‹ Geographie Generale CompareeChapitre 103 sur 293 · une femme de première valeur, de BO à · texte numérisé non relu

une femme de première valeur, de BO à

1 00.000 ; une jeune fille, 40,000 cauris ; un cheval valait de 2 à 10 esclaves ; une vache grasse,

1 5.000 cauris; un âne , 1 7,000 ; un mouton , 3 à 4,000.

Nous ajoutons encore à ce tarif les observations suivantes (t) : suivant Mungo-Park , un mincalll d or pèsc=G0 grains— 1/0 d'onze, ce qui s'accorde parfaitement avec le prix du tnincalli à 12 *h. 6 d. sterl. D’après ce calcul, on pourrait dire : 20 cauris=l pence, 240= 1 sh., et 4,800=1 liv. sterl. Le mousquet ordinaire de Birmingham , où il coûte 1 0 sh. G pences, vaudrait, d’apres le nombre de cauris qu’on en donue à Sansanding, 1 liv.

5 à 0 sh. , cl un bon fusil 1 liv. 1/2 et au delà. Les sabres et autres marchandises ont à proportion la même valeur, et rapporteraient un bénéfice de cent pour cent ; mais le commerce le plus lucratif serait celui des étoffes indiennes.

De toutes les marchandises africaines , l’ivoire est le meilleur marché; U ne coûterait que 1/10 de ce qu’il vaut en Angleterre. Les chevaux étaient Ires-chers à Sansanding , sans doute parce qu’on les y amène do très loin. On est étonné de voir que ks femmes esclaves coûtent si cher à proportion des hommes. Eu général, le prix des esclaves des deux sexes est plus élevé qu’on ne devrait s y attendre , puisque l’homme que l’on paie â Saosanding 3 liv. st. G sh., ne vaut que 1 0 liv. st., sur la côte atlantique. Pour retirer de ses marchandises les frais de son voyage et quelque bénéfice en sus, Mungo-Park aurait dû les vendre le double plus cher; mais, voyant qu’il n'avait pas de temps à perdre, il s’en défit à tout prix. Le seul article d’exportation dont il eût pu tirer un bénéfice considérable, était l’ivoire. Peut-être eût-il aussi été avantageux pour lui d’acheter de la poudre d’or ; il aurait tiré, de la plupart des articles, cent pour cent, et, de quelques-uns, cent quatre-vingts pour cent de bénéfice. On a reproché à Mungo-Park «l'avoir perdu le commerce pour ses successeurs; mais Muugo-Park n’était pas marchand, et ce n etait pas la soif de l’or qui l’avait conduit dans le Sjudan. Le Soudan est riche en or, mais il mauque d’argent; la différence dans le prix de ces métaux, n’est pas très-grande. En admettant la valeur d un dollar=9,000 cauris, le prix de l'or, au marché de Sansanding, est à l’argent comme 1 à 1 1/2 ; tandis qu’en Europe l’or est à l'argent comme 1 à 15. II est naturel que l'argent , dont la nature a très-peu pourvu l'Afrique, ait plus de prix dans cette partie du monde que partout ailleurs. L’im-

(1> A idett'ia au Journal de Xungo-Park, p, xnt.

COURS DU MGER. LE D1BBIE.

portalion de ce métal pourrait offrir aux Européens des chances de commurce très-favorables. Dans le siècle dernier, le prix de l'or, en Chine, était à l’argent comme I à 10 ou 12; delà, le commerce de l'argent, qui , pendant longtemps, fut si lucratif pour les Européens. A la fin cependant l’équilibre s’établit entre la valeur réelle de ces métaux. La même chose ne peut manquer d’avoir lieu plus tard en Afrique, où le prix de l'or est maintenant partout uniforme; celui de l’argent, au contraire, très-inconstant, à cause de sa rareté et du peu d’usage qu’on en fait.

Les prix des marchandises à Timbouctou, nous sont entièrement inconnus; nous ne possédons que les données suivantes (l): 24 nouath'i de poudre d’or=l misan ; 5 et 0/10 de mtzan= 1 ouïe espagnol ou un doublon d'or ; 2 0 mizan d’or valent, à Timbouctou , 1 plattilia; 30 mizan, une pièce de toile irlandaise de vingt cinq aunes, et 40 misan, un pain de sucre du poids d’un quintal.

2* R CM ARQUE.

Progrès du commerce du Soudan avec la Grande •

Bretagne depuis l'abolition de la traite des aigres.

L’importance commerciale du Soudan se remarque facilement dès qu’on jette un coup d'œil sur le commerce que les Anglais font avec ses habitant snr la côte septentrionale de la Sénégambie, sur la côte d’Or elSierra-I.eona. L’aperçu que nous allons exposer mérite d’autant plus d’attirer notre attention , que , depuis l’abolition de la traite des nègres , et malgré les sinistres prophéties de plusieurs personnes qui croyaient voir dans cet acte d’humanité la ruine de leurs relations commerciales avec l'Afrique, le commerce a, au contraire , fait d'immenses progrès dans ces contrées autrefois presque inaccessibles aux Européens. La liberté des personnes et de la propriété, qui remplacèrent l’exercice d'un trafic honteux pour l’humanité, ont augmenté partout le bien-être des peuples nègres, et, par là même, donné plus de sûreté au commerce.

Nous nous en rapportons, ponr ce qui soit, à un acte authentique publié dans le dernier voyage de Mu n go-Par k (2).

Depuis l’abolition de la traite des nègres , le commerce de la Grande-Bretagne avec l'Afrique a considérablement augmenté. Vingt ans avant l’année 1707 , la valeur totale des marchandises importées d'Afrique en Angleterre se moulait, suivant les tarifs d’impôt, annuellement à 72,000

( 1 ) Jackson*# Account or larocco, p . 200.

(8) ■uugo-Esi’k) Journal, AppenJlx. n* vi, p.cxtvj ctxix.

liv. slerl., y compris le commerce des ports de la Méditerranée.

Pendant les cinq années, de 1783 à 1787, les Anglais exportèrent annuellement d'Afrique pour la valeur de 00,500 liv. si. En déduisant de cette somme les marchandises qui viennent du Maroc et des pays voisins, il reste une valeur de 7 0,000 liv. st. pour toutes les marchandises exportées de l’Afrique occidentale, c’est-à-dire de toutes les côtes, depuis le cap Blanco ( 21° lat. nord) jusqu’au cap Negro ( 10° lat. sud ), espace de Oüü milles géographiques ou 4, 300 milles anglais.

La valeur tnoyenoe des marchandises exportées annuellement d'Angleterre sur les côtes d'Afrique* pendant les mêmes années, se monte à la somme de 50,000 liv. st. à peu près.

Nous ne possédons malheureusement pas de tableau authentique de l’exportation ni de l’importation, pendant les années de 1788 à 1801, qui précédèrent immédiatement l’abolition de la traite des nègres ; cependant, il est probable que la valeur des marchandises exportées et importées nV Uit pas plus considérable que les années précédentes. Plus tard, les tarifs d'impôts manquent entièrement; mais le comité d'Afrique a reraédij à cet inconvénient, en dounanl, par ordre du gouvernement, un extrait authentique des registres de la douane. En voici le résumé.

Maichanduet exportées W Afrique en Angleterre.

En 1808, pour 374.308 lit. si. i Outre la poudra

1809, 383,928 J d'or, qui n*e#t i«a»

1810, 535,577 ' *uuim»e au tarif.

Marchandises importées tTAng’e'err» en Afrique.

En 1808. pour 820,194 II*, st.

D’après ce tableau , la valeur des marchandises importées en Afrique est bien plus considérable que celle des marchandises exportées de cette partie du monde; c’est que la piraterie qui, pendant ces années, désola le commerce, prit plus d’un tiers des vaisseaux venant d’Afrique; une autre partie des marchandises africaines fut transportée en Angleterre par les contrebandiers et les marchands d’esclaves. Blais la valeur des marchandises exportées d’Angleterre suffit pour constater d’une manière évideute les progrès du commerce depuis l’abolition de la trailedcs nègres.

Les observations faites sur le commerce de U côte d’Or ont donné le môftie résultat. Avaot l’abolition de la traite des nègres, !a côte d’Or, qui comprend une étendue de 50 milles géographiques (1/20 de toute la côte occidentale, depuis le cap Blanco jusqu'au cap Negro) , exportait en Anglilerrc 30 tonneaux d'ivoire, de U valeur de 7, «no

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