourquoi , s'il était conduit par les peuples éclairés de l'Occident , ne répandrait-il pas les mêmes bienfaits dans les contrées du Soudan? Le commerce ouvre toutes les routes en Afrique , et la civilisation n'y peut pénétrer qu’à sa suite. L'affaiblissement de la domination des Maures dans les étals nègres des bords du Niger, offre aujourd'hui aux Européens et au christianisme, l'occasion favorable d’entrer dans le Soudan . Iæs agens des puissances et des maisons de commerce européennes s’y établiraient beaucoup plus facilement que dans l’Orient mahométan. Les résidens anglais accrédités aux cours du nord et du sud, h Mourzouk, dans le Fezzan et à Coumassir, dans le pays des Ashantis , les colonies du Sénégal et de la Gambie et surtout l'état nègre libre et florissant de Sierra-Leona , sont déjà, si on sait en profiter, les premiers pas les plus importai» pour arriver à la réalisation de cette idée. Un commerce direct des Européens avec les marchés du Soudan, comme Mungo-Park et ses successeurs essayèrent de l'introduire sur les bords de la Gambie, donnerait plus d'indépendance politique aux élats nègres, plus de bien-être aux individus et les affranchirait des Maures et des Arabes. On leur procurerait ainsi des armes à feu pour se defendre, et on donnerait aux missions l’occasion de les convertir et de les civiliser comme à Sierra-Leona. Une conséquence de ces généreux efforts serait l'abolissement complet et successif du commerce d’esclaves à partir de l'intérieur jusqu'aux côtes. Mais il faudrait d'abord lui substituer un autre trafic aussi avantageux pour les princes indigènes , dont les principaux revenus se composent de la chasse aux hommes et de tributs payés en esclaves. Le commerce avec les Européens leur offrirait bientôt des gains et plus sûrs et plus grands. On enlèverait ainsi aux mabometans le prétexte de la chasse aux esclaves. Car, d'après le Coran, ils regardent comme un devoir de faire la guerre aux idolâtres et comme un droit de jeter les païens dans l'esclavage et dans les fers. Ces entreprises favoriseraient et seconderaient puissamment l'émancipation des nègres du Soudan, qui ne peut être toutefois le résultat que de leur propre énergie; car l’expérience a prouvé que les opérations maritimes ne pourraient la conquérir , quand même des milliers de généreux particuliers réuniraient leurs souscriptions et leurs efforts , quand même tous les peuples de la chrétienté en auraient pris la résolution.
coins DU MCE*. TIMBOCCTOU.
Toutes les tentatives de ceux qui se sont intéressés jusqu'il ce jour au sort des Africains, les efforts des gouvernemens et des compagnies de commerce, ceux de V Association africaine pour la découverte de l’intérieur de cette partie du monde , de V Institution africaine pour la civilisation et l'éducation de ses enfans, ceux des différentes missions pour les convertir, tous ces généreux travaux n’ont pu et ne pourront jamais atteindre entièrement le grand but proposé, avec les moyens employés jusqu’aujourd’hui. J. Gray-Jackson, connaissant parfaitement le Magrcb et le Soudan , et doué d'une rare pénétration, proposa de tenterune route nouvelle. Il avait vécu seize ans à Mogodore en qualité de résident anglais et de commerçant , et avait dirigé iui-mème des caravanes sur Timbouclou ; nous devons à son zèle et à sa connaissance pratique des langues parlées des Arabes de l'ouest, un grand nombre des documens précédens et de ceux qui vont suivre. Ce voyageur infatigable fit la proposition de réunir tous les efforts dépensés isolément pour l'avantage de cette partie du monde, et de fonder l'œuvre de la civilisation africaine sur la base solide du grand commerce qui existe déjà avec le Soudan par le Sahara et le pays des Ashanlis (1).
Les deux côtes , celles du Sahara et des Ashantis , sont accessibles aux Anglais par leurs colonies de la Côted'Or. La richesse des peuples voisins , au nord de Coumassie , celle des Maures et des hordes arabes qui habitent le long du Sahara occidental, consiste presque uniquement en chameaux qu’ils vendent ou qu'ils louent aux caravanes. Ce n'est pas le nombre des dollars, mais celui des vaisseaux du disert (les chameaux) qui procurent ici h l’homme indépendance et bien-être. L'habitant à demi-sauvage de ces contrées cherche à louer ses chameaux , c'est là son commerce et tout son espoir de gain; le marchand qui lui procurera de la charge pour ses chameaux se conciliera ainsi le Maure ou l'Arabe le plus farouche. Dans les endroits où les chameaux sont en grand nombre et placés comme en dépôt par la nature entre le désert et les états des côtes, vit toujours un peuple plus accessible et plus doux qui irait avec empressement au-devant des entreprises des Européens. Ainsi nous trouvons au nord, à Akka, Tata,
(1) Plan fortbc gradua! civilisation, et Prospectas or a plan for formlng • Sudsn Company t by Jackson Acc. of Tlmbouclou. Lonil., 1819, e.î47.
Wediuum, les tribus arabes des Mograffa, des Wouled , des Abbousebah , des Tejakant, et, dans le voisinage de Timbouclou, les Arabes Brabiches. Les Anglais n'auraient pas besoin de caresser un shérif de Fezzan , un pacha de Tripoli , un sultan de Maroc , ni d'acheter leur amitié au prix de riches tributs , lorsque , alliés avec ces guides de caravanes, ils étendraient leur domination depuis l'Océan atlantique jusqu'au Niger de Timbouctou.Siles Européens essayaient, suivant le plan d'Hutchison, de pénétrer à Timbouctou par le pays des Asbantis, ils obtiendraientsans doute des succès temporaires; mais, bientôt, ils trouveraient à la cour de Coumassie les mêmes obstacles à vaincre, les mêmes impôts à payer qu'à Tripoli , au nord , et l’entrée dans le pays pourrait toujours leur être rendue plus difficile ou même entièrement interdite. Qu'on établisse, au contraire, des colonies européennes comme celle du cap de Bonne-Espérance et celles qu'on avait projetées dans le Congo et sur la Côte-d’Or, dans le paytA'As/usnti et au Sahara occidental; que ces colonies communiquenlentre elles, à travers l'intérieur, par Timbouclou, et ces trois points deviendront bientôtd'immenses bazars, centres de mouvement et de vie, et la grande entreprise de civilisation deviendra assurément plus facile et plus sûre. Jackson proposa d’établir, sur ce plan, une nouvelle compagnie du Soudan . elle fournirait, de première main, tout le nord de l’Afrique des produits fabriqués de l'Angleterre, des marebandisesdes Indes orientales, de denrées coloniales, et même de sel ; elle ouvrirait aux manufactures anglaises un nouveau bazar où viendraient s'approvisionner des millions d’bommes qui auraient assez d'or pour payer, et assez d'autres marchandises à échanger contre cellcsdes Européens. Cette compagnie saurait mettre dans ses iutérêts les shérifs des peuples pasteurs, à l'aide de présens et d'avantages réels et durables ; elle fonderait une école où l'on apprendrait l’arabe-magrebi, langue partout usitée dans le nord de l'Afrique, et qui serait , pour ainsi dire , la clé intellectuelle à l'aide de laquelle on pénétrerait dans le Soudan. Il lui faudrait un capital par actions, une direction intelligente et énergique et un bon port : elle aurait là une colonie, un dépôt de marchandises, un lieu commode pour les employés, afin d’agir de là à Timbouclou et d'avancer la découverte de l'intérieur de cette partie du monde. Il lui faudrait, en outre, un lieu d'abordage près de la saillie sud-ouest de l'Atlas , dans les environs de Wedinum ou au sud de Santa-Cruz, à la
ÎGO
frontière du royaume de Maroc. I.e port même de Santa-Cruz , si méprisé des Maroquins, bâti par les Portugais, et semblable par sa position naturelle b Gibraltar, serait, sans contredit, l'endroit le plus favorable. On pourrait facilement l'achctera l'empereurdu Maroc ou le louer pour une rente annuelle : cette contrée est déserte et sans maître, à cause de sa nature stérile et saurage; mais elle a porté de tout temps le nom de Bob-Soudan, c'est-à-dire porto du Soudan. Ce point serait non-seulement l'entrée la plus voisine des ports européens, mais encore la route de terre la plus courte pour les caravanes qui se rendraient à Timbouctou. Ce serait la véritable clé maritime de l'Afrique , et sa position favoriserait les communications directes avec les ports européens ; complètement indépendante de tout sultan mahométan, en possession de tout le commerce du Soudan , cette colonie serait bientôt non-seulement la première station de l'Afrique , mais encore l'un des centres les plus im porta tisdumouvementcommercia! du monde.
l.e marché de Timbouctou, quoique moins important qu'autrefois, lorsqu'il était à son plus haut point de splendeur, est toujours cependant digne d'attirer l'attention. I.es caravanes continuent toujours d’y arriver comme par le passé; et, à moins d'un accident malheureux (1), elles partent régulièrement de Maroc en avril , et tâchent d'avoir fait leurs empiètes h Timbouctou ou mois de septembre (î), afin d’ètre de retour h Fez et à Maroc au mois de janvier. Les caravanes du Soudan se mettent donc régulièrement en marche (3) air nord et au sud eu mars et eu octobre.
La première caravane de Sidi-llamet (4) se composait deô.OOOcbameaux et de 800 hommes; une partie des chameaux périt en route, l’armi ceux qui arrivèrent heureusement , 200 étaient charges de sel, 100 de fer et de couteaux, et les autres de tabac, d’étoffes, de tissus de soie, d'ambre, etc. La seconde caravane se composait de 4,000 chameaux et de 1,000 hommes d'escorte; la charge consistait en fer, en fusils, poudre , plomb , sabres , sel , tabac , opium et parfums. Hile ramena de Timbouctou de la poudre d'or, des esclaves, de l'ivoire, de la gomme.
(1) Sldl-Himet, p. 303.
(3 ) Iscluon't Accounl or Msrocco, p. 208.
(3) nouji- Talus, p, 136.
(4) SMI-Sauict, p. 3S2.
de l’or travaillé, des plumes d'autruches et des turbans élégamment confectionnés.
Voici une appréciation des frais de transport de ces marchandises. Le prix d'un chameau pour aller de Fez 'a Tafitell, c’est-à-dirc pour vingt journées de marche, est de 11 ducats; de Tafilelt'a Draha , six jours de marche , 6 ducats; de là à Timbouctou, quarantr- trois jours de marche, 18 ducats et demi; ainsi en somme, 38 ducats et demi pour soixante-neuf jours de marche.
Les grandes caravanes et plusieurs autres, plus petites, vontaussi au Caire ctà Jidda, comme à Maroc.
Le principal objet d'importation est le sel gemme (1); ce produit de première nécessité manque au Soudan, et se trouve en grande abondance à l’entrée du désert ; il s'en importe chaque année une quantité prodigieuse. Les ports de Marseille , Gènes , Leghorn et d'autres ports d'Italie et d'Kspagne, envoient dans le Soudan , par Alger, Tunis, Tripoli et l’Égypte, les marchandises suivantes : des étoffes de soie , de Damas, de brocart, de velours, de la soie brute, des peignes de buis et d'iroire , du fil d'or, des coraux, du papier, du sucre raffiné, de la cochenille, etc. L'Angleterre envoie aux mêmes ports et surtout à celui de Mogodore, situé sur l'Ucéan atlantique et le centre des spéculations commerciales pour le Soudan : 1° des produits des Indes orientales, comme de la résine de benjoin, de la casse, de la cannelle, des muscades, des clous de girofle, du gingembre, du poivre noir, de la soie du ltrngale et de la Chine , du nankin, de la toile bleue, de la mousseline, du drap; 2” des produits des Indes occidentales : du piment, du tabac, du café, du cacao, du sucre; 3" des toiles; 4" des marchandises en fer, des fusils, des sabres, des poignards, delà poudre, du plomb, des couteaux , des clous de cuivre et de fer; 3° toute espèce de draps fins et de couleur éclatante, du Casimir, etc.
Les objets d'exportation que les marchands maures et arabes amènent du Soudan sur les côtes de la Barbarie , sont : de la poudre d'or (tibbar) (2); la poudre d’or est , avec les cauris , la monnaie du pays, et on la transporte, au marché de Timbouctou de contrées fort éloignées, par exemple, du pays des Mandingos, de Wangara et lloussa , etc. Un la vend dans de petites bourses de cuir, dont chacune en contient une
(1) Jackson'* Account of Timbouctou, p. 256.
(2) siublol, p. 20.
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