NIL. COURS MOYEN. NUBIE
veau pour \esclau*tra romani / mperii. Ptolémée ( I ) même, le plus savant des géographes égyptiens , est très-incertain sur les contrées nubiennes au delà de cette limite. A l'exception de quelques campagnes heureuses entreprises par les Romains contre les Bleimuyes, leurs voisins, au delà des cataractes, et auxquelles on pourrait peut-être opposer un nombre égal de défaites , les choses en restèrent au même point jusqu’aux empereurs Probus et Dioclétien; ce dernier, comme nous l'ayons va plus haut, essaya d'établir une colonie nubienne près des cataractes du Nil , pour servir de Boulevart contre scs ennemis du sud.
Plus tard, sous le règne de l’empereur Justinien, le nom des Nubiens voisins était presque entièrement inconnu ; il avait disparu depuis les rciiseigneuiens historiques de Procope et de Cosma». Cependant, les premières doctrines du christianisme, préchécs par des jacobites (suivant la Cbronic) (2), commencèrent à cette époque à se faire jour parmi ces peuples, le long de la vallée du Nil ; car il paraît que l'Evangile, annoncé, prêché auparavant par Philippe au trésorier de la reine Candace (Actes des Apôtres, 0, 27) n’avait pas porté beaucoup de fruits. Les Arabes et l'islamisme pénétrèrent immédiatement après dans l’Égypte (639, p. C. n.), et la Nubie devint alors l'asile de tous le» chrétiens qui purent échapper aux poursuites des incroyansde la vallée inférieure du Nil. Jamais aucun empereur grec, ni chrétien, ni idolâtre, n'avait pu obtenir la domination de la Nubie (3) ; de même aussi les Arabes ne purent jamais s’en rendre les maîtres. Suivant Eutycbius Alexandre, le christianisme se répandit alors généralement parmi les Nubiens ; ils abandonnèrent le culte des idoles, et s'adonnèrent à la doctrine des Monopbjsites, qui, jusqu’alors prédominante en Égypte, réunit les chrétiens cophtes réfugiés et les Nubiens nouvellement convertis en une seule société chrétienne, comme nous le prouvent les nombreux prédicateurs, les monastères et les églises dont il est fait mention daus les Acta Sanctorum , le grand nombre d’anciens temples idolâtres, sur la rive droite du Nil, changés en églises chrétiennes, et toutes les inscriptions grecques et cophtes. (Nubiao christiana Rudiments, suivant Niebubr) (4).
La Nubie, sans cesse entourée de toutes parts par les musulmans, leur endéfcnditcepcudanl l'entrée jusqu’à la fin du treizième siècle, époque ou, apres
de longues attaques souvent réitérées, la capitale de la Nubie, Dongola, fut enfin prise par le siillan égyptien Dharhtr-Bibar, et le royaume chrétien, avec son roi Daoud (David), rendu tributaire. Peu de temps après, la ville fut dévastée et presque entièrement détruite (074 et 609 de l’hégire, c’est-àdire 127» et 1290, p. Ch. n.) (l). C’est de celle époque que date la propagation des tribus de Bédouins arabes dans la Nubie. Ils pnrent d’autant plus facilement s’installer dans ce pays, que les indigènes, épuisés par les longues guerres de religion, se trouvaient loin de toulseconrs étranger.
Il n’est donc pas étonnant que nos sources soient si incomplètes sur ce pays, bien qu’une quantité de moiiumens témoignent de son antique splendeur. Jusqu à présent, nous n'en connaissons pas encore, comme dans le Habesch, les annales indigènes ; et, si 1 on excepte quelques marlyrologics et quelques légendes, les auteurs chrétiens, avant la renaissance des sciences, ne parvinrent jamais à nous faire connaître les Nubiens. Les Arabes et les Egyptiens auraient seuls pu nous donner quelques notions sur l’histoire et la géographie de la Nubie, si leur position politique et religieuse vis-à-vis de ce peuple ne les en edi empêchés. Ce que Ebn Haukal (an 3 30), Abd-allatif (1225), Ebn Bdfuto ( I 352) et d autres nous en rapportent , n’est par conséquent pas très-important ; cependant leurs observations méritent d’être prises en considération. Edriti (il 50) (2), appelé (Jeoijraphus Nuàienti», bien qu’il ne soit pas né en Nubie, ne peut nous en dire davantage sur sa prétendue pairie. Macrizi (1440), le premier, fit une exception à la règle générale ; il eut l'avantage de pouvoir faire usage des écrits d’un certain indigène d’Assuan, qui, à ce qu’il parait, connaissait exactement l’hisloirede ses voisins du sud (peut-être par des annales nubiennes?). Malheureusement, il ne nous est resté de ces ouvrages nubiens que ce qu’en a extrait Macrizi. C'est avec lui que commence la série des nouveaux auteurs sur la Nubie, dont nous allons examiner les travaux.