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once qui vaut SS dollars. Sbabini acheta à Houssa une bourse de poudre d’or 7 ou 8 ducats meilleur marché qu’à Timbouctou. Lorsque le» Accabah ou grandes caravanes ne viennent pas h Timbouctou , le premier venu peut avoir une livre d'or pour une boite de tabac h priser. Les poids dont on se sert h Timbouctou sont un peu plus forts que ceux de Maroc. Outre l'or en poudre, on en vend encore beaucoup en anneaux; ces anneaux viennent de W'angara; les nègres se les passent dans le nez , et c'est pour eux une parure recherchée. On y trouve encore en grande quantité des ouvrages en or, des bijoux faits h Wagara, Houssa et Jinnie; on y voit surtout des coupes en forme d’aigle, et aussi habilement exécutées que si elles sortaient des orfèvreries de Paris ou de Londres; elles ressemblent, par la beauté du travail, aux ouvrages d'or de l'Inde. Ces objets de luxe, que les Arabes appellent el herrez (charme, talisman (1)), sont toujours d'or sans alliage; tous ceux que les Européens ont vus étaient creusés au milieu et renfermaient une amulette, des versets du Coran ou des figures géométriques, telles que le roi de Ségo en traça sur le sable (4), pour se préserver d’une influence funeste, lorsque Isaaco annonça , dans sa résidence , l’arrivée d'un blanc. Chacun de ces ornemens a une certaine propriété magique, et la foi en la puissance de ces charmes est répandue dans tout le nord de l’ Afrique. A Maroc même on voit souvent une douzaine de ces amulettes suspendues au cou des chevaux pour conjurer l’influence des démons appelés lin, en Afrique, comme en Asie Dgins, génies. On en exporte encore de l'or en barres . et la richesse de l’Afrique nous est attestée des les temps les plus anciens par d'éclatans témoignages ; c’est avec de l’or africain que Salomon décora son temple de Jéhovah , et les trésors de celte partie du monde sont encore aussi grands de nos jours.
Les esclaves sont, après l’or, le principal objet d'exportation. On organise régulièrement des chasses aux esclaves h Timbouctou, et Adams(3) vit souvent partir, pour ces expéditions , jusqu’à 800 hommes qui, après une absence d’une semaine h un mois, ramenaient de grandes troupes de malheureux ravis ainsi b leur pays. La plupart des esclaves de Timbouctou viennent de
(t) Jackwn's Account of liroccs, p. 200.
(2) Rungo-varS, Journal, p. 150.
(3) Adam» aarraUve, p. 478.
Bambarra; on en tire encore (1) de Houssa, de Wangara et des montagnes du sud. La chasse, la guerre, la faim et le crime les jettent dans les fers. Aucun habitant indigène, excepté les criminels, ne peut être réduit en esclavage. Le maître a sur son esclave droit de vie et de mort; cependant, si un esclave se plaint au grand conseil de Timbouctou , on peut forcer son maître <i le vendre. Un esclave coûte b Timbouctou de 10 b 12 dollars; dans les états des côtes de la Barbarie ils valent de 70 b 100 dollars. Leur sort n'est pas si malheureux ici que dans les Indes orientales ou occidentales , car les mahométans leur donnent souvent la liberté après sept ans de service; ils peuvent même obtenir plus tôt leur affranchissement en se faisant musulmans et en apprenant b lire le Coran. On exporte encore un très-grand nombre d'esclaves du marché de Timbouctou au Sénégal et b la Gambie.
Les habitans de Timbouctou livrent b crédit anx marchands maures, en exigeant d’eux un intérêt très-élevé, de la poudre d’or et des esclaves ; ils reçoivent en échange des marchandises de Maroc, qni se vendent toujours, b Timbouctou, avec 40 b 50 pour cent de bénéfice. Comme ce commerce d'échange est très-lucratif pour elles , les maisons de commerce des états des côtes entretiennent b Timbouctou des agens et des facteurs qui négocient leurs affaires et reçoivent leurs envois et leurs commandes.
Outre ceux que nous avons déjà nommés, voici encore les objets d'exportation les plusimportans ; des dents d'cléphans ; du korkidau ou cornes de rhinocéros, que les mahométans estiment b très-haut prix et dont ils font des manches pour leurs poignards el toutes leurs armes ; des plumes d’autruches , les plus belles du monde ; du b'core Soudan ou gomme du Soudan , encens très-recherché ; du gouza Sa/iaratcie , ou graine du Sahara , appelée vulgairement graine de paradis; du copal, deVassafœtida, de l’ébène, du bois de sandal, de l'indigo et delà gomme du Sénégal. Toutes ces marchandises sonttransportéessur les vaisseauxdu désert aux bazars situés sur le bord du Sahara et aux ports des Maures , d'où elles arrivent enfin aux Européens. Elles passent ainsi, avant de leur parvenir , par quatre ou cinq mains, après avoir procuré b chacun de ceux qui les ont tenues un bénéfice de 20 b 30 pour cent ; le marchand qui a chargé la caravane a déjb gagné, pour les diffi-
(1 } jAckion'i Account of Sirocco, p. 1 60.
2<të AFRIQUE , SYSTÈMES D’EAU : II* DIVISION, S 21.
mité* du transport 30 h 00 pour cent. En les transportant directement à un port de la compagnie du Soudan, les marchandisesarrivcraient, de première main et presque sans payer d’impôt, aux vaisseaux européens. Les Anglais auraient des agensà Timbouctou qui achèteraient directement les marchandises et feraient leurs échanges; leurs caravanes prendraient la route proposée qui n'est que de 200 milles géographiques au lieu de 300, et elles abrégeraient ainsi un tiers de la distance.
A cet exposé fidèle de ce que nous avons pu savoir du commerce du Soudan, nous ajouterons, pour plus grand éclaircissement, le tarif du prix des marchandises du bazar de Sansanding, si voisin de celui de Timbouctou ; ce tarif très-important pour le commerce, a etc recueilli par Mungo- Park , dans son secoud voyage.
1" Remarque.
Prix des marchandises a Sansanding • comparaison du prix de C or are c le prix de t argent dans le Soudan .
Mungo-Park, avant de s’erabarqoer sur le Niger, à Marabout (l), échangea une partie do ses marchandises contre des cauris, qui devaient lui servir de petite monnaie dans son expédition sur lo joliba. 11 vendit plusieurs colliers de coraux, et reçut , pour chaque grain , 00 de ces coquilles; chaque grain de ses colliers de verre bleu valait 100 cauris. Jfungo-Park fut étonné que, dans ces pays, où le cent ordinaire est le nombre usité pour la plupart des calculs , on sc serve, pour les cauris, du petit ee»f=80 ou 4 X 20 , suivaut le vrai système arithmétique africain.
Arrivé à Sansanding , Mungo-Park fut obligé d’aliéner une partie de scs effets pour se procurer des provisions et d’autres objets indispensables à •on voyage. Voici les prix des marchandises qu’lt mit en vente (2) : scs coraux furent payés de même qu’à Marrabout ; un mousquet sc vendit G à 7,000 cauris; un bon fusil , 0,000 ; une pierre à fusil , 40 ; une bouteille de poudre, 3,000 ; un petit sabre, 1,500 à 2,000 ; l’ambre n° 1, 1.00n;»®2, 000 ; n® 3, 400 cauris ; une pièce d’étoffe bleue des Indes (baft), 20,000 ; une pièce de drap écarlate, de dix palmes, 20,000 ; et undollard’argent, C à 12,000 cauris.
Voici, d’un autre côté, le prix des productions africaiues : un tnincalli d'or, de la valeur de 1 2 schill. G pences sterling , se payait 3,000 cauris ; cinq tnincalli valaient 3 liv. sterl. 3 pences; une
(1) MunRO-Park, Journal, p. 146.
(2) limxo-Park Journal, p. 1**0.
très-grande dent d éléphant était payée jusqu à
1 0.000 ; une moyenne , 7,000 ; une petite , 3 et